Manifeste contre les armes de police – appel à signatures

Mis a jour : le lundi 4 février 2019 à 13:56

Mot-clefs: police arme anti-repression
Lieux: frane

Depuis plusieurs semaines, un certain nombre de collectifs luttant depuis plusieurs années contre les violences policières auprès des personnes gravement blessées par des armes de police, font signer un Manifeste contre les armes.

Ce manifeste est rendu public pour la première fois ce 31 janvier 2019, avec 43 blessés signataires, ainsi qu’un certain nombre de collectifs, de soutiens et d’avocat-es.

Le site où il est publié (desarmons.net) est avant tout un support, mais l’initiative est portée par un réseau beaucoup plus large de personnes et de collectifs investies dans un combat long et difficile pour faire disparaître les armes de police qui mutilent dans les quartiers populaires et les manifestations depuis leur mise en service : grenades à effet de souffle GLI F4, grenades de désencerclement DMP, pistolets Flash-balls et fusils Lanceurs de Balles de Défense LBD40 et Penn Arms.

NOUS APPELONS LES BLESSE-ES, LEURS PROCHES ET LES COLLECTIFS DE SOUTIEN A NOUS CONTACTER POUR SIGNER CE MANIFESTE ET LE DIFFUSER AUSSI LARGEMENT QUE POSSIBLE, POUR QU’ENFIN UN RAPPORT DE FORCE S’INSTALLE POUR FAIRE DISPARAÎTRE CES ARMES !

 

Pour signer ou obtenir plus d’informations :

assemblee-blesses@riseup.net

desarmons-les@riseup.net

faceauxarmes@free.fr

N.B. : ce manifeste n’étant pas une pétition, nous ne pourrons pas recueillir les signatures de tout le monde, mais seulement des personnes blessées, de leur famille proche, d’avocat-es, de collectifs et de personnes investies dans des collectifs soutenant les blessé-es.

NOUS, BLESSÉ-ES PAR DES GRENADES ET DES LANCEURS DE BALLES DE DÉFENSE

NOUS, personnes blessées et mutilées par le Lanceur de Balles de Défense de 40 millimètres,

Nous, personnes blessées et mutilées par des grenades GLI F4 et de désencerclement (DMP),

Nous, personnes proches et soutiens de personnes blessées et mutilées par des armes de police,

Nous, avocat(e)s portant les plaintes et requêtes de personnes gravement blessées par des armes de police devant les juridictions pénales, civiles et administratives,

DÉNONÇONS

  • la violence extrême exercée par les forces de l’ordre à notre encontre et à l’encontre de l’ensemble des manifestant-es au cours des mois de novembre et décembre 2018, ainsi que lors de mouvements sociaux antérieurs et dans nombre d’opérations policières au quotidien, et particulièrement dans les quartiers populaires,
  • l’utilisation systématique qui a été faite de grenades explosives (GLI F4 et DMP) et du LBD 40 lors des actions et manifestations de « gilets jaunes », ainsi que des manifestations lycéennes, blessant grièvement des manifestants au visage, dans le but d’intimider la population, de la dissuader par la peur d’exercer son droit de manifester,
  • le déni des représentants politiques par rapport à la réalité de la violence que nous avons subie et les messages de soutien exprimés systématiquement à l’attention des forces de l’ordre, quand bien même de nombreuses personnes ont été grièvement blessées,

AFFIRMONS

  • que les principes de nécessité, de proportionnalité de l’usage des armes et de riposte graduée ne sont pas respectés,
  • que l’identification des policiers, et donc des porteurs d’armes, est rendue impossible par des pratiques systématiques de camouflage et de dissimulation (absence de matricule, tenues civiles, port de cagoules et de casques de moto ou de skateboard, absence d’écussons et de brassards…),
  • que les moyens de force intermédiaire (armes dites « à létalité réduite ») introduites par la Loi de Sécurité Intérieure de 2003 (Flash-ball, grenades de désencerclement, lanceurs de balles de défense), ainsi que les grenades à effet de souffle (GLI F4) sont classés par la réglementation comme armes de guerre et présentent une dangerosité certaine,
  • que ces armes sont utilisées hors des cadres réglementaires (leurs porteurs ne sont bien souvent pas à l’arrêt au moment du tir, ne visent pas uniquement les membres inférieurs, supérieurs ou le torse mais atteignent des manifestants en pleine tête), que leur formation ou leur habilitation n’est pas rapportée et qu’ils utilisent ces armes hors de tout cadre de légitime défense ou d’état de nécessité,

