Manifestation contre le racisme à Nantes : succès populaire et ratonnades fascistes

Mis a jour : le dimanche 5 février 2017 à 22:44

Mot-clefs: Répression Resistances antifascisme
Lieux: Nantes

Ce 3 février, la mairie socialiste offrait une grande salle municipale en plein centre ville pour permettre à un conférencier ouvertement raciste de se produire, à l'invitation du GUD et du média d'extrême droite Breizh Info. Aujourd'hui et depuis des mois, les élus locaux organisent une montée des tensions en offrant systématiquement des tribunes aux groupuscules d'extrême droite. Dans quel but ?

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Photo : Marin Driguez

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Photo : Estelle Ruiz

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Photo : Marin Driguez

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Photo : Estelle Ruiz

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Photo : Marin Driguez

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Photo : Estelle Ruiz

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Photo : Estelle Ruiz

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Photo : Estelle Ruiz

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Photo : shadow news

Vendredi au soir, face à cette provocation, des collectifs antifascistes défilent dans les rues de Nantes (l'appel à  manif), pour empêcher la conférence. Le cortège part de la Place Viarme pour se diriger vers la salle Bretagne. Les racistes doivent finalement se retrouver dans une salle publique, bunkérisée par des dizaines de policiers en armures et en civil. Alors qu'au moins 500 personnes manifestent pour rappeler que Nantes est antiraciste, tout le quartier entourant la salle de conférence est quadrillé par les uniformes. Plus surprenant, la police laisse des dizaines de fascistes casqués et armés parader devant la salle municipale, au milieu du périmètre « sécurisé », à quelques mètres des lignes de CRS, alors même que les manifestants antiracistes sont traqués, chargés et arrêtés sans sommation. L'image est saisissante.

Après les premières grenades, la manifestation se tend et la colère éclate. Des vitrines de banques et des publicités volent en éclat, une barricade est enflammée. La police tire des balles en caoutchouc, puis disperse et contrôle violemment de nombreux passants/ 6 personnes sont arrêtées.

Si la manifestation a été écourtée par les charges policière, elle demeure un succès numérique incontestable. Cette mobilisation fait encore une fois la démonstration éclatante de l'alliance objective entre municipalité, préfecture et groupes fascisants.

Bien plus tard, le groupe de militants d'extrême droite venu de tout le grand ouest aperçu devant la salle de conférence plus tôt dans la soirée, procédera à l'attaque d'un bar ainsi qu'au passage à tabac de plusieurs passants identifiés comme des militants antifascistes. En toute impunité.

Les 25 et 26 février prochains, soyons des milliers à converger à Nantes contre le meeting du Front National !

Commentaire(s)

> photos

une chose que je ne comprends toujours, pourquoi créditer les photos de manif ?

> manifestation contre le racisme du 3/02/2017

la manifestation a réuni environ 200 manifestants et est partie de la place viarme vers 19h.

rue Alphonse Daudet ;
premier gazage touchant une 20aine de personnes, le maalox (ou dérivé) est de sortie

rd pt de Félix Faure :
la BAC fis 2 blessés au tir de LBD (haut de cuisse et aine)

rue Félix Faure :
1 blessé au LBD dans l'avant bras

rue Paul Bellamy/rd pt de rennes :
-suite à la pluie de LBD et de grenade de désencerclement de la BAC, une 20aine de personnes ont été touchées (estimation)
-lors de la charge de la BAC, 2 médics ont été blessés par matraquage (l'un a été projeté à terre, ce qui a causé des égratignures), une 10aine de personnes ont été également frappées (tête, épaules, dos, côtes et jambes)

boulevard Henry Orrion :
les tirs de LBD continuent, le gazage également alors que tout le monde ne pense qu'à la fuite, un troisième médic reçoit un coup de matraque en allant soigner quelqun.

des petits groupes ont été poursuivis par des voitures et des camions jusqu'au bord de l'Erdre.

Nous nous excusons du manque de précision concernant les blessures, le nombre de blessés et l'heure des évènements, les conditions étaient rudes.

