Vengeance ou nihilisme. Contre la COP21

Mis a jour : le lundi 2 novembre 2015 à 20:04

Mot-clefs: Contre-sommets Ecologie Resistances actions directes
Lieux: paris

« La jeunesse, notamment a un droit illimité à une telle vengeance : amenée de force dans un monde qui s’écroule, elle n’a rien demandé, commis aucune faute, participé à aucun mensonge collectif. »

La « sécurisation » de la COP 21 s’annonce être une opération sans précédent. La quasi-totalité des effectifs de maintien de l’ordre français est effectivement attendue fin novembre à Paris. Parallèlement, une campagne d’information du ministère de l’Intérieur annonce à grands renforts de dépêches AFP la menace terroriste que ferait peser sur la France l’insondable Black Bloc. Le week-end dernier, il aurait même été surpris lors d’un entraînement.
Pourtant, ces annonces d’une répression à venir ne doivent pas cacher l’essentiel : si la succession des sommets sur le climat et de leurs échecs en dit long sur le nihilisme qui habite nos gouvernants et bien qu’il puisse sembler légitime que Dunkerque bénéficie du même taux d’ensoleillement qu’Aix-En-Provence, il n’est pas certain que la farce que constitue ce sommet amuse la planète.

C’est au coeur du darknet, cette zone de relégation de la publicité mondiale, que la rédaction de lundimatin a déniché cet appel « à tout casser lors de la COP21 ». L’information avant tout. Ce n’est qu’à la suite de longues et houleuses discussions que notre comité éditorial a décidé de le publier. Notre rédaction n’en est pas moins convaincue que face au désastre climatique, une poubelle bien triée vaut mieux que deux fourgons de polices incendiés.

Un appel à tout casser lors de la COP 21

« Dirigeants du monde », vous avez bien joué votre partie. Vous avez gagné la guerre de classes, liquidé ce qui restait du monde ouvrier, mis au travail l’ensemble de la population, à peu de choses près, encaissé la crise et ses innombrables répliques, exterminé ce qui n’était pas soluble dans le matin blême de l’Occident … Vous avez tout réussi, sauf à garantir les conditions fondamentales de la vie humaine sur terre. Vous avez tout réussi, et loupé l’essentiel. Et maintenant, vous vous agitez, légèrement transpirants, essayant de vendre sans y croire vraiment, l’idée que la technologie nous sortira de la situation où elle nous a mis ; mais au fond, vous le savez bien : ce monde, votre trophée inerte, s’effondre, et vous-mêmes serez engloutis, comme tout le monde, dans l’égalité des derniers jours. Vous vous en rendez peut-être compte : vous n’êtes pas capables de résoudre ce problème. En matière d’ « environnement », le point de non retour, cela fait quarante ans qu’on l’a franchi. Vous avez déjà échoué. Il n’y a pas de solution qui vienne de vous, et vos simagrées nous lassent. Nous sentons bien qu’elles vous fatiguent aussi, mais ne vous inquiétez pas. Elles ne dureront plus.

Deux questions se posent alors à nous, en ces temps qui s’essoufflent :

1) Qu’est-ce qu’un sommet ?

Une poignée de dirigeants foncièrement incapables, des lobbyistes en tout genre, quelques experts, des chefs de cabinets et des attachés de presse se réunissent dans un aéroport d’affaires pour discuter des mesures à prendre pour éviter une probable fin du monde. Ils n’ont absolument rien à se dire que leurs technocrates ne savent déjà. Ils n’ont absolument rien à décider que leurs armadas de conseillers n’aient déjà négocié. Ils n’ont aucune solution à apporter, puisqu’ils sont eux-mêmes le visage du problème. Tout cela, au moins depuis Copenhague, fait consensus. Jusqu’à l’écologie la plus institutionnelle, personne n’attend de cette COP 21 autre chose qu’un pénible théâtre d’ombres. Pourtant, tout le monde s’affaire, du gouvernement Valls à la Coalition Climat, des ONG aux entreprises, des collectifs citoyens aux cabinets de conseils. Tout le monde s’affaire pour qu’ait lieu cet événement. Cette rédemption. Ce « sommet ». Sans doute qu’on y aura mis les moyens : parait-il que le climat serait cette année « cause nationale ».

