1er février : contre la sélection, crépitements dans les universités

Mis a jour : le vendredi 2 février 2018 à 00:33

Mot-clefs: / lutte étudiant-e-s lycéen-ne-s mouvement
Lieux: Nantes

Macron se déchaine. Après avoir lancé en quelques mois des offensives sur tous les plans – saccage du code du travail, répression des exilés, passage de l'état d'urgence dans le droit commun – sans rencontrer de résistance suffisamment conséquente, le gouvernement s'attaque aux étudiants et lycéens. Il compte tout simplement détruire le service public universitaire et l'accès aux études pour toutes et tous. L'attaque de trop ? Dans les universités de Toulouse et Rennes, des assemblées générales massives ont voté le blocage. A Paris, Bordeaux, Rouen et Caen, des lycées se sont mis en mouvement. Et à Nantes ?

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Ce 1er février, première journée d'action nationale, le département de sociologie est barricadé avant la levée du jour, puis débloqué par une cohorte de policiers en tenue anti-émeute. Une nouveauté à Nantes : les policiers avaient pour habitude de harceler les actions lycéennes, mais pas encore d'intervenir à l'université.

A midi, des prises de paroles d'étudiants et de personnels de l'université se succèdent, avant qu'une manifestation ne démarre en direction du rectorat. Le long des lignes de tram, près de 500 personnes manifestent à grand renfort d'engins pyrotechniques en scandant : « tout le monde déteste la sélection ! ». Comme d'habitude, le déploiement policier est tellement disproportionné qu'il en devient ridicule. Les transports sont bloqués loin en amont de la manif, et un hélicoptère survole la ville pendant que les jardins du rectorat, remplis à raz bord de véhicules de CRS et gardés par des rangées d'hommes armés, sont inatteignables. Boulevard Michelet, une ligne de flics bloque la manifestation au contact du cortège. Bousculade, coups. Des professeurs s'interposent. Les premier rangs sont gazés avec un liquide d'un genre nouveau, de couleur orange. Finalement, le cortège parvient à atteindre la fac de science à grand bruit, avant de retourner vers le campus du tertre.

Une Assemblée Générale y réunit plus de 300 personnes dans un amphi bondé. Après de longs débats, le principe d'un blocus est voté à main levé. Comme toujours, quelques tièdes tentent de freiner le mouvement à coup de contorsions arithmétiques et de mauvais foi : «si on additionne les abstentions aux anti-blocus, ils sont majoritaires ». Cela n'entrave pas la détermination, et des propositions d'actions émergent pour les jours à venir.

Quoiqu'il en soit, une dynamique semble s'installer à la fac de Nantes, en complément du mouvement d'occupation solidaire avec les exilés, qui perdure déjà depuis plus de deux mois. La semaine prochaine risque donc d'être mouvementée. Vers un printemps 2018 agité ?

A suivre !

Commentaire(s)

> CR de l'assemblée générale

COMPTE RENDU DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE QUI A EU LIEU APRÈS LA MANIFESTATION

1- Retours sur la mobilisation du jour

Rassemblement de 200 personnes devant le pôle étudiant. Dans un premier temps, prise de paroles syndicales ont eu lieu, puis un micro ouvert. Des étudiant.e.s et enseignant.e.s ont pu faire des interventions. Ensuite, départ en cortège avec pour objectif : le rectorat ! (en passant par la voie des trams, puis en traversant les locaux de l’université des Sciences). Violente répression d’une vingtaine de CRS. Ces derniers ont bloqué la voie des trams entre petit port et michelet. L’ensemble des manifestant.e.s (étudiant.e.s et enseignant.e.s) se sont tout de même dirigé dans l’enceinte de l’Université des sciences. Après avoir manifesté dans les couloirs de sciences, le cortège est retourné sur les voies de tram en direction de l’Université (la route vers le centre-ville était barrée par les CRS).
De retour dans le bâtiment Censive, un regroupement avec slogan et prise de paroles a permis d’arrêter les cours. Une Assemblée Générale a été proposée dans un amphi libre, pour discuter et préparer la suite du mouvement.

2- Préparation de mardi 06 février, journée de mobilisation dans le secondaire

Ce qui a été voté en consensus :
* Journée du 06 fev : Débrayage 10h, Assemblée Générale 11h, Départ en manif de la fac 13h.
* Écriture d’une motion d’AG en soutien aux mobilisations nationales et dénonçant la répression policière, notamment auprès des lycéen.ne.s. (à produire par le comité de mob’).
* Proposition d’une journée nationale de mobilisation le 14 février à porter auprès de l’intersyndicale
* Mise en place d’un cortège de tête unitaire pour la manifestation du 6 février, avec personnels, étudiant.e.s, enseignant.e.s

Vendredi 02 fevrier, 14h30, une intersyndicale du secondaire et du supérieur se retrouve pour préparer la journée du 06. L’AG a mandaté trois personnes pour y porter nos différentes propositions.

Il y a également eu un vote de blocage de la fac. La tribune n’a pas défini en amont les modalités de votes, ce qui a rendu problématique le résultat. Il n’y a donc pas de positions clairement définie de l’AG, que ce soit pour ou contre le blocage. Cela ne doit pas se reproduire, les modalités de vote et le fonctionnement de l’AG devront donc être définies et votées en début de la prochaine AG. Ce qui ressort, c’est un débat non consensuel sur la question du blocage.

3- Comité de mobilisation

Rendez-vous vendredi 02 février (DEMAIN) à 12h30 dans le hall du Tertre.

Ce qui est ressorti des interventions et votes :
* Banderoles pour redécorer la fac
* Écriture du communiqué de soutiens aux autres mobilisations
* Mise en place d’une charte de fonctionnement d’AG et de modalités de votes claires, à faire voter à la prochaine AG
* Mise en place de débrayage d’amphi et tractage (Tract déjà produit à modifier au niveau des dates)
* Proposition de mettre en place des débrayages/tractages dans les lycées
* Faire une proposition d’ordre du jour et d’une tribune pour l’AG de mardi