Entrepôt de gendarmerie en feu, que reste-t-il des libertés sur le Web ?

Mis a jour : le mercredi 11 octobre 2017 à 16:41

Mot-clefs: Informatique Médias Répression contrôle social / actions directes loi loitravail travail loi_travail
Lieux: grenoble Nantes

Publié par le groupe: Groupindymedia nantes

Dans la nuit du Mercredi 20 Septembre, en geste de solidarité pour les personnes qui passent en procès à Paris pour "l'affaire" de la voiture de police brulée Quai de Valmy , et pour laquelle de lourdes peines ont été requises par le procureur, des allumettes étaient craquées pour incendier des véhicules et entrepôt de la gendarmerie à Grenoble.

// Lire aussi (et signer) l'appel à solidarité de médias libres.

Flamby-effect-medium
L'effet Flamby expliqué aux petits censeurs

Daube-medium
Le texte sur le daubé (trouvé sur www.libre-parcours.net)

Dès le matin suivant, la presse toujours en mal de sensation, en faisait ses gros titres. Le midi même, un texte de revendication était publié d'abord sur Indymedia Grenoble, puis sur notre site. Le ministre de l'intérieur Gégé la collombe (des gardien.e.s de la "paix"), déjà bien en difficulté devant la grogne des pauvres policier.e.s ces derniers temps, ne pouvait que réagir et balance un tweet en soutien à ses sbires. L'AFP a d'ailleur publié sur Indymedia Grenoble un très bon résumé de cette histoire médiatique.

Le soir même, les personnes hébergeant le nom de domaine indymedia.org reçoivent une injonction du ministère de l'intérieur de supprimer cette contribution d'Indymedia Grenoble, suivie de près par une autre pour Indymedia Nantes.

Comme on pouvait s'y attendre, la fumeuse raison invoquée est "la provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes" (article 421-2-5 du code pénal). Les dispositions de la LCEN (voire en fin d'article) sont utilisées pour menacer de blocage et de dé-référencement (supression du site des moteurs de recherche) si la contribution n'était pas supprimée avant les 24h.

Le collectif de modération s'est donc retrouvé devant le choix difficile : laisser la contribution en ligne, et se faire couper de l'internet non torifié (autrement dit de 80% des visiteurices du site), ou céder à la pression et cacher la contribution.

Il n'y a pas de réponse simple dans ce cas de figure, et céder aux intimidations du ministère de l'intérieur ne nous enchante pas pour ce que cela signifie à l'avenir en terme de censure. D'un autre côté, cette contibution est en ligne depuis deux jours, et a pu être lue depuis par beaucoup de monde.

Elle a même depuis été recopié sur de nombreux sites. Nos courageux.ses camarades du Daubé ont même pris l'initiative de la recopié intégralement (à 13h36), même s'il semble qu'iels n'aient toujours pas compris qu'"anarcho-libertaire" est encore une de ces inventions sans queue ni tête de journaleux.

Décidement l'effet Streisand (aussi appelé flamby dans nos contrées) aura raison des tentatives de censure de contenu sur le Web. Même si cet article est maintenant aussi disponible sur des sites comme archive.org, nous appelons tous les collectifs désireux de nous soutenir à relayer cette revendication ainsi que cette histoire.

Mais risquer de voire le site coupé, c'est aussi invisibiliser encore un peu plus tous les autres gestes de soutien qui se sont produits ces derniers temps et qui ont été revendiqués ici, ainsi que toutes les autres communiqués d'actions qui remplissent notre colonne globale (et parfois locale) depuis des années. C'est aussi enlever un des outils qui permet au niveau local de s'organiser et de diffuser de l'information depuis les luttes et par les luttes, ainsi que toutes leurs archives que nous hébergeons.

A Indymedia Nantes, nous considérons que ces actes sont des actes de résistances et font partie des moyens que les personnes en lutte peuvent parfois utiliser contre les gouvernements et patrons qui continuent chaque jour d'intensifier l'exploitation et les dominations que nous subissons.

Il y a malheureusement bien peu d'endroit que le Web ou ces revendications peuvent être rendue publique, et c'est bien là l'une des volonté de cette menace : faire en sorte que ces actes de révolte soient invisibilisés (en plus de lécher les porteurs de bottes dans le sens du poil pour les calmer).

Devant l'intensification des tensions sociales que nous vivons, il n'est pas surprenant que le gouvernement essaye de censurer les expressions de résistance. La question de comment l'empêcher de policer ces expressions (et les autres) sur le Web nous semble être encore ouverte.

Ce n'est pas la première fois que nous sommes mis au devant de la scène pour les contributions que nous recevons. Nous y sommes même maintenant presque habitué.e.s depuis que nous sommes cité.e.s dans toutes les affaires qui agitent le monde judiciaire contre la fameuse "mouvance anarcho-autonome". Cela dit nous aimerions rappeler à nos aimables contributeurices que cette position n'est pas toujours très confortable, et que même si nous prenons des précautions (et que espérons le vous le faites aussi), la façon dont les actes sont revendiqués peut parfois aider à éviter ce genre de mésaventures.

Comme le disent si bien les compagnons.nes d'Indymedia Grenoble : Ce qui nous touche aujourd'hui, c'est ce qui peut toucher tous les autres médias dans les temps à venir.