Que se passe-t-il donc pendant un sommet, si personne n’a rien à dire ? Que peuvent faire tous ces sinistres hommes publics lorsqu’ils se trouvent réunis ? Prendre de la coke, ou des selfies ? On en serait presque à leur souhaiter, eux qui peuvent encore se payer le luxe de tromper leur impuissance. Frivolités dans les hautes sphères : de quelle couleur sera la cravate de Manuel Valls ? On vous l’accorde : mesurer le ridicule de l’opération n’est pas si facile. On serait désemparé pour moins que ça. Evidemment, le tableau n’est pas encore complet. Il manque l’élément principal.

Inutile en effet de dire qu’entre nous et cette douteuse clique retranchée au Bourget, il y aura 10 000 flics français, une fraction conséquente de l’armée de l’air, des contingents de toutes les polices d’Europe et une solide cohorte de casques bleus. Entre nous et les acteurs de cette scandaleuse farce, l’élite du maintien de l’ordre à la française, le résultat de 1500 ans de construction d’un monopole de la violence légitime. Le fleuron de l’Etat, l’aboutissement armé de notre rationalité politique. Voilà ce qui entend se déployer pendant ces deux semaines d’hiver. Faut-il rire, faut-il trembler ? On ne sait plus très bien.

2) Qu’est-ce qu’un contre-sommet ?

Une fois n’est pas coutume, la réponse sera d’une extrême simplicité. Etant donné l’inanité du débat public et l’arrogance absolue d’un gouvernement qui téléguide sa propre contestation citoyenne, il n’y a rien d’autre à attendre de telles circonstances qu’une honnête flambée de violence. Qu’on ne se méprenne pas : il ne s’agit pas de se défouler impuissament, ou de compenser un manque d’idées par des actions bien attestées. Il s’agit de se venger. Ainsi, ce n’est pas seulement le bon sens qui se trouvera, cette fois, du côté des casseurs, des Black Blocks, des radicaux, qu’importe le nom qu’on veuille « leur » donner. C’est aussi le sens de l’honneur, et un certain amour-propre.

Car à l’heure où l’on vous parle sans cesse de ce à quoi ressemblera le monde en 2030, ou en 2050, il n’est pas inutile de s’attarder sur ce à quoi il ressemble déjà. De ce à quoi il ressemble depuis 200 ans, 200 ans d’industrialisation et de développement, de civilisation inquestionnable, de colonisation intérieure, d’impérialisme béat. Deux siècles durant lesquels nous avons tant bouleversé les grands équilibres écologiques qu’aujourd’hui, l’environnement change plus vite que la société. Nous vivons à un âge où la vie disparaît déjà mille fois plus vite qu’elle ne se renouvelle. Alors, si nous ne savons pas précisément dans quel état sera le monde en 2050, nous savons en revanche que l’état dans lequel on l’a déjà placé mérite amplement qu’on le venge.

La jeunesse, notamment a un droit illimité à une telle vengeance : amenée de force dans un monde qui s’écroule, elle n’a rien demandé, commis aucune faute, participé à aucun mensonge collectif. On attend d’elle qu’elle paye bien gentiment les fautes de ses aînés, qu’elle prenne sur ses épaules tant d’années d’arrogance et d’incurie ; on comprendra donc qu’elle souhaite faire payer aux représentants de l’ordre ancien cette situation proprement désespérée.

En coulisse, certains s’agitent, et parlent de « justice climatique ». Il s’agirait de partager équitablement les conséquences de la catastrophe. Mais si nous faisons l’effort, un instant, de donner un sens à ces mots tant galvaudés, la « justice climatique » n’est que la réparation impossible d’une injustice, injustice incalculable faite non seulement à notre espèce, mais à des milliers, des millions d’autres, faite à la Terre elle-même, aux innombrables formes de vie qui la parsèment. Attendue l’énormité de la faute, la peine sera capitale : la destitution immédiate de cette mafia du climat et le renvoi de ses porte-paroles aux oubliettes – aux côtés de l’armada de flics qui s’interpose entre eux et la réalité. Sentence qu’il s’agira de rendre, le 29 novembre, dans les rues de Paris.

