Un #JACCUSE glaçant venu du Rap demande la démission de Castaner.

Mis a jour : le vendredi 8 février 2019 à 15:23

Mot-clefs: Répression Resistances / quartiers populaires culture anti-repression art gilets_jaunes
Lieux: paris

Le titre #JACCUSE et son clip venu de l'underground hip hop militant est un florilège de violences policières filmées lors des manifestations des Gilets Jaunes, le texte librement adapté du J'accuse de Zola un pamphlet contre le président de la République E.Macron et son Ministre de l'intérieur C.Castaner.

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JACCUSE DJAMAL

Ils demandent au bout d'un clip de 6 minutes, d'images de violences policières insoutenables :

L'interdiction du Lanceur de balles de Défense (Lbd / Lbd40)
L'interdiction de la grenade GLI-F4
La démission du Ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Et que ce projet exclu toute démarche mercantile.
Après 20 000 vues en quelques jours sur le réseau Facebook, la vidéo est disponible sur YouTube en HD.

Pour le moins ce qu'on y voit dans le clip est explicite,
" passage à tabac, gazage en lieu clos, grenade de désencerclement, à bout portant Lacrymo, Tirs au dessus de la ligne d'épaule, tirs à moins de dix mètres ".
C'est aussi le début des paroles et ce qui deviendra refrain au cours du morceau.

Toutes ces pratiques sortent du cadre de la loi !
Faut il rappeler que c'est formellement interdit ?
Faut il rappeler l'impératif d'interdire ces armes qui mutilent ?

Tous ces mots sont illustrés d'images accablantes qui dansent comme des preuves sous les mots d'un rappeur absent en image de la vidéo, laissant son propos devant lui, comme on met un masque.

Le texte librement adapté de celui D'Emile Zola, semble fait sur mesure pour E. Macron,
tient en quelques mots :

"Monsieur le président,
Me permettez-vous, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?
Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les cœurs
Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice.
Mes nuits seraient hantées par le spectre de ces centaines de témoignages.
Et c'est à vous, monsieur le président, que je la crierai, cette vérité,
de toute la force de ma révolte d'honnête homme.
Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables,
si ce n'est à vous, le premier magistrat du pays ?
Je vous accuse Mr le président de la République de négligence, mensonges et non assistance à Nation en danger.
Je vous accuse d'avoir supprimé l'impôt sur la fortune, symbole parmi les symboles.
Je vous accuse d'avoir initié la loi travail. La reforme de la Csg, d avoir précarisé nos anciens, d'avoir gratté les APL, d'avoir asservi un peu plus les chômeurs, d avoir créé la Flat taxe , et un CICE intolérable en ces termes.
Je vous accuse de la plus grande méconnaissance et de la pire des condescendances envers les classes populaires et laborieuses.
Je vous accuse d'être le complice du 1% des plus riches mais surtout d'être la main, le nom de celui qui n'a su écouter son peuple.
Je vous accuse de faire le lit de l'extrême droite et des populismes les plus abjectes.
J'accuse Mr Castaner minisinistre de l'intérieur d'être le complice.
Des centaines de blessés par flashball ou grenade de desencerclement...
Je vous accuse d'être le sous titre dune violence d'état qui ne dit pas son nom.
Je vous accuse de ne pas vous désolidariser de ceux qui mutilent nos enfants en tirant au dessus de la ligne d'épaule pour ne pas dire en pleine tête.
Je vous accuse enfin de lâcheté oui, à la vue des débordements de vos fonctionnaires, vous avez soufflé sur les braises de l'insurrection et ce faisant vous êtes un lâche de ne pas donner votre démission.
Je vous accuse vous forces du désordre d'usage abusif de la force et d'utiliser des moyens qui finalement se retournent contre vous, charge à vous de ne plus collaborer au exactions les plus abjectes.
Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n'ai contre eux ni rancune ni haine.
Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l'acte que j'accomplis ici n'est qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice.
Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme.
Monsieur le président,
Je vous attends, l'Histoire vous attend."

Puis j'ai cherché qui était l'auteur.
Était il un de ces jeunes rappeurs qui achètent des images à une agence de presse pour les inclure dans son clip ?.
Surfait il en gilet Jaune ?
Mes soupçons sont tombés tres vite, moi qui ne connaissait rien au rap.

L'auteur Djamal, figure du hip hop conscient des années 90, Mc dans Kabal (Produit par Assassin) , puis dans In Vivo , dans plusieurs projets tels que Mr Torapamavoa qui fit grand bruit lors des élections pendant la période Sarkozy. (voir Blog Torapamavoa)
On trouve aisément traces du morceau "Torapamavoa" supprimé deux fois « par erreur » de Myspace, son compte supprimé de Youtube, puis par Facebook. C'est dire si ce morceau en son époque n'avait pas fait que des heureux.

On trouve dans son parcours des collaborations avec Assassin, Lofofora, figures l'un dans le rap et l'autre dans le metal français.
Un album (Sociopathe) avec TORGULL, Dj connu dans la techno pour ses collaborations avec Manu le Malin.
Je vous renvoie à sa page wikipedia DJAMAL pour une biographie/discographie détaillée.
On remarque une collaboration fructueuse avec Charlie Bauer, sur un texte autour de Victor Hugo, bien nommé "Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent".

pour info :
« Charlie Bauer est un militant révolutionnaire d'extrême gauche.
Adhérent des Jeunesses communistes, il rompt avec celles-ci au moment du vote par le PCF de crédits militaires pour la guerre d'Algérie. Il soutient dès lors le Front de libération nationale.
À la fin des années 1970, il fonde avec Pierre Goldman un groupe antifasciste.

Arrêté, il est condamné à plusieurs reprises pour des vols, qu'il considère comme une « pratique politique ». Durant son incarcération au quartier de haute sécurité de la prison de la Santé dans les années 70, il rencontre Jacques Mesrine, dont il devient le complice.
Charlie Bauer a passé vingt-cinq ans de sa vie en prison, dont neuf en Quartier de haute sécurité. Il passe par Paris, Marseille et Lisieux où il rencontre sa femme, Renée, professeur de philosophie.
Lors de son séjour en prison, il passe deux licences universitaires, en psychologie et en philosophie, et un doctorat d'anthropologie sociale.
Libéré en 1988, Charlie Bauer rédige deux ans plus tard une autobiographie, Fractures d'une vie, qui se vend à 150 000 exemplaires.
Il est conseiller technique sur le film Mesrine en 2008 ; son personnage est joué par G.Lanvin »

L'auteur donc n'en n'est pas à sa première saillie, sa discographie et son parcours le montrent, ses collaborations sont surprenantes.
Il est dit sur son Facebook qu'à "tout hasard, ils tiennent une liste de plus de 450 témoignages de violences policières".

Et en suivant le lien de la publication, en effet plus de 450 commentaires répertorient des cas de violences policières.

Il s'avère et l'on peut le constater sur tweeter, que Djamal collabore aux signalements "Allo Place Beauveau ? C'est pour un signalement." donnés par David Dufresne le journaliste désormais bien connu qui retweet et vérifie les cas de violences policières depuis le début du mouvement des gilets jaunes (à voir aussi sur Mediapart).

Mais il y a fort à parier que les médias mainstream parlent de ce rap, qui gagne à etre (re)connu.
Il est à soutenir, sa cause, son texte, son clip.

Partageons.

Link_go LE CLIP #JACCUSE

Commentaire(s)

> .

C'est de la pure promo...

> C de la pure tuerie

C est surtout une sacré découverte et une vraie boucherie