Détail des articles de la LCEN invoqués (courriel visible sur Indymedia Grenoble en entier):

- Article 6-1 de la loi N°2004-575 du 21 juin 2004 modifiée pour la confiance dans l’économie numérique, tel que modifié par l’article 12 de la loi N°2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme
- Décret N°2015-125 du 5 février 2015 relatif au blocage des sites provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l’apologie et des sites diffusant des images et représentations de mineurs à caractère pornographique
- Décret N°2015-253 du 4 mars 2015 relatif au dé-référencement des sites provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l’apologie et des sites diffusant des images et représentations de mineurs à caractère pornographique

Email Email de contact: imcnantes_AT_riseup.net

Commentaire(s)

> erreur

gégé la colombe est ministre de l'intérieur, pas 1er ministre :)

> C'est pas faux

Et c'est corrigé, cimer !

> Le Week ?

Trop chaud "Le Week" sur Twitter:
https://twitter.com/LeWeekOfficiel/status/910979340732633088

> Commentaire caché

Un commentaire point godwin a été caché. Aucune info n'a été filé aux keufs, et le communiqué est toujours accessible en ligne. Lisons l'article avant de commenter...

> .

Protégez votre image comme vous pouvez en censurant encore plus, c'est bien.

> à point.

la revendication est toujours visible un peu partout sur internet, le fait que l'état demande à des indymedia de la censurer la rend même un peu plus visible, les deux collectifs on pondu des textes d'explication de leur position en quelques heures (chapeau) et visibilisé cette tentative de censure (qui arrive probablement plus souvent qu'on le croie) et évité que le site soit bloqué...

t'aurais fait mieux ?

> .

Les gens utilisent indymedia justement parce que le réseau est censé ne pas se plier à ces injonctions (ridicules et sans pouvoir!!!!). La comparaison avec linksuten est ridicule, vu que eux n'ont pas reçu un simple mail, mais des arrestations et perquis sans sommations. Eux n'auraient JAMAIS retiré un article. Point barre, le reste c'est du blabla.

Ca fait des années que des sites anars reçoivent des trucs comme ca (ou pire: des perquis) et ne retirent RIEN DU TOUT.

Après faut avoir un peu de sang froid pour gerer indymedia, c'est sur.

> Solidarité !

Quand on lit certains commentaires, il y a de quoi avoir peur en terme de solidarité face à la répression. À trop vouloir jouer les revolutionnaires pur-e-s et dur-e-s, certain-e-s en viennent (avec une mauvaise foi déconcertante) à condamner des outils qui permettent à un certain nombre d'entre nous de publier des infos, analyses, revendications et de se tenir infirmé-é-s des luttes.

À Non Fides : C'est facile de cracher quand on dispose de son propre site et qu'on a pas besoin de l'open publishing pour communiquer. Je suis assez stupéfait-e, d'ailleurs, que vous ayez oser classer votre article dans la rubrique "répression" de votre site, tant vous semblez vous réjouir de la situation. La prochaine fois faites une rubrique "Non Fides collabore avec les chiens du pouvoir", ça sera plus sincère.

Aux autres : Plutôt que d'écrire de la merde, vous pourriez prendre quelques secondes de reflexion. À part troller, quel est votre objectif lorsque vous critiquez aussi vertement la décision d'Indymedia ? Vous n'avez pas un mot sur le fait que le pouvoir tente de faire disparaître du web des revendications de sabotages en solidarité. Vous préférez vous défoulez sur indymedia plutôt que sur l'état... c'est pitoyable.

> Encore une fois, un effort...

L'injonction était pas "sans pouvoir", je rapelle que ça vient de l'État et ses flics, qui ont tout à fait le pouvoir (ben oui) de nous rayer du Web Fr en un mail aux 5 FAIs.

Linksunten a pas supprimé d'articles parce qu'iels en ont jamais eu l'occasion, on leur a jamais demandé, c'était direct la descente de keufs. Par contre, ben iels ont bel et bien disparu. Le résultat est presque le même, avec la petite uance est que *tout* a disparu, au lieu d'un seul article. Aussi maintenant, c'est devenu bien compliqué de trouver des revendication d'actions post G20 en Allemagne.

Bien facile de nous dire quoi faire et comment disparaitre. Mais on est pas des martyrs désolé, que le reste du contenu soit accessible nous parait tout aussi important. D'autant que je voudrais bien avoir tes stats sur tous ces sites anars qui reçoivent ce genre de courrier et ne retirent rien...

Se poser la question collectivement de comment éviter que cette situation se reproduise, et comment s'organiser pour résister effectivement à ce genre de requêtes à l'avenir est sans doute plus important que les postures. "Faut avoir du sang-froid" comme tu dis, mais pour l'instant c'est pas toi qui t'en occupe, merci pour les leçons.

Encore une fois, le texte a pas disparu du Web (lève les yeux). Mais si nos sites disparaissent, ils ne pourront même plus être mis en ligne, accessibles au plus grand nombre, et repris partout sur la toile.

> solide aridité

C'est marrant aussi les gens qui font des leçons de morale sur comment ternir tête aux menaces et qui envoient ensuite 3 lien de leçon d'anti-solidarité.
De mêmes celleux qui à force de gueuler en commentaires ou sur les réseaux sociaux révèlent les liens qu'il y a dans les groupes en incitant d'autres gens à parler et filent ainsi à bale de renseignements aux flics...
Et que dire de l'absence de réactions sur ce qui s'est passé pour linksunten ? C'est pourtant non seulement une attaque de l'etat mais aussi une attaque des fachos... mais non, en dehors des indy et mutu, quasi pas un mot, pas même chez les antifa pourtant si solidaires...
Alors à un moment, hein, les leçons, à des gens qui tentent de faire au mieux et ne se ventent jamais publiquement, c'est la honte, et de toute façon vos soutiens ne vaudraient pas mieux que le "TAISEZ-VOUS" de votre mentor.

