Les Jaunes sont-ils eux aussi devenus nos amis ?

Mis a jour : le dimanche 9 décembre 2018 à 19:51

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NB : Les accords de ce texte peuvent paraître fantaisistes, ils le sont. Le point médian utilisé habituellement ne nous convient pas, rendant la lecture et la compréhension plus difficiles et rappelant la bicatégorisation de genre. Même si nous avons privilégié les termes permettant des formulations épicènes, celle-ci perdure malheureusement ici. Le principe est de ne pas se focaliser sur le genre puisque là n’est pas la question, et que nous souhaitons sa destruction.

Beurk-medium

En plein mouvement des « gilets jaunes », ces deux dernières semaines ont vu émerger des émeutes, à Paris mais pas seulement, ainsi que divers sabotages. Dès lors, un certain nombre d’anarchistes se sont posés la question de l’intervention au sein de ce mouvement, de la même manière que, depuis toujours, ils interviennent au sein des différents mouvements sociaux. Cependant, si habituellement cette intervention semble aller de soi, il ne nous semble pas anodin qu’ici cela ne soit pas autant le cas et que la question fasse débat. Comme le signe que quelque chose sonne faux.

Les « gilets jaunes » ont commencé comme un mouvement plus ou moins poujadiste se basant sur l’annulation de la hausse des taxes, la baisse des « charges » patronales, etc. Depuis, la liste des revendications s’est allongée et force est de constater qu’elles versent majoritairement dans le populisme (l’une des revendications est « que les déboutés du droit d'asile soient reconduits dans leur pays d'origine »). Pour un mouvement qui se dit apolitique, une bonne partie de ses revendications est plutôt très à droite.

Le mouvement est, dans ses bases, intrinsèquement réactionnaire et ce n’est pas pour rien si lors des différents blocages et, de manière encore plus manifeste, pendant les émeutes, on a pu entendre la Marseillaise, voir des drapeaux nationalistes, gaullistes, royalistes, et autres bonnets phrygiens. De même, la couleur politique de certains soutiens « célèbres » dès les premières heures (Le Pen, Dupont-aignan, Wauquiez, Dieudonné, etc.) ne nous semble pas être anodine. Si l’on pourrait être tentée de regarder les mouvements révolutionnaires et insurrectionnels du passé pour se hasarder à des comparaisons avec ce qui se passe actuellement, il ne faut pas oublier qu’entre-temps le monde a bien changé. C’est ainsi une population gavée d’idées dégueulasses et de « fake news » qui se trouve aujourd’hui dans la rue. Tout cela crée un climat où, entre autres, le nationalisme, le racisme, l’(hétérocis)sexisme et le conspirationnisme ne sont jamais très loin. Ces formes de domination peuvent aussi être présentes dans les mouvements sociaux (et même dans nos milieux), mais elles sont ici beaucoup plus présentes, et ce de manière assumée.

Dès lors dans le cadre de la question qui se pose à propos de l’intervention anarchiste dans ce mouvement, nous nous demandons déjà (puisque certains ont commencé à y intervenir) pourquoi l’on devrait accepter la marque « gilet jaune ». Pourquoi en accepter et en avaliser les revendications « de base » (augmentation des taxes, etc.), et surtout, pourquoi en relayer la symbolique ?

Si des anarchistes portent le gilet jaune dans les émeutes, cela nous pose question, le font-elles dans un esprit de manipulation, pour se fondre dans la masse et faire croire qu’ils sont intégrées au reste des « gilets jaunes » ?

L’unité matérialisée par le fait que tout le monde porte ce gilet nous met mal à l’aise : encore une fois, comme une reproduction incessante du monde que l’on déteste, les individualités se trouvent effacées. Les spécificités et l’unicité de chaque individu sont gommées par un uniforme qui voudrait faire croire que les aspirations de tout un chacun se valent. Cette uniformisation n’a, en plus, qu’une valeur symbolique, et non pratique comme on peut le voir dans la « culture » anarchiste de l’émeute où elle sert à l’anonymisation pour éviter la répression.

