Convoi "Cap vers la COP" Etape 4 - la Flèche à Ste Corneille (de la ZAD au JAD)

Mis a jour : le jeudi 26 novembre 2015 à 20:47

Mot-clefs: Contre-sommets Ecologie Resistances aéroport notre-dame-des-landes cop21 mslc21
Lieux: la-flèche sainte-corneille

Dès 9 heures, forts d'un nuit au chaud chez les flêchois chacun-e a retrouvé le chemin de la ferme  où sont restés nos tracteurs. Les paysans sont tout sourires : « un accueil de première » ; « comme des rois ». Certains d'entre nous repartent avec des champignons, un pot de rillettes-cadeau dans leur sac, d'autres avec le souvenir de mini concert guitare jusque tard dans la nuit ; et lancent des chansons que nous reprendrons en chœur le temps que les quatre pelotons du convoi se mettent en place.

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La pluie qui tombe dès le matin et nous accompagne toute la journée ne démotive pas les cyclistes ! C'est l'occasion de tester et comparer dans les rires nos équipements plus ou moins imperméables, où l'on découvre les capes de pluie avec capuche transparente sur les côtés pour ne pas avoir des œillères, ou avec orifices pour passer les mains et tenir le guidon, les chaussons imperméables qui protègent les chaussures de l'eau qui dégouline le long des jambes, remplacés le plus souvent par des sacs poubelles du plus bel effet … On peut dire que la pluie est une bonne ennemie du fichage généralisé qui nous guette malgré nos précautions : sous nos impers, pantalons de pluie, capes et capuches nous sommes difficilement identifiables, ce sont les RG présents  aujourd’hui qui  seront déçus !

La pause du midi à Fillé reçoit une troupe bien trempée réjouie de pouvoir se mettre à l'abri dans une salle et touchée encore une fois par l'accueil. Les porte-manteaux, les supports de table, tous les clous sur les murs, etc. servent à suspendre nos équipements dégoulinants. Notre équipe cuisine nous a concocté un repas immédiatement prêt à être servi et le bruit de nos conversation remplit vite la salle. Prêts pour le départ: nous quittons le site de Moulin Sart.

Un passage remarqué dans le Mans sur les boulevards extérieurs des  ralentissements,  accueil des tracts de cap sur la cop par les automobilistes plutôt patients et souriants : il nous faut nous hisser pour atteindre la cabine des semi remorques dans le mini bouchon le long de la voie du bus rapide en chantier.

Quelques coup de pédales  plus loin , nous quittons la rivière montons vers le centre ville dans un tintamarre qui résonne tant et tant avant de remonter la ligne de tram.  Chemin faisant , nous quittons le paysage urbain et descendons par une petite route bordée de talus vers le jardin de Béner. Pendant que l'on déguste du thé chaud et qu'une dame du collectif nous distribue des petits gâteaux, l'un des jardiniers nous explique : «ici on ne parle pas de ZAD mais de JAD : Jardin A Défendre » . La lutte du Jardin de Béner date de janvier. Des soirées publiques et  tractages sur les marchés dénoncent le projet d'une zone commerciale de 67 000 m 2 qui augmenterait encore de 25%  la surface commerciale totale déjà déployée sur le Mans métropole. La lutte a abouti à une occupation et projet de jardin collectif sur une zone propriété de Le Mans Métropole qui jouxte celle du projet : «Une AMAP a donné 500 plants de tomate que nous avons vu grandir et donner ici tout l'été. L'idée est de créer un jardin solidaire et de donner une partie de la production à une asso de soutien aux sans-abris». Ils prévoient de batailler juridiquement en mettant en avant la proximité de l'Huisne en contrebas et la loi sur l'eau.

On repart pour quelques derniers kilomètres et nous retrouvons avec bonheur les senteurs des feuilles d'automne mouillées le long de haras où de jeunes chevaux graciles qui accourent nous faire signe sur  notre passage. Comme à l'accoutumée nous ouvrons à notre arrivée notre coquette « cabane accueil » montée sur une remorque qui nous accompagne tout au long du trajet, pour renseigner les personnes qui viennent participer au convoi, celles qui veulent en savoir davantage sur notre aventure ou consulter au calme des brochures.

En assemblée, on apprend que les autorités nous réservent une nouvelle surprise: la Préfecture d’Eure-et-Loir, où se situe notre prochaine étape, nous adresse un arrêté interdisant toutes les manifestations sur la voie publique sur le département du vendredi 27 novembre 2015 à 00h jusqu’au lundi 30 novembre à minuit. L’arrêté préfectoral met en avant “que des groupes et groupuscules appartenant à la mouvance contestataire radicale et violente sont susceptibles de stationner en Eure et Loir en vue de converger vers Paris et l’île de France”. Ça commence à gamberger, un communiqué de réponse à cette nouvelle interdiction est publié dans la soirée (voir ci-dessous). Une assemblée est prévue pour le lendemain afin de décider ensemble de la suite à donner au convoi.

La soirée d'information se déroule au Mans dans une salle paroissiale qui se remplit de personnes curieuses d'en savoir davantage sur le convoi et sur ce qui se passe sur la ZAD, ce qui peut être transmis à d'autres luttes. En pleine projection du film  sur la ZAD, un curé surprend tout le monde en passant sa tête entre les deux panneaux coulissants qui servent d'écran. Il demande un peu de silence pour que sa propre réunion puisse continuer de l'autre coté de la salle. Au cours du débat qui suit, un cycliste en provenance de la ZAD redit combien chaque lutte compte et l'importance du réseau qu'on constitue tous ensemble. Une participante à la soirée lui répond : « Votre passage ça nous redonne l'envie de nous bagarrer et de gagner là où on est ».

Ce mercredi matin, départ vers Préaux-en Perche pour une soixantaine de kilomètres sous un temps plus clément.

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