> modo sans peur et sans reproches

tiens, pas plus tard que il y a 4 mois, perquisition et interrogatoire pour un article d'appel à une discussion autour de l'affaire de la voiture de flics brulée : https://cettesemaine.info/breves/spip.php?article2279

et, oh, wait, l'article est toujours en ligne. Ah oui mais le compagnon n'avait pas reçu un menaçant mail, mais il s'est fait vider son appart' par les chtars. Probablement qu'un mail aussi terrifiant que celui que vous avez reçu l'aurait fait plier.

Allez, vous faites pitié sérieux

> Ouech, t'es trop un vrai toi

Ah tiens, l'article que tu met en lien dis que les textes étaient publiés sur Indynantes, et ils le sont toujours on dirait.

Ta vie aurait été bien vide si indynantes était plus accessible pour lacher tes com' de dissociation. Alllez, ciao pantin.

> A "."

En fait la situation que tu décris n'est pas la même que celle qui est décrite dans le communiqué d'Indymédia Nantes. Il n'y a d'ailleurs pas à les hierarchiser entre elles.

L'article 6-1 de la loi de confiance en l'economie numérique (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=8DD7D2AA21C3EA18B26B5FA950CE4E39.tpdila10v_3?idArticle=LEGIARTI000029756525&cidTexte=LEGITEXT000005789847&dateTexte=20170923) décrit la procédure qui est appliquée à l'encontre d'indymedia nantes et grenoble :

1. les autorités envoient un mail qui demandent de retirer le contenu jugé illicite, elles envoient copie de cette demande au Fournisseur d'accès internet et à la CNIL
2. si le contenu n'est pas supprimé dans les 24h, les autorités font bloquer le site sans délais et par tout moyen (la plupart du temps en faisant enlever, chez les fournisseurs d'accès à internet, les enregistrement DNS permettant d'accéder au site)
3. toujours dans le même cas, les autorités peuvent faire déréférencer le site bloqué, c'est à dire effecer toute trace de celui-ci dans les moteurs de recherche.

Du coup, Indymedia Nantes et Grenoble avait le choix entre :
- laisser le communiqué de revendication et accépter le blocage du site
- enlever le communiqué et permettre au site de continuer à exister

À lire ta prose on se doute que tu aurais préféré la première solution, non pas pour tenir tête au pouvoir mais parce qu'on dirait que ça t'aurait bien fait plaisir de voir les sites indymedia bloqués !

> Taisez-vous !

Alors, les donneurs de leçon, franchement, taisez-vous, taisez-vouuuus, vous vous ridiculisez.

Perso, je pense qu'il aurait été plus sage et plus cohérent de ne pas céder aux menaces de l'officine d'État, car le risque désormais est d'adopter une posture où on se plie à ces menaces...

Mais là, à voir comment l'effet Streisand du communiqué fonction à balles, c'est plutôt pas mal. Le communiqué a été repris sur plein d'autres sites, y compris sur des sites de médias mainstream (LOL), et des prises de position publiques s'expriment en solidarité avec Indy-Grenoble et Indy-Nantes. Ça rend les choses plus compliquées que prévu pour la répression d'État aussi.

Bref, on verra comment tout ça évolue dans le temps. Ce qui est certain c'est qu'on ferait bien de se serrer les coudes et de s'organiser pour maintenir et développer la vie de nos sites anarchistes/autonomes/révolutionnaires.

Mais bon, dans ces milieux comme dans bien d'autres, le réflexe est plutôt à "c'est moi qui suis le plus fort, les autres c'est vraiment des bouffons qui n'ont rien compris".

Alors ouais, Non-Fides, Cette-Semaine, Sans-Attendre et autres plus-radicaux-que-moi-tu-meurs, comme dirait votre mentor Finky: taisez-vous !
https://youtu.be/nprDvsygLYY

Longue vie aux sites Indymedia, aux sites Mutu, et à (presque) tous les sites/blogs anarchistes/autonomes/révolutionnaires !

<3

> Selon France 3...

... les députés de l'Isère Emilie Chalas, Jean-Charles Colas-Roy et Olivier Veran se sont rendus sur les lieux [l'entrepôt cramé de la gendarmerie]:

"Nous avons pu constater des dégâts considérables, évalués à plus de 2 millions d'euros"

(Lien France 3: http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/incendie-gendarmerie-grenoble-degats-evalues-plus-2-millions-euros-1333683.html)

> La paille dans l'œil du voisin...

Non-Fides a publié le communiqué de cette action seulement APRES la polémique, donc seulement POUR trasher Indy Nantes. Wow !

> pour le modo sans peur et sans reproches

En effet, quelqu'un.e a été perquisitionné.e à Paris il y a 4 mois pour un appel à discussion publié sur Cette Semaine :
https://cettesemaine.info/breves/spip.php?article2279
La nouvelle de cette perquiz' est passée... sur Indy Nantes ! Et... devinez ? Depuis plus aucun appel à rassemblement (ex. : https://paris-luttes.info/rassemblement-de-solidarite-face-a-8125) n'est passé sur Cette Semaine. Sans coup férir, qu'ils disent.

Vive la cohérence !