EXIGEONS

  • l’interdiction immédiate et définitive des pistolets dits Flash-ball et lanceurs de balles de gomme de 44 mm, des Lanceurs de balles de défense de 40 mm et des grenades de désencerclement DBD / DMP 95, ainsi que les grenades GLI-F4, par la force publique, que ce soit en manifestation ou lors d’opérations de police judiciaire,
  • la publication de l’inventaire complet des stocks de ces armes en dotation chez les forces de l’ordre françaises
  • la publication des expertises balistiques de ces armes et de l’ensemble des rapports produits sur les armes en dotation chez les forces de l’ordre françaises par le Centre de Recherche, d’Expertise et d’Appui Logistique (CREAL) et par le Bureau de l’Armement, des Munitions et des moyens de Protection (BAMP),
  • la publication de toutes les instructions relatives à l’utilisation de l’ensemble des lanceurs de Flash-Ball 44 mm, de LBD 40 et de leurs munitions, des grenades DBD / DMP 95 dites de “désencerclement” et de la grenade GLI F4,
  • la garantie d’une impartialité totale de la part des agents de l’IGPN lorsqu’il s’agit d’enquêter sur les conditions des blessures et à l’occasion des auditions de victimes.
  • l’évaluation et la prise en compte systématique du préjudice psychologique (ITT psychologiques) par les Unité Médico-Judiciaires (UMJ),
  • la compensation automatique par l’État à hauteur de 100 % des frais médicaux engagés par les blessés jusqu’à la stabilisation du préjudice,