La vengeance ne constitue pas une politique, diront certains. Et encore moins une « solution » aux grands déséquilibres écologiques. Mais cela vaut mille fois le cocon gestionnaire dans lequel la COP 21 entend nous emmailloter. Gardez vos illusions de maîtrise et vos « petits gestes qui sauvent ». Quitte à être les derniers hommes, nous garderons les yeux ouverts.

Link_go https://lundi.am/Vengeance-ou-nihilsime-Contre-la-COP21

Commentaire(s)

> aterrant

ou la surenchère des proclamations à la fois vides (la "sentence", c'est comme d'hab' les gardes mobiles qui la "rendront", et ce dès les barrières), et réacs - "la justice", "c'est à nous tout ça", "notre mère la Terre", "nos frères les zanimaux". Non, mais, vraiment, il n'y a plus que ces incantations comme perspective ? ce qui reste de contestation est devenue vraiment régressive, à l'image de l'impuissance générale, coincée dans l'obsession de la réalisation de ces mêmes idéaux qui ont fait ce monde, et dont nous sommes effectivement en train de crever.

> Aterrant ?

Quel autre genre de perspective(s) voies-tu, toi ?

> La fin du monde ! La fin du monde !

"vous-mêmes serez engloutis, comme tout le monde, dans l’égalité des derniers jours" : y en a qui ont trop lu l'Apocalypse attribuée à Jean...

> xxx

comme il est conseillé dans tycoon2 dans un texte sur le guerrier,encourageons ces jeunes "derniers hommes" a porter la contradiction a monsieur vals dans les rues de paris,hurrrah,y auras du spectacle...on dirait que vous allez mettre votre vie en jeu..non,dites pas que vous etes serieux?on doit trembler de rire ou de peur?

> Quoi alors ?

léda, athée et relou, pouvez vous éclairer les lecteurs sur la manière dont vous voyez la lutte contre la COP21/contre le vieux monde ?
Discussions ? Pacifisme ? inaction ?
Quels éléments vous amènent à adopter vos positions ?

Vous ne semblez pas saisir l'ampleur du drame environnemental qu'on est en train de vivre. J'espère me tromper

> xxx

et la sempiternelle injonction a l'activisme,comme si il n'existait rien en dehors de votre petite pratique agitationniste,qui n'agite d'ailleurs que des milieux bourgeois,serait moins risible si elle ne se contentait pas de répondre aux armes (de l'etat)par des proclamations textuelles,aussi enflamméés soient elles...le "vieux" monde(on dirait du mao mdr),vous comptez l abattre avec vos petits poings?on dirait pas,non?et vos troupes,c'est les "écolos de gauche",plus une poignée d'etudiants découvrant la révolte à 23 ans ...bon d'accord...et le nouveau monde,ce seras quoi? camarade...

> Oui voilà, très bien

Voilà, c'est ça, laissons le monde continuer dan sa lancée. Surtout ne rien changer, ne rien chercher à changer. Bah ouais, on est trop pauvres 'voyez, et pis l'écologie c'est pour les petits bourgeois. Les pauvres étant trop occupés à aller faire tourner l'usine.

Personne ne t'a fait de "leçon en matière d'écologie". Et la COP21, ou du moins la lutte contre cette saloperie dépasse de loin le simple cadre de l'écologie.

Les anarchistes parlaient de "vieux monde" bien avant mao...

Et sinon, quand je pose des questions, j'apprécie qu'on y réponde, histoire de rendre le débat un tant soit peu constructif

> Réponse

Ben, une bonne vieille révolution sociale devrait faire l'affaire. Sans doute y aura-t-il là-dedans un peu de vengeance sociale, et aussi un peu de nihilisme, ça ne nous dérange pas, mais s'en tenir à cette alternative ne rétablira pas le climat, ni d'ailleurs la liberté, l'égalité et tutti quanti.
Quant à menacer les pécheurs (pardon, ceux qui commettent des "fautes") de l'Apocalypse, ben, comment te dire... ça a comme un petit air de déjà-vu, non ?

