Précisions sur l'invitation à la manifestation du 14 mai 2016 à Rennes contre les violences policières

Mis a jour : le mercredi 11 mai 2016 à 19:54

Mot-clefs: Répression Resistances luttes étudiantes/lycéennes salariales anti-repression
Lieux: Rennes

Précisions à l'adresse du mouvement concernant les dynamiques de lutte rennaises contre la loi-travail et la préparation de la manifestation du 14 mai 2016 contre les violences policières.

Le 28 avril dernier, lors de la manifestation, un camarade a perdu un œil suite à un tir de LBD (lanceur de balles de Défense). Si ces mutilations restent plus que jamais inacceptables pour nous, elles ne sont plus suprenantes. Elles continuent de mettre en lumière la vraie nature de cette « démocratie » qui n'hésite pas à blesser irrémédiablement, voire à tuer celles et ceux qui ne se plient pas à ses normes, que ce soit dans les banlieues, les quartiers populaires, les manifestations, les ZAD... Elles font grossir la liste, déjà trop longue, des victimes des exactions policières : Zyed et Bouna en 2005, Larami et Mushin en 2007, Wissam El-Yamni en 2012, Rémi Fraisse en 2014 dont les assassins sont toujours en poste au ministère de l'intérieur, ainsi que toutes celles et ceux déjà éborgnés par des tirs de flashball ou de LBD...
Tout au long des deux derniers mois de lutte acharnée contre la loi-travail, nous avons subi à Rennes comme ailleurs les agissements de la police. Malgré les gaz, les coups de matraques, les grenades, les arrestations, nous avons pourtant refusé de rentrer tranquillement chez nous. Au contraire, nous n'avons jamais été plus soudé. Notre détermination a continué à s'affermir. Trois jours plus tard, le 1er mai, nous avons symboliquement repeint en rouge le pont où notre camarade a été éborgné. Puis nous avons occupé la Maison du Peuple, et nous l'avons transformé en lieu pour organiser la lutte. Depuis, nous la gardons grâce à un rapport de force qui a été imposé autant par la conflictualité déployée dans la rue que par le soutien et l'action de tous : syndicats, membres de l'AG de Rennes 2, de l'AG Interprofessionnelle de Rennes, de la CIP etc. La force du mouvement rennais se situe ici. Dans cette capacité qu'ont toutes les composantes de la lutte à se tenir ensemble. Cette force nous ne l'avons pas inventée, elle vient d'une attention réciproque à construire la mobilisation, à ne pas rompre les ponts entre toutes ces composantes que ce soit par le discours ou par les actes.


La manifestation du 14 mai contre les violences policières s'inscrit dans le cadre de la lutte engagée contre la loi-travail. Car c'est la police qui s'est posée comme le premier obstacle à nos actions, nous empêchant notamment de rentrer dans le centre-ville. Elle attaque sans distinction l'intégralité du cortège : les étudiants.es, les lycéens.nes, les syndicats, les partis politiques, les banderoles de défenses, les équipes médics, etc. Nous avons du apprendre à nous défendre des forces de l'ordre et ce à plusieurs niveaux. Nous avons toujours refusé la dissociation qu'elle tente de mettre en place entre les bons et les mauvais manifestants. Nous avons toujours pris soin de protéger les cortèges pour qu'ils puissent refléter toute l'hétérogénéité du mouvement. Nous avons appris à nous défendre (physiquement et juridiquement), à nous masquer, à nous soigner. Dans la rue, comme dans les AG nous nous sommes expliqués la portée politique des gestes et des actions réalisés. Ainsi, toutes les pratiques de conflictualité contre l'ordre établi utilisées pendant les mobilisations à Rennes ont été assumées, soutenues voire applaudies par la majorité du mouvement. C'est pourquoi, aujourd'hui lutter contre la loi-travail et affirmer notre refus des promesses d'existence qu'elle contient c'est aussi lutter contre la police et le gouvernement qui lui donne ses ordres. C'est là tout l'enjeu de cette manifestation du 14 mai 2016.

Pour que cette journée soit une réussite. Pour qu'elle soit un pas en avant vers la destitution de la police et la fin de l'exploitation par le travail, nous demandons à tout le monde de venir dans cet état d'esprit. Pour reprendre un mot d'ordre qui a tourné : #JoueLàCommeÀRennes.

