Nantes: coktails molotov contre les migrants

Mis a jour : le lundi 9 novembre 2015 à 11:52

Mot-clefs: Logement/squat Immigration/sans-papierEs/frontieres Racisme
Lieux: Nantes

Dans la nuit de samedi à dimanche 9 novembre 2015 les occupants d'un squat nantais ont été l'objet d'une agression criminelle : un coktail molotov a été lancé à l'intérieur du bâtiment dans lequel les habitants étaient endormis. Le projectile a immédiatement été éteint par les occupants. Grâce à leur réaction rapide aucun blessé n’est à déplorer.

Le Collectif de soutien aux expulsé-es de la rue des stocks dénonce cette agression xénophobe, qui s’inscrit dans une suite d’actes de plus en plus violents à l’encontre des migrants : inscriptions racistes, poses de cadenas sur les portes d’un squat et dégradations diverses à l’encontre des associations qui soutiennent les migrants.

Cette situation est le résultat de la politique laxiste du gouvernement et des autorités locales qui laissent toute liberté d’agir lâchement à des groupes xénophobes et racistes.

Les pouvoirs publics doivent agir sans tarder en stoppant définitivement les coupables de ces agissements criminels et en apportant des réponses concrètes et adaptées aux personnes qui sont sans abris, sans papiers, sans possibilité de travail etc. Des centres d’accueil inconditionnel et de qualité doivent ouvrir rapidement : c’est une des propositions avancées depuis des semaines, sans succès, par de nombreux collectifs en France.

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> Trois cocktails Molotov jetés

Plus de précisions via un article de france 3 :

Deux bouteilles enflammées ont été lancées dans la nuit de samedi à dimanche à travers la fenêtre d'un squat occupé depuis un an par une quarantaines de migrants, à Nantes. Une troisième a atterri dans la cour de la maison.

Ils sont une quarantaine de migrants africains -avec ou sans papiers- à squatter depuis près d'un an dans cette grande maison vide de la bâtiment de la rue fontaine des Baronies, dans le quartier du Bas-Chantenay, à Nantes (Loire-Atlantique). Et ils viennent peut-être d'éviter le pire.

En toute fin de soirée, alors qu'il est quasiment minuit, deux bouteilles enflammées, des "cocktails Molotov", sont lancées depuis la rue à travers une fenêtre de l'habitation. La première bouteille atterrit dans la partie cuisine, la seconde atteint la partie salon de la pièce où généralement dorment plusieurs personnes qui heureusement étaient absentes hier soir. C'est ce qu'explique Jamal qui, en compagnie de quelques compagnons de squat, a tout de suite utilisé des couvertures pour éteindre le feu. "La personne qui a fait ça a voulu nous tuer, c'est sûr", s'inquiète-t-il.
Un troisième cocktail Molotov tombe dans la cour de la maison, racontent les témoins qui disent avoir vu une personne le bas du visage caché, d'environ 28-30 ans, roder et lancer un cocktail Molotov.

L'émotion est encore vive aujourd'hui, parmi les occupants venus à Nantes pour fuir la Guinée, le Soudan, la Somalie ou encore l'Érythrée. Dimanche matin, les migrants n'avaient toujours pas appelé la police "parce qu'ils craignent d'être à nouveau expulsés", selon une militante présente sur les lieux pour les soutenir.

De son côté, la maire (PS) de Nantes, Johanna Rolland, a dénoncé sur Twitter une "agression inqualifiable contre les migrants cette nuit à Chantenay. Les auteurs doivent être retrouvés et condamnés."

Dans un communiqué, la Préfecture de Région à Nantes "condamne fermement cet acte criminel. Elle assure que l’Etat mettra tous les moyens en place pour retrouver les auteurs. C’est un acte intolérable et insupportable".

Les associations, de leur côté n'hésitent pas à évoquer "un attentat" rapporte TéléNantes

Nous avons recueilli le témoignage de Jean-Luc Landas de la Ligue des Droits de l'homme, membre du collectif de soutien aux expulsés de la rue des Stocks. Ému aux larmes, M. Landras dénonce "un acte odieux, inqualifiable... criminel".

Vendredi dernier, la France a accueilli à Vertou, près de Nantes, son premier contingent de candidats à l'asile dans le cadre du plan européen de répartition des réfugiés. Il s'agit de 18 hommes et une femme, tous demandeurs d'asiles, tous originaires du même pays l'Erythrée, et tous ayant transité par les centres d'accueil en Italie.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/diaporama-deux-cocktails-molotov-jetes-vers-un-squat-de-migrants-nantes-847557.html