On apprend que le racisme est un produit de LREM (fondé en 2016…) et que les actes antisémites sont instrumentalisés par « des ambassades et officines », un mot qui en dit long sur les fantasmes conspirationnistes et antisémites, parce qu’il est clair qu’on ne parle pas ici de l’ambassade russe ou syrienne… Ensuite, il est dit que « Les tags antisémites du week-end du 9 Février comme la dégradation du lieu de mémoire d’Ilan Halimi s’inscrivent dans le contexte de cette période de brouillage politique et informatif.  » Que faut-il comprendre à part que la revendication principale de ces braves gens est bien la déspécification du caractère antisémite de ces actes ? Mais pour quoi faire ? On pourrait penser qu’il s’agit là d’un refus de séparation des racismes, qui sont tous en effet une même gangrène (c’est d’ailleurs à ce titre que l’on pourrait critiquer le terme « antisémitisme », comme on pourrait critiquer « négrophobie », « islamophobie », « rromophobie » etc.), mais à vrai dire, alors que l’on cherche à invalider le caractère « antisémite » d’un tag, on nous parle de négrophobie, islamophobie, rromophobie, elles, bien réelles et dont les instrumentalisations eventuelles ne sont jamais questionnées… En tout ici (qu’en est-il au passage des ouvrier-e-s d’Europe de l’est, des immigré-e-s hindous, sri lankais-es, bengladais-es, etc etc.). Le but est donc clair. Il s’agit de nous expliquer que l’antisémitisme, en fait, iels n’en n’ont rien à foutre, qu’on manifeste pour le crier haut et fort et que c’est cela qui fait de nous des subversif-ve-s… Non mais sérieux on se réveille !?

L’ennemi, ce serait donc le CRIF et autres « officines » qui dirigent le monde. Exit le capital, l’Etat et les rapports de domination.
Les anciens se rappelleront du militant Pierre Guillaume et de ses ami-e-s, dans les années 80, ceux qui ne connaissent pas trouveront rapidement des informations en tapant son nom dans google (et qui voudra aller plus loin pourra aussi taper « Serge Thion », « La Banquise » ou « Le Brise-Glace » pour en savoir un peu plus sur une mouvance que l’on croyait encore il y a peu, éteinte. Mais que l’on retrouve aujourd’hui à nouveau décomplexée par des appels de manifs pareils, qui auraient été impossible il y a dix ans, grâce une vigilance antifasciste réelle qui n’a plus lieu (mais où sont passé REFLEX, La Horde et les autres ???).

On fait beaucoup d’efforts pour affirmer également que l’antisémitisme en France ne serait que le fait d’une vieille extrême-droite de type vieille France… Mais rappelons-nous, parmi les signataires, par exemple le PIR ( et d’autres ) pour qui l’enjeu principal de l’antiracisme aujourd’hui ( dans le livre de son leader Houria Bouteldja édité à la fabrique ) est de combattre, avec la négrophobie, l’islamophobie ou la rromophobie, non pas l’antisémitisme, mais le « philosémitisme d’Etat », c’est de dézinguer les « chouchous de la république », c’est le nom qu’elle donne aux juifs dans son livre « Les blancs, les juifs, et nous ».

Concrètement il y a une manifestation de la bourgeoisie contre l’antisémitisme. Les pseudos « antifas » de l’AFA n’ont ils pas mieux à faire que d’organiser une CONTRE-MANIFESTATION contre la récupération des actes antisémites à des fins anti-anti-sémites, et d’organiser en fin de compte une manif contre le « philo-sémitisme d’Etat » ?
On savait l’AFA complétement perdue politiquement, à organiser des meetings avec le stalinien fasciste Bouamama à coup de hashtag « make anti-imperialism great again », à manifester avec des pancartes « touche pas à mon prophète » après les attentats, à lutter contre le « racisme structurel » des anarchistes avec leurs grosses couilles de machos, d’ailleurs tous exclusivement blancs des quartiers huppés de la capitale, et à régler leurs différends politiques par le tabassage et l’intimidation.

 

 

  • Contre l’Etat et ses manifs de récupération du refus du racisme et de l’antisémitisme

Mais aussi

  • contre les racistes qui contre-manifestent pour l’antisémitisme sous pavillon pseudo antifasciste