Une personne au mitard dans l’affaire de la keufmobile brûlée

Mis a jour : le mercredi 22 novembre 2017 à 15:29

Mot-clefs: Répression / prisons centres de rétention loi loitravail anti-repression travail loi_travail
Lieux: fleury

Dans l'affaire de l'incendie de la voiture de flic Quai de Valmy, jugée en septembre dernier, deux personnes restaient en détention. L'une d'elles, Kara a été libérée mardi 14 novembre. L'autre, toujours détenu a été placé depuis samedi au Quartier Disciplinaire (mitard) de Fleury-Mérogis.

Samedi 18 novembre au matin, des matons entrent dans sa cellule. Ils lui demandent de faire son paquetage pour changer d'étage alors qu'il s'entendait bien avec son co-détenu, venait d'avoir accès au sport et finissait seulement de récurer la cellule dégueulasse dans laquelle il était arrivé quelques jours auparavant. Déménager aurait donc signifié tout recommencer à zéro. Ce qu'il refuse. Il est alors emmené de force par plusieurs matons jusqu'au mitard. Ce lundi, il a été présenté devant la commission de discipline. Accusé de « violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel », de « refus de se soumettre à une mesure de sécurité », il a été condamné à 20 jours de mitard, dont 6 avec sursis.

Le mitard, c'est l'isolement complet, une seule heure de promenade par jour, un seul parloir par semaine, plus de possibilité de cantiner, et plus aucune activité. Tout ça dans une cellule avec une simple paillasse et des chiottes scellées au sol.
14 jours de prison dans la prison.


Ils tentent de contenir la colère, et de nous faire plier par la répression.
Opposons leur notre solidarité et notre combativité !

 

Commentaire(s)

> Modération

Nous avons du enlever des commentaires encore une fois
Nous remarquons que chaque article du sujet est troller, ou (c'est pareil) il y a des exigences pour nommer les gens.
Du coup comme les flics tournent sur le site, si les commentateurices ne sont pas capables de respecter l'absence de noms ou faire mine de gueuler juste pour faire leur pub pour un blog, ou faire de faux débats, etc., nous devrons passer tous les articles qui concernent cette affaire avec modération de commentaires à priori. Et ce serait une belle victoire pour tous les types de flics qui essayent soit d'attraper des informations soit bailloner les opositions!

> Libéré

Le compagnon au mitard en est sorti aujourd'hui ou hier. Force et détermination à lui.

Pour info, son daron avait écrit le texte suivant pour le soutenir (publié sur son compte facebook ainsi que sur le compte facebook de "libérons-les"):

https://www.facebook.com/LiberonsLes/posts/2067200786842421

Alain R. - 21 novembre 2017

Ari (Krèm) vient d’être condamné hier lundi 20 novembre à 20 jours de mitard dont 6 avec sursis.

Après la libération de Kara, Ari (Krèm) est de tous les condamnés du quai de Valmy le dernier et désormais le seul en prison, depuis 9 mois et demi. Ce samedi 18 novembre, vers 9h30, on vient lui dire qu’il change de cellule et ce dans la demi-heure. Ari s’étonne, on l’a déjà transféré il y a très peu de temps, il a nettoyé à fond sa cellule, on vient de l’accepter à la salle de sport. Il demande à voir un gradé pour des explications. On lui rétorque que c’est le week-end, qu’il n’y a pas de gradé et que s’il n’obtempère pas, on utilisera la force. Ari oppose son inertie : allongé sur son lit, il persiste à réclamer des raisons. Il est empoigné par trois surveillants. Une prise à la nuque lui fait mal, il le dit, demande qu’on desserre la pression ; comme rien n’est fait pour l’alléger, il se retourne, pousse d’un pied qui touche un surveillant au genou. Du coup, il est emmené au mitard, avec convocation en commission de discipline pour le lundi après plainte du surveillant atteint.
Hier après midi, donc, il donne les détails à son avocat puis, comme l’audience va commencer, dit que si on lui laissait voir le surveillant pour une explication en tête-à-tête, ce dernier retirerait certainement sa plainte, parce qu’il conviendrait qu’il n’y a pas eu de violence, juste un mouvement pour échapper à la douleur. L’administration rétorque à Krèm que ce n’est pas lui qui va changer les procédures. Ari considère alors que tout est déjà décidé d’avance et, dans ces conditions, dit à son avocat qu’il est inutile qu’il prenne la parole pour le défendre. Aux questions, Ari répond de cette seule phrase : « je voulais qu’on me donne des explications ». Il écope de 20 jours de mitard dont 6 avec sursis. Ses parloirs se voient réduits à 1 par semaine.
Au mitard, il avait d'abord été placé dans une cellule propre puis transféré dès le lendemain dans une souillée. Après l’incroyable sévérité du verdict du 11 octobre, l’administration a-t-elle décidé de s’acharner sur celui qui lui reste sous la main et, alors que la condamnation n’est devenue effective que depuis un mois à peine, de commencer à lui retirer méthodiquement toute possibilité d’aménagement de peine ?