Blocages et manifs de jeudi à Caen

Mis a jour : le vendredi 27 mai 2016 à 15:52

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Lieux:

Blocages, manif, action et répression

blocages :
4 rond-points sont bloqués pour les camions, et barrage filtrant pour
les bagnoles, dès 6h30 le matin (Carpiquet, Ifs, Renault trucks,
Colombelles). C'est l'intersyndicale qui mène la danse, mais des gens de
l'AG Interluttes sont présents en nombre. A 10h30, reste les piquets de
Carpiquet et Colombelles. Celui de Colombelles est levé dans la journée.
Celui de Carpiquet tient, notamment avec les salariés d'une boîte en
grève à proximité. Quand le soir l'UL CGT annonce la levée du piquet,
les salariés grondent et refusent. Une chasuble CGT finit au feu. Mais
il y a de moins en moins de monde, et la pluie tombe. Puis est annoncé
que la Brigade d'intervention s'équipe à l'entrée de la zone
industrielle et se ramène. Le dernier piquet est levé.

manifs :
A 10h30, le cortège part de l'hôpital psy du Bon sauveur (en lutte
depuis un bon moment). Les lycéens et lycéennes se placent en tête. 5000
personnes défilent jusqu'au théâtre.
Au bout de quelques minutes, est annoncé le départ en action. Au moins
600 personnes suivent. Arrivé devant le pont Bir-Hakeil, le cortège fait
face aux flics par deux côtés. Des sommations sont effectuées, 300
personnes restent. Finalement, au bout d'un long moment, le cortège
repart vers le centre-ville. Le directeur de la sécurité publique,
Papineau, débarque seul à proximité du cortège. Il est pris à partie,
oeufs, tomates et autres projectiles finissent par être lancées. Les
flics déboulent, gazent, envoient une grenade de désencerclement,
chargent. Le cortège se reforme près de la Prairie, mais est repoussé à
l'extérieur du centre-ville. Le cortège bifurque Espace Gardin,
esplanade typique de l'urbanisme sécuritaire. Les flics déboulent,
gazent, chargent, matraquent. Le cortège part direction Malherbe. Les
flics se déploient déjà devant eux. Le cortège repart dans l'autre sens,
mais la nasse policière se resserre. Ca commence à courir de nouveau
Espace Gardin, gaz lacrymogène, tirs de LBD 40, charges. Un groupe de 70
personnes et un autre de 30 se font serrer. Les flics fouillent,
relèvent quelques identités. Papineau veut embarquer tout le monde. Un
flic menace de démissionner. 3 à 5 interpellés, pas mal de blessés.
Un débrief a eu lieu au théâtre des Cordes après la manif.

Commentaire(s)

> paroles de flics

quelques propos de flics ce jour-là:

Papineau (celui qui à Nuit debout finit couché) : "Première sommation, dispersez-vous. Blablabla... Troisième sommation, on va faire usage de la force".
Des manifestants et manifestantes : " On s'en fout." Il y en a même un qui se met à poil.

Un flic chaud de la nasse qui fouille un sac : "Dis donc, t'es équipé, toi."
Le manifestant : "Bah ouais".

Des flics qui empêchent toute dispersion depuis une heure à des manifestants : "Dispersez-vous" et le flic envoie une grenade. Les manifestants vont de l'autre côté. Un autre flic de l'autre côté : "dispersez-vous" et le flic envoie une grenade. "Bah faudrait vous mettre d'accord", disent des manifestants et manifestantes.

Un flic qui aime taper sur tout ce qui bouge, donc chef de surcroit : "Tiens prends ça", coups de tonfa, coups de latte dans la gueule. Dommage, ce n'était pas un manifestant, juste un passant...

Un flic chaud de la nasse et paternaliste de surcroit : "Attention, on ne veut plus vous revoir dans des manifs non déclarées. Bouh c'est pas bien, c'est méchant". "Ouais ouais c'est ça", répondent des manifestants et des manifestantes. Une manifestante se rapproche d'une gazeuse à main oubliée par les flics. Un flic aux autres flics : "Bordel, qui a oublié ça?"

Papineau à ses troupes : "Allez on embarque tout le monde". Un flic : "Non, c'est n'importe quoi. Si c'est ça, moi je démissionne". Enfin une bonne idée...