Un toit pour tou.te.s ! Retour sur la manifestation du 20 janvier à Nantes

Mis a jour : le dimanche 21 janvier 2018 à 22:11

Mot-clefs: / précarité squat logement immigration sans-papieres frontieres exclusion chômage
Lieux: Nantes

Un samedi de janvier pluvieux à Nantes. Les flâneur.e.s habituel.le.s de la fin de semaine semblent avoir déserté.e.s les rues. A leur place des casques, des armures et des armes, accompagnent les cris des sirènes et le bleu des gyrophares. Deux appels à manifester, qui ont largement circulé dans les réseaux, proposent la folle entreprise d’entamer une manifestation sur la place Royale.

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Outrecuidance extrême alors que cette place de la ville est généralement interdite d’accès. Le premier appel émane d’une soixantaine d’associations réunies pour négocier avec les pouvoirs publics des places d’hébergement d’urgence tandis que le second vient de l’université actuellement occupée depuis deux mois pour mettre à l’abri des mineur-e-s en exil à la rue et lutter contre la violence des frontières. Apparemment une manifestation unitaire réunissant des syndicats, des associations, des collectifs de personnes concernées et des groupes libertaires. Apparemment !

A 14h30 plusieurs dizaines de personnes convergent vers la place royale, ceinte de policier.e.s armé.e.s mais libre d’accès. Une première victoire ? Pas nécessairement. La manifestation a été déposée et le parcours rendu public. Les organisations du premier appel ne souhaitent rien laisser au hasard : elles ont obtenu la Place Royale contre la promesse de contenir des débordements. Habituées à s’allier avec les pouvoirs publics pour ne surtout rien laisser à celleux qu’ils et elles appellent « les énervé.e.s », certaines associations ont directement négocié avec les agent.e.s des Renseignements Généraux. L’objectif est de ne pas laisser l’extrême gauche manifester trop bruyamment !

La belle unité s’effrite et pourtant la manifestation s’élance avec dans son cortège un peu moins de 500 personnes. Autant dire que la force de mobilisation des soixante organisations est proche du néant et malgré les beaux drapeaux qui claquent au vent, le cortège est majoritairement peuplé d’étudiant.e.s, d’occupant.e.s de la fac et d’exilé.e.s. Encagé par deux cordons de CRS, rythmé par les jeunes exilé.e.s ce dernier lance des chants contre la police ! Rien a changé depuis 2016 : tout le monde déteste la police. Au milieu des étendards syndicaux et associatifs, les mines grises des « bénévoles » montrent explicitement leur agacement. Le cortège de tête réclame « les beaux-arts sinon on fout le bazar » !  Tandis qu’elleux manifestent pour réclamer des négociations avec celles et ceux qui érigent et gèrent les frontières! Des promesses ont été faites aux occupant.e.s de la fac et nous savons par expérience que des vautours loi 1901 rodent pour se partager ces auboles. Les mêmes qui ont précipité le collectif MIE jugé incontrôlable (notamment avec l’union entre les Mineur-e-s Rejeté.e.s Solidaires et des libertaires) vont aujourd'hui récupérer le rapport de force installé à l’automne sans elleux pour ouvrir un espace de co-gestion de la misère, labellisé par la préfecture !

Devant l’hôtel de ville, une membre du collectif adulte (Migrants 44) prend la parole et appelle au calme ! Les attaques à coup de slogans ont trop duré ! Il ne faut surtout pas que les manifestant.e.s luttent trop intensément. C’est probablement la court associative d’Aïcha Bassal, élue socialiste municipale en charge notamment de la politique de solidarité présente dans le cortège qui a dû être agacée par tant d’insoumission. Après cette sommation, le cortège repart pour s’arrêter quelques centaines de mètres plus tard devant le conseil départemental et la préfecture avec des nouvelles prises de parole. Seul.e.s le collectif d’occupation de la fac donne la parole aux concerné.e.s. Les orgas elles récitent mollement quelques textes appelant à une table ronde ! Qui souhaiterait aujourd'hui s’attabler avec la préfecture et celles et ceux qui précarisent nos existences ? La réponse est claire : le DAL, la LDH et… Emmaüs. Alors que cette association est un supplétif zélé des politiques migratoires à Paris, à Nantes on lui donne la parole. Nous comprenons mieux quelle forme d’hébergement souhaite ce collectif d’associations.