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PREMIERS SIGNATAIRES PERSONNES BLESSÉES PAR LES FORCES DE L’ORDRE

  1. Patrice PHILIPPE, 49 ans, chauffeur routier, Lons (64), éborgné à Paris le 08/12/2018 par les gendarmes mobiles par un tir de LBD 40 a 5 mètres.
  2. Jerome HNY, 40 ans, habite Chartres, éborgné par un tir de LBD 40 Flash Ball aux Champs Elysées le 24/11/18
  3. Ayhan, 52 ans, technicien supérieur en production, a eu sa main droite arrachée par une grenade GLI-F4 qu’il a voulu éloigner, croyant qu’il s’agissait de gaz lacrymogène. L’explosion lui a pulvérisé la main sur place, et il a été brûlé sur toute sa jambe droite, avec de multiples impacts d’éclats dont 2 conséquents au niveau du mollet, lors de la manifestation des gilets jaunes du 1er décembre 2018 à Tours.
  4. Gabriel, 20 ans, Technicien en chaudronnerie, BTS Conception et réalisation en chaudronnerie industrielle, Apprenti, grièvement blessé par des éclats au visage et sur le flan droit et la jambe droite, mutilé à la main droite, 5 opérations lourdes depuis le 24 novembre 2018, grenade GLI-F4, 24 novembre 2018, boulevard Roosevelt à Paris
  5. Pierre DOUILLARD LEFEVRE, Nantes, mutilé à l’œil (perte de la vue) par un tir de LBD 40 le 27 novembre 2007 lors d’une action lycéenne pour l’occupation du rectorat de Nantes contre la loi LRU.
  6. Joachim GATTI, 43 ans, chômeur, Montreuil, éborgné par un tir de Flashball Superpro le 8 juillet 2009 à Montreuil lors de l’expulsion de la Clinique, un lieu d’activité social et politique.
  7. Quentin TORSELLI, 32 ans, charpentier, Nantes, éborgné par un tir de Flash ball à Nantes le 22 Février 2014 lors d’une manifestation contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.
  8. Davy GRAZIOTIN, 38 ans, Bordeaux. Blessé à Nantes (match de foot) le 10/05/2014 par un tir de Flashball Super Pro. Traumatisme crânien, liaisons cérébrales, fractures de la mâchoire (1 mois d’hospitalisation + 5 mois d’arrêt de travail)
  9. Laurent THERON, 49 ans, Saint Fargeau-Ponthierry (77), éborgné par une grenade de désencerclement, place de la République à Paris le 15 septembre 2016
  10. Casti, 28 ans, Montpellier, perte de l’œil droit suite à un tir de flashball le 21 septembre 2012 à Montpellier
  11. Geoffrey, 24 ans, Gagny (93), Etat non stabilisé depuis 8 ans, mutilé au visage par un LBD40/46 à l’age de 16 ans devant son lycée le 14 octobre 2010 pendant le mouvement contre la réforme des retraites (180 jours d’ITT); fracture hémi-Lefort II, oeil, paupière, plancher orbital, nez, machoire, pomette, sinus ; 8 interventions chirurgicales ; 6 plaques de titane; douleurs neurologiques paroxystiques ; Policier condamné 2 fois, pour faux + agression mais promu + primes par la hiérarchie policière!
  12. Geoffrey, 25 ans, Argenteuil, blessé par un tir de LBD 40 au visage le 30/10/16 entraînant une double fractures de la mâchoire inférieur. Plusieurs chirurgies, perte de sensibilité, 18 points de sutures.
  13. Robin PAGES, habite Dijon, blessé gravement au pied et à la jambe par une grenade GLI F4 lors d’une manifestation contre l’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (commune de Saudron) le 15 août 2017.
  14. David DELEARDE, 31 ans, habite à bouafle (78), fracture maxillaire droite comminutive/fracture alvéolaire avec perte de substance osseuse et avulsion dentaire de 12-13-14-15 et extension palatine/fracture des ptérygoïdes médiales et latéraux droits/plaie labiale supérieure droite transfixiante touchant la jonction lèvre rouge-blanche de 2cm de diamètre, mutilé au visage par un tir de LBD 40/46 dans la rue Paul Valérie 75016 Paris le 01/12/18 . en attente pour une greffe osseuse aprés cicatrisation des plaies .
  15. Antonio ULRICH, 40 ans Compiègne blessé le 24 novembre 2018 rue Marignan à Paris lors de la manifestation des gilets jaunes. J’ai reçu dans le pied droit une Grenade GLI F4 (21 jours d’itt)
