8 interdictions de manifester mardi en centre ville à Nantes

Mis a jour : le mardi 17 mai 2016 à 00:55

Mot-clefs: Exclusion/précarité/chômage Répression Resistances luttes étudiantes/lycéennes salariales
Lieux: Nantes

8 personnes auraient reçu la visite de keufs à domicile pour leur notifier l'interdiction d'apparaitre en centre ville de Nantes le 17 mai, nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail.

L'article de Nantes Révoltée :

Scoop : un jeune auteur nantais assigné à résidence par Bernard Cazeneuve

Exclusif : nous apprenons que le jeune auteur nantais d'un ouvrage sur les violences policières est assigné à résidence 2 jours seulement après la publication de son ouvrage : « L'arme à l’œil, violences d’État et militarisation de la police ».

Cette « notification administrative », distribuée sans aucune décision judiciaire en vertu de l'état d'urgence, vise à empêcher certaines personnes de manifester cette semaine contre la « loi travail ». Un journaliste parisien a également été frappé de la même assignation, comme des dizaines de militants à Paris et Nantes. Vengeance du préfet ? Fantasmes sécuritaires d'un gouvernement socialiste en pleine fuite en avant ?

Nous apportons tout notre soutien à cet auteur, ainsi qu'à toutes les personnes frappée par ces mesures d'exception. Nous pensons également au lycéen jeté en prison sans preuve – avec la qualification délirante de « tentative d'homicide » – , pour avoir fait un croche pied à un policier alors même que les policiers ont blessé gravement des dizaines de personnes sans jamais être inquiétés, notamment à Rennes où un étudiant a été mutilé à l’œil.

Le terrorisme d’État ne nous arrêtera pas.

Mise à jour : Les médias parlent de 8 personnes concernées par ces interdictions de manifester. Nous cherchons à en savoir plus, alors contactez-nous par message privé si vous faites partie des personnes ciblé-e-s par la préfecture.

https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/photos/a.336512019718311.70910.294803323889181/1018492981520208/?type=3&theater

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Article de la presse mainstream :

Huit personnes ont interdiction de paraître dans le centre-ville de Nantes ce mardi, jour d'une nouvelle manif contre la loi travail. Une mesure inédite prise par la préfecture de Loire-Atlantique.

Une nouvelle manifestation contre la loi travail va se dérouler dans les rues de Nantes ce mardi 17 mai. Dans un contexte très tendu, le ministre de l'Intérieur a annoncé l'envoi d'une centaine de CRS en renfort. La préfecture de Loire-Atlantique vient de prononcer des interdictions de paraître à l'encontre de plusieurs personnes sur le périmètre de la manif.

Une mesure inédite à Nantes

Il ne s'agit pas d'une assignation à résidence, mais d'une interdiction de paraître dans un périmètre défini. C'est une mesure inédite à Nantes. Pour le moment, huit personnes ont interdiction de circuler dans le centre ville de Nantes, mais aussi sur toute l'île de Nantes, toute la journée de mardi. Le périmètre est très large : c'est le même que l'arrêté qui interdit le transport de tout objet pouvant servir d'arme les jours de manif. Les policiers sont venus apporter les arrêtés en main propres chez les huit personnes concernées. Elles ne sont pas obligées de rester chez elles, ni de pointer au commissariat comme pour une assignation à résidence, mais doivent rester en dehors du périmètre. C'est l'état d'urgence qui permet à la préfecture de prendre ces mesures.

"Le gouvernement ne sait gouverner que par le flash-ball, le 49.3 et les assignations à résidence" Pierre Douillard, militant contre les violences policières

D'après la préfecture,  les huit personnes visées par l'arrêté ont été interpellées pour dégradations, agression des forces de l'ordre ou port d'armes sur des précédentes manifestations. Parmi les personnes visées par cette interdiction, Pierre Douillard, le nantais qui a perdu l'usage de son œil après un tir de flash-ball en 2007, lors de manifestations lycéennes. Il s'étonne de la venue des policiers à son domicile, deux jours après la publication de son livre sur les violences policières. Pour lui, cette interdiction est "Une fuite en avant du gouvernement, qui ne sait gouverner que par le flash ball, le 49.3 et les assignations à résidence."

