Imposer l’ordre moral à coup de marteau – Communiqué de La Discordia

Mis a jour : le dimanche 1 mai 2016 à 01:10

Mot-clefs: Racisme antifascisme
Lieux: paris

« Non nous ne voulons rattraper personne. Mais nous voulons marcher tout le temps, la nuit et le jour, en compagnie de l’homme, de tous les hommes. Il s’agit de ne pas étirer la caravane, car alors, chaque rang perçoit à peine celui qui le précède, et les hommes qui ne se reconnaissent plus, se rencontrent de moins en moins, se parlent de moins en moins ».
Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

Dans la nuit du 21 avril 2016, toutes les vitres de La Discordia ont été détruites à coup de marteau. Un tag a été posé à côté : « raciste ».

C’est la troisième fois que nos locaux reçoivent ce genre de visites nocturnes :
Communiqué de La Discordia suite à quelques dégradations
Gribouillis gribouillas : Bis repetita placent

Cette fois ci encore, il s’agit de s’en prendre à La Discordia pour avoir vocalisé publiquement un refus révolutionnaire non-négociable des rackets politiques religieux comme racialistes sur l’extrême gauche depuis les attentats de 2015 à Paris. Il s’agit d’interdire une parole, de s’arroger le pouvoir de décider qui peut parler et ce qui doit être dit. Globalement, il s’agit de jeux de pouvoirs mafieux pour imposer une hégémonie politique sur une mouvance déliquescente avec les armes toujours morales de la culpabilité et du ressentiment. Et si jusque-là, tout le monde avait déjà plus ou moins exprimé son soutien suite aux deux « attaques » précédentes, mais de façon plus ou moins informelle, c’est à la solidarité que nous appelons aujourd’hui. Une solidarité publique et visible, dans laquelle chacun pourra mettre de ce qu’il est, plutôt que de se ranger derrière un même son de cloche, comme nos ennemis du jour. Nous n’appelons donc personne à se ranger derrière La Discordia ou ses perspectives anarchistes particulières, mais plutôt à élargir la question, à signifier que ce refus n’appartient pas qu’à quelques uns, mais à tous les révolutionnaires, qu’il est constitutif de toute pensée émancipatrice.

Pourquoi ces attaques ? Parce que La Discordia est un des seuls endroits publics du milieu où sont exprimées et débattues publiquement des positions anti-religieuses et d’un antiracisme conséquent (c’est-à-dire contre toute idée de « race », même issue de la gauche), et sans complaisance avec ceux qui justement, font de la complaisance un rapport total à la politique, les nouveaux démagogues. La grosse participation aux débats traitant de ces thèmes, ainsi que de nombreuses discussions avec des camarades plus ou moins proches, nous disent qu’il y a une perception diffuse que quelque chose de pernicieux est en train de trouver sa place dans le milieu « radical » français. On y croise des défenses de la religion et de la foi, on y voit des formes de séparations sur des critères biologiques et génétiques que personne n’a choisi... Ce que les dictionnaires nomment sans timidité ségrégation. Mais on voit aussi que de plus en plus de camarades s’aperçoivent de ces dangers et prennent position. Malheureusement, trop peu nombreuses sont les prises de position publiques. Cela permet à quelques illuminés de la dernière averse, qui se croient avant-garde de quelque courant identitaire pseudo-subversif, de penser que La Discordia est seule à critiquer l’idée de « race » et à porter le refus de la religion, drôle d’idée. Pour le dire franchement : on s’en prend aussi à nous à cause du silence de trop d’autres sur ces sujets.

Pourquoi cela arrive-t-il en ce moment, alors que nous sommes tous concentrés ailleurs, sur ce qui se passe dans la rue (et pas que) ? Parce que, visiblement, pour ceux qui portent les idées de race et la théophilie, celles-ci sont plus importantes que le conflit contre l’État et le Capital. Encore une fois, aucun autre signe d’attaque n’a été relevé dans le quartier cette nuit là, ni banques ni églises ni permanences politiques, juste une bibliothèque anarchiste.