  16. Emeric, 22 ans, habitant en Ardèche ( 07 ). Blessé près des des Champs Elysées le 8 décembre 2018 : Tir de LBD 40 visant la tête, j’ai mis mon bras en protection -> fracture fermée déplacée du cubitus gauche. Opéré d’urgence a Boulogne. Pose de plaque + 5 vis, en espérant que je retrouverais tout mes mouvements.
  17. Steve, 23 ans, habitant dans le 27. Nombreux impacts dans les deux jambes à cause d’une grenade GLI-F4 lancée dans la foule, explosant collée à mon pied gauche, Une fois au sol nous avons faillis essuyer une deuxième grenade qui a explosé à deux mètres de nous. Bilan 3 jours à l’hôpital, 21 points de sutures. À Rouen rue Jean Lecanuet le samedi 29 décembre 2018.
  18. Steven, 21ans, habitant dans le 52. Tiré dans le tibia au flashball à bout portant suivi de coup de matraque une fois au sol jusqu’à la perte de connaissance.. Résultat fracture ouverte du tibia et du 4eme métacarpe à la main droite. À Paris 16eme arrondissement le 8 décembre 2018
  19. Robin, 26 ans, demeurant dans le 56, technicien pneumatique, blessé par un tir de LBD 40 (“Flashball”) au bras droit lors de la manifestation au rond point de Lann Sevelin a Lanester (56) le 24 novembre 2018.
  20. Guilhem, 24 ans, étudiant en Langues Anciennes, Toulouse, décollage du poumon et de la plèvre, brûlures au bras et dans le dos, rate abîmée, hématomes divers à la tête et dans la gorge, à cause de l’explosion d’une grenade de désencerclement, étranglement et passage à tabac, vers la gare Matabiau à Toulouse, le 9 mai 2018.
  21. Vincent, 27 ans, habite dans le 93, conducteur de tramway la RATP, blessé par un tir de LBD 40 (“Flashball”) à la tête à 2 cm de l’oeil droit au niveau de la rue Carnot ( Paris) le 1er décembre.
  22. Naguib, 23 ans, habite à bordeaux (33), agent de sécurité ferroviaire, brûlé par arme chimique (grenade lacrymogène) au majeur de la main gauche à la limite du 3ème degré (15 jours d’ITT + 3 semaines de soins .. Paris place de la bastille samedi 1er décembre
  23. Xavier EPINAT, 34 ans, habite à Villefranche sur Saone, fracture de la mâchoire, fracture du palais, lèvre coupée en deux jusqu’au nez, plusieurs dents cassées, fracture du plancher de l’orbite et de la pommette par tir de LBD40 Flash Ball réalisé par un CRS le 24 11 2018 à Villefranche sur saone
  24. Benoît BARRAU, 28 ans, habite à plaisance (32), menuisier/ébéniste à son compte multiples, fractures du visage et du crâne, œdème cérébral (dans le coma plus d’une semaine),du à un tir de flash ball ou LBD 40 à la gare Matabiau de Toulouse le 1er décembre 2018
  25. Thomas, 20 ans habite à Nîmes, étudiant en alternance chez EDF dans une central nucléaire.25 points de suture au visage, fracture du sinus gauche, et énormément de chance de pas avoir perdu l’œil grâce à mon masque. Tir de flash ball LBD40 en plein visage lors de la manifestation à Paris sur les Champs Élysées l (videos de mon accident à l’appui) le 8 décembre 2018
  26. Lionel JOBART, 33 ans demeurant dans le 24, mécanicien, blessure à la pommette gauche 2 cm de l’œil gauche 7 points de sutures à l’extérieur et un sous cutané,victime d’un tire de lbd 40 à Paris le 1/12/2018
  27. Maria DEL CARME OLIVA, 29 ans, résidant dans la commune de Fabas (09), agressée par un CRS alors que je protégeais un blessé au sol = coups de matraque à l’arrière du genou gauche, à Toulouse Montabiau le 1er décembre 2018
  28. Roméo BIGUE, 19 ans, étudiant à Marseille, fracture ouverte du tibia à cause d’un tir de LBD 40, le 1er décembre 2018 à Toulouse (place Jeanne d’Arc)
  29. Gwendoline BOULAY, 36 ans de Merville , trauma crânien , flash-ball, Toulouse le 22 décembre
  30. Manon MEHAT, 30 ans, Saint-Nazaire (44), infirmière, ITT 45 jours suite à une fracture du deuxième métatarse. Tir de LBD 40 (flashball) à Nantes le 8 décembre 2018, manifestation climat et gilets jaunes.