> Nuit du vendredi 3 février au samedi 4 février

un groupe fasciste violent non content de la manif s'est attaqué à divers personnes dans le centre ville.

vers minuit, un bar à été attaqué faisant 2 blessés, les coups sont surtout portés à la tête, pas de plaies ouvertes mais de gros hématomes.

peut de temps après deux personnes ont été blessées, bilan : trois plaies à recoudre des côtes cassés et des hématomes pour l'une et des plaies à la tête, des côtes cassés, 2 doigts cassés et des hématomes pour l'autre.

> que faire ensemble ?

Ce qui s'est passé de ce point de vue à Nantes vendredi dernier est édifiant :

1- Un groupuscule d'extrême droite, décide d'organiser à Nantes une conférence ouvertement raciste intitulée :
les migrants, une catastrophe.
Il obtient de la tenir à la maison des syndicats, salle municipale, quant on sait combien il est difficile d' obtenir une salle municipale pour d'autres types d'initiatives, cela pose évidemment question.

2- Alertés , les syndicats et assos antiracistes écrivent à J.Rolland début janvier pour demander le refus de la mise à disposition de cette salle dans un lieu syndical et l'interdiction de cette conférence au préfet ( qui a interdit de nombreuses manifestations contre la loi "travail") au motif de "trouble à l'ordre public" au printemps dernier...donc c'est très possible !

3- La réponse de la municipalité est de mettre à disposition du groupuscule en question une autre salle municipale, le cinéma Bretagne.
Il n'y a pas de réponse du préfet : que puisse se tenir à Nantes, en 2017, de tels RV semble aller de soi pour la puissance publique...!

4- Ce vendredi, à 19h des collectifs appellent à un rassemblement pour protester, place Viarme, des papillons sont distribués appelant au calme : l'objectif n'est pas la confrontation violente avec les nervis d'extrême droite ou les policiers mais de dénoncer la tenue de cette conférence, à fortiori dans un espace proposé par la mairie.

5- Tout de suite, le ton est donné par les policiers de la BAC, postés place Viarme, nombreux, menaçants : un passant leur demande , vu leur tenue( casque, cagoule..) s'ils sont de la police ou du "service d'ordre" du conférencier.
Ils répondent en riant :
" on est d'extrême droite".

6- le cortège de 400 personnes environ ( bcp de jeunes, pas assez de syndicalistes, pas assez de militants associatifs...) avance calmement vers la salle avec une belle banderole : Nantes antiraciste

7- la police est nombreuse pour "protéger" la tenue de cette "conférence", alors que devant la salle se tiennent une trentaine d'hommes d'extrême droite, casqués, cagoulés, armés de manche de pioche, notamment.
Le cortège ne force pas et tourne avant d'arriver à la salle en scandant des slogans antiracistes.

8- Mais la stratégie de la tension est en place : la BAC, et d'autres policiers chargent le cortège ( lacrymos) et tirent au LBD ( au moins deux blessés ) , frappent à la matraque des lycéennes, y compris l'une qui est tombée à terre.
Dans cette ambiance d'une grande violence de la part de la police, certains manifestants s'énervent et dégradent, bêtement certes, des aubettes de bus.

9- Ce n'est pas fini, puisque ensuite des nervis d'extrême droite ont poursuivis des manifestants et ont blessé au moins deux personnes ( avec des bouteilles brisées notamment), cela aurait pu être dramatique ,
notons qu'à priori, ils ont agi sans être interpellés, ni inquiétés d'aucune manière par la police présente sur les lieux
En revanche , plusieurs manifestants ont été interpellés et seront jugés ( voir la presse locale ce matin).

10- Ce 3 février 2017 fonctionne pour l'extrême droite comme une autorisation à s'installer dans notre ville, jusqu'ici relativement épargnée.
Cela fonctionne aussi comme un permis de blesser, de tuer , y compris pour certains policiers.
La municipalité est gravement responsable de ce qui s'est passé et de ce qui risque de se passer si nous ne sommes pas très largement mobilisés :
les pouvoirs publics n'ont pas à faciliter les tribunes de personnes racistes, véritablement violentes.( pensons à Clément Méric, notamment...) .
Mairie et préfecture ne peuvent invoquer leur ignorance sur le dossier ..Ne devons nous pas les interpeller publiquement sur ce "laisser faire" inadmissible ?
Protéger, de fait, l'extrême droite , à Nantes, c'est forcément générateur de violences graves.

