Communiqué de l’AG de Rennes 2 - 21.03

Mis a jour : le mercredi 23 mars 2016 à 13:59

Mot-clefs: Exclusion/précarité/chômage Resistances luttes étudiantes/lycéennes salariales
Lieux: Rennes

Alors que le mouvement n’en est qu’à ses débuts, le jeudi 17 mars, nous étions déjà 150 000 dans les rues des différentes villes de France, dont 5 000 à Rennes. 120 lycées étaient alors bloqués partout en France, et le blocage fut reconduit dans plusieurs d’entre eux dès le lendemain.

Puisque s’était exprimée dans toutes les Assemblées Générales la volonté d’être à la fois nombreux et offensifs afin de faire plier le gouvernement, jeudi dernier, après les débrayages et le départ en manifestation, la gare de Rennes a été occupée, avant que la mairie ne soit redécorée. Alors que les manifestants tentaient d’entrer dans la mairie de Rennes pour exiger que Nathalie Appéré se prononce contre la loi El Khomri, la manifestation a alors été gazée par la police. Profitant des tirs de gaz lacrymogènes, la BAC a alors chargé et matraqué une partie des manifestants, tentant d’arrêter quatre personnes. Grâce à la solidarité et au refus des manifestants de laisser la police arrêter leurs camarades, la BAC a dû reculer, et n’a pu arrêter qu’une seule personne. Si le seul manifestant arrêté a été libéré 24 heures plus tard grâce à la mobilisation en sa faveur, son inculpation n’est pas seulement grotesque, mais est absolument inacceptable pour au moins toutes les personnes qui ont assisté à l’attaque du cortège par la police.

Ces scènes ne sont malheureusement pas rares. Dans toute la France, ce sont 23 manifestants qui ont été arrêtés jeudi dernier, et des dizaines qui ont été blessées par la police. Dans plusieurs villes de France, les présidents d’universités décident de fermetures administratives pour empêcher les étudiants de se réunir. À Tolbiac, un amphi a été évacué par les CRS pour empêcher la tenue d’une Assemblée Générale. À Strasbourg, les étudiants qui souhaitaient se réunir à la fac de droit après la manifestation ont été gazés par la police. Les jours précédents, un étudiant avait été arrêté à Lyon (ndlr : sur désignation des vigiles de la fac) en pleine Assemblée Générale. Dans les Hauts-de-Seine, une compagnie de police avait débarqué pour tenter d’interrompre une heure d’information syndicale dans un centre de tri de la poste.

Après avoir été à plusieurs reprise gazés devant la mairie de Rennes, et après être restés ensemble pour exiger la libération de notre camarade, nous ne nous sommes pas reconnus dans la fable médiatique cherchant à diviser la manifestation de jeudi dernier entre des gentils manifestants et des méchants casseurs. Masqués ou à visage découvert, salariés, à la recherche d’un emploi ou ne souhaitant pas travailler, étudiants , lycéens ou retraités, portant un drapeau syndical ou jouant de l’accordéon, ce sont des milliers de personnes qui, dans leur diversité, sont restées ensemble sur la place de la mairie face à la police après l’arrestation d’un manifestant. Et c’est tous ensemble que nous scandions «Libérez notre camarade!» ou encore «Tout le monde déteste la police!» lorsque nous sommes repartis en cortège en direction du commissariat central.

Alors que le gouvernement et certains médias cherchent à diviser les manifestants entre eux, nous affirmons au contraire que la diversité des modes d’action est une force et non une faiblesse. En dépit des déclarations ridicules de Myriam El Khomri affirmant que «tout le monde a une responsabilité pour apaiser les choses »,

NOUS NE LANCERONS ÉVIDEMMENT AUCUN APPEL AU CALME, ET LE MOUVEMENT VA CONTINUER. NOUS EXIGEONS LA LIBÉRATION DE TOUTES LES PERSONNES ARRÊTÉES, ET L’ARRÊT IMMÉDIAT DES POURSUITES