La symbolique du « gilet jaune » n’est pas anodine, elle fait référence à l’obligation datant d’il y a quelques années d’avoir dans son véhicule un gilet jaune et un triangle de signalisation, qui avait déjà provoqué la grogne du conducteur moyen. A cette époque, celui-ci ne se préoccupait pas plus des luttes sociales qu’aujourd’hui. Ses revendications n’étaient qu’immédiatistes, sans pensée sociale derrière, sans envie d’un autre monde, sans haine de l’actuel. Il en va de même aujourd’hui avec le hochet du pouvoir d’achat. Ce que veulent les « gilets jaunes », ce n’est pas une rupture mais au contraire de pouvoir continuer à perpétuer ce monde, pouvoir continuer à participer. En quoi devrait-on trouver cela intéressant ?

Pour beaucoup de personnes participant à ce mouvement, il s’agit de leur première « mobilisation ». Où étaient-elles en 2006, en 2010, en 2016, pour ne reprendre que les mouvements sociaux les plus gros de ces dernières années ? Il ne s’agit pas de dire que parce qu’elles n’ont pas participé à ces mouvements sociaux (voire les ont méprisés), alors on ne devrait pas participer à leur mouvement, mais plutôt de bien se rendre compte que nos perspectives diffèrent de ce à quoi elles semblent aspirer. De même que les perspectives émanant du « Jour de colère »[1] nous empêchaient d’y intervenir, nous ne voyons pas de raison pour que les perspectives de ce mouvement nous incitent à y agir. Et si ce mouvement s’était basé sur des questions plus sociales, ces individus (actuels « gilets jaunes ») auraient-ils pris l’initiative de rejoindre un tel mouvement ? On peut en douter, sans en être certaine, étant donné le décalage entre leurs revendications et celles d’un mouvement social. On pourrait nous rétorquer qu’il n’y a pas que des individus de droite dans ce mouvement. Ce n’est évidemment pas le cas, mais force est de constater que les idées à minima de gauche ne sont pas majoritaires. Cela crée un climat extrêmement confus si propice à la diffusion des idées d’extrême-droite.

Ainsi, on comprend mal comment ce marasme pourrait déboucher sur autre chose qu’un État (et même un état) plus coercitif, excluant et où les identités (nationales mais pas seulement) se retrouveraient renforcées.

 

L’un des principes anarchistes est que les moyens doivent correspondre aux fins. Il nous semble problématique lorsque des anarchistes font des émeutes aux côtés de réactionnaires (qu’ils se rendent visibles en faisant partie de mouvements d’extrême droite, ou que ce soit de simples « personnes lambda »), que cette question soit éludée. Et si l’on considère que tout est mieux que l’existant, pourquoi alors ne pas soutenir des initiatives comme celles d’ITS[2]  ou encore l’ETA[3] ?

Pour certains anarchistes intervenant dans ce mouvement, on a l’impression d’assister à l’éternelle course au sujet révolutionnaire ou insurrectionnel, qu’on le nomme prolétariat, habitant des quartiers populaires, « racisé », voire « peuple ».

Une question qui se pose est « sur quoi est-ce que cela peut déboucher ? » Il est peu probable que cela débouche sur une révolution ou une insurrection dont les bases nous satisferaient. Ainsi, il ne reste pas énormément d’issues possibles : soit un nouveau gouvernement parvient à prendre le Pouvoir, et on peut fort parier que celui-ci n’aurait, au minimum, rien à envier au précédent, soit une satisfaction totale ou partielle des revendications. Étant donné leur contenu, les anarchistes qui souhaitent intervenir veulent-ils véritablement être celles qui, par leurs actions, favoriseraient potentiellement « que les déboutés du droit d'asile soient reconduits dans leur pays d'origine » ?

Et dans ce contexte de tension et d’action, notre discours, ultra-minoritaire, peut-il être entendu et compris ? Un moment de conflit est-il un moment où l’on peut réellement avoir une influence sur la pensée globale ? De plus, la majorité des personnes qui participent à ce mouvement ne fréquente pas nos canaux de communication et part d’une culture politique/philosophique soit proche de zéro, soit à l’opposé de la nôtre.

