Rapport d'experts et menaces gouvernementales : le vent se lève sur la ZAD NDDL

Mis a jour : le mercredi 20 décembre 2017 à 01:38

Mot-clefs: aéroport notre-dame-des-landes
Lieux: Nantes

Été 2016, le gouvernement socialiste cherche une porte de sortie à la crise ouverte à Notre-Dame-des-Landes. Ni l'intense répression policière contre le mouvement, ni la campagne médiatique calomnieuse contre la lutte, ni la stratégie de pourrissement, n'ont permis aux partisans de l'aéroport de s'imposer. Il faut donc tenter une dernière stratégie, un coup politique : une « consultation » électorale. Au terme d'une campagne sans enthousiasme, aux enjeux biaisés et au périmètre douteux, c'est le statu quo presque parfait à Nantes – 50% de « oui » et 50% de « non », à quelques dizaines de voix près. Les communes concernées par le projet s'opposent massivement au bétonnage. Celles, de droite, situées en bord de mer, votent largement pour « l'expulsion des ZADistes ». Malgré une défaite des opposants dans les urnes, la mobilisation massive de dizaines de milliers de personnes à plusieurs reprises sur la zone font reculer une potentielle expulsion.

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Aujourd'hui, le gouvernement Macron, après avoir réussi à imposer dès les premiers mois de son mandat un recul social sans précédent et un passage de l'état d'urgence dans le droit commun, veut aller plus loin. Il cherche à affirmer son autorité tout en se débarrassant d'un vieux projet, véritable boulet politique. Pour gagner du temps, un « rapport d'expert » avait été commandé cet été, et vient d'être posé sur la table du président. Il remet largement en cause tous les chiffrages des partisans de l'aéroport, et donne globalement raison aux opposants. Mais il préconise également « le retour à l'état de droit » sur la ZAD. C'est à dire l'expulsion des occupants.

Le président devrait rendre sa décision d'ici « fin janvier ». Mais les médias multiplient déjà les articles anxiogènes et guerriers, annonçant une expulsion violente de la zone, et une opération policière « de grande envergure ». Le journal d'extrême droite Valeurs Actuelles prône l'envoi de l'armée sur la zone, et parle d'un « Viêt-Nam » prêt à la guérilla, couvert de pièges mortels et de caches d'armes, peuplé d'opposants « qui menacent de se tuer sur un gendarme pour provoquer un scandale » ... Le ministre de l'intérieur fait un discours sur le même ton quelques jours plus tard. Les chaines de télévision renchérissent, en parlant d'occupants « armés de boules de pétanque hérissées de clous, de piques et de herses ». Le Journal du Dimanche embraie, avec un article dont les mensonges grossiers feraient rougir Donald Trump.

Castaner, le porte parole du gouvernement, confirme le 17 décembre «l'emploi de la force» pour déloger la ZAD, « quelle que soit la décision concernant l'aéroport ». La secrétaire d'état à l'écologie, Brune Poirson, va plus loin en déclarant sur BFM le 17 décembre « que le bras de l’État sera extrêmement ferme ». On se demande comment après la mort de Rémi Fraisse il peut être plus ferme encore. Qu'une membre du ministère de l'écologie, proche de Hulot, s'amuse à menacer de mort publiquement des militants écologiste qu'elle est sensée protéger en dit long sur le gouvernement en place.

Bref, des nuages menaçants planent sur la ZAD pour le début de l'année 2018, et les médias préparent les mentalités à de nouvelles exactions policières contre les manifestants.

Reste à savoir si tout ce battage médiatique est un coup de bluff ou une menace réelle. On se souvient des coups de menton du pitoyable Manuel Valls, qui répétait tous les 6 mois son envie d'attaquer les anti-aéroport, mais qui n'est jamais allé au bout. S'agit-il d'intimidations spectaculaires pour rassurer la droite du gouvernement et faire accepter l'abandon de ce grand projet d'aéroport ? Ou d'une réelle volonté de tuer et de blesser des militants, de la part d'un gouvernement arrogant et tout puissant ?

Une chose est certaine. Le pouvoir s’apprête à mettre un point final à un contentieux vieux de quarante ans. Reste à savoir si l'année commencera par une grande fête ou une guerre dans le bocage. Ou les deux.

Quoiqu'il arrive, le mouvement anti-aéroport appelle à se retrouver le soir de l'annonce du gouvernement dans la rue -devant les mairies, Préfectures ou ailleurs - pour prendre la mesure de cette décision.

Une grande mobilisation populaire sur la ZAD est aussi organisée le 10 février 2018, jour d'expiration de la Déclaration d'Utilité Publique.

A suivre !

Commentaire(s)

> RDVs le soir de l'annonce de la décision

APPELS LORS DE L'ANNONCE DE LA DÉCISION DU GOUVERNEMENT :

- Appel de l’assemblée du mouvement anti-aéroport du 7 novembre 2017 : https://zad.nadir.org/spip.php?article4876

- Appel à rassemblement à Nantes : 18h devant la préfecture (https://nantesnecropole.noblogs.org/post/2017/11/23/appel-en-vue-de-la-prise-de-position-du-gouvernement-sur-lavenir-du-projet-daeroport-a-nddl/)

RAPPELS EN CAS D'EXPULSION :
(https://zad.nadir.org/spip.php?article3188)

- Partout : Appel à occupation des lieux de pouvoir ou à des opérations de ralentissement des flux localement, ainsi qu’à venir sur le terrain défendre la zad pour ceux et celles qui le peuvent.

- Dans la région :
* Dès le premier jour de l’opération, actions coordonnées de bloquages des routes ou des opérations escargot, sur les points d’accès à la zone ou sur les grands axes et points stratégiques de la région, et/ou à des occupations de lieux du pouvoir.
* Des actions nocturnes de casserolades et autres manifestations sonores devant les hotels où seront logés les policiers et gendarmes.

- Nantes :
* Un point informations (situation à Nantes et sur la Zad, accès, dépôt de matos, informations pratiques, actions en cours ou à relayer, ...), en place de 10h à 18h au niveau de la préfecture.
* À 18h, nous appelons les différents points de blocage de la journée à converger pour un rassemblement au même endroit.
* Le premier samedi suivant le début des expulsions, nous appelons à une manifestation à 15h, place du cirque.