Compte rendus : Pontivy manifestation Raciste

Mis a jour : le dimanche 15 novembre 2015 à 21:02

Mot-clefs: Immigration/sans-papierEs/frontieres Racisme
Lieux: pontivy

Un rassemblement d’extrême droite a eu lieu hier à Pontivy. Nous sommes quelques habitants à nous être organisés au dernier moment pour ne pas laisser la place à la haine et au racisme. Les évènements du 13 novembre ont renforcé notre volonté de ne pas laisser un groupe extrémiste récupérer cette tragédie.

Le compte rendus qui suit décrit le plus précisément possible les évènements qui ont eu lieu à Pontivy le 14 novembre. Toutes ces informations sont basées sur des témoignages directs de personnes présentes.

 

Témoignage de quelques personnes présentes lors de la manifestation d'ADSAV de ce samedi 14 novembre.

A 14h15, un rassemblement à l'appel d'ADSAV, parti extrémiste et nationaliste Breton, comptant environ 200 personnes, a démarré sur la Place Aristide Briand. Selon la Municipalité, celui-ci a été autorisé par la Préfecture. Rapidement les slogans xénophobes et haineux se sont mêlés aux fusées, fumigènes et pétards en direction de la Sous-Préfecture pendant 15 minutes sans réactions visibles des forces de l'ordre.

Dans le même temps en haut de la place, à distance, une trentaine d'habitants de tous âges se sont réunis symboliquement et pacifiquement scandant des slogans : « Pontivy solidaire des immigrés et solidaire des sans papiers . », « Pas de fascistes ici »… Pendant ces 10 minutes, les forces de l'ordre en effectifs réduits (environ 30 policiers pour 200 manifestants violents) ne se sont pas interposées.

Les militants fascistes ont déferlés armés de fusées de détresses, de bâtons et de bombes lacrymogène vers les contre-manifestants et les passants, faisant preuve d'un déchaînement de violence aveugle en plein centre ville : rouant de coups plusieurs personnes à terre, lançant des fusées de détresse dans leur direction avec une réelle volonté d'en découdre.

Les contre-manifestants et les passants n'ont eu d'autres solutions que de se réfugier dans les commerces afin de se protéger. Les forces de l'ordre ont été dépassées par les événements et le groupe ADSAV, a tout de même pu défiler dans les rues de Pontivy.

Nous tenons à souligner l'élan de solidarité dont ont fait preuve les commerçants, accueillant et protégeant les personnes choquées et atterrées, les personnes âgées et enfants désorientés.
Nous ne pouvons que déplorer que les autorités, notamment la préfecture, aient autorisée, une telle manifestation dans un contexte d'état d'urgence, sachant la violence dont fait preuve systématiquement ce groupuscule xénophobe.

Nous dénombrons des blessés et agressions : plusieurs personnes rouées de coups à terre dont une personne brûlée par un fumigène, un jeune adolescent qui s'est fait asperger par une bombe lacrymogène à quelques centimètre du visage, une femme agressée et dénudée … Trois personnes minimum ont été évacuées par les pompiers sous protection des forces de l'ordre .

Au vu des premiers comptes-rendus dans la presse, nous souhaitons apporter quelques précisions :

1) Le militant d'Adsav brûlé à la main s'est blessé lui-même en utilisant un engin explosif.
2) Il n'y a pas eu « des altercations » mais une ruée soudaine de la majorité de la manifestation d'Adsav vers des manifestants pacifiques qui n'ont eu que la possibilité de fuir sans pouvoir se défendre.
3) Nous informons les journalistes que le site internet Breizh info fait partie de la mouvance d'extrême-droite bretonne et que l'on ne peut s'y fier.

Commentaire(s)