La manifestation est dispersée par une prise de parole du DAL, sous le regard des baceux ! Un cortège se reforme et remonte vers l’université ! C’est à ce moment que les CRS ont décidé de charger le cortège. Les coups pleuvent, les gaz pleurent et au moins une personne serait ce soir en garde à vue!

Alors qu’au château on se prépare à fêter les deux mois d’occupation, un goût amer reste au travers de la gorge. Les luttes contre les frontières grondent férocement depuis le début de l’automne et les humanitaires semblent vouloir récupérer les butins. Mais gardons espoir tout n’est pas perdu ! Résistance contre l’Etat xénophobe et ses supplétifs associatifs !

En guise de friandise, une vidéo de Ouistreham qui donne un peu de baume au cœur.

https://twitter.com/PRIFFLET/status/954733844304924676

Ni humanitaire, ni sécuritaire !

JL

source: https://blogs.mediapart.fr/double-absence/blog/200118/un-toit-pour-toutes-retour-sur-la-manifestation-du-20-janvier-nantes

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A chaud.

Mille personnes cet après-midi dans les rues de Nantes pour exiger un toit et des droits pour toutes et tous. Alors qu'ils rentraient vers l'université, des exilés et étudiants chargés, gazés et matraqués par la police. Une personne rouée de coups de pieds et interpellée, sans aucune raison. Les CRS arrivés sur Nantes dernièrement veulent faire mal.

Juste après, un conducteur de la TAN refusait de démarrer tant que des jeunes mineurs isolés étaient dans sa rame. Le racisme d’État se vit à visage découvert.

Nantes Révoltée

source: https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/posts/1570882712947896

Commentaire(s)

> Forte présence des religieux

A noter, parmi tout ces charognard de l'humanitaire, une forte présence des religieux qui n'est pas anodine. Faudra pas s'en étonner quand on voit dans les milieux gauchistes et pseudo libertaires une défense de la religion au point qu'ils en viennent à traiter de racistes celle et ceux qui luttent contre celle-ci. Et n'oubliez pas que qui dit lutte contre les frontières dit lutte contre l'Etat.

> impression de passage

Une impression, venu-e sans habiter à nantes, discutant avec des quidams en dehors du cortège
les gens ne comprenaient pas pourquoi tant de policiers, quelques expressions de passants:
"mais ils ont abandonné l'aéroport, pourquoi autant de policiers?"
quand on leur dit que c'est pour les gens sans logements, réponse: "mais alors pourquoi autant de policiers alors?"
réponse: "la manifestation est considérée à risque par la préfecture"
quidams: "bah, avec tout le fric que ça doit coûter tout ces policiers ils pourraient bien loger des gens"
La stratégie de la préfecture a joué contre elle, pourtant pour de nombreux-ses nantais elle a été rendue invisible par la présence policière et son encadrement très bien géré pour les tenants de l'ordre.
A revanche de charge?

> boyaux de la tête

C’est carrément démagogique comme texte !
Ça use toujours de la bonne veille ficelle : « les méchants collabos et les gentils puristes de la révolte ».

Ça me donne l’impression que l’auteur se délecte des cotés négatifs de la manif. On peut même y lire une sorte d’air électoraliste, une tentative de récupération. Laissé même sous entendre qu’ile parle pour les occupant·e·s du château…

Le dit rapport de force a était installé à l’automne dernier par un groupe encore plus autonome que les autonomes, distant des guerres intestines entre groupes et collectifs. Jeune et naïf, ce groupe n’a pas cherché à se positionner par rapport aux différentes stratégies/idéologies, ni apporter une solution unique.

Les fameux « vautours 1901 » n’ont d’ailleurs pas manqués de soutenir les actions menées (beaux-arts et faculté), ils ont tous alertés sur le fait qu’il ne fallait pas se laisser enfumer des négociations avec les pouvoirs en places.