Comment travailler en amont ?
ici, si la salle n'avait pas été donnée, cela n'aurait pas eu lieu.
On aurait dû interpeller l'équipe municipale plus clairement , et il faut le faire dès demain, à plusieurs voix, différentes, pour que ça n'arrive plus,
à ce propos, mettre à disposition le Zénith à M.LePen le 26 février est également un choix...

Non, l'extrême droite, raciste, foncièrement violente , n'a pas le droit de cité..!

> Le racisme ne se discute pas, il se combat !

Ce vendredi, Breizh-Info, web-média d'extrême droite qui parle des migrant.e.s comme des « partisans de la mort des Européens » en se demandant s’il est « humainement et juridiquement possible, demain, de couler les bateaux à destination de l’Europe ? », organisait une conférence publique de Jean-Yves Le Gallou, ex-dirigeant du FN et défenseur de la race blanche qui prétend « affirmer sans complexe la supériorité de la civilisation européenne ».

À l'appel de nombreuses organisations, une manifestation était organisée Place Viarme à 19h afin d’empêcher la parole raciste de se propager, chose dont la marie de Nantes ne se soucie guère puisqu'elle a tout fait pour mettre à disposition une salle pour les fascistes.

Près de 500 personnes ont ainsi défilées sous divers slogans antiracistes et antifascistes, pour affirmer leur refus de voir l’extrême-droite exposer ses idées librement et réclamer l'ouverture des frontières que d'autres souhaiteraient voir fermées alors qu'elles tuent chaque année des milliers de personnes.
Rapidement, les manifestant.e.s ont été confronté.e.s à un dispositif policier important qui a empêché le cortège de s'approcher de la salle Bretagne. De nombreuses grenades lacrymogènes et de désencerclement ont été tirées tandis que la BAC chargeait, faisant encore fait usage de son arme favorite, le LBD. Le cortège s'est dispersé aux alentours de 21h. Au moins 6 personnes seront arrêtées, des dizaines contrôlées. Les militants nationalistes des environs avaient appelés à protéger la conférence. Ils auront réussi à mobiliser tous leurs sympathisants du grand Ouest (cet-à-dire une cinquantaine de personnes) et ont fait les poseurs devant la salle armes à la main en sachant très bien que les militant.e.s antifascistes n'atteindraient jamais la salle. Quand il s'agit de protéger les fascistes, la police est toujours présente.

Mais alors que les militants d'extrême droite, se sachant bien moins nombreux que les manifestant.e.s sont restés bien au chaud en attendant que la police disperse ces denier.ère.s, ils ont ensuite encore pensé avoir fait le coup du siècle quand, armés de bouteilles et battes, ils ont soulevé le rideau métallique du bar La Rumeur et frappé deux clients. Tout ça à...trente ! Bravo les gars ! Plus tard encore, deux autres militants antifascistes non-armés seront tabassés par une vingtaine de fafs armés. L'honneur est une vertu que certains ne connaissent pas.

L'extrême-droite tente de s'implanter à Nantes, en témoigne le meeting de lancement de campagne de Marine Le Pen qui se tiendra le 26 février prochain au Zénith. À cette occasion, un grand week-end d'actions contre l'extrême-droite est prévu, nous vous en tiendront informé.e.s dans les semaines qui viennent.

Nantes est et restera antifasciste !

> Hein?

La ville de Nantes est antifasciste ? Première nouvelle...

Pourquoi jouer sur des leviers identitaires (soit-disant appartenance à une cité) ? A qui c'est censé s'adresser ? Aux bobos qui se sentent Nantais ? Au supporters de foot ?

"Nantes" est un découpage administratif, une marque, tout comme la fRance. Est-ce qu'on verra bientot des banderolles "France antifasciste" ? Des solgans "France, debout, soulève toi" ?

C'est jouer sur le mêmes tableaux en manipulant les mêmes ressorts que ceux qu'on dénonce. Nos identités sont multiples et n'on rien à voire avec la citoyenneté d'une métropole.