Certaines personnes affirment que nous aurions un ennemi commun, et que cela justifierait l’unité. Est-ce vraiment le cas ? Notre ennemi n’est pas seulement Macron, tout comme il n’était pas seulement Hollande ni Sarkozy, il n’est pas non plus uniquement Rothschild ou n’importe quel PDG de multinationale. Parmi nos ennemis, il y a l’État, le capitalisme et toute forme de régime politique. De même, converger vers les centres du Pouvoir à une époque où celui-ci est bien plus diffus qu’il ne pouvait l’être auparavant nous semble avoir peu de sens. Les préfectures et l’Élysée sont davantage des symboles, et se concentrer uniquement sur ces points, c’est d’une part ne pas voir les capacités d’adaptation du Pouvoir (il n’a pas besoin de bâtiments particuliers pour continuer de prendre des décisions). D’autre part, c’est avoir une analyse bien superficielle de ce qu’est le Pouvoir et c’est ignorer le fait qu’il ne se résume pas à quelques institutions. Ne serait-ce qu’aller au travail, accepter de se soumettre à un chef, c’est obéir à un Pouvoir, et le mouvement des « gilets jaunes » ne remet massivement pas cela en cause. Leur critique se porte principalement uniquement sur les taxes sans une once de critique contre le patronat, le travail ou même à minima le nombre d’heures travaillées par rapport au salaire gagné.

Comment peut-on justifier, toujours dans un esprit de cohérence, d’aller lutter aux côtés de personnes qui sont habituellement les cibles de nos critiques, qu’elles soient néofascistes, petits patrons, ou même cette personne qui compare sa situation de travailleur acharnée qui n’a plus rien à la fin du mois, avec ces « assistées au RSA à qui tout est payé », ou encore qui fustige les immigrés et un gouvernement qui serait bien trop laxiste.

Se pose aussi une comparaison entre l’intervention anarchiste dans le mouvement actuel et la même intervention, beaucoup plus habituelle, dans les mouvements sociaux. On pourrait nous taxer d’hypocrisie d’accepter la seconde et de refuser la première parce que nous sommes censées être à la fois contre la gauche et contre la droite. Mettons les choses au clair : Nous souhaitons une situation chaotique. Mais dans une situation de chaos, il y a toujours une partie de la population qui souhaite un retour au calme. Dans le premier cas, l’extrême droite est celle qui souhaite le plus un retour au calme. Ici, l’extrême droite (ou une partie du moins) souhaite l’extension du chaos. Mais elle ne souhaite le chaos que pour être celle qui finira par ramener l’ordre. Et si cela arrive, nous serons extrêmement isolés pour pouvoir nous battre contre cette extrême droite qui aura gagné en force.

Quoi qu’il en soit, les anarchistes veulent le chaos dans une perspective de négation du Pouvoir, ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des autres composantes du mouvement, qui elles veulent la perpétuation du Pouvoir.

Et ne nous voilons pas la face : combien d’anarchistes ont d’abord eu des aspirations gauchistes avant d’avoir de réelles perspectives anarchistes ? Et même parmi les anarchistes actuels, combien se disent être rattachées à la gauche ? Si l’on n’a aucun problème à affirmer que l’anarchisme tel que nous l’entendons est au-delà de la gauche et de la droite (et non « au-delà du clivage gauche-droite » qui est bien souvent un cache-sexe néofasciste), et donc au-delà de la politique, il reste historiquement et dans le cheminement individuel plus proche de la gauche que de la droite.

Il est bien beau de s’extasier sur les actions de sabotage que l’on peut voir en ce moment. Pour nous, l’acte et la pensée doivent correspondre et une banque caillassée dans un mouvement qui considère que tous les banquiers sont « juifs » ou « sionistes » n’a pas le même écho à nos yeux que la même banque caillassée dans une haine d’un monde basé sur le fric. On peut observer le problème sous un autre angle : Parmi les personnes qui aujourd’hui applaudissent l’incendie d’un bâtiment de l’URSSAF, combien applaudissent les actes de sabotage perpétrées le reste du temps ?

Si ce mouvement est effectivement pourri, on peut quand-même certainement en tirer des leçons sur nos manières d’agir. On a vu lors des précédentes émeutes des actions éparpillées et diffuses, donc plus incontrôlables. Au contraire, « nos » émeutes ont tendance à être des blocs cohérents se déplaçant d’un point A à un point B, dans un trajet parsemé d’actions de sabotage. Cette stratégie semble aujourd’hui essoufflée et bien connue des services de répression. Ce mouvement peut aussi être intéressant en cela qu’il s’est construit en dehors des organisations syndicales (même si les raisons de ce refus n’ont rien à voir avec les nôtres) et qu’il semble aujourd’hui encore refuser toute représentation (là encore c’est à nuancer puisque des porte-paroles ont émergé).