> cerise sur le gâteau

Cerise sur le gâteau, Non-Fides parle d'un "entrepôt adjacent au commissariat de Grenoble" alors qu'il s'agit en réalité d'une caserne de gendarmerie, ce que personne n'a pu rater au bout de 3 jours.

Le diable se cachant dans les détails, cette énormité montre qu'ils s'en tapent de cette attaque et des problèmes répressifs qui s'en suivent (ajouté au fait de n'avoir reproduit le communiqué qu'APRES la polémique) : ce qui les intéressait était de baver sur d'autres plus que d'exposer leurs propres opinions, comme d'habitude.

> STOP LES TROLLS

si vous avez des reproches à faire aux uns et aux autres, dites-le leur directement, écrivez-leur, croisez-les, mais BASTA de polluer un texte important d'indymedia nantes sur une répression qui leur tombe sur la gueule

on dirais que la repression vous allèche et que chaque merde de l'état vous fait ressortir de votre trou

Stop !

> Et après?

Savoir si Indymedia a eu raison de céder aux menaces est un débat stérile, ils l'ont fait, on pourra pas revenir en arrière, fin de l'histoire.

La question qui se pose maintenant, c'est comment empêcher que cette situation se reproduise? L'info est restée en ligne deux jours, certains journaux indépendants, ont copié l'article et l'ont rediffusé, sous forme de citation.
Si l'état veux museler la grogne populaire, ça va pas leur plaire du tout, surtout que si l'article d'indymedia est légalement discutable, ceux qui l'intègrent dans un autre article parlant de cette censure sont parfaitement légaux, donc plus de moyen de pression.

La réaction logique des tyrans ("autorités" implique d'être respecté, donc respectable) sera d'automatiser la chose, créer des programmes qui vont analyser les nouveaux articles à la recherche de certains mots ou certaines formes récurrentes pour lancer leurs menaces de manière automatique.

Il faut mettre en place des contre-mesures dès aujourd'hui car ça viendra vite, le principe le plus évident est celui ci: Les médias alternatifs envoient une copie de tout leurs articles vers une base de donnée qui ne diffuse rien, pendant ce temps, le serveur de cette base de donnée envoie des requêtes régulières aux serveurs de ces différents médias et aux moteurs de recherche pour vérifier que l'article est toujours accessible. S'il observe une censure, ce serveur renvoi alors automatiquement l'article à tout les médias participants qui repostent alors l'article censuré dans la seconde.

Arrivé là, l'état n'a plus aucun pouvoir, puisque la base de donnée est contactée par d'autres serveurs, donc sans moteur de recherche ni nom de domaine. Et censurer un article reviendrait à provoquer sa copie sur 30 sites, les obligeant ainsi à s'enfoncer leurs dérives totalitaires dans un endroit que la loi m'interdit de mentionner. (outrage tout ça...)

> Rions un peu avec la police

Le site actu17.com cite le communiqué de revendication de l'incendie de la gendarmerie dans un article daté du 21 septembre : https://actu17.fr/grenoble-groupe-anarchiste-revendique-lincendie-de-gendarmerie-soutien-proces-cours-a-paris/

Pour continuer à se marrer, un équipage de la CRS 42 (basée à St Herblain) a dû être hospitalisé le 21 septembre grâce à une intoxication au monoxyde de carbonne : https://actu17.fr/toulon-dizaine-de-crs-intoxiques-monoxyde-de-carbone/

> Selon Le Parisien...

... ce ne sont pas deux millions d'euros de dégats, mais 20 millions !

« Au total 40 véhicules ont été incendiés dont huit fourgons de gendarmes mobiles qui valent 120?000 € pièce, et qui contenaient du matériel d’intervention coûteux. Le feu s’est ensuite propagé aux locaux techniques, dont le laboratoire. Le préjudice sera colossal, il a été évalué à 20 M€. »
(extrait de l'article "Le dossier Maëlys a failli partir en fumée" publié le 23 sept. 2017 dans Le Parisien.)

> Libertaire.net aussi visé

le forum Libertaire.net a aussi reçu des accusations de
"provocation à des actes terroristes" pour avoir republié la même lettre..

https://www.libertaire.net/discussion/quand-les-autorites-accusent-infolibertaire-net-de-provocation-a-des-actes-terroristes.18576/#post-138149

> traduction

la revendication a été traduite en italien (avec un petit mot d'explication sur les consequences) :

https://it-contrainfo.espiv.net/2017/09/25/grenoble-francia-solidarieta-incendiaria/

en solidarité

> Appel à délation

Appel à témoin lancé par la gendarmerie. Ça patine ?

https://actu17.fr/gendarmerie-nationale-lance-appel-a-temoins-suite-a-lincendie-de-caserne-de-grenoble/

Comme on dit, "Pétain, revient, t'as oublié ..."

> Courage ?

Pourquoi donc ne pas répondre ?

Car, par delà ce qui peut être (à juste titre ?) pris pour une provocation ou une insulte c’est bien du fonctionnement d’Indymedia Grenoble et d’Indymedia Nantes dont il s’agit.

Comment se fait-il que leurs serveurs soient semble t’il à ce point physiquement ou électroniquement accessibles aux flics ?

Pourquoi plier si facilement à leurs menaces ?

Une adresse en .onion requérerait de la part des visiteurs l’utilisation de Tor ? Le Tor Browser s’installe en une minute et deux ou trois clics.

Disons les choses, les "administrateurs" ont peur.