  31. Maëllys, 20 ans, Aide à la vie sociale, Gers, écaillement du tympan et traumatisme auditif de l’oreille droite avec écoulement, grenade GLI-F4, 24 novembre 2018, boulevard Roosevelt à Paris
  32. Marvin, 28 ans, Chef d’équipe chaudronnier soudeur, Gers, éclats de grenade dans la cuisse gauche, dos et coude, grenade GLI-F4, 24 novembre 2018, boulevard Roosevelt à Paris,
  33. Florent, 30 ans, dessinateur projeteur, Sarthe, blessé au pied gauche, pied droit et jambe droite par des éclats de GLI-F4
  34. Cédric, 35 ans, Toulouse, agression par CRS, coup de matraque, ouverture au crâne, hématomes, le 1 décembre 2018, tir de flash ball dans la tête, acouphène et perte d’audition.
  35. Cynthia, 30 ans, Toulouse, 1 décembre 2018, agression par CRS, projetée au sol, fracture du doigt
  36. Constant, 43 ans, fracture du plancher orbital, triple fracture du nez et 25 points de suture à cause d’un tir de LBD 40 à Mondeville le 8 décembre 2018.
  37. David D., 31 ans, Ouvrier du bâtiment à Bordeaux, blessé au visage le 8 décembre 2018 à par une grenade GLI-F4.
  38. Patrick, 65 ans, enseignant retraité, habitant Saint Pierre des Corps, blessé le 1er décembre à Tours (37) par un tir de LBD 40 dans les testicules. J’ai passé 24 heures à l’hôpital en vue d’une opération qui finalement ne sera pas nécessaire.
  39. Aurélien, 29 ans, chômeur, Tours, admis au urgences suite à un tire de LBD reçu dans la mâchoire lors de la manifestation du 24 novembre, devant le Palais de Justice de Tours. 5 points de suture
  40. Fanny BRAZAO, 29 ans, Nantes, blessée par grenade de désencerclement à Nantes le 29/12/2018 au pied droit: gros trou profond, 5 points de suture et 6 semaines d’immobilisation.
  41. Yoann, 38 ans, habite à (Domont), plaie ouverte à l’intérieur de la cuisse gauche, nécessitant 30 points de suture dont 12 sous l’épiderme. Faits datant du 5 janvier 2019, sur l’esplanade du musée d’Orsay. Blessure faisant suite à un tir de LBD ou à une grenade de désencerclement.
  42. Marie-pierre LENA, 46 ans, Treillieres (44), Assistante maternelle, blessée à la cuisse (hématome profond, acouphènes dus à la déflagration et conséquences psychologiques diverses : irritabilité, anxiété, insomnie) par un palet de grenade de désencerclement lancée par la BAC, le 12 janvier 2019 a Nantes aux alentours de 16h45.
  43. Lionel LERICHE, 26 ans, résidant a paris et blessé à la jambe gauche (fracture ouverte du tibia) par une grenade de désencerclement en impacte directe (tir tendu), le 5 Janvier 2016 près de la passerelle Leopold Sedar Senghor.
  44. Laurentino DE CARVALHO, 51 ans, résident a Paris, blessé par LBD40  derrière la tête (9 agrafes) lors de manifestation des Gilets Jaunes du 05 Janvier 2019, plainte déposée a l’IGPN le 07  Janvier 2019.
  45. Victor CACHARD, étudiant à Lyon, blessé au genou par un tir de LBD 40 lors de l’Acte XI des gilets jaunes le samedi 26 janvier 2019.
  46. Martin, blessé au front (traumatisme crânien, 10 points de suture) par un tir de LBD 40 le 12 janvier à Nîmes
  47. Gildas LOIRAND, 58 ans, blessé à deux reprise en avril 2016 à Nantes par une grenade de désencerclement (lancée de dos à hauteur de tête) et un tir de LBD 40 à la cuisse. Enquête ouverte par l’IGPN.
  48. Antoine H., 19 ans, étudiant à la faculté de science et technique de Nantes, blessé à l’œil gauche le 22/03/2018 par une grenade de désencerclement.
  49. Leila DJAKHAR, blessée à l’arcade sourcilière (4 points de suture, 5 jours d’ITT) par un tir de LBD 40 à Paris le 5 janvier 2019
  50. Myriam, artiste, 47 ans, passée à tabac par les forces de l’ordre le 19 mars 2009 à Bordeaux, lors d’un rassemblement pacifique en soutien à un squat menacé d’expulsion.
  51. Jean, 71 ans, habitant Tours, blessé à la jambe et au ventre par une grenade de désencerclement le samedi 1er décembre, Place du Palais.