Comme nous l’avions déjà souligné, c’est par la faiblesse du rapport de force que les révolutionnaires se retrouvent à attaquer l’ennemi avec des moyens comme ceux employés contre La Discordia. Parce qu’au corps à corps avec l’État, personne ne peut gagner (à moins de devenir soi-même un État ou un État en puissance). Employer des pratiques « asymétriques » contre une bibliothèque anarchiste au fonctionnement autonome est bien la plus imbécile et lâche des pratiques. Rappelons également que les révolutionnaires, lorsqu’ils ne sont pas d’accord, prennent des chemins différents, ou bien ils s’expliquent et/ou se critiquent, ils ne se mettent pas anonymement du caca dans la boite au lettre. Mais dans la décomposition actuelle des mouvances « radicales », plus rien n’étonne. Les gens qui font vivre La Discordia sont présents dans les luttes sociales, les assemblées, les moments collectifs, et n’ont jamais masqué leurs idées, au contraire. Aucune opposition ne leur a été offerte. Aucun texte, aucune accusation, pas même une insulte avec un visage et un corps pour les assumer. Cette accusation grave de racisme, qui pour la troisième fois s’exprime sur des murs et depuis un moment dans des commentaires anonymes dans le monde virtuel n’a jamais été assumée par aucun individu, groupe ou collectif dans la vraie vie, ni par la parole ni par l’écrit. La brutalité exercée contre nos locaux n’est donc que le signe d’une faiblesse et d’une lâcheté patente, et d’une absence totale de capacité à argumenter.

Pourtant, l’honnêteté est la distance la plus courte entre deux individus.

Mais comment défendre l’idée de race ou de dieu auprès d’anti-autoritaires, d’autonomes, de communistes, d’anarchistes qui, depuis des siècles, travaillent à se libérer eux-mêmes et le monde de leur joug ? Ou auprès de tout autre courant de pensée fondé sur la critique de dieu, de l’État, et des identités imaginaires. De Marx et Bakounine à Malatesta ou Fanon.
Il s’agit pour ces quelques pathologies politiques sur patte, d’éradiquer cet héritage révolutionnaire qu’ils méconnaissent, qui les dérange profondément, et qu’ils associent fallacieusement à la pseudo « race blanche » (dont ils feraient partie pour l’immense majorité, si toutefois elle existait vraiment). Alors pour contrer cet héritage, il faudrait mobiliser l’islamisme politique, les milieux associatifs communautaires et identitaires sous perfusion étatique, les filières du carriérisme universitaire et autres formes de la réaction bourgeoise et/ou conservatrice. Il s’agit pour eux de rejeter en bloc tout ce qui ressemble de prés ou de loin à une hypothèse universaliste qui remettrait en cause les petites identités en kit préfabriqués, et derrière lesquelles il faudrait que nous abolissions toute singularité et toute altérité. Quitte à s’organiser avec des partisans de feu la « manif pour tous ». La responsabilité collective est l’arme favorite de l’extrême droite et des racistes, mais encore faudrait-il s’intéresser à ses propres « idées » pour s’en rendre compte. Parce que c’est seulement à la séparation des exploités que mènent les logiques identitaires et particularistes.

Nous ne doutons pas de la sincérité de ces énergumènes sous pavillon « anti-raciste », comme nous ne doutons pas de la sincérité de leurs faux-ennemis, qui avec les mêmes mots, les mêmes méthodes, les mêmes concepts et les mêmes aspirations cherchent à atteindre les mêmes buts : la division, l’éclatement des solidarités entre des exploités qu’ils s’acharnent à délimiter, démarquer, diviser et compartimenter dans des frontières étroites, qu’elles soient physiques ou mentales, pour que jamais leurs révoltes ne se rencontrent, ou bien le cas échéant, pour qu’elles se séparent. Au profit, toujours, du pouvoir.
En changeant quelques mots-clés on s’aperçoit aisément que les discours et les valeurs de cette extrême gauche du Capital qui ne cherche qu’à gratter des miettes sont les mêmes que ceux de l’extrême droite, ils sont façonnés par la même absence d’imaginaire émancipateur, ils visent tous, par le biais notamment de la religion, de l’ethno-differentialisme, de l’homophobie ou du virilisme, à l’encasernement normatif et prescriptif de l’identité et de la communauté. C’est le Zarathoustra de Nietzsche qui conseillait : « Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui ».

Casser les vitres d’une bibliothèque anarchiste comme un enfant casse un Rubik’s Cube qu’il ne parvient pas à résoudre, par inconséquence, par défaut d’intelligence et de maturité, et dans ce cas précis, on pourra parler de débilité légère, est bien l’attaque la plus glorieuse de l’année, même pas foutue d’être revendiquée, et donc expliquée, argumentée, assumée politiquement. On préfère racler les fonds de poubelles. Aujourd’hui, les idiots du village alternatif ont encore « frappés ». Leur lâcheté n’égale que leur impuissance chronique à développer la moindre analyse sérieuse pour contrer les perspectives de révolution internationaliste qu’ils craignent en gigotant bruyamment. La lâcheté de ne pas savoir défendre ses idées face à des visages qui peuvent répondre, plutôt que des vitres, qui ne feront que coûter des centaines d’euros à quelques galériens pour qui la lutte est toujours passée avant la subsistance. Était-ce le but ? Attaquer un projet anarchiste au portefeuille ? Pomper des centaines d’euros à des chômeurs et RSAstes déjà en plein dans le viseur de la répression ? Nos ennemis communs raffolent de vos envolées, et vous confirmez que, parfois, les ennemis de nos ennemis sont aussi nos ennemis (en effet, qu’est ce que des révolutionnaires auraient encore en commun avec des philo-religieux qui pensent que l’humanité se divise en « races » ? ).