Et au risque de se répéter, en voici la recette :
- Un cortège protégé pour éviter les arrestations et les blessés,
- Un cortège qui le temps de défiler, de se sentir, de mesurer sa force,
- Un cortège qui reste le plus largement possible compact et solidaire,
- Une grande confiance dans nos comités d'actions,

Et spécialement pour le 14, on rajoute un dress-code. On invite tout le monde à venir en rouge, couleur, qui est symboliquement propice à toutes les interprétations que vous voudrez bien en faire.
Vive la grève ! Nique la Police !

Assemblée Générale de la Maison du Peuple Occupée

 

Commentaire(s)

> Coquille

Il manque un mot (prend): "Un cortège qui [.] le temps de défiler"

> Et les silencieux

Ce mouvement fait des victimes parmi la population, des gens qui ne demandent que la tranquillité, le calme, le respect. Pourquoi et au nom de quoi devraient-ils être sacrifiés ? Pourquoi et au nom de quoi doivent ils accepter d'être violentés, bloqués, privés de leurs droits citoyens ? Ils le refusent avec fermeté. Si vous êtes des hommes et des femmes aussi responsables que vous le prétendez, acceptez ce message de raison.

> on oublie....

"destitution de la police.... nique la police...." pour reprendre vos termes, tout le monde était bien content de les trouver lors des derniers attentats... parmi vous, qui travaille et paie au travers de ses impots, tous les dégâts occasionnés lors des dernières manifs ?

> réponse à boulette

bonjour boulette,
une rapide réponse point par point:
- la police sensée nous défendre des attentats, c'est bien celle qui est incapable d'arreter une poignée de jeunes qui cassent les vitrines de certains symboles de la société? je doute de son efficacité face à des vrais terroristes.
- qui travaille? à peu près tout le monde... mais tu confonds peut-etre travail et salariat, tu sais, là, l'exploitation tarifée. Si tu te sens de gauche, tu peux lire Le droit à la paresse qui t'expliquera la différence.
- qui paie les dégats? les assurances, pardi! elles te vendent un service au prix max de ce que tu peux payer, dédommagent les victimes et se mettent la différence dans la poche. une vitrine qui tombe, c'est moins de profit pour l'assurance, et pas un centime de plus à payer pour les assurés.
il me semble que c'est l'explication... après est-ce qu'expliquer c'est déjà vouloir un peu excuser? demande à Valls! ;)

> reponse

réfléchissez un peu : et d'où sortent les fonds des assurances ? des cotisations de la population... d'après vous pourquoi les cotisations augmentent ? en dehors de vos appels à manifester quel est votre engagement ? Je suis de gauche, CGTiste depuis que je suis au taff, c'est à dire depuis l'age de 19 ans (soit 27 ans aujourd'hui), je travaille dans le domaine du social et suis engagée pour la défense des salariés mais mes actions sont raisonnées. Après la manif pour la loi travail, la manif contre les violences policières, je vous conseille de faire une manif contre les casseurs ce sera peut-être plus populaire...

> réponse à boulette

La jeunesse (enfin, une partie), qui casse des vitres, le SO de la CGT qui matraque et gaze la jeunesse à Paris, à Marseille et ailleurs...
Puisqu'on parle de cotisations, poursuivons le débat: quelle part des rentrées d'argent de la CGT provient des cotisations des syndiqué-e-s? 5% environ.
Et d'où vient le reste? Des patrons et de l'Etat... d'où le SO aux ordres.
voir ici la source (si meme la presse bourgeoise le dit, c'est que ça doit etre vrai): http://www.lefigaro.fr/societes/2011/12/03/04015-20111203ARTFIG00002-l-argent-cache-des-syndicats.php

mais si tu as d'autres explications du pourquoi la CGT collabore avec la police anti émeute, je suis preneur.

bref,la multiplicité des moyens d'actions a toujours été la clé des mobilisations, dehors les diviseurs, tous-ensemble-wé-wé

> Outch

Donner un lien du Figaro pour se justifier, c'est peut-être un peu maladroit sur Indymedia^^ En tout cas c'est bien drôle de voir quelqu'un chier sur les syndicats et de clamer l'unité dans la phrase d'après...