Néanmoins, si cela peut être défaitiste, sans doute vaut-il mieux ne se faire aucune illusion sur une quelconque sortie « heureuse » plutôt que mettre tant d’énergie dans quelque chose qui ne correspondrait pas à nos intérêts. Ces derniers ne se trouvent pas dans les revendications pour une vie moins chère, ce que nous voulons (et nous ne saurions le demander à quelque chef que ce soit), c’est une vie non payante. Nous ne voulons pas faire partie d’un monde où il faut travailler pour pouvoir vivre, pour pouvoir être quelqu’un. Nos intérêts ne se trouvent pas non plus dans une quelconque démission (ou « destitution » comme aime le dire les néo-blanquistes), mais dans la destruction du Pouvoir. Cela non plus ne se quémande pas, ne se revendique pas. Nous étions ennemis des précédents gouvernements, nous continuerons de l’être pour les prochains, quelles que soient les couleurs dont ils se pareront.

D’un côté nous pensons qu’attendre les conditions objectives et subjectives en vue d’une révolution ou d’une insurrection est illusoire, surtout dans un contexte où la Réaction semble revenir à grand pas. D’un autre côté, refuser d’attendre ces conditions et d’agir avec des personnes ayant à cœur des idées réactionnaires, nous pose problème. Nous refusons ce faux dilemme. Nous ne voulons pas attendre le moment opportun pour agir, mais pour autant nous trouvons absurde d’être là où se trouvent des réactionnaires.

Les anarchistes n’ont pas besoin de ce mouvement pour agir, la haine contre ce monde peut se matérialiser en tout temps. Aujourd’hui, dans dix jours, dans deux ans, toujours.

Des individus, pas des vêtements.

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Notes :

[1] Journée de manifestation politiquement confuse ayant eu lieu le 26 Janvier 2014 à Paris. L’article Wikipedia en dit quelque chose d’intéressant : « Dans sa recension de la manifestation, Le Monde, en collaboration avec l'Agence France-Presse, relève que "le défilé est très hétéroclite : catholiques, "hommens", travailleurs frontaliers avec la Suisse et manifestants contre l'"équitaxe" côtoient des drapeaux de La Manif pour tous et des slogans anti-fiscalité, mais aussi, plus marginaux, des ultra-nationalistes ou des admirateurs de l'humoriste Dieudonné [...]. Quelques actes antisémites et slogans homophobes ont été entendus et quelques heurts ont eu lieu sur le trajet de la manifestation »

[2] Individualités Tendant vers le Sauvage : tendance misanthrope d’illuminés qui pratiquent l’attaque indiscriminée guidés par une pensée anti-civilisationnelle réactionnaire qui a été fortement critiquée par des anarchistes ces derniers mois. Ils sont principalement présentes en Amérique centrale et du Sud.

[3] Euskadi Ta Askatasuna, organisation armée indépendantiste basque.

Commentaire(s)

> Correction

Si un ou une modo peut régler le problème de l'image et supprimer le css en début de texte...

> Enfin !

Si même les syndicats ne veulent pas récupérer les "gilets jaunes", c'est significatif de la pourriture de ces derniers...

> Ah enfin !

Pas d'accord sur toute mais ça tranche dans la complaisance des textes totos et anars sur ce mouvement ! Ca fait du bien !

Merci pour ce texte !

> Brillante analyse

Brillante analyse qui rejoint celles de Cohn-Bendit ou Romain Goupil.

Il y a évidemment de tout dans les gilets jaunes, et la récupération est en marche aussi bien par les politiciens que par les médias, le gouvernement et l'extême droite.

Mais pointer uniquement l'aspect poujadiste, c'est un moyen facile pour des "nanars" ultra-radicaux de justifier leur absence totale des luttes (sauf sur le papier et par le dénigrement des luttes des autres).

C'est aussi un moyen détourné de se dissocier de la "racaille" violente.