> Et question

Par ailleurs, pourquoi t'énerves-tu contre les simples commentateurs de ce texte, et non contre ceux qui l'ont publié en le désavouant ? ("Notre rédaction n’en est pas moins convaincue que face au désastre climatique, une poubelle bien triée vaut mieux que deux fourgons de polices incendiés." Il est pourtant évident que face au désastre, climatique ou non, deux fourgons de police incendiés valent mieux qu'une poubelle bien triée.)

> Enfin !

Merci d'avoir répondu athée.

Tu dis qu'une "bonne vieille révolution sociale devrait faire l'affaire". Je veux bien te croire, mais une quelconque révolution sociale, il lui faut un déclencheur. Tu ne peux pas demander à plus de 60 millions de personnes (et là c'est mal parce que je ne prends en compte que la France, alors qu'on sait tous les deux qu'une quelconque révolution, pour être efficace et pleine de sens, devrait se déclencher en faisant fi des frontières) de se soulever spontanément. Une révolution doit être déclenchée par un (ou plusieurs) événement(s) qui fait/font rupture avec l'existant (à priori, mais on peut discuter là-dessus si t'es pas d'accord). Un contre-sommet, un mouvement de grève à grande échelle me semblent être des catalyseurs appropriés à partir du moment où la contestation ne se contente pas de banderoles, drapeaux et slogans vides de sens concret. A partir de ça, ce texte me paraît pertinent. Après évidemment, ce texte pris seul est loin d'être suffisant, il manque un grand nombre de développements théoriques etc... mais ça nécessiterait certainement un bouquin pour développer tout ça. Et même là ça serait peine perdue, puisque unidirectionnel. Le développement théorique (toujours en lien avec la pratique) doit, selon moi, être fait par la discussion en petites assemblées. C'est aussi pour ça que les contre-sommets peuvent être intéressants.

Si j'ai un reproche à faire au texte, c'est qu'il semble vouloir concentrer l'action uniquement à Paris, précisément là où seront concentrées les forces répressives. Alors qu'en toute logique durant cette Période, Paris devrait être précisément la ville à éviter. Mais pour ce qui serait d'actions (n'ayons pas peur du mot : violentes) décentralisées pendant cette période où justement un certain nombre de forces répressives seraient indisponibles, mille fois oui. Et vu que l'événement se passe en France mais concerne une bonne partie du monde, on pourrait se prendre à rêver à une rupture au-delà des frontières (je divague évidemment, il n'y a quasi aucune chance que ça arrive réellement malheureusement, mais selon moi ce genre de période y est plus propice, et si on n'essaie jamais...).

Pour répondre à ta question, j'ose espérer que "Notre rédaction n’en est pas moins convaincue que face au désastre climatique, une poubelle bien triée vaut mieux que deux fourgons de polices incendiés." est dit sur un ton ironique. Et si c'est pas le cas, il est certain que, si on s'en tient uniquement au problème environnemental (alors que c'est loin d'être le seul on est bien d'accord, et il est important que la lutte contre la COP21 prenne ça en compte), cramer des bagnoles, qu'elles soient de police ou non, fait plus de mal que de ne rien faire (ie. trier ses déchets).

> xxx

tiens pas le droit d'écrire "rien a f.... de la cop21" sur indynantes, bon...sinon le probleme c'est bien cet espèce de léninisme bobo qui consiste a se battre contre cecicela et son monde,entre blanquisme (de droite) et socialdemocratisme (contresommet),saupoudrée d'un soupçon d'avantgardisme...heureusement qu'ils ont quelques lettres,sinon ça ferait un peu discours de vestiaire...

> Suite et fin

Mais toi tu devrais mieux surveiller ton vocabulaire, et t'inquiéter de la proportion de mots en "isme" dans ton com. Arrête ton numéro de vrai-prolo-pas-écolo-bobo, l'intello !

Et pour répondre à celui qui croit que cramer des bagnoles n'est pas bon pour le climat : tu te trompes, une bagnole ne pollue plus quand elle n'existe plus ; et une bagnole de flics est cent fois plus polluante que les autres, entre les planques moteur allumé et les courses-poursuites à tombeau ouvert. Sa destruction est un acte écologique, même si le feu ne vaut pas un bon gros broyeur.