C’est humain ; qu’ils profitent alors de cet épisode répressif pour (re)donner aux visiteurs de ce petit site quelques conseils de base en matière de sécurité numérique car, entre l’enquète de gendarmerie suite à l’action politique du 21 et l’intimidation gratuite de leurs collègues de l’OCl..., TOUTES les adresses IP vont être fichées.

À bon entendeur

> se renseigner avant de causer

Ce serait bien de se renseigner un peu sur le site avant de commenter.

Cela fait des années qu'indy nantes sensibilise les utilisateur-trice-s du site à se protéger dans leur navigation en conseillant de passer par exemple par un système d'exploitation comme Tails ou par un navigateur comme TOR : https://nantes.indymedia.org/pages/intimite

Voilà pour le .onion du site: http://pdzdg7cbqal33ns6.onion

Nous n'avons pas plier face à la menace, nous avons dû faire un choix. Soit ne pas enlever le communiqué et alors le site devenait inaccessible pour la grande majorité des visiteur-se-s qui oui n'utilise pas encore TOR ou autres.
Et surtout on avait que 24h pour s'executer, on a compté sur la solidarité et miser sur l'effet streisand. T'as sans doute remarqué le communiqué depuis est visible sur bien d'autres sites ainsi que chez nous : https://nantes.indymedia.org/articles/38613

Un denier mot, le serveur n'a à ma connaissance jamais été menacé d'une réquisition, il est d'ailleurs bien loin de la france. Puis jamais les autorités n'y trouveront la moindre IP puisqu'on ne logue pas.

> hou la...

En fait des fois y'a des commentaires de "critique" tellement à côté de la plaque que c'est pas mal de les laisser pour le cas où d'autres soient dans les mêmes méconnaissances ou fantasmes.

Donc:
- des serveurs / hébergeurs étant du matériel, ça sera toujours atteignable, d'une manière ou d'une autre, là n'est pas le problème, non, d'autant qu'il n'est pas question de ça.
- ce qui est pourtant bien expliqué dans notre communiqué, et les commentaires qui suivent, c'est que la menace est aussi sur le référencement et le certificat, des trucs sur lesquels on n'a pas trop prise (je laisse le soin aux autres modos de corriger si je m'exprime mal hein...)
- et surtout, là où ça confine à la mauvaise foi, c'est l'argument du "plier si facilement à leurs menaces" donc "TOUTES les adresses IP vont être fichées." : c'est un mensonge, juste un énorme éclat de rire tant y'a méconnaissance de ce qu'on fait qui consiste justement à ne pas avoir de mémoire des adresse IP !
Donc "plier pour protéger les IP" n'est pas le choix qui a été fait, non. C'ets celui de ne pas faire disparaitre des mémoires.
On s'est concerté-e-s, on a choisi de parier sur un effet Streisand comme réponse. Et en fait ça marché au delà de nos espérances : le communiqué en question est désormais sur des dizaines de site.
Ce choix ne vient pas de nulle part. On avait déjà eut à faire à un souci avec les Autorités (le FBI) y'a quelques années. On avait essayé le bras de fer que vous semblez tant chérir : on avait fini par devoir remonter tout un site et même si on a des backup, bien sûr, c'est pas un truc qui se fait en 2 minutes, non, justement pour les besoins de VOTRE sécu.

A ce jour Linksunten n'est toujours pas revenu en ligne, ça devrait pourtant vous faire réfléchir... sauf pour celleux qui rêvent de nous voir disparaitre. C'est à cette menace qu'on répond. C'est cette menace d'effacement qu'il est stratégiquement intelligent de démonter, pour dire haut et fort que grace à la solidarité, les autorités peuvent nous faire peur, nous égratigner, penser avoir viré un article, mais pas nous effacer. Et que le site soit touours disponible pour les camarades qui en ont réellement besoin. C'est ce qu'ont parfaitement compris les soutien qu'on a reçu, quoi qu'ils pensent de notre outils, cette stratégie du nombre qui reste solidaire et fait face ensemble quand un-e camarade est affaibli.

Alors on le répète, il n'y a pas de bonne réponse à ce type de chantage. Comme pour d'autres trucs, c'est aux victimes de choisir leur mode de réponse. Il est criticable, bien sûr, mais que ce soit sur de bonnes bases de connaissance du sujet au moins, et du coups de bons arguments politiques, pas sur de fausses infos.

On peut s'inquiéter que pour des personnes comme vous la seule chose qui importe est de faire croire qu'on a failli. Ou que ça n'est rien... Ou qu'on n'est pas fiables. Ou qu'on est has-been. Ou qu'on ne mérite pas de soutien. On flippe un peu pour vos camarades, du coup, quand même !

> Courage ? 2

"Nous n'avons pas plié face à la menace, nous avons dû faire un choix..."

Celui de vous AUTOCENSURER oui :-(

"... Soit ne pas enlever le communiqué et alors le site devenait inaccessible pour la grande majorité des visiteur-se-s qui oui n'utilise pas encore TOR ou autres... "

MOINS D'UNE MINUTE pour TÉLÉCHARGER, INSTALLER et LANCER Tor

https://www.torproject.org/projects/torbrowser.html.en

Ils devraient y arriver non ?

Le site en .onion est innaccessible (pour l'instant ?)

*************************************************

"- des serveurs / hébergeurs étant du matériel, ça sera toujours atteignable, d'une manière ou d'une autre ..."