Nier le caractère spontané et subversif des gilets jaunes, c'est faire le jeu de l'Etat.

> Modif

On a viré le bout de css mal copié-collé. Pour ce qui est de l'image, tu peux nous l'envoyer par email ou en commentaire pour qu'on l'ajoute.

> Image

@modo merci, voilà un lien pour récupérer l'image : https://ibb.co/HqGtSTS

> Super

Super synthèse, bravo.
Incontestablement le mouvement est très subversif. L'idée que ce qui était considéré comme ''violent'' est accepté comme moyen normal de lutte. L'autogestion sur la plupart des rond points et actions, ...
Tout ça va faire bouger des lignes, aussi dans nos luttes.
Je suis plus circonspect quant au bénéfice pour l'extrème droite. C'est un peu monté en épingle, même si je partage la montée d'idées réacs dans la société. Je pense que tousses les politicards vont jouer de là calinothérapie, et à ce jeu les écolos vont peut être se refaire la cerise.
Enfin, c'est le grand échec du complotisme. Le ''peuple '' a bien vu que ses emmerdes venaient du pouvoir.

> Pour éclairer les lanternes

Attention aux idées simplistes et aux manipulations.
Même s'il est un peu tôt pour des études sociologiques précises et sérieuses, je vous invite a lire ces analyses fort intéressantes.

https://www.franceculture.fr/sociologie/la-feuille-dimpot-le-rond-point-et-facebook-huit-sociologues-decryptent-les-gilets-jaunes

> Manipulés... par Nestor ?

Parler de manipulation quand le texte dit explicitement que : "il n’y a pas que des individus de droite dans ce mouvement. Ce n’est évidemment pas le cas, mais force est de constater que les idées à minima de gauche ne sont pas majoritaires. Cela crée un climat extrêmement confus si propice à la diffusion des idées d’extrême-droite."

Bref encore un champion.

> "En attente de gestes forts" ,Ah là,là !

Salut

Texte Critique et sans mépris.
Une base de reflexion pour moi.
Je regrette de ne pas pouvoir en parler en groupe même si nous sommes deux mais c'est un peu juste comme groupe ...
J'ai un malaise face à ce qui se passe.
J'ai passé une matinée avec les GJ dans un département peu peuplé tendance "insoumis" .Pas de facho .Beaucoup de femmes en colère .Des prises de décision à main levée .Une volonté de "PAS DE CHEF" .Des gens qui s' écoutent.
Par contre :
Au niveau national la " Dame du Morbihan" semble avoir ses entrées en haut lieu ...Faut chercher son côté révolutionnaire .Je pense que c'est la même chose pour les autres personnalités,pseudo porte paroles sorties du chapeau jaune sans mandat

C'est en date du 7

07/12/18 - 22:15 - Jacline Mouraud : "On attend la parole du Président"

"On attend la parole du Président maintenant", a déclaré Jacline Mouraud,
membre des gilets jaunes libres, qui a rencontré Édouard Philippe ce soir.
"Il a reconnu qu'il y a eu des erreurs. Là on est dans une urgence, il a
pris en compte tout ce qu'on a fait remonter et on verra le résultat la
semaine prochaine", a-t-elle conclu.

Encore des déclarations de la "Dame"

"C'était une vraie discussion, donc quelque chose de très intéressant",
a-t-elle souligné. "Nous avons rapporté les revendications que nous avions
marquées dans le JDD. Il a tout écouté, on a discuté de tout. On a eu
affaire à un homme". "Le Premier ministre nous a écoutés et promis de
porter nos revendications au président de la République. Maintenant nous
attendons M. Macron. J'espère qu'il (...) prendra des décisions fortes", a
confirmé un autre gilet jaune à l'AFP, Christophe Chalençon, une fois
sorti de Matignon.

Et pour finir

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/gilets-jaunes-qui-est-vraiment-jacline-bretonne-qui-commence-presque-1575882.html

Donc en gros il attendent des décisions "fortes" alors que les maitre ne veulent véritablement rien lacher sur l'ISF et le Smic ....
Nous sommes certaines et certains que ça doit être super interessant de discuter avec le premier sinsistre ...
Et à part ça ?