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PROCHES DE BLESSE-ES, COLLECTIFS DE SOUTIEN, AVOCAT-ES

  1. Les parents et la soeur de Rémi FRAISSE, tué le 26 octobre 2014 par une grenade offensive à Sivens
  2. Paul MICHALON, frère de Vital Michalon, tué le 31 juillet 1977 par une grenade offensive lors de la manifestation antinucléaire de Creys Malville.
  3. Fatou et Ramata DIENG, COLLECTIF VIES VOLEES et Collectif Vérité et Justice pour Lamine Dieng, tué par la police le 17 juin 2007.
  4. ASSEMBLEE DES BLESSE-ES
  5. COLLECTIF HUIT JUILLET
  6. COLLECTIF FACE AUX ARMES DE LA POLICE
  7. COLLECTIF DESARMONS-LES !
  8. Claire DUJARDIN, avocate au barreau de Toulouse
  9. Muriel RUEF, avocate au barreau de Lille
  10. Lucie SIMON, avocate au barreau du Val de Marne
  11. Arié ALIMI, avocat au barreau de Paris
  12. Ainoha PASCUAL, avocate au barreau de Paris
  13. Emilie BONVARLET, avocate au barreau de Paris
  14. Chloé CHALOT, avocate au barreau de Rouen
  15. Mattéo BONAGLIA, avocat au barreau de Paris
  16. Anis HARABI, avocat au barreau de Paris
  17. Samuel DELALANDE, avocat au barreau de Paris
  18. CAISSE ANTIREPRESSION DE BAYONNE
  19. COLLECTIF LILLOIS D’AUTODEFENSE JURIDIQUE (CLAJ)
  20. Dominique, 53 ans, Ingénieure pédagogique de formation, Sarthe, Mère et Tante de blessés par grenade GLI-F4 le 24 novembre 2018 à Paris
  21. Stanis, 41 ans, agent immo, Paris, frère d’un blessé grave au visage par un tir de LBD 40 infligé par un policier d’Argenteuil le 30 octobre 2016.
  22. Christian, 57 ans père d’un mutilé au visage par un tir de LBD 40 en 2010
  23. Nathalie, mère d’un éborgné par un tir policier de LBD 40 en 2014
  24. Emmanuelle, mère de Pierre, mutilé à l’œil par un tir de LBD 40 en 2007
  25. Claire RAMBALDI, j’habite dans les Yvelines, je signe en tant que mère d’un blessé (William Assim Rajpar, 23 ans, étudiant) par la bac du 93 avec tir de LBD40 dans la tête le 12 janvier 2019 à Paris 8e.
  26. CRIME (Collectif contre la Répression des Individus et des Mouvements d’Emancipation), Lille
  27. Denis, street medic, Paris
  28. LA CABANE JURIDIQUE, Calais
  29. COLLECTIF CONTRE LES ABUS POLICIERS – Bordeaux (CLAP 33)
  30. Julien BREL, avocat au barreau de Toulouse, SAF, participe à l’observatoire des pratiques policières
  31. CAISSE DE SOLIDARITÉ CONTRE LA RÉPRESSION – Dijon (21)
  32. GROUPE LÉGAL DE LA COORDINATION ANTI RÉPRESSION de Paris
  33. Collectif Macadam Press
  34. Anti Rep Rurale (ARR) de Bure / Meuse & CACENDR (Collectif d’Action contre l’Enfouissement des Déchets Radioactifs)
  35. Sophie MAZAS, avocate au barreau de Montpellier et Président de la LDH Fédération de l’Hérault
  36. Renée D., Dominique H. & Florent H., parents et frère d’un mutilé à l’œil par grenade de désencerclement.
  37. Christiane VOLLAIRE, membre du Syndicat de Médecine Générale et proche de Johann Schögler, blessé gravement par une grenade lacrymogène à l’oeil en 1980.
  38. SYNDICAT DE MÉDECINE GÉNÉRALE
  39. Revue PRATIQUES
  40. COLLECTIF DES MÈRES SOLIDAIRES
  41. COMITE DE DÉFENSE DES VICTIMES DE VIOLENCES POLICIÈRES 37 (Tours)
  42. Jean Louis BORIE, avocat au barreau de Clermont Ferrand

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Commentaire(s)

> SUR LES PRESSIONS ET MENACES QUE NOUS RECEVONS

Depuis quelques jours, nous nous faisons régulièrement insulter et agresser.

Notre collectif existe depuis 2012. Depuis 2014, il s’organise quotidiennement auprès de personnes mutilées par la police, y compris déjà en 1999. Certain-es de ces blessé-es graves l’ont été dans les quartiers populaires, d’autres en marge de matchs de foot, tous n’ont pas les mêmes convictions politiques. Nous n’avons pas attendu le mouvement des gilets jaunes.

Oui, il y avait des blessé-es grave avant les gilets jaunes. Nous en comptions au moins 53 avant le mois de novembre 2018. On en parlait peu. Notre combat était peu visible. Nous n’avons jamais cherché la reconnaissance, notre priorité étant d’aider les blessé-es dans leur combat, en apportant un soutien juridique, psychologique, politique, selon des principes clairs et en accord avec une analyse radicale du système actuel.