Cryptés et à l'étranger, ils seront moins accessibles que ceux d'OVH par exemple (https://www.zataz.com/operation-what-cd-serveurs-saisis/)

"... - ce qui est pourtant bien expliqué dans notre communiqué, et les commentaires qui suivent, c'est que la menace est aussi sur le référencement et le certificat..."

DNS & Cie oui, ces soucis n'existent pas en .onion.

"... On avait essayé le bras de fer que vous semblez tant chérir..."
"... A ce jour Linksunten n'est toujours pas revenu en ligne, ça devrait pourtant vous faire réfléchir... "

Justement, en pliant vous acceptez leur pouvoir, montrez votre peur et n'encouragez pas du tout à la moindre résistance, au contraire ....

Je ne jette pas la pierre, ou alors pas fort mais ...

> ...

Bon, t'es pas d'accord avec le fait qu'on ait choisi de masquer l'article et le rendre plus visible ailleurs par un effet de boomerang, libre à toi, ok.
Entre le déplacement d'un article ou la censure d'un site entier, p't'être on aurait du choisir la seconde solution, on peut pas le savoir.
On est des sales laches... si tu veux.
C'est quand même assez puant de simplement balayer le fait que on a déjà connu ça, on a pas plié et on s'est fait plier par le FBI... Assez puant de pas cesser de vouloir avoir le dernier mot en redisant des grosses conneries : cesse de raconter nimp' pour faire croire que tu sais dans quelle situation on est.

Pour la énième fois : le serveur n'a JAMAIS été visé.
On te dit d'ailleurs qu'il n'est pas en france, c'est bon, on a mis quand même pas mal de trucs en place pour sa sécurité, et pour la sécu des gens qui viennent par ici.

La grande majorité des gens n'utilisent pas tor, et n'ont aucune envie de le télécharger juste pour lire un article en passant. On ne tient pas à s'adresser qu'à un petit milieu mais que nos articles soient visibles pour tout type de pratique. L'élitisme passe aussi par le fait de penser que tout le monde doit avoir les bonne pratiques et tant pis pour les autres... Comme on l'a déjà dit, on donne tous les outils qu'il faut pour apprendre à être plus safe sur internet, p't'être on essaiera de mettre ça encore plus en avant sur une prochaine mouture de site.

Garde ta pierre en main, et trouve une meilleure cible que nous.

> Le chêne et le roseau

"... La grande majorité des gens n'utilisent pas tor, et n'ont aucune envie de le télécharger juste pour lire un article en passant. On ne tient pas à s'adresser qu'à un petit milieu mais que nos articles soient visibles pour tout type de pratique. L'élitisme passe aussi par le fait de penser que tout le monde doit avoir les bonne pratiques et tant pis pour les autres... Comme on l'a déjà dit, on donne tous les outils qu'il faut pour apprendre à être plus safe sur internet, p't'être on essaiera de mettre ça encore plus en avant sur une prochaine mouture de site.

Garde ta pierre en main, et trouve une meilleure cible que nous."

Déçu et, surtout, en colère.

En colère contre ces flics, les politiciens et l'état.
En colère contre ce système qui nous bride, nous écrase.

Pour le reste qui suis-je pour imposer quoi que ce soit ?
Ce qui me fout en l'air c'est de voir ici et là, de lire des articles dénonçant que tel ou telle s'est fait serrer pour ne pas s'être protégé a minima.

Tor n'est pas la panacée et le Guide de la Sécurité Numérique dont vous vous êtes fait l'écho le dit bien c'est d'un état d'esprit dont il faut s'armer.

La surveillance, l'espionnage, policier est une réalité et je suis personnelement persuadé qu'il FAUT être paranoïaque si l'on veut pouvoir espérer se préserver un tant soit peu.

Ce qui m'énerve tant ce n'est pas que tel ou telle administrateur(trice) plie sous la botte policière mais qu'il(elle) et toutes celles et ceux qui visitent et animent leurs sites ne se protègent pas suffisamment.

Marre d'apprendre qu'un compagnon a vu sa porte défoncée dans la nuit, marre de lire qu'une autre aura été convoquée au comico parce qu'elle aura laissé des traces sur la toile en plus d'avoir été filmée en manif.

C'est parce que je vous vous considère comme frères et soeurs de lutte que je m'agace de vous voir vous protéger si peu quand la répression ne cesse et ne cessera de s'accroître.

> ok

bon on va arrêter là.
on t'a expliqué plein de choses techniques déjà.
depuis le début on assume le fait qu'on ne soit pas satisfait.e.s d'une décision qu'on a du prendre sur une forme de pari en 24h.
on a, tu t'en doutes, pas mal de choses à faire pour la suite qui effectivement risque d'être encore plus compliqué à gérer.
pour finir ça serait chouette d'entendre qu'on va pas tout expliquer sur les sécus qu'on met en place publiquement dans un commentaire, et que dire qu'on se protege pas, c'est un peu... agaçant.
merci pour le soutien cependant.

