À nos faux amis

Mis a jour : le samedi 14 mai 2016 à 15:49

Mot-clefs: Elections bouffe / mal
Lieux: Rennes

Samedi 6 février était organisé à Rennes un Karnaval contre l'état d'urgence et pour la victoire de la ZAD. L'appel, autonome et signé par le comité ZAD de Rennes, a attiré un bon millier de personnes venant de toute la fRance et au-delà. Après un bon gueuleton concocté par une cantine végane - à côté de la «cantine des Q de plomb» qui n'a rien trouvé de plus malin que de servir du cadavre de poule en le faisant passer pour un aliment et en annonçant fièrement avoir «égorgé les poulets eux-même» -, la manifestation a décollé vers 15h de la place du Parlement.

Le cortège, bigarré et festif, s'est élancé au rythme des nombreux pétards et fumigènes qui annoncaient la couleur de la manifestation. Rapidement, les vitrines des banques, compagnies d'assurance et agences immobilières sont attaquées à coups de marteaux, d'extincteurs et recouvertes de peinture. La relativement faible présence policière a permis aux manifestant·e·s de continuer à déambuler jusqu'à la place Charles de Gaulle, en continuant à égayer les rues. À partir de là, scindée en différents cortèges, la manifestation s'est prolongée dans plusieurs directions, poursuivie par les flics qui ont tiré des balles en caoutchouc sur les manifestant·e·s, de dos la plupart du temps. C'est dans ce contexte de dispersion qu'ont eu lieu les quelques interpellations, censées calmer les hiérarchies policières et politiques et donner une illusion de maîtrise à la fameuse opinion publique. Probablement une façon pour eux de ne pas perdre la face.

Mais derrière la joie qui nous a animé lorsque les vitrines tombaient se cache une amertume certaine, et de la colère contre des organisateurs du karnaval qui veulent se poser en leaders de révolté·e·s qui n'entendent pas se faire dicter des ordres de la sorte. Le fait que leurs injonctions n'aient pas été respectées ne doit pourtant pas nous empêcher de dénoncer des méthodes odieuses et politiciennes.

La veille de la manifestation, des organisateurs et organisatrices ont, de leur propre aveu, dressé la liste (!) des «groupes venant de loin» susceptibles d'avoir envie d'exprimer leur rage contre ce monde et son aéroport de manière conséquente. Ils et elles ont ensuite expliqué avec autoritarisme le «mot d'ordre» qui les arrangeaient bien, de la farine et de la peinture, mais pas de casse ni de projectiles. Le déroulement de la manifestation a heureusement montré tout le mépris dont leurs directives ont fait l'objet.

La joyeuse balade en ville s'est déroulée quasiment sans heurts au sein du cortège, malgré la «frustration» qu'avaient ses organisateurs de voir le peu de respect que nous avions pour leurs ordres. Malheureusement pour elleux, nous ne sommes ni dociles ni obéissant·e·s. Quelques citoyen·ne·s ont certes exprimé leur désaccord avec les personnes qui cassaient des vitrines, en les accusant, aveuglé·e·s par le discours de l'ordre, de travailler pour les flics (!), d'être contre productifs (encore heureux !), ou que ça ne servaient à rien.Nous briserons des vitrines tant qu'ils briseront nos vies, et manifestement il n'était pas nécessaire d'être masqué·e pour être de cet avis : ces quelques citoyen·ne·s militant·e·s ont souvent été rabroué·e·s par des manifestant·e·s solidaires «les banques te volent tous les jours, c'est la moindre des choses ce qu'ils font !». La faible présence policière a permis à quelques révolté·e·s, au-delà des sourires connivents et des éclats de joie au son des vitrines brisées, d'exprimer en actes leur haine de l'État et de ses larbins ; entre ceux qui nous empruntaient nos aérosols pour s'essayer à certaines pratiques et celles qui, encouragées par l'ambiance festive, se mettaient à lancer des projectiles sur les banques et les flics, les complicités ont été nombreuses au sein de la manifestation.

Si certains radicaux se font fort de proclamer sur le papier la nécessité de ne rien négocier avec le pouvoir, ils sont bien capables de «composer» avec des organisations par intérêt politicien. Leur théorie étonnante se résume ainsi : «si nous descendons d'un cran notre radicalité, cela permettra à des paysans, des citoyens, des organisations, de se radicaliser, et progressivement de massifier un "mouvement" qui en aurait besoin». Alors que les exemples abondent qui décrivent exactement l'inverse de cette assertion, ils et elles sont prêt·e·s à mettre la pression sur des compagnon·ne·s pour ne pas perdre la face auprès des autres orgas de la manifestation. En effet, ils et elles s'étaient engagées auprès de celles-ci qu'il n'y ait pas de casse pendant la promenade, et ielles entendaient bien faire respecter cette loi. La question est de savoir avec qui nous voulons nous associer, et pourquoi certain·e·s privilégient la composition avec des organisation institutionnelles aux complicités spontanées qui émergent toujours des situations où certaines limites sont franchies dans le non-respect de l'ordre et des lois.
Faut-il le répéter, le fameux «contexte local» qu'on serait censé·e connaître avant d'agir est malheureusement le même où que nous allions ; de Rennes à Gaza et de Milan à Athènes, les flics, les juges et les prisons défendent l'État et le capital et nous n'accepterons pas de composer avec celleux qui s'empresseront de nous tirer dessus lorsque les luttes spécifiques qui les intéressent seront «gagnées», c'est-à-dire absorbées et récupérées. Combien seront-ielles, à EELV, à l'ACIPA et ailleurs, à défendre la ZAD lorsque le projet d'aéroport sera abandonné ? Combien reprendront à leur compte le discours du kyste à éradiquer ?