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/nantes-des-manifestants-interdit-de-circuler-dans-le-centre-ville-pour-la-manif-de-mardi-1463403430

Commentaire(s)

> Solidatité avec toutEs les assignéEs

scoop, exclusif, à la une, de notre reporter sur place, en direct. C'est juste dommage de tourner ça en publi-reportage... La raison de cette assignation n'est sans doute pas le bouquin.

Inviter les gens à contacter par message "privé", c'est pas la meilleure idée non plus.

> "La police déteste tout le monde !"

Au regard de l'importance des dispositifs policiers, parfois je me demande si ce ne sont pas les flics qui manifestent, encerclés par quelques précaires ? Cassent fémurs et passe les semaines, on voit bien où cela nous mène... Pourtant les flics, on ne les assigne jamais à résidence. Qu'on se le dise, la violence est un monopole d'état et l'état ne partage pas !

> DA DA DA

Finalement le pouvoir va peut-être arriver à ses fins: diviser les "bons manifestants" et les "casseurs" en désignant ces derniers comme vraiment différents et pas comme monsieur ou madame Toutlemonde, avec tout un story telling à la clé pour une représentation fantasmée , leurs figures médiatisables ("bien" joué , Juju! La matinale de France Inter, c'est plus classe qu'une interview de Ouest-Torche!), leurs aspects caricaturables (griller les flics vifs dans leur caisse ou les savater comme des sadiques devant des spectateurs héberlués...) et pas trés sympas. En fait ça les rapproche des flics eux-mêmes, qui cognent et maltraitent, mais que la plupart supporte comme un mal nécessaire pour espérer être en "sécurité", la servitude volontaire,etc.

En fait c'est tout le dispositif développé contre les zadistes à un moment donné (vigile évaporé après avoir été soi-disant menacé d'être brûlé vif par des cagoulés avec un fort accent germanique!.. ; pillage de magasin ou de camion) qui est redéployé contre les "casseurs" qui étaient décidément trop sympathiques à la population des manifs. Parce que évidemment pèter les vitrines des banques et agences immo qui font des profits fabuleux quand leurs client-e-s se font pomper des agios au premier découvert ou retard de loyer, éh ben ça passait sûrement pas trop mal ! Et ça donne envie de participer!

Après un mois et demi de manifs, le pouvoir ne plie pas et joue l'usure et la lassitude-découragement avec la répression plus forte façon "droit dans ses bottes", en comptant sur l'inertie des état-majors syndicaux qui jouent la montre, comme d'hab.

Il faut inventer d'autres modes d'actions autonomes des appareils centraux, où tout le monde peut s'associer sans oser ou être capable de courir / balancer un pavé, en expliquant à chaque fois le pourquoi de l'action, sinon c'est les merdias qui le feront à notre place, en instillant par petites touches les éléments de langage comme "ultra gauche", blaq blok, destruction, violence,etc... pour dissocier, désolidariser.

Il existe d'autres formes de mouvement, qu'est-ce qu'on a à perdre de les essayer ou innover en tentant autre chose..? Le pouvoir lui ne s'en prive pas, avec ses interdictions administratives de manif qui mixent l'anti terrorisme et l'état d'urgence avec la répression sociale.

Assemblée de lutte, comités d'action par quartier, athénée du peuple où chacun et chacune pourrait passer en permanence pour chercher des infos, trouver des actions , proposer des choses , bouffer, discuter,.. la liste est ouverte. Peut-être n'est-ce pas encore trop tard, la mobilisation a montrée une étonnante capacité de durer, ce qui prouve que la révolte a du carburant sous le coude...