Le premier but de la médiation, c’est la division ! Communiqué d’occupant.es de la zad de NDDL

Mis a jour : le mardi 26 décembre 2017 à 16:59

Mot-clefs: Répression contrôle social aéroport notre-dame-des-landes
Lieux: Notre-Dame-des-Landes ZAD

Publié par le groupe: Groupzad NDDL

Ce texte n’a pas pour but d’étudier le détail du rapport de la médiation sur NDDL ou la possible décision du gouvernement à sa suite, mais vise à critiquer le travail de division du mouvement effectué par les médiateur.ices à travers leur présentation de « la zad » et de ses habitant.es et occupant.es.

Deslegumespasdubitume-medium

LE PREMIER BUT DE LA MÉDIATION, C’EST LA DIVISION !

Ce texte n’a pas pour but d’étudier le rapport de la médiation sur NDDL ou la possible décision du gouvernement à sa suite. Il vise à critiquer le travail de division du mouvement effectué par les médiateur.ices à travers leur présentation de "la zad" et de ses habitant.es et occupant.es.

Dans la répression des mouvements qui contestent son autorité, le premier travail de l’État est toujours de nommer, de catégoriser ses opposant.es, pour produire les distinctions qui serviront à mettre en œuvre son travail répressif (par ex. entre bon.nes et mauvais.es manifestant.es, syndiqué.es et casseur.euses, radic.ales et pacifistes, etc.).

Le rapport des médiateur.ices sur NDDL participe à cette stratégie dominante de division, classant ainsi les "occupants hétérogènes" de la zad :

  • "les « historiques » : exploitants agricoles présents de longue date et impactés par le projet (…).
  • les « néo ruraux » implantés le plus souvent sans titre à partir de 2005 (...). [Leurs] options philosophiques et leurs motivations couvrent le spectre très large des mouvements altermondialistes et écologistes (...).
  • un noyau dur d’une cinquantaine d’individus radicaux et violents, en lien avec d’autres militants implantés dans d’autres sites en France et dans le monde." (cf. « Annexe comparative » du rapport de médiation, p.96)

La présence d’agriculteurs dits "historiques" est bien une réalité de cette lutte – qui fut d’abord une lutte pour la préservation des terres agricole, avant de s’ouvrir au milieu des années 2000 et de s’élargir en une lutte ’contre l’aéroport et son monde’.

Mais la distinction entre gentils "néo ruraux" aux "options philosophiques et motivations" acceptablement "altermondialistes et écologistes", et méchants "individus radicaux et violents en lien avec d’autres militants en France et dans le monde" (*), cette distinction n’est qu’une fiction qui n’a pas d’autre but que de nous diviser pour mieux préparer la répression violente et judiciaire d’une partie du mouvement.

Depuis le début de l’occupation des terres, le mouvement de lutte contre l’aéroport et son monde s’est enrichi de la diversité de ses pratiques et de la complémentarité des tactiques mises en œuvre pour s’opposer au projet : par la contestation juridique et l’agitation médiatique, par la production d’expertises citoyennes et d’analyses politiques radicales, par l’occupation et la mise en culture des terres et la tentative d’y inventer de nouveaux modes de production et de partage, tout autant que par le sabotage, le piratage, et l’opposition physique, pacifique ou non, face aux forces répressives et aux machines de chantier envoyées par l’État et Vinci.

C’est grâce à cette diversité que nous avons su résister et arracher ce morceau de bocage à la main-mise de l’aménagement capitaliste du territoire et à l’extension de la métropole. Surtout, il n’y a rien d’exclusif entre ces différentes formes de résistance. Celles et ceux qui un jour cultivent, cuisinent, soignent ou construisent, peuvent très bien se masquer le lendemain pour aller affronter la police ou saboter une machine, quand la situation – et l’État – ne leur laisse pas le choix.

Occupant.es, habitant.es ou camarades de la zad, peu importe le moment de notre arrivée, les formes de notre résistance ou que nous ayons des pratiques agricoles ou non, nous savons que cette diversité est notre richesse et notre force. Ces pratiques de lutte, nous les assumons collectivement, et nous ne laisserons pas l’État s’en servir pour nous diviser et criminaliser certain.es d’entre nous.