Depuis quelques semaines, des enjeux de pouvoir ont pris leur place dans un combat que nous menons depuis des années avec bienveillance. Des gens se présentent en icônes d’un mouvement qui avait pourtant affirmé qu’il ne voulait pas de porte-paroles, écrasant au passage les pieds des autres. Certaines croient également pertinent de dire qu’elles sont « neutres » et que leur action est « apolitique », tout en laissant agir des populistes de la droite dure et en condamnant les militants antifascistes qui combattent l’hydre fasciste avec conviction (autant préciser qu’on ne la combat pas avec des fleurs).

Nous ne sommes pas d’accord avec cette neutralité, car pour nous les violences d’État, dont font partie les violences racistes et les violences policières, sont un problème politique. Depuis des années, nous essayons de faire admettre au plus grand nombre que ce ne sont pas des « dérapages », des « bavures », mais des violences systémiques, institutionnelles, assumées par le pouvoir.

Aujourd’hui, nous faisons l’objet d’insultes diverses et de menaces.

Des gens nous disent que nous mentons et que nous « ne maîtrisons pas notre sujet », sans avoir lu un seul des articles de notre site internet (desarmons.net). Nous mettons au défi qui que ce soit de trouver un mensonge sur notre site ou une information qui soit fausse.

Depuis quelques jours, nous faisons également l’objet d’attaques verbales et de menaces de personnes qui ne supportent pas la critique politique et ne sont pas capables d’autocritique, exigeant de nous qu’on supprime des publications sous prétexte qu’elles leur déplaisent, confondent « critique politique » et « appel à la haine ».

Parmi elles, des personnes qui se disent « medics » et ont inventé un clivage entre « street medics » et « médics », comme si ces catégories existaient avant que ces mêmes personnes ne débarquent et négocient leur intervention avec les autorités, niant et piétinant du même coup des décennies de pratiques militantes, réfléchies et autonomes (qu’elles semblent mépriser). « street medic » n’est pas une identité, mais une pratique, au même titre que les « legal team » (soutien juridique), les « trauma team » (soutien psychologique), le « black bloc » (tactique collective permettant d’agir et se défendre en bénéficiant de l’anonymat), les « zones d’autonomie temporaire » ou les « cantines mobiles ». Cette pratique a une histoire et une philosophie, qui remonte au mouvement américain des droits civiques. Elle n’a jamais été neutre, ni apolitique.

Déjà en 2012, nous avions des liens constants avec des groupes de « street medics ». Sur certaines manifestations, nous avons nous-mêmes été street medics.

Faire « street medic », c’est être capable d’humilité, refuser la professionnalisation, dans le but de protéger les manifestant-es de la répression et d’organiser le soin en manifestation autour de principes de lutte clairs, qui n’acceptent aucune négociation avec les flics pour quémander le droit d’agir. Oui, être medic en manif, ce n’est pas offrir un substitut à la sécurité civile ou aux pompiers : il s’agit d’un combat politique, pas de l’encadrement légal ou négocié d’un événement festif.

Toutes celles et ceux qui voient dans ces pratiques une manière égocentrique d’exister, d’avoir de la reconnaissance, de se faire passer pour des héros ou servir des intérêts personnels ou particuliers autres que le soutien aux manifestants blessés, n’ont pas compris l’esprit de la chose. Soigner des flics lors d'une révolte populaire, c'est soigner l'ennemi du peuple.

On n’a pas à nous faire des pressions parce que nous dénonçons les compromis avec la police. Nous avons nos valeurs et principes, nous les défendrons. Que ceux à qui ça ne plaît pas passent leur chemin au lieu de nous empêcher d’agir et de nous faire perdre notre temps.

Si vous n'avez pas besoin de nous, alors on n'a pas besoin de vous. On était là avant, on sera encore là après. Les réseaux sociaux et les projecteurs sur nous ne sont pas notre raison d'être.

Laissez nous respirer !

> Matos

Super boulot. Y a t il des affiches disponibles à commander en soutien à la lutte ? Et si oui, où et combien ça coûte ? Et une tournée de réunions publiques pour associer localement autour des i itiatives individus et groupes..?