> cher athée

personnellement,je n'estime pas avoir a surveiller mon language,désolé pour les prudes de la langue,considérant le fond plus important que la forme.m'inquiéter du nombre de mot en isme..bon,oui,pourquoi?....après nulle part j'ai joué le vrai prolo,relis,posture antiécolobobo,oui j'avoue...intello,si tu veux mon grand,mème si la division manuel-intellectuel me semble appartenir au vieux monde(au fait c'est quoi le vieux monde?ce serait pas l'actuel).mais oui,léninisme (le maillon faible,contre ceci et son monde),avantgardisme(les derniers hommes)...propose un mot sans isme pour dire"léninisme"-jte jure c'est pas qu'un concept,c'est aussi un truc qui éxiste comme mouvement etc)

> Commentaire caché

Le dernier commentaire de relou a été caché: en traitant les gens de flics, t'as gagné le point Godwin.

C'est pas moi qui ait refusé ton commentaire précédent, mais je peux peut-être te donner une réponse: tu peux bien écrire "foutre le feu", en vrai, ce que tu fais de ton sperme on en a pas grand chose à faire à Indy Nantes.

Par contre on t'invite à réfléchir au sens de ce mot et de son utilisation. Tu vois, il fait partie de cette catégorie que quand t'y pense, ça peut soulèver quelques questions, comme par exemple l'auto-centrage des mecs sur leur appareil génital.

On t'invite aussi à réfléchir au sens d'intervenir dans un débat en te moquant des participantEs. Tu pensais amener quoi dedans? A mon avis c'est plus pour ça que ton premier commentaire a été refusé.

> re

j'ai traité "athée" de petit flic du language,pour etre precis,quant au point godwin,il fait réference au nazisme,et vous embarrasse peu lorsqu'il s'agit de parler de la syrie et de relayer la propagande indigeste et mensongère du pkk

> re

nul besoin de surveiller mon language,vous le faites très bien...sinon,pour participer a ce débat fondamental entre athée et non:est ce que c'est plus écologique de bruler une voiture avec un coktail molotov ou avec un briquet?je vous somme,moi aussi,de répondre.. sinon,j'ai une histoire drole:athée,non et modo sont dans un bateau...et vous devriez accompagné votre site d'un dictionnaire des mots autorisés par vous,et le diffuser a vos amis migrants et prolétaires,afin de leur oter toute familiarité...

> C'est reparti

Relou, t'utilises bien les mots que tu veux, je m'en tape...

Par contre je veux bien, d'une part, que tu répondes à ma question de base puisque tu n'y as toujours pas répondu, histoire qu'il y ait un débat, et puis d'autre part que tu répondes à celle-ci : en quoi "lutter contre ceci et son monde" aurait quoi que ce soit avoir avec un quelconque léninisme (sans même le qualifier de bobo) ?

Pour ce qui est du problème de la participation ou non à un contre-sommet, évidemment que se contenter de la marche "officielle" dudit contre-sommet ne sert à rien. Mais ceux-ci ont au moins le mérite de rassembler au même endroit et au même moment un nombre important de gens, et donc potentiellement de diverses pratiques subversives qui, additionnées les unes aux autres peuvent aboutir à quelque chose. Et sans même parler de pratiques dans l'immédiat, des relations peuvent s'y créer pour aboutir par la suite à des pratiques subversives. C'est surtout ça, selon moi, l'intérêt des contre-sommets. Et évidemment ces pratiques ne doivent pas commencer au début du contre-sommet et s'arrêter à la fin de celui-ci.

Parlons maintenant d'avant-gardisme. Qui te dit que les auteurs du texte ne sont pas aussi dans l'action ? Et dons dans l'hypothèse où il agiraient, en plus d'écrire, en quoi est-ce que ça pourrait faire d'eux une avant-garde ? Et question subsidiaire (roh ça va je déconne, elles sont toutes subsidiaires mais ça serait cool qu'on puisse se causer sans nécessairement se tirer dans les pattes), quelles conditions faudrait-il pour qu'ils ne constituent pas une avant-garde ? (c'est quelque chose que je n'ai jamais compris avec ce terme appliqué au mouvement anarchiste (en particulier insurrectionnaliste), il faut bien qu'à un moment des gens se disent "on y va, advienne que pourra" non ? Ca n'existe pas un soulèvement "de tout le monde en même temps" sans entente préalable et sans des groupes qui agissent en premier. Enfin si t'as des contre-exemples je suis preneur.