Les instigateur.ice.s du dit rapport de force (beaux-arts et facultés) n’ont pas les moyens de mener la lutte seul·e·s, ni le luxe de se permettre la pureté intellectuelle de l’auteur.
Si le château est évacué demain on pèsera pas plus lourd que samedi face aux centaines de CRS et se sera 100personnes à nouveau à la rue.

Les charognards humanitaires filent de la bouffe et ouvrent des squats, en terme idéologique c’est peut être limité mais dans les faits c’est plutôt utile… Il serait donc bien d’éviter de leur chier a la gueule…

> Confus

En effet, c'est très confusionniste comme texte.
L'auterice cherche a diviser en attisant la haine... Au vu du premier commentaire laissé, ça a l'air de marcher auprès des plus plat du front de la bande.

Je pensais que médiapart était plus regardant sur les textes publiés.

> 20 janvier à Nantes : l'Etat policier face aux solidarités

Samedi 20 janvier, en début d'après-midi.1000 personnes sont réunies sur la Place Royale sous une pluie drue. Il s'agit d'exiger dans les rues de Nantes un toit et des droits pour toutes et tous, alors que l'occupation du château du Tertre, à l'université, se poursuit depuis deux mois.

Malgré la présence de nombreuses associations et institutions, la préfecture déploie un dispositif quasiment inédit, de plusieurs centaines de CRS. Visiblement, les autorités cherchent à occuper les innombrables compagnies envoyées à Nantes cette semaine en vue d'une possible évacuation de la ZAD. Les manifestants évoluent donc dans une immense nasse mobile, au contact de dizaines d'hommes casqués et armés, qui forment un cordon hermétique, isolant le défilé du reste du monde. Malgré tout, le cortège est emmené par la jeunesse étudiante et exilée, déjà mobilisée à l'université, qui donne de l'énergie au défilé.

Au milieu des étendards syndicaux et associatifs, les mines grises des organisations « responsables » montrent explicitement leur agacement. Le cortège de tête réclame « les Beaux-Arts sinon on fout le bazar » alors que d'autres défilent uniquement pour réclamer un énième rendez-vous dans le bureau de la préfète. Devant l’hôtel de ville, alors que la mairie socialiste, à l'origine d'expulsions violentes, est invectivée par des slogans, une militante associative réclame « le retour au calme ». Les attaques à coup de slogans ont trop duré, il ne faudrait pas que les personnes présentes luttent trop intensément. Le parcours s'arrêtera devant le Conseil Départemental et la préfecture, toujours ceinturé par la police. Un jeune exilé est empoigné par une CRS, provoquant la colère des premiers rangs des manifestants.

Alors que les structures institutionnelles se dispersent, 300 personnes reforment un cortège pour aller vers l'université, où une soirée est organisée. Le rythme s’accélère. C’est à ce moment que les CRS décident de charger le cortège après avoir échoué à nasser les manifestants. Coups, gaz, et interpellations. Et au moins une personne interpellée. Chanter un slogans avec trop d'énergie, ou accélérer une manifestation semble être devenu un crime dans la France de Macron.

Dans la soirée, des dizaines de personnes se retrouveront au château occupé, pour terminer en musique cette journée de lutte, autour notamment d'une exposition sur le mouvement d'occupation.

Ce même jour, le harcèlement judiciaire contre Cédric Herrou, paysan du sud-est de la France condamné pour avoir simplement hébergé et aidé des exilés continue, et une manifestation anti-raciste à Ouistreham, proche de Caen, était elle aussi nassée par la police. Signes que le Régime cherche à écraser toute démonstration de solidarité.

A suivre !