> Déchaînement de violence fasciste hier à Pontivy

Hier, le parti d’extrême droite breton Adsav a manifesté contre les migrants, réunissant 150 personnes à Pontivy (Morbihan) au cri de « Breton, ouvre les yeux, ferme ta frontière ! » Une manifestation sous haute tension, après les attentats de vendredi. Et ça n’a pas manqué : une fois encore (http://confusionnisme.info/?p=6835), l’extrême droite nous a montré son vrai visage en lynchant un passant d’origine maghrébine. Des voisins en ont témoigné sur France Bleu (https://www.francebleu.fr/infos/societe/manifestation-anti-etrangers-pontivy-ils-se-sont-defoules-sur-un-passant-d-origine-maghrebine-1447579236), comme cette commerçante située à proximité des lieux du drame : « non loin de notre magasin, un monsieur d’origine maghrébine a été pris par le col. six personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui. C’était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. Plus loin c’était exactement pareil. C’était de la violence et de la haine. On voyait qu’on était cerné dans la rue principale. Tous les magasins se sont fermés au fur et à mesure. On avait l’impression qu’on était en état de siège. C’était terrible, terrible… C’est une haine, une haine… Il y avait des jeunes mais aussi des quadragénaires. Ils disaient à la police et à la gendarmerie « on va les tuer, ils n’ont rien à faire ici ». Vraiment c’est la haine. » Un autre habitant a témoigné du désarroi des passants et du climat de terreur qui a régné hier dans la petite ville bretonne : « Les gens couraient, les gens criaient, c’était la panique. »

D’autres témoignages sont parvenus à France 3 (http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/des-heurts-lors-d-une-manifestation-anti-immigration-pontivy-853161.html) : Georges-Yves Guillot, délégué à la vie associative de la ville, a ainsi expliqué à la chaîne que des bombes agricoles ont explosé dans les rues et que ces explosions ont provoqué des mouvements de foule dans le centre-ville : « certains magasins ont fermé leurs rideaux et ont mis à l’abri leurs clients et quelques passants, afin qu’il n’y ait plus personne dans les rues. » Une autre commerçante a confirmé qu’elle a dû fermer son bar pendant 1h30 : « vu ce qui s’était passé la veille à Paris, il y a eu un mouvement de panique: une dame est venue reprendre ses esprits chez moi, elle était choquée. » Des échauffourées ont également éclaté avec des contre-manifestants. Dans Libération, Ronan Le Gall, responsable local d’Adsav, a justifié le lynchage par le fait que le passant victime aurait voulu contester la présence de l’extrême droite dans la rue : « Quant au Maghrébin en question, il a d’abord pris à partie nos militants. Il aurait pu être martien, il aurait dérouillé pareil. » Qu’on se le dise, voilà ce qui risque d’arriver à quiconque s’oppose à ce genre de mouvement… Déjà le 7 novembre, des militants d’Adsav et des gens se revendiquant des Bonnets rouges avaient manifesté devant le parlement de Rennes, affichant une banderole « Bretagne souveraine »

Pendant que les fascistes sont autorisés à défiler, nombre de manifestations sont en revanche interdites, comme celles que voulaient faire les opposants iraniens à Paris contre la venue du président de la République islamique d’Iran Hassan Rohani, ainsi que que des actions de soutien avec les migrants. Consulter notre recensement des événements d’extrême droite prévus ce mois-ci (http://confusionnisme.info/?p=6540).

http://confusionnisme.info/2015/11/15/dechainement-de-violence-fasciste-hier-a-pontivy/

> No Pasaran

L'etat et sa police complice des fachos c'est pas nouveau.
Et les gens de gôche ils en dise quoi et les anti fa ,ils étaient ou ?
Et les nanars du 56, ils étaient en train de passer un film sur Vannes ou de terroriser Marine LePen?
Chapeau à la trentaine d'opposants qui ont eu le COURAGE d'être présent, mais pour gueuler No Pasaran faut faire Nombre.

> ils étaient à Landivisiau

Ce jour là y avait une grosse manif aussi à Landivisiau : https://nantes.indymedia.org/articles/32186

> contre le fascisme en Bretagne

Ce samedi 21 novembre, une semaine après un déchaînement de violence d’extrême-droite, une centaine d’habitants de Pontivy et des alentours se sont réunis au palais des congrès pour réfléchir à la manière de réagir à de tels actes.

Après une séquence de témoignages et d’informations, trois groupes se sont créés et ont commencé à travailler :

- le premier a pour but d’activer un réseau breton de vigilance sur les manifestations xénophobes à risque ;

- le second doit suivre les plaintes déposées pour les agressions et soutenir ceux qui se sentent menacés après avoir témoigné de ce qu’ils ont vu, ainsi qu’exiger des autorités une réaction, y compris au niveau juridique ;

- le troisième organise un événement pacifique d’opposition à la violence et au racisme, en solidarité avec toutes les personnes menacées par l’extrême-droite, qui devrait se tenir prochainement à Pontivy.

De nombreux habitants de Pontivy et alentours choqués par la violence d’extrême-droite du 14 novembre.