Vers la fin de la manifestation, un des disciples d'un comité pas suffisamment invisible s'en est pris violemment à un anonyme qui s'attaquait à une banque, n'hésitant pas à user de ses poings pour taire l'affront que lui et ses associé·e·s étaient en train d'essuyer depuis le début de la manif. Il fut heureusement rapidement maîtrisé. Après cette manifestation, des compagnon·ne·s ont été approchés par certain·e·s tenant·e·s de cette ligne politique incompréhensible. Après les menaces vinrent les appels à la délation, «qui a cassé les banques ? On veut juste savoir qui c'est, pour leur parler». On ne peut qu'opposer le silence à d'aussi viles tentatives et leurs logiques policières.

Comment en sont-ils arrivés à une telle arrogance qu'ils ont prétendu pouvoir empêcher des manifestant·e·s d'exprimer leur rage sans concession contre le pouvoir et la normalité ? Au point de proférer des menaces avant et après la manifestation, mais aussi d'aller jusqu'à user de la violence pour défendre les intérêts de leurs accords politiciens ?

Nous ne nous laisserons pas impressionner par leurs manœuvres et nous continuerons à porter en actes un discours et des pratiques sans concession avec la démocratie et ses soldats.

À nos faux amis : notre détermination est intacte. Pas de compromis avec le pouvoir et ses cautions protestataires.

Commentaire(s)

> Vous êtes tellement Vieux Monde

Si vous a dit avant, pendant, et après de ne pas le faire et que le faites quand même, c'est pas un peu normal de se faire voler dans les plumes nan ? Quand on brise ainsi les "ordres" des organisateurs comme vous le dites, ne devrait-on pas avoir le courage, non la décence, de le faire sans se plaindre, sans se poser en victimes, après dans les médias alternatifs ? C'est juste une question de se respecter soi-même mais bon peut-être que pour vous ça c'est comme l'intelligence et la pensée stratégique : c'est dépassé...
Bon ensuite quand on en a rien à foutre d'un processus d'élaboration politique, désolé mais le fait de l'écrire sur quinze lignes pourquoi c'est de la merde, ça fait surtout jaloux de bas-étage. Allez quoi ! Merde pourquoi vous ne nous faites pas l'apologie de la vie à 5 dans son appart à ne plus jamais fréquenter personne d'autre que des copies conformes de soi-même et à écrire des gros textes sur indymedia pour montrer que "eh ouais c'est nous les vrais, c'est nous les purs, c'est nous qui comprenons tout" ! C'est pas ça la révolution ?
Finalement juste un dernier truc pour la fin, plutôt que de faire que des sous-entendus vaseux que même le dernier des crétins de DGSI peut comprendre, vous ne voulez directement appeler le 17 et donner des noms et des adresses, ça serait plus efficace nan ?
Alalah décidément avec vous l'insurrectionalisme est tombé bien bas...

> Faux amis 1 et Faux amis 2

Toujours LES MÊMES couplets, vous ne représentez aucunement "la radicalité" pour vos tags et vos bris de vitrines d'un jour effacés et réparés dès le lendemain (contrairement aux 2, 2 et 7 mois des trois autres ...). Très très peu d'intérêt au final. Et presque personne à part vous comprendra ce que vous voulez ou pourquoi vous faites ça. T'en as rien à foutre? Pas moi - comme bien d'autres. C'est aussi d'imposer vos pratiques - certes légitimes à d'autres niveaux, autrement, et y a rien à dire de plus làdessus- à l'ensemble des franges du mouvement qu'est une pratique autoritaire de base. Vous l'êtes, vous êtes des décideurs des directions à prendre, qui tentez d'inverser les rôles (en gueulant le plus fort possible et pondant tjs la même prose à deux balles). Vous vous faites plaisir et chiez systématiquement sur ceux qui ne sont pas d'accord avec vous! COmme d'habitude. Car les donneurs d'ordres c'est bien vous, qui êtes capables de saboter une action ou une manif dès que sa forme ou son contenu ne vous plaît pas ("pas radical" à ton goût, vois-tu), au nom de vos vies "brisées" à vous (snif snurf), au nom de vos "désirs" personnels - et surtout bien narcissiques ... . Si vous voulez organisez vos pseudo-insurrections, QUAND DONC LES FEREZ VOUS SANS NOUS? En dehors des formes d'actions que d'autres ont choisis différemment de vous, à un moment. Car dès qu'on passe à la casse physique, vous savez pertinement que les flics NOUS tomberont dessus à TOUteS- et ils n'attendent que ça! - VOUS leur en donnez donc le signal. C'est SCIEMMENT que vous agissez comme ça. C'est pas plus compliqué que ça. Tout le reste de tes discours c'est de la prose sans analyses de la réalité. Vous essayez de convoquer vos "complicités" pour vous légitimer, mais que fais tu des autres, dont tu sais que la plupart ne t'empêcheront rien de faire, par anti-autoritarisme justement, et tu joues sur cette faille. Mais rien ne nous oblige à nous laisser guider. Il ne s'agit pas de t'empêcher, te balancer aux flics ou je sais pas quoi mais va seulement jouer AILLEURS, au moins un peu plus loin (t'auras d'ailleur smoins de chance de tfaire coffrer)! Et on en restera là.