> Samedi 20 janvier,

Un premier rendez-vous est fixé à la maison de quartier Madeleine-Champ de Mars. C’est une des étapes de la tournée des vœux de Johanna Rolland : une tribune supplémentaire pour pouvoir réaffirmer la volonté de faire ensemble brandie par le pouvoir en place… Nous nous sommes donc invité.e.s, puisque nous avions été oublié.e.s. Des tracts sont distribués aux passant.e.s, le bruit des casseroles, des tam-tams résonnent pour accompagner les revendications « Un toit, c’est un droit », « Les Beaux-Arts où on fout l’bazard » mais aussi les piqures de rappel « Johanna Rolland expulse les enfants ». Nous accrochons une banderole « Nous ne voulons plus dormir à la belle-étoile » et laissons des messages au sol à la craie « Johanna Rolland=0 », « Maison vide cherche habitant.e.s », « Nous ne sommes pas des oiseaux », « Expulsons les expulseurs ». Moment jovial et décidé, entouré par une présence policière bien évidente. La démocratie participative a semble-t-il le visage fermé et se protège fermement derrière son bouclier. Alors que l’on aurait voulu rencontrer Johanna Rolland, le seul dialogue citoyen obtenu sera avec un CRS : « Je suis une machine, vous ne parlez pas aux machines, chacun reste à sa place comme ça j’ai pas de cas de conscience. » Pendant ce temps-là, Johanna Rolland et les habitant.e.s, acteur.ice.s du quartier - à qui l’on sert les habituels beaux discours - nous auront-ils entendus ?

Petit big up à la TAN : Enjoué.e.s, nous avons égayé le tram par nos casseroles et tam-tam. Cela nous a valu l’arrêt du tram ainsi que l’injonction d’en sortir sans quoi ce dernier ne repartirait pas. Le conducteur a su accompagner l’ordre de doigts d’honneur et d’insultes diverses et variées. On notera encore une fois la collaboration de la TAN avec les forces de l’ordre pour faire régner la tranquillité des privilégié.e.s.

Dans l’après-midi, second rendez-vous. Ce sont 800 personnes qui se réunissent place Royale pour défendre le droit au logement pour tou.te.s. Divers collectifs et associations ont appelé à une manifestation pacifique et festive en soutien aux sans-logis et mal-logé.e.s, toujours plus nombreux.ses dans nos rues. Le rassemblement sur cette place, pendant trop longtemps interdite aux mouvements sociaux, est rendu déjà énergique par la présence d’une fanfare venant contrer la morosité du temps pluvieux de ce jour et de la forte présence policière partout dans Nantes.

A 15h la manif s’élance dans une ambiance festive et déterminée. Elle se heurte rapidement au dispositif policier aberrant mis en place par la préfecture et s’arrête devant la mairie de la ville de Nantes, ce qui sera l’occasion d’une prise de parole des différentes composantes présentes. Le trajet en direction du conseil départemental puis de la préfecture se poursuit sous forte pression policière et se conclue par plusieurs prises de paroles avant l’appel à la dispersion de la part des organisateurices. Une bonne partie des manifestant.es décident de rentrer tou.te.s ensemble à la Fac pour rejoindre le bâtiment occupé de Censive et le château de Tertre, réquisitionnés par les étudiant.e.s pour servir d’hébergement aux exilé.e.s présent.e.s sur Nantes.

Ce sont donc 100 personnes qui tout.e.s ensemble traversent le parvis devant la préfecture pour rejoindre la ligne de tram. Le dispositif policier est en place et nous empêche de rejoindre la ligne de tram pour rejoindre la Fac. Contraint.e.s, nous empruntons un itinéraire un peu plus long par la rue Paul Bellamy. Toujours escorté.e.s, nous accélérons le pas avec l’objectif de leur fausser compagnie pour rejoindre le tram par une rue adjacente. Alors que nous scandons « On rentre à la maison », nous nous retrouvons confronté.e.s, à nouveau, aux casques et aux matraques. Une vaine tentative de nasse ou « encageage » sera prétexte pour la police, vexée par notre persévérance, de refouler, frapper et gazer les manifestant.es présent.e.s en tête de cortège, ce qui occasionnera quelques blessé.es légér.es – une personne sera interpellée après un passage à tabac : plusieurs de ses dents de devant sont en danger. Ce trophée n’aura pas suffi, un groupe sera brièvement nassé tandis que les autres seront poursuivis dans les rues et ruelles de Nantes.