> Quelque chose de nouveau, quelque chose de vieux

Posted on 30 septembre 2017 by Attaque

Quelque chose de nouveau, quelque chose de vieux

Lettre ouverte aux modérateur-eu-ses d’Indymedia Grenoble et d’Indymedia Nantes

Je suis juste un individu parmi d’autres. Un parmi ceux et celles qui, pour milles raisons toutes différentes et toutes valables, ont du mal à s’adapter à ce monde. Un de ceux et celles qui veulent le voir en cendres. Le fait que, par ailleurs, je participe au blog Attaque, que mes doigts tapotent pour relayer des communiqués d’actions ou autres gestes d’insoumission, entre seulement partiellement en jeu. Mes doigts pourraient aussi servir à autre chose. Je pourrais voir en des plates-formes de publication libre comme Indymedia autre chose qu’une source de textes pour le blog Attaque. Tout comme ceux et/ou celles qui y ont posté le communiqué de la magnifique action qui a réduit en cendres l’entrepôt de la gendarmerie de Grenoble : voiture, cars, labo, scellés, tout en fumée. Magnifique, tout simplement.

Il y a déjà eu des prises de position, des choix de publication ou de non-publication, sur Indy Nantes et Indy Grenoble, que je ne partage pas. Bon, au final c’est normal, c’est vos lignes éditoriales et vous faites ce que vous pensez être le mieux. Cependant, je crois que ce qui se passe en ce moment est autre chose.

Qu’est-ce qu’il y a de nouveau ? En général, je crois que ce qu’il y a de nouveau en cette période est le fait que les idées subversives semblent être un peu sorties d’internet pour redevenir une menace bien réelle. Il y a des attaques d’une certaine envergure : les slogans deviennent feu. Bagnoles d’entreprises, d’institutions ou de bourges qui crament un peu partout en France, antennes-relais qui flambent, même la Gendarmerie en prend pour son compte, avec les attaques de Limoges et Grenoble. Des belles flambées de vie, très souvent accompagnées par des communiqués de revendication. Parfois en solidarité avec des prisonniers – un classique tant nécessaire pour les personnes en taule – mais aussi des communiqués qui se parlent entre eux, qui se répondent, qui lancent des propositions. Les envies deviennent contagieuses, les peurs sont dépassées ensemble. Si quelqu’un.e, là-bas, quelqu’un tout comme moi, a pu le faire, pourquoi pas moi ? On partage les mêmes désirs, je peux me reconnaître dans leurs actions et leurs mots. Désormais, le pas à franchir entre idée et action se raccourcit…

L’État, on le voit bien aujourd’hui, a peur des attaques clairement revendiquées, et donc contagieuses. Ses larbins de la presse peuvent difficilement faire leur travail habituel d’enfumage (en parlant par exemple d’accident, ou en les taisant). Il y un grand emballement médiatique, depuis les conneries de la presse, cet été, à propos d’une fantasmée « mouvance anarcho-je-ne-sais-plus-quoi-de-je-ne-sais-plus-où », jusqu’à l’affolement récent. Évidemment : ce qui accompagne ces attaques n’est pas seulement l’envie, belle et partagée, de foutre le bordel. Des actes destructeurs il y en a à foison, tout le temps, mais dans les attaques revendiquées comme celles de cet été, il y a aussi la tentative de communiquer des idées, des perspectives, de chercher des complicités, de donner de l’élan pour que le feu ne s’arrête plus. Et c’est justement là le danger pour l’ordre de ce monde.

Voilà du coup quelque chose qui n’est pas nouveau du tout, qui est même aussi vieux que la révolte elle-même. La répression se prépare, elle s’annonce. La Maréchaussée enquête pour laver les affronts reçus, la police enquête, les coupe-gorges des tribunaux se préparent à faire leur sale besogne… Et pendant que les uniformes cherchent de mettre des noms sur des attaques, les toges des années de prison sur des vies, ils jouent aussi à la répression préventive. Et vous recevez un mail intimidateur de la part de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication.

Il y a autre chose qui n’est pas nouveau du tout, ni, malheureusement, étonnant. Quelque chose qui suit la répression presque comme une fatalité. Mais le fait que cette attitude soit assez vieille et assez répandue ne la rend pas moins triste : c’est le repli, c’est le déni, ce sont les prises de distance.

Je laisse à d’autres la tâche trop facile, en ce moment, de vous faire la morale. A vous de répondre à ceux et celles qui, parfois par mauvaise foi, vous disent ce que vous devez faire ou pas, publier ou pas. Nous lisons tous et toutes Indymedia, nous l’avons repris, parfois nous l’avons utilisé.

Mais je voudrais quand-même faire quelques constats que je pense généraux, sans vous juger. Si la peur d’une répression qui s’annonce nous fait déjà reculer, qu’en est-il des belles idées, des slogans enragés (clamés surtout dans des moments de calme) ? Si nous n’essayons même pas de tenir quand la tempête s’annonce, comment pourrions-nous faire vivre les désirs si souvent étalés sur des claviers ? Certes, là vous pouvez me dire que c’est vous qui êtes dans viseur et pas moi. Je ne le nie pas – mais je ne crois pas non plus que ce soit une raison pour se plier avant même d’essayer de résister. Je ne veux pas croire au fait que vous n’avez jamais pris en considération, par le passé, cette éventualité (une intervention étatique pour vous faire effacer des textes), surtout après ce qui s’est passé avec Indymedia Linksunten (sachant que pour eux ce n’était pas un mail, mais des perquises et la saisie des serveurs – et ils ont promis : « On revient bientôt ! »). Et se réjouir de l’ « effet Streisand » provoqué par l’intervention policière signifie se réjouir du travail des journaflics, toujours au service du pouvoir, qui étalent devant un public blasé les horribles méfaits des « fous de l’ultragauche ». Mais les prochaines revendications passeront simplement dans un silence de plomb. Votre choix, celui de vous plier à un mail est justement un choix. D’autres possibilités existent, par exemple celle d’essayer de ne pas céder, quitte à faire fermer des sites internet. Il ne s’agit nullement du fait d’éviter d’ « invisibiliser encore un peu plus tous les autres gestes de soutien » (cf. le communiqué d’Indy Nantes). Il ne s’agit pas non plus de solutions techniques, sites mirror, tor, onion etc. Il s’agit tout simplement d’un choix éthique. C’est comme toujours face à l’autorité : le choix entre obéir ou lutter. Et, pour appeler un chat un chat, vous avez fait de la censure. C’est pour cela que je n’exprime pas de la solidarité ici : la solidarité ne va pas à toutes les victimes indifféremment, mais à ceux et celles qui luttent pour ne plus être des victimes, pour qu’il n’y ait plus de victimes.