Soutien aux incarcérés. Unité face au pouvoir, aux flics et à la presse, pas de consensus avec les différentes franges - 1) et 2) - des faux amis!

> waw

Construire des stratégies visant à l'insurrection en interdisant les petits dégâts propres à toutes les manifs...pas banal ! Tout ceci n'a pas une importance folle à l'échelle de...à n'importe quelle échelle en fait. Mais c'est quand même assez rigolo. Et il est quand même normal que des voix s'élèvent un peu contre ces termes assez affreux de "méthode" et de "stratégie", qui traînent pas mal dans la bouche de beaucoup depuis bien trop longtemps (et en plus pour des choses aussi limités...qu'un carnaval).

On finira bien par en finir avec la politique et les rôles, en particulier celui de militant qui a le vent en poupe. Et ceux à qui on doit ce drôle de revival commencent à être identifiés, ce qui n'est pas plus mal. Sans dire ni penser qu'il faut se faire la guerre, mais ça remet certaines choses à leur place.

> logorrhéen et éruction

À la le lecture de cette logorrhée qui vous sert de communiqué, vous vous dévoilez comme des ennemis de la révolution, quoique vous disiez.
La branlette nihiliste que vous revendiquez pratiquer, celle de la casse sans stratégie, de la destruction pure semble avant tout éponger une frustration qui vous hante, résultat de votre inconséquence politique, stratégique et militaire, celle de votre incapacité à construire un mouvement révolutionnaire.
Je crois lire les éructions d'une bande d'adolescents anarchsites individualistes qui se font du bien en pensant incarner la radicalité. Oui, vous faites partie d'un contexte, celui d'un mouvement, votre prétendue pureté n'est que fable. La révolution à 10 semble vous satisfaire, bon courage.

> j'ai la "je"-ra

Moi aussi, j'ai la rage, même si je suis quelqu'un de plutôt calme ... . Mais je suis autant déterminé et actif que toi contre ce monde - moins les caillous dans les murs et les feux dans les poubelles en plastic.

> Ho! Ho!

Bon, le karnaval, c'est l'arroseur arrosé...
Mais j'ai l'impression que l'arroseur brûle ce qu'il adorait. Faut peut-être pas tout jeter...
Encore un petit effort pour sortir de la philosophie embrumée à deux balles pour universitaires dévoyés et de l'esthétique situ déclamatoire pour les beaux esprits.

Bienvenue dans la temporalité. Parce que tous les moments historiques ont été assis sur des pratiques compréhensibles au plus grand nombre, pour qu'il se les approprie.

> Lâcher les lâches que vous êtes ?

Se cacher derrière des enfants de la couleur et des chars ....
Bande de lâches !!!
Vous voulez vous énerver contre ce monde ... Ne prenez pas en otage les karnavaleurSEs - Faites le en DEHORD des jupons de papa et maman ....
Imagine faire cela dans un concert ? Dans une piscine ? Dans un parc de jeux d'enfants ? Sur une plage ?
Si tu n'a pas compris CopaInEs c'est que tu es déjà a accepter une violence contre tes frères.
Seul solution la prochaine fois -on vous fera face - avec du SILENCE et l'immobilisation du cortège .
Si vous lisez ce message - dans les collectifs ou individuellement - la prochaine fois : ON S'ASSOIE TOUS !!!! AU MILIEUX
METTRE EN LUMIÈRE L'OSTRACISME DE LA VIOLENCE
UN ACTE DE PAIX !!!
POUR GAGNER ENSEMBLE
Hasta siempre
Sharles

> RADICALITE QUAND TU NOUS TIENS

C'est marrant on entre en radicalité comme on rentre dans les ordres (religieux et/ou policier). Un purisme à toute épreuve et forcené. Encore des martyrs.

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