Les manifestations et autres rassemblements autour du droit au logement ne mobilisent en général que très peu d’individus alors même que c’est un droit essentiel, à Nantes ce samedi 20 janvier, nous étions en nombre dans la rue. Avec les occupations à la Fac, il y a eu un regain d’intérêt qui a permis de rassembler les associations habituelles comme le Droit Au Logement, la Ligue des Droits de l’Homme, la Cimade, Médecins du Monde ou encore la CGT, et de nombreuxes individu.e.s solidaires qui défilaient. Ponctuer la manifestation d’arrêts et de prises de parole avait pour objet de rappeler l’incompétence des pouvoir publics à savoir gérer la détresse des mal-logé.e.s et des sans-logis. Quelles réponses face à cela ? La forte présence de ceux-là mêmes qui arrêtent aux frontières, arrachent les couvertures, contrôlent au faciès et matraquent à tout va. La préférence est claire, il faut cacher et tenter de réprimer le mouvement d’entraide et de solidarité. Cela montre bien l’attitude ridicule de l’Etat qui continue, petit à petit, à s’enfoncer dans une logique sécuritaire couteuse au détriment des plus vulnérables. Malgré le climat répressif général, les résistances existent et des dynamiques d’occupation, notamment, naissent et grandissent.

De Nantes à Athènes en passant par Lyon et Grenoble, luttons, tout.e.s ensemble et déterminé.e.s contre toutes les inégalités.

> Laisser vivre ou laisser mourir

A voir les commentaires on se dit que le degré de réflexion autour du choix "humanitaire" de certaines associations (c'est à dire d'accepter de co-gérer avec les pouvoirs publics des espaces d'enfermement et de contrôle) est vraiment maigre à Nantes. On va parler de purisme pour celui ou celle qui a écrit un texte pour dénoncer 1) la participation des associations à la dépolitisation de l'exil 2) qui négocient avec les RG pour contenir d'autres manifestant.e.s que la préfecture a jugé a priori dangereux 3) les associations qui acceptent de remplir le rôle de l'État dans la mise en œuvre de ses politiques migratoires violentes. Et même lorsqu'il s'agit de nourrir ou de faire vivre, il s'agit d'une mise au ban du monde.

Peut être que les commentateurs commencent tout juste à entrer dans cette lutte ou bien ne sont pas eux mêmes concernés par la gestion "humanitaire" de leur vie pour pouvoir voir où se trouve l'indignation que met avant le texte.
Si vous jugez du point de vue de l'utilité, notamment pour la bouffe, l'humanitaire, c'est que les camps de réfugiés ou encore les nouveaux camps d'accueil unique qui pullulent sur Paris ne vous choquent pas, tant mieux pour vous, vous devez y vivre éloigné. Ce qui explique mieux ce genre de commentaires sur un auto-média qui soutiennent la composition à n'importe quel prix.

Pour mémoire par chez nous ça fait un bout de temps que les humanitaires ont pris places. D'ailleurs le simple fait qu'Emmaus est pu prendre la parole dans une telle manifestation est probablement une méconnaissance de toutes les actions dégueux que cette asso porte depuis quelques années.

https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/190117/noel-au-camp-humanitaire-de-la-porte-de-la-chapelle-par-une-benevole-dutopia-56

Sinon pour ceux qui ne connaissent pas Emmaus:
https://paris-luttes.info/pourquoi-emmaus-ou-pourquoi-pas-5946

> Formalisme juridique

"Les associations loi 1901" c'est une forme juridique.
Y en a qui gèrent des centres d'hébergement pour le compte de la préf, et y en a qui existent pour résister aux politique de guerre aux exilé-e-s (y en a aussi qui gèrent des clubs de foot ou qui organisent des rencontres d'amateurs-trices de porcelaine).
Quelle pertiennce à désigner sous le même vocable (celui de leur forme juridique) des groupements qui n'ont pas forcément les mêmes pratiques, et les mêmes intentions ?
Ce qui n'empêche pas de réserver à chacun-e la critique qui lui revient, ou de tenter de comprendre pourquoi certains cherchent à faire alliance.... ce que ne fait pas ce texte.

> Pour échanger sur la place du caritatifs

Dimanche, les auteur.e.s de Calais face à la frontière seront présent discuter autour de leur livre, qui traite entre autre, à travers les luttes sur Calais, des rôles des "caritatifs/associatifs" et sur les luttes et révoltes des exilés. Plus d'infos : https://nantes.indymedia.org/events/39879
L'occasion à partir d'un exemple décentrés de discuter aussi des places et des rôles des associatifs/caritatifs dans les luttes à Nantes.