Plusieurs sites internet, dont Attaque, ont relayé la revendication de l’incendie de l’entrepôt de la Gendarmerie de Grenoble. Il s’agit évidemment du fait qu’on partage ce beau geste et les mots qui l’accompagnent. Mais, implicitement, en le relayant, en ne faisant pas semblant de ne pas l’avoir vu, nous nous mettons aussi de votre côté, vous qui gérez les plateformes d’open-publishing où cette revendication a été publiée à l’origine. Je me plais à penser que chaque site anarchiste/alternatif qui a reproduit ce communiqué l’aurait publié en premier s’il l’avait reçu directement, par mail ou autre (c’est ce que nous et d’autres avons fait en d’autres occasions).

Mais là j’ai une certaine amertume. Je ne veux pas vous condamner : vos choix sont vos choix. Mais vos choix nous éloignent. Vous éloignent de ceux et celles qui, obstiné.e.s, persistent à penser que c’est important de répandre des idées, des informations, notamment sur des actes d’insoumission contre ce monde, des mots qui résonnent dans nos cœurs comme dans les cœurs de ceux et celles qui allument ces feux…

Il y a une question que je ne pose pas seulement à vous, mais à nous tous : si aujourd’hui on recule, quel sera le prochain pas en arrière ? Où s’arrêtera-t-on ?

Ce qui vous touche aujourd’hui peut effectivement, comme vous dites, toucher nombreuses autres personnes demain. Mais quid de ceux et/ou celles qui continueront à relayer des revendications d’attaques, même après sommation de l’État de rentrer dans les rangs (des rangs que vous êtes en train de former aujourd’hui) ?

Et surtout quid de ceux et/ou celles qui ont écrit ce fameux communiqué (ou d’autres) ? Quid des allumeur.euses de feux ?

Parce que là on ne parle pas d’internet, de sites bloqués ou dé-référencés, ni de liberté d’expression.

On parle bien d’attaques incendiaires.

Un d’Attaque

https://attaque.noblogs.org/post/20...>

> Attaque? MDR

La leçon de morale prétentieuse la plus mal écrite du monde, tellement les (tentatives de) manips apparaissent comme des camions dans des couloirs. mon passage préféré :

"Je laisse à d’autres la tâche trop facile, en ce moment, de vous faire la morale. A vous de répondre à ceux et celles qui, parfois par mauvaise foi, vous disent ce que vous devez faire ou pas, publier ou pas."

et

"Mais je voudrais quand-même faire quelques constats que je pense généraux, sans vous juger. "

La phrase d’après c'est :
"Si la peur d’une répression qui s’annonce nous fait déjà reculer, qu’en est-il des belles idées, des slogans enragés (clamés surtout dans des moments de calme) ? Si nous n’essayons même pas de tenir quand la tempête s’annonce, comment pourrions-nous faire vivre les désirs si souvent étalés sur des claviers ? Certes, là vous pouvez me dire que c’est vous qui êtes dans viseur et pas moi. Je ne le nie pas – mais je ne crois pas non plus que ce soit une raison pour se plier avant même d’essayer de résister. Je ne veux pas croire au fait que vous n’avez jamais pris en considération, par le passé, cette éventualité (une intervention étatique pour vous faire effacer des textes), surtout après ce qui s’est passé avec Indymedia Linksunten (sachant que pour eux ce n’était pas un mail, mais des perquises et la saisie des serveurs – et ils ont promis : « On revient bientôt ! »). Et se réjouir de l’ « effet Streisand » provoqué par l’intervention policière signifie se réjouir du travail des journaflics, toujours au service du pouvoir, qui étalent devant un public blasé les horribles méfaits des « fous de l’ultragauche ». Mais les prochaines revendications passeront simplement dans un silence de plomb. Votre choix, celui de vous plier à un mail est justement un choix. D’autres possibilités existent, par exemple celle d’essayer de ne pas céder, quitte à faire fermer des sites internet. Il ne s’agit nullement du fait d’éviter d’ « invisibiliser encore un peu plus tous les autres gestes de soutien » (cf. le communiqué d’Indy Nantes). Il ne s’agit pas non plus de solutions techniques, sites mirror, tor, onion etc. Il s’agit tout simplement d’un choix éthique. C’est comme toujours face à l’autorité : le choix entre obéir ou lutter. Et, pour appeler un chat un chat, vous avez fait de la censure. C’est pour cela que je n’exprime pas de la solidarité ici : la solidarité ne va pas à toutes les victimes indifféremment(...)"

Indymedia a probablement compris la leçon du professeur Attaque, puisque sans jugement et sans faire la morale bien sur !

La pédagogie anarchiste est généralement plus intéressante et plus sérieuse.