En tant que révolutionnaires, nous ne pensons pas que la violence soit une arme qui se substitue à la critique et à la parole, mais qui les accompagne habilement, avec une idée claire de qui sont les ennemis, et de quel rapports sociaux ils sont les défenseurs. Des individus qui identifient leurs ennemis de la sorte, et considèrent, en plein mouvement social qui n’arrête pas de commencer, alors que de nombreux camarades et compagnons défilent devant la justice, que l’urgence est à s’acharner sur les vitres de La Discordia, sont a minima, des ennemis absolus de l’intelligence.
L’attaque ne doit pas être employée pour combler la vacuité théorique de quelques hooligans qui ne connaissent que les fonctions reptiliennes de leurs cerveaux.
Maintenant que le roitelet est nu, tout le monde peut apprécier le spectacle racialiste et philo-religieux dans toute sa superbe, la politique du marteau pour masquer la faiblesse et l’entrain déjà mort de cette mode identitaire, passagère et déjà sur le déclin. Il serait temps de réfléchir à cette montée de l’identitarisme dans nos milieux, qu’est-ce qui a permis cela, qui et comment ? A celles et ceux qui, déconstruits parmi les déconstruits, s’échinent à répéter « check your privileges », nous leur répondons, « check your responsabilitie ». De même, pour celles et ceux qui sur les « réseaux sociaux » ont parlé de nous casser la gueule, d’attaquer La Discordia au Molotov, et autres bravades virtuelles, un travail est en cours pour régler des additions salées et donner toute leurs conséquences aux mots qui planent jusque-là sur des écrans sécurisants.

La sécurité des personnes qui, toujours plus, viennent aux débats et aux permanences de La Discordia sera bien sûr assurée de façon adaptée. Tout soutien matériel et physique est le bienvenu, et nous tenons à remercier tous les compagnons et camarades qui nous ont déjà apporté leur soutien, de différentes manières (toujours appréciées), de Paris aux quatre coins du globe, en passant par nos voisins.
Mais c’est surtout à la solidarité dans l’élaboration théorique, le fond de l’affaire, que nous appelons aujourd’hui. Le projet révolutionnaire que nous portons aux cotés de nombreux autres nécessite des prises de position claires et fortes, parfois inconfortables, parfois clivantes, et souvent minoritaires.
Que chacun et chacune, donc, de la manière qui lui semblera la plus appropriée, s’attaque aux idées de races et de Dieu partout où elles se trouvent, pour paraphraser Joseph Déjacque, « par le bras et le cœur, par la parole et la plume, par le poignard et le fusil, par l’ironie et l’imprécation, par le pillage et l’adultère, par l’empoisonnement et l’incendie ». Souvenons-nous qu’une attaque contre des révolutionnaires parce qu’ils sont révolutionnaires, est une attaque contre tous les révolutionnaires.

Quant à nous, nous ne sommes pas de ceux qui se rendent.
Ni dieu ni maître, ni race ni prophète.

On ne fait pas la contre-révolution en cassant des vitrines.

Les discordistes .

https://ladiscordia.noblogs.org/
ladiscordia(at)riseup.net

Commentaire(s)

> allo

"Souvenons-nous qu’une attaque contre des révolutionnaires parce qu’ils sont révolutionnaires, est une attaque contre tous les révolutionnaires."

dixit des anarchistes contre la religion, la foi et le sacré reproduisant un propos chrétien érigé en principe par les sectes religieuses et politiciennes.

> à toi, sans cerveau

@doc : non, c'est un simple raisonnement, donc accessible à tous ceux qui réfléchissent. Logique : si on attaque des révolutionnaires en tant que révolutionnaires (ce que Discordia affirme), c'est bien que l'on vise tous les révolutionnaires. C'est le caractère commun à tous les révolutionnaires qui est désigné ici, en dehors de toutes différences.
La prochaine fois, prenez donc la peine de réfléchir, car la haine c'est bien, mais seulement accompagnée de raison.

