[ZAD NDDL & Nantes - 15/16 déc] Quand les travailleuses et les travailleurs reprennent l'usine...

Mis a jour : le dimanche 24 décembre 2017 à 18:45

Mot-clefs: aéroport notre-dame-des-landes luttes salariales
Lieux: grèce marseille Nantes Notre-Dame-des-Landes ZAD

"Lutter, reprendre son usine en main" : deux jours de rencontres et débats à Nantes et sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes avec des ouvrie·res de Fralib, près de Marseille, et de VioMe en Grèce.

  • Le samedi 16 décembre à la Maison des syndicats à Nantes, de 13 à 19h
  • la veille vendredi 15 à 19h au Taslu sur la Zad de Notre-dame-des-Landes

Le trailer en vidéo ! https://vimeo.com/241714897

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L'idée est venue dans la continuité du soutien à la ZAD et ses pratiques de reprise en main des productions agricoles hors des impératifs capitalistes. Et au passage, le collectif syndical contre l'aéroport  à ND des Landes et son monde voulait montrer que des espoirs existent, des expérimentations collectives, à contre courant du monde du profit et des mirage de start-up nation à la Macron.

En septembre 2010, les salariés de Fralib, à Gémenos, près de Marseille, apprennent la délocalisation de leur usine en Belgique et en Pologne, mauvais coup perpétré par la multinationale Unilever. La lutte acharnée durera 1336 jours : ce chiffre deviendra le nom de leur marque de thé, une fois victorieux. Les travailleurs en lutte ont enchaîné boycotts, blocages, occupation et manifs. Ils et elle créent la Scop-Ti, société coopérative ouvrière de provençale de thés et d'infusions.

VioMe était une usine à Thessalonique de production de matériaux pour la construction, bétons et autres. Elle fait faillite en 2013 à la suite du plan d'austérité terrible qui s'abat sur la Grèce. Licenciement économiques et chômage guettent les travailleurs·euses, qui décident d'occuper leur usine. En se réappropriant les outils arrive la décision de changer de production. Les même machines servent à présent à fabriquer des produits d'entretien écologiques et pas chers (savon, liquide vaisselle, lessives, etc.) En plus de la production, l'usine occupée héberge une centre de santé, lui aussi autogéré, et héberge les activités de solidarité avec les réfugié·es.

Les travailleurs et travailleuses de VioMe et Fralib se sont battu·es pour reprendre en main leur travail et leur vie. Mais comment s'organiser sans hiérarchie, tout en continuant la lutte?  Comment répartir les tâches, fixer les horaires, les salaires? Comment choisir ce que l'on produit, comment on le produit, comment on le vend au sein de la concurrence capitaliste?

A Nantes, le collectif syndical contre l'aéroport à NDL et son monde organise deux jours de rencontres, débats et ateliers avec des ouvrie·res Fralib et des VioMe, pour découvrir l'histoire de ces luttes et échanger sur le fonctionnement d'usines autogérées. 

Le samedi 16 décembre à la Maison des syndicats à Nantes, de 13 à 19 h, la veille vendredi 15 au Taslu sur la Zad. 

Des ateliers débattront du travail en autogestion, en s'affranchissant de l'organisation capitaliste du travail; de la réappropriation de sa santé au travail; des luttes pour l'emploi face aux fermetures d'entreprises. On échangera aussi sur les solidarités ouvrières internationales à construire et la mise en place d'un réseau de solidarité active avec ScopTi et VioMe.

Plus d'infos : 

Link_go https://blogs.mediapart.fr/collectif-syndical-contre-laeroport-de-nddl/blog/051117/lutter-reprendre-son-usine-en-main

Email Email de contact: syndicnon_AT_riseup.net

Commentaire(s)

> Au travail avec la banane et la fierté

Parole d’autogestionnaire. Du salariat dans une multinationale à l'investissement dans une coopérative. D'Unilever à ScopTi.

Y en a qui se gavent sur le dos de celles et ceux qui triment et qui trinquent. Mais parfois, il n'y a pas besoin des actionnaires pour être créatif et fier de ce qu'on fait comme boulot.

Tout commence par un mécanisme parfaitement construit. La fierté du travail qui se dégrade quand la multinationale Unilever accentue d'abord la dégradation des productions Fralib remplaçant notamment les ingrédients naturels par du synthétique. Puis la direction de l'usine de Géménos qui met délibérément les indicateurs de le boîte dans le rouge. Mais pas le rouge de la lutte, celui des bilans financiers alarmants. Les dirigeants sabotent le devenir du site, réduisent à rien la maintenance des machines, dégoûtent les salariés, les dépossèdent du travail par la sous traitance. Jusqu'à fermer la boîte, qui était le but patronal.

C'est là que se met en place la parade. Occupation. Reprendre la production, sans patrons. Quatre ans de lutte pour retrouver une fierté de travailler « avec des camarades et non plus être mis en concurrence entre tous les personnels ». Compétences et desiderata de chacun discutées en assemblée, pour un travail qui n'est plus subi mais choisi, assumé. Et des gens qui apprennent à se connaître, qui se révèlent dans la lutte, et dans l'organisation collective du travail. Qui s'investissent, mais cette fois, c'est de l'intelligence collective, de l'humain, partagé. Une sortie de système individualiste. Yves Falorni explique le chemin parcouru. Il est l'un de ces ex-Fralib aujourd'hui coopérateur de ScopTi.

Premier volet, de 45 minutes, d'une série de cinq documentaires audio sur l'autogestion. https://soundcloud.com/causerie-populaire/occuper-resister-produire-episode-1-les-fralib

« Occuper, Résister, Produire » est une série documentaire de cinq épisodes sur les différentes manières d’appréhender l'autogestion, de reprendre sa vie en main. Cette série s'intéresse au parcours de vie des acteurs de l'autogestion, des retours sur des expériences réussies ou ratées, du système autogestionnaire Yougoslave de Tito jusqu'à la récente dynamique d’auto-gouvernance au Kurdistan.

https://blogs.mediapart.fr/collectif-syndical-contre-laeroport-de-nddl/blog/061217/au-travail-avec-la-banane-et-la-fierte