> jvais essayer

je pense que "lutter contre ceci et son monde" abouti juste a etre la frange radicale de "lutter contre ceci",revient a se placer dans une optique de débordement d'un mouvement "social" (qui est plus un mouvement "sociétal",son caractère de classe ne me sautant pas aux yeux),en gros de chercher a etre la gauche de la gauche de la gauche,ce que j apparente a une stratégie léniniste (blanquiste serait peut etre plus juste),j'ai rajouté bobo (gratuitement méchant) pour le faible niveau de conscience de classe du "mouvement social en france",que l'on cherche a déborder...

> et

que les auteurs soient dans "l'action",je n'en doute pas(on parle ici d'une perspective émeutière,si j'ai bien compris),mais celà n'est pas le problème,tu te bat,c'est bien,mais pourquoi? si tu me dis on vas f..... la merde,attaquer les flics,casser...etc...parce qu'on a envie de f..... la m.....,je te dis vas y,éclates toi,si tu me dis que tu lutte contre le (vieux) monde,bah je suis plus que perplexe...j'ai pas de solution concernant le caractère avantgardiste des différentes tendances du "gauchisme",je trouve que les "insurrectionnalistes" ont un caractère prononcé d'avantgarde (la minorité agissante,le groupuscule affinitaire,culte de l'action,...)...

> Merci

Je ne pense pas que les "lutter contre ceci et son monde" débordent quoi que ce soit. Ils cherchent juste peut-être à généraliser des luttes "parcellaires", à les remettre dans un contexte plus révolutionnaire et non réformiste (ce qui est, finalement la seule perspective de la plupart des "mouvement sociaux".

Quant à l'aspect de classe de la COP21, comme de n'importe quel sommet me paraît évident : la bourgeoisie qui se réunit pour se mettre d'accord sur la manière de se partager le gâteau (ici le gâteau est nappé de capitalisme vert). Lutter contre la COP21, c'est une lutte de classe. Attaquer les symboles et les outils du capital et de ses alliés, tout comme ceux du pouvoir, de tout pouvoir peut être vu comme profondément ancré dans la guerre de classe. Maintenant, je ne suis pas comme les marxistes à encenser le prolétariat de manière inconditionnelle. Le prolétariat est malheureusement massivement une nuée d'esclaves globalement contents de leur sort (et quand ils ne le sont pas, ils se contentent de luttes totalement parcellaires, et surtout réformistes) et d'aspirants bourgeois.

Je suis de ceux qui pensent qu'il faut faire table rase pour reconstruire par dessus. D'une part parce qu'il y a urgence, notamment en matière environnementale. Ensuite parce que faire un programme est un outil que je laisse volontier aux partis.

Quelles sont tes perspectives de lutte, à toi ?

L'avantgardisme que tu vois dans la tendance insurrectionnaliste de l'anarchisme (que tu rattaches, je ne sais pour quelle raison, à la gauche) n'en est pas, à mon avis. La minorité agissante, par exemple, n'existe que parce qu'il n'existe pas de majorité agissante. Des gens ont décidé de se battre, non parce qu'ils se sont dit qu'ils ouvraient la voie pour "le peuple", juste parce que leurs réflexions personnelles les ont amenés à la conclusion que c'était la meilleire chose à faire, qu'il n'y avait aucune raison d'attendre. Parce qu'attendre que la majorité souhaite se battre, c'est prendre acte de la défaite.
Le groupuscule affinitaire, parce que c'est la meilleure façon de se prémunir d'un certain nombre de risques :
- infiltration par les flics (chaque personne du groupe connaît les autres)
- balances (même raison qu'au-dessus, et puis il est plus facile de sonder chaque membre du groupe, même si la trahison peut exister)
- attirer la lumière des projecteurs (le groupe affinitaire étant restreint et n'ayant pas vocation à exister indéfiniment, il passe plus facilement inaperçu)
Le culte de l'action n'existe pas, ou en tout cas n'est pas une constante dans l'insurrectionnalisme. la théorie, l'idée, y a aussi grandement sa place. Même quand il s'agit de proposisions, de perspectives. Allier la pratique et les idées, il me semble que c'est ce à quoi tout anarchiste devrait aspirer. Donc un appel à l'action n'exclut pas le développement d'idées, et d'idées intéressantes.