> lu quelque part dans la gueule du bouc:

Ce qui s'est passé de ce point de vue à Nantes vendredi dernier est édifiant :

1- Un groupuscule d'extrême droite, décide d'organiser à Nantes une conférence ouvertement raciste intitulée :
les migrants, une catastrophe.
Il obtient de la tenir à la maison des syndicats, salle municipale, quant on sait combien il est difficile d' obtenir une salle municipale pour d'autres types d'initiatives, cela pose évidemment question.

2- Alertés , les syndicats et assos antiracistes écrivent à J.Rolland début janvier pour demander le refus de la mise à disposition de cette salle dans un lieu syndical et l'interdiction de cette conférence au préfet ( qui a interdit de nombreuses manifestations contre la loi "travail") au motif de "trouble à l'ordre public" au printemps dernier...donc c'est très possible !

3- La réponse de la municipalité est de mettre à disposition du groupuscule en question une autre salle municipale, le cinéma Bretagne.
Il n'y a pas de réponse du préfet : que puisse se tenir à Nantes, en 2017, de tels RV semble aller de soi pour la puissance publique...!

4- Ce vendredi, à 19h des collectifs appellent à un rassemblement pour protester, place Viarme, des papillons sont distribués appelant au calme : l'objectif n'est pas la confrontation violente avec les nervis d'extrême droite ou les policiers mais de dénoncer la tenue de cette conférence, à fortiori dans un espace proposé par la mairie.

5- Tout de suite, le ton est donné par les policiers de la BAC, postés place Viarme, nombreux, menaçants : un passant leur demande , vu leur tenue( casque, cagoule..) s'ils sont de la police ou du "service d'ordre" du conférencier.
Ils répondent en riant :
" on est d'extrême droite".

6- le cortège de 400 personnes environ ( bcp de jeunes, pas assez de syndicalistes, pas assez de militants associatifs...) avance calmement vers la salle avec une belle banderole : Nantes antiraciste

7- la police est nombreuse pour "protéger" la tenue de cette "conférence", alors que devant la salle se tiennent une trentaine d'hommes d'extrême droite, casqués, cagoulés, armés de manche de pioche, notamment.
Le cortège ne force pas et tourne avant d'arriver à la salle en scandant des slogans antiracistes.

8- Mais la stratégie de la tension est en place : la BAC, et d'autres policiers chargent le cortège ( lacrymos) et tirent au LBD ( au moins deux blessés ) , frappent à la matraque des lycéennes, y compris l'une qui est tombée à terre.
Dans cette ambiance d'une grande violence de la part de la police, certains manifestants s'énervent et dégradent, bêtement certes, des aubettes de bus.

9- Ce n'est pas fini, puisque ensuite des nervis d'extrême droite ont poursuivis des manifestants et ont blessé au moins deux personnes ( avec des bouteilles brisées notamment), cela aurait pu être dramatique ,
notons qu'à priori, ils ont agi sans être interpellés, ni inquiétés d'aucune manière par la police présente sur les lieux
En revanche , plusieurs manifestants ont été interpellés et seront jugés ( voir la presse locale ce matin).

10- Ce 3 février 2017 fonctionne pour l'extrême droite comme une autorisation à s'installer dans notre ville, jusqu'ici relativement épargnée.

Cela fonctionne aussi comme un permis de blesser, de tuer , y compris pour certains policiers.
La municipalité est gravement responsable de ce qui s'est passé et de ce qui risque de se passer si nous ne sommes pas très largement mobilisés :
les pouvoirs publics n'ont pas à faciliter les tribunes de personnes racistes, véritablement violentes.( pensons à Clément Méric, notamment...) .

Mairie et préfecture ne peuvent invoquer leur ignorance sur le dossier ..Ne devons nous pas les interpeller publiquement sur ce "laisser faire" inadmissible ?

Protéger, de fait, l'extrême droite , à Nantes, c'est forcément générateur de violences graves.

Comment travailler en amont ?
ici, si la salle n'avait pas été donnée, cela n'aurait pas eu lieu.
On aurait dû interpeller l'équipe municipale plus clairement , et il faut le faire dès demain, à plusieurs voix, différentes, pour que ça n'arrive plus,
à ce propos, mettre à disposition le Zénith à M.LePen le 26 février est également un choix...

Non, l'extrême droite, raciste, foncièrement violente , n'a pas le droit de cité..!