Des habitant.es et des occupant.es de la zad réunies le jeudi 21 décembre 2017

- - -

*Phrase qui ne veut magnifiquement rien dire, tout en sous-entendant le pire :

Des "individus" dont on ne sait ni d’où ni quand iels sont arrivé.es, n’ayant contrairement aux autres ni "motivations" ni "options philosophiques", mais étant uniquement définis par leur radicalité et leur violence. Définis aussi par leurs liens "avec d’autres militants implantés dans d’autres sites en France et dans le monde", ce qui ne veut pas dire grand chose non plus - qui n’a pas des liens avec d’autres personnes en France ou dans le monde, personnes qui sont parfois militantes ? - mais laisse planer la menace de l’appartenance à d’obscurs réseaux internationaux.

L’emploi d’exactement le même lexique utilisé habituellement pour parler du "terrorisme international" n’est pas innocent, même si le terme de terroriste n’est pas employé directement…

Pièces jointes

Report Communiqué Médiation-division

Commentaire(s)

> vous avez fait mieux...

vous l'avez confirmé! allant de la délation ecrite dans le "zad news",le lynchage de Y avec votre milice sous couvert de mensonges,en barricadant la "freusiere"pendant plus d'une semaine tout en salissant l'integrité de ses occupants aupres de comités locaux de soutient,de voisins limitrophe et d'amis...n'oubliez pas que le statut de bon ou mauvais militant a pris naissance sur la zad dans une strategie de lissage que vous avez entretenu jusqu'a vos dernieres actions citée plus haut . tout ça pour paraitre beau et constructifs devant les mediateurs de hulot et les bons citoyens.la divisions est presente,vous l'avez créé alors assumez! vous avez choisis vos alliance en retournat vos vestes,moi je suis tourjours du meme coté et persuadé que le dernier drapeau à bruler sera le noir! mais ce ne sera pas sur la zad,elle devenu un etat neofasciste et collaboratif à la republique.honte sur vous!

> va falloir parler vraiment vrai...

je sais pas ce que vont faire les modos du commentaire du corbeau de la freuz mais je serai pour son retrait : va falloir cesser de mélanger une critique, possible, des fonctionnements sur la zad, et une tentative de réaction à de nombreuses agressions en faisant croire que que la personne incriminée est "innocente".
faut pas croire mais les gens se parlent en dehors d'internet, comme en dehors des réunions "officielles" et autant protéger une personne d'une prison sociale c'est possible, autant nier que c'est un agresseur sexiste sans donner aucun élément sur comment gérer ces agressions, comment s'en défendre collectivement tout en refusant la prison ou la psychiatrie, ça énerve beaucoup de monde...

> La ZAD est et a toujours été divisée

Et c'est ce qui selon moi est une bonne chose et nous a permis de gagner en 2012 lors de l'opération César.

Car n'oublions pas que dans les premières années de la lutte, L'ACIPA, l'ADECA, COPAIN 44, EELV, et autres citoyennistes / pacifistes intolérants ne désiraient pas la présence d'occupant-e-s autonomes ou squatteurs. La dénonciation d'actions jugées violentes et le dénis de solidarité dans les médias était la règle.

Ce n'est qu'à partir de la victoire contre l'Opération César que la mouvance "radicale" a marqué des points, a gagné en légitimité, et a donc été tolérée par certain-e-s voisin-e-s.
En effet, ces dernier-e-s ont du reconnaître que sans la résistance physique et le recours au sabotage (ainsi qu'à une certaine forme de violence), le bocage de la ZAD ne serait plus.

J'affirme que la division est une bonne chose, car on a pu voir sur la Zone comme ailleurs (dans l'espace et dans le temps), que les compromis des libertaires et radicaux avec les franges "plus soft ou étatistes" ont souvent (voir systématiquement) mené à la compromission, au consensus mou, voir à l'installation de fascismes.

Refuser l'unité, ce n'est en revanche pas pour autant refuser la bonne entente, mais accepter nos profondes visions et divisions.

Avoir le courage de nos utopies, valeurs et convictions, et ne plus avoir peur d'être une "minorité", c'est ce qui fera notre force ! (La curiosité historique réconcilie fortement avec la notion d'action minoritaire salvatrice.)

Accepter aussi, qu'un beau jour, entre les partisan-e-s de l'Etat et de l'Autorité (même de gauche) et nous-autres anarchistes, nous soyons peut-être adversaires, sur la ZAD comme ailleurs.

Ni Dieu ni p'tits chefs,

Pour une ZAD réellement autogérée !