> AD hominem

Et l'autre du Vaucluse qui en appelle un coup au général Villiers un coup à Chouard !!
Par contre j'aime pas du tout ces attaques des grands médias sur des personnes lambda. Elles n'y sont pas préparés et n'ont pas les moyens de se défendre. ça donne encore une fois raison à la cagoule et à l'éviction de nos luttes et de nos vies des ''mainstream''.
J'ai aussi très peur de la fin de leur mouvement, déjà quand on est rôdé, le retour au quotidien est pas simple, là vu le public peut habitué aux mobilisations, je sais pas ce que ça va donner ?

> inaudibles

l'autre jour en AZG à la fac y en a un qui disait "attention y a des GJ de gauche et d'autres d'extrême-droite"

Comment fait-on sur le terrain quand des GJ de gauche et de droite discutent de Chouard, Lordon et Marine le Pen?

> À, À, Anticapitaliste

On leur dit qu'illes peuvent parler toute la nuit, le problème c'est le capitalisme.
D'ailleurs en 68, l'augmentation du SMIC a été mangé par une dévaluation l'année suivante. Maintenant avec l'Euro, c'est l'inflation qui va faire le job et les bourgeois vont bien rigoler.

> Le problème c'est le capitalisme?

ou toutes les formes de Pouvoir? Lutte des classes, le reste on s'en fout ?

Je suis pas sur que le seul problème des personnes sus-citées soit le fait qu'elles défendent un système capitaliste hein...

Puis discuter avec des gens qui sont à mille lieu de nos idées, je suis plutôt d'accord avec le texte pour le coup, ce sera sans moi.. J'ai rien à dire à ces gens

> Bravo bis

Un langage clair, de la lucidité et du raisonnement, tout cela montre une grande capacité à discuter avec des gens qui ont une pensée différente. Bravo.
Comme cela a été signalé les gilets jaunes ne sont ni de droite ni de gauche. On n'y trouve pas l'antagonisme trop réducteur entre les ouvriers et le patronat qui nuit bien souvent aux analyses les plus intéressantes. Une grande cohésion de surface même si les préoccupations des uns et des autres sont très diverses.
Je retiens de l'exposé une idée majeure qui ne pourrait que susciter l'intérêt de tous : un monde où il n'y aurait pas besoin de travailler pour vivre.

> Le meilleur texte que j'ai lu à ce sujet jusqu'ici

Et oui, c'est l'existant qui manifeste, gavé de facebook, twitter et de smartphones. Oui il y a de tout. Non, je ne comprends toujours pas des anarchistes aux côtés de nationalistes (remarque, aux côtés de communistes non plus).

Il faudrait penser un jour à tuer les fantômes, peuple, prolétariat et compagnie.

> Ni jaune ni gris mais solidaire des luttes

C'est fou la propension de certains "anars" de donner des leçons aux autres, surtout quand ils ne sont pas à l'initioative d'un mouvement et ne savent pas comment s'y situer.

On a pas dû aller dans les mêmes manifs. Moi j'ai vu ensemble des gilets jaunes et d'autres qui n'en avaient pas, qui chantaient la marseillaise et d'autres l'internationale, des revendications révolutionnaires et des revendications corporatistes, et même des slogans sexistes, mais toujours quelqu'un pour les dénoncer. Et il n'y a jamais eu l'exclusion de personne, même pas des casseurs.

Il y a de tout, mais nier le caractère subversif et spontané du mouvement est une stupidité. Qu'il subisse les attaques ou au contraire les tentatives de récupération montre qu'il dérange beaucoup de monde, et le purisme révolutionnaire est aussi dangereux pour lui que l' état et les renégats des vieilles luttes.

Les professionnels de la révolution ont des solutions sur le papier mais jamais dans la rue, et n'ont jamais inquiété le pouvoir. Refuser de se mélanger avec qui que ce soit qui ne serait pas sur sa ligne politique c'est se mettre en dehors de toutes les luttes.

> @Krrr

Qu'est-ce que ça signifie, "solidaire des luttes" ? Quelles luttes ? Toutes ? À partir du moment où il y a lutte, tu en es ?