> peuple

"Le projet révolutionnaire que nous portons aux cotés de nombreux autres nécessite des prises de position claires et fortes, parfois inconfortables, parfois clivantes, et souvent minoritaires."

Contre le peuple en fait !
Critiquer la foi islamique aujourd'hui c'est faire le jeu de Manuel Valls, point barre.

> ça va partir en cacawuète

"Critiquer la foi islamique aujourd'hui c'est faire le jeu de Manuel Valls, point barre."

devant tant de crétinerie, il est temps que chacun-e parle et dise clairement ce qu'il a à dire

> Foutre dieux

Que chacun et chacune, donc, de la manière qui lui semblera la plus appropriée, s’attaque aux idées de races et de Dieu(x) partout où elles se trouvent

Nous "pluriellisons" ce mot de "Dieu" (unique singulier) pour lui préférer "Dieux" (au pluriel )

> minoritaires ?

"minoritaires" - "Contre le peuple en fait "

Heu... Il faudrait quand même se rappeler que les positions anti-impérialistes, antiracistes, etc. sont minoritaires en hexagonie, au milieu d'un "peuple", justement, très majoritairement blanc et xénophobe. Bref la course à "nous sommes le 99 pour cent", c'est risqué quand on est loin de l'être. L'appel au peuple, à la spontanéité sociale, ect. précisément, bref à la sympathique "majorité silencieuse", c'est l'écrasement probable de ces mouvements. Il ne faut pas dédaigner par principe les positions minoritaires, quoi... La course à la surenchère, dans quel sens qu'elle aille, est périlleuse. Et aussi que les rapports sociaux entraînent la politique, et non l'inverse (le monde n'a pas été créé par l'état), ce qu'on tend à oublier ou à nier un peu facilement, là encore de tous les côtés.

> soutien inconditionnel

Les révolutionnaires du monde entier ont de tout temps critiqué la foi, sans s’embarrasser de savoir si telle ou telle religion était mieux que telle autre, partant du principe que le problème c'est la religion, n'importe laquelle, l'illusion que crée la croyance, et les dogmes stupides qu'elle impose.

Et puis, qu'est-ce que c'est le peuple ? Le "peuple" n'existe pas, pas plus que la nation ... c'est justement faire le jeu des politicards démagos et des nationalistes de tout poil que de se réapproprier de tels mots, qui ont leur sens, lourd.

Soutien inconditionnel à une bibliothèque anarchiste qui se fait attaquer pour avoir des positions anarchistes ! Nos idées ne sont pas dans l'air du temps ! Mais je trouve curieux qu'ils soient les seuls à se prendre des coups dans la face ... y a d'autres anars sur Paris non ?

> "Critiquer la foi islamique aujourd'hui c'est faire le jeu de Manuel Valls"

Le problème, c'est que la discordia ne s'en prend pas à la foi islamique, elle s'en prend surtout aux anti-islamophobes, principalement les anarchistes , elle organise même des "débats" rien que pour ça !

Et un "soutien inconditionnel", ça veut dire cautionner tout ce que fait la discordia, là faut pas rêver.

> si si

Un soutien inconditionnel par rapport à ce qui vient de se passer, oui ! Comme ils le disent bien dans leur texte, on n'a pas tellement vu de vitrines de fachos ou autres cassées sur Paris, par contre une bibliothèque anarchiste se fait tagger et casser ses vitres, et ce sont les idées qui sont attaquées, et en tant qu'anarchiste je me sens tout autant attaqué que ces pauvres vitres qui n'ont rien demandé.
Et en ayant jeté un coup d’œil à leur programme je trouve ça plutôt complet et intéressant le cycle de discussions qu'ils font, et si j'avais plus de temps j'y serais allé sans aucun doute, parce que ça devient rare chez les anars les débats et les discussions préparées qui ne tournent pas autour d'un spécialiste.
Maintenant que ça emmerde ceux qui ne sont pas habituées de ces idées et qui préfèrent se retrouver entre diantsdiants à refaire le monde dans un amphi, c'est fort possible, mais le mouvement révolutionnaire ne s'arrêtera pas pour autant.

> Et à propos des islamophobes

La réponse définitive a été donnée ici ; c'est valable autant pour Joffrin que pour les islamophobes d'ultra-gauche qui disent exactement la même chose :

Réponse à Laurent Joffrin

https://nantes.indymedia.org/articles/34326

« Il faudrait répondre aussi à Laurent Joffrin sur le mot « islamophobie ». Il nous reproche d’ « avoir voulu à toute force imposer ce mot ambigu ». On connaît ce débat franco-français. Nous sommes fatigués de devoir y répondre. Nous en avons assez de devoir nous justifier, et ne le ferons plus. Rappelons simplement pour mémoire que ce terme est reconnu par le droit international, par les Nations Unies, par le Conseil de l’Europe, par l’Union européenne, par la CNCDH, et même par le président Hollande. Et s’il est triste de voir tant de membres de l’intelligentsia française, ainsi crispés dans cette posture franco-française, nous savons que dans quelques décennies, on rira de ces querelles grotesques des années 2000-2010 où, au lieu de se battre contre l’islamophobie (la réalité), tant de personnalités françaises se battaient contre « l’islamophobie » (le mot). »

> face aux dogmatiques

La réponse définitive = discours dogmatique

> Un soutien inconditionnel, c'est le contraire d'un soutien raisonné

On soutient en fonction des idées et des positions politiques, on ne choisit pas les bons et les méchants en fonction de la tournure que prennent les affrontements entre factions rivales. Pour le moment, on n’en sait pas plus que ce que nous en dit la discordia sur les auteurs et les motivations des dégradations.

Ce qu’on peut dire, c’est que ce type d’action est pour le moins à l’opposé des pratiques libertaires, et on peut le condamner sans réserves sans soutenir pour autant les positions que défend la discordia, et encore moins « inconditionnellement ».

On aurait aimé que la discordia condamne de même les tags et les actions contre les manifestations antiracistes et la Marche de la Dignité, notre soutien n’aurait toujours pas été « inconditionnel », mais il aurait été plus massif. Malheureusement, ce n’est pas ce que la discordia a fait, au contraire, il y a eu soit un silence complice, soit un soutien de ces actions à l’opposé également des pratiques libertaires.

Si en plus dans son communiqué la discordia continue à enfoncer le clou contre les militants antiracistes comparés soit à des soutiens de l’islam, soit à des idiots utiles de l’islamisme politique, et dans tous les cas à des gens qui n’ont rien compris à la bonne parole des libertaires-qui-détiennent-la-vérité, ça risque pas de nous motiver beaucoup plus.

> Tous ensemble tous ensemble, OUAIS!!

Je trouve l'épisode assez limite surtout parce que nos inconsistants discordistes ne méritent pas tant d'attentions qui, j'en conviens, devraient être consacrées à des cibles bien plus intéressantes. Ceci dit, que les "camarades" viennent nous prêcher l'unité de tous les révolutionnaires ça fait vraiment bien rigoler. Leur activité principale est d'élargir des patentes de ceux qui méritent cet appellatif. Le reste étant des réformistes, délateurs, citoyennistes, immondices, esclaves, récupérateurs, petits bourgeois, post-modernistes, politicards selon les envies du moment. Maintenant ils appellent à une ferme prise de position du "milieu" e des collectifs sur lesquels ils chient à longueur de journée. Pas très sérieux, "camarades", vraiment pas très sérieux...

Quant à la demande de tomber les masques, je commencerais par prêcher la bonne parole aux blogueurs qui font de mégaphone à leurs activités (je me passe de marquer ici leur adresse internet, les flics nous observent ouhlàlà!). Dans le mythe de l'anonymat, ces justiciers répandent des infamies au moins aussi grave que l'accusation de raciste que subissent les "camarades" de la bibliothèque. De toute évidence ceci n'a jamais posé de problème à nos bibliothécaires et d'ailleurs cette même Discordia est truffée de brochure avec des calomnies à d'autres "révolutionnaires" en forme rigoureusement anonyme. Il est donc difficile de savoir en quoi ça les choques que des "révolutionnaires" en insultent des autres sans présenter leur carte vita....

Ca doit être la vitrine? Mais alors ça! Et moi qui pensait que tout désir de révolte contre ce que l'on juge participer aux système d'oppression (capitaliste, raciste, sexiste...) était une expression de rage incommensurable et donc à respecter! Je dirais même plus, que le fait d'avoir de la suite dans les idées était quelque-chose d'absolument admirable!

Qui sème le vent, récolte la tempête. Vous semez des pets, vous récoltez de la merde.

> modération

pas le temps de lire ce flot de commentaires et de trollage. c'est quoi l'idée ? à chaque article en lien avec les racisé-e-s ou leur "oposante-s" on va avoir droit systématiquement à aussi peu de fond politique et autant de réactions épidermiques ?
bref la suite passe en modération à priori (ce qui réduit toujours drastiquement le nombre de nouveaux commentaires, et prouve ainsi que vous vous foutez du texte mais souhaitez juste marquer vos points entre vous...)

> commentaires cachés

J'ai caché quelques commentaires, indymedia n'est pas la pour faire une longue liste de références à des sites conspi.