Si ce qu'on a pu voir ces dernières semaines a pu mettre une chose en lumière, c'est bien qu'il est urgent qu'on arrête avec ce "peuple". En réalité certains anarchistes le disent depuis des dizaines d'années, c'est pas nouveau. Le "peuple" est une masse d'individus que rien ne relie réellement, une masse aux intérêts divers et aux perspectives toutes aussi diverses. Et quand "le peuple" est dans la rue, voilà ce que ça donne. Ça porte un symbole spécifique (qui ne vient pas de nulle part !), ça revendique des choses qui ne portent en elles aucun changement fondamental, et même certaines choses tout bonnement dégueulasses.

Attention, je ne dis pas que l'ensemble des individus qui constituent ce groupe fictif appelé "peuple" portent ces choses-là, que tous ces individus sont nationalistes, sexistes, etc. Non, je dis simplement que c'est ce qui ressort principalement de cette masse fantasmée en "peuple".

Maintenant oui, peut-être, sûrement même, que parmi ces gens il y en a qui sont "anarchistes sans le savoir" comme l'a dit quelqu'un dans les commentaires d'un autre texte. Et alors ? Notre rôle serait de les prendre par la main pour les mener vers la Bonne Voie de l'Anarchie ? Pour ma part, je n'ai pas envie d'avoir ce rôle. Si ces personnes ont réellement des idées anarchistes, elles feront leur chemin seules.

Krrr, ça ne te pose pas question que des gens chantent la marseillaise à côté de gens qui chantent l'internationale sans que ça ne provoque plus d'émoi ? Peut-être finalement que ces deux chants ne sont que les deux faces d'une même pièce (moi je m'en fous, je ne suis pas d'extrême-gauche).
Krrr, c'est quoi des "renvendications révolutionnaires", depuis quand les révolitionnaires quémandent quoi que ce soit ?
Krrr, tu nous dis qu'il y avait toujours quelqu'un pour dénoncer les propos racistes, sexistes, etc. mais que personne n'a jamais été exclu. C'est pas problématique ça pour toi ? Ensuite tu nous dis que même les "casseurs" n'ont pas été exclus. Il y a une vidéo qui circule où un type pète la vitre avant d'une voiture et où il se fait ensuite huer, insulter par d'autres Jaunes, dont une femme qui lui intime de "dégager des gilets jaunes". Je ne peux pas croire que cela soit le seul cas. Et puis de toute façon, être un "casseur" n'est pas le signe qu'on est un vrai révolutionnaire élevé en plein air, pour rappel.

"Qu'il subisse les attaques ou au contraire les tentatives de récupération montre qu'il dérange beaucoup de monde"
Oui, je te rappelle que la manif pour tous était loin de faire l'unanimité non plus. Déranger beaucoup de monde n'est pas un gage de subversion, hein...

> @freddy

J'ai peut-être mal compris ton commentaire, mais il est évident que PLEIN d'anarchistes ont participé et participent encore à ce mouvement, ont été présent.e.s lors des journées de mobilisation depuis le 17 novembre. Beaucoup se posent des questions, sur comment intervenir dans tout ce bordel, et c'est pas simple, mais tout ce petit monde ne reste pas les bras croisés, rassure-toi.

Après, il y aura toujours des donneurs de leçon qui font pas grand chose à part chercher la paille dans l'oeil des autres sans se préoccuper de la poutre qui leur traverse la tête...

Aussi, la plupart des anarchistes qui participent à ce mouvement font partie de "la racaille violente", ou a minima la soutiennent clairement. Donc je sais pas, je pige pas trop si tu parles "des anarchistes en général", ou juste de "quelques anarchistes pseudo-puristes donneurs de leçon".

C'est important d'être un peu précis , à défaut ton commentaire peut passer pour anti-anarchiste...

> pas de souci !

Ben je parlais évidemment pas des anars en général puisque j’en fais partie, je parlais des donneurs de leçons, qui ne participent pas aux luttes qui leur échappent mais qui sont par contre très actifs dans leurs sites et dans les commentaires des réseaux alter.

On pourrait croire que ces gens-là représentent les anars tellement ils inondent les médias pour donner cette impression, mais en réalité ils ne représentent qu’eux-mêmes. Les anars que je connais participent aux luttes, avec leurs revendications propres et sans se faire récupérer. Ce que les puristes leur reprochent, c’est de ne pas virer des manifs tous ceux qui ne sont pas anars. Belle conception de l’anarchisme et de la révolution !