> ...

ça me parait bizarre de se considerer comme une "minorité agissante",d'un point de vue révolutionnaire s'entend,vu le faible niveau d'antagonisme de mouvement révolutionnaire en france,alors 2 émeutes gauchistes par an plus quelques voitures brulées et dab chewinggummés,et 20 cocktails dans les champs (j oubliais),c'est une "minorité agissante"...et novembre 2005,c'est quoi au juste,ce serait pas les jeunes esclaves content de leur sort a aspiration petite-bourgeoise?

> c'est chiant de devoir mettre un titre

Personne, à ma connaissance, ne se considère comme "minorité agissante". C'est un état de fait, vu que la "majorité" ne l'est pas. De toute façon compter sur le nombre c'est signer sa défaite avant même d'avoir commencé à lutter.

Novembre 2005, c'est des jeunes esclaves certainement pas contents du tout de leur sort. Maintenant, prétendre qu'ils avaient massivement des volontés révolutionnaires est une erreur à mon avis. Et combien d'entre eux voulaient la disparition de l'argent au lieu d'en vouloir beaucoup (et donc ne pas souhaiter non plus la fin du capitalisme) ?

> xxx

ou ai je prétendu qu'ils étaient révolutionnaire?mais qu'est ce qui fait de vous "une minorité agissante",alors que le niveau de violence(antagoniste)du mouvement gauchiste (j'en suis un aussi) est inférieur a celui du peuple,si ce n'est une idéologie considérée comme supérieure?Urgence climatique,vas en parler aux syriens...pas besoin d'excuse bidon pour tout casser...et autre travers quasi-religieux,le fait de croire que le groupe affinitaire protège de l'infiltration et des balances...concernant le programmatisme,est tu pour une société sans classe ni état (évite le débat sémantique sur "société")?et toi,tu proposes quoi en fait?

> et

tu lutte contre le vieux monde,veux tu l'abattre?une fois le vieux monde abattu,qu'est ce qui se passe,concernant l'expropriation des moyens de production,de la propriété,etc...le groupe affinitaire seras t'il la base de ce nouveau monde? entendons nous bien,j'ai pas de solutions satisfaisante...mais renvoyer ces questions a du programmatisme,c'est un peu léger,non? faire d'une tactique (groupe affinitaire) une idéologie,faire d'un moyen un but,quel intéret? bizarre de critiquer le non-révolutionnarisme des jeunes de nov 2005 avec une grille de lecture "révoltaire",non?

> J'en ai marre des titres

Tu n'as pas dit qu'ils étaient révolutionnaires en effet, mais t'en as parlé, et j'ai rebondi dessus en disant ce que j'en pensais. Et si on continue là-dessus, je peux dire que si notamment le mouvement anarchiste (et je m'inclus dans les cibles de ma critique, même si à l'époque je n'étais pas anarchiste) avait accepté d'accompagner massivement ce moment insurrectionnel (sans s'y substituer hein attention, en l'accompagnant, un peu comme les différentes tendances qui ont coexisté durant Mai 68), des complicités intéressantes auraient pu voir le jour entre le mouvement anarchiste d'alors et ces jeunes.

Ensuite

Je t'ai dit précédemment qu'aucun anarchiste insurrectionnaliste ne se considérait comme "minorité agissante". A partir de là je ne vois pas trop comment je peux répondre à ta question.

Une remarque en passant : en associant l'anarchisme à la gauche, tu fais une erreur fondamentale. Surtout d'ailleurs les anarchistes insurrectionnalistes (ainsi que les individualistes) ont toujours rejeté la gauche. Et ça fait d'ailleurs doucement rire de voir la FA et AL manifester main dans la main avec le NPA. Bref.

Les syriens sont aussi dans l'urgence climatique, même si dans l'immédiat leurs inquiétudes se trouvent ailleurs. Mais bon, tu peux pas parler "des syriens", tout comme (précédemment), tu ne peux pas parler "du peuple". C'est des termes qui regroupent un nombre beaucoup trop important de gens qui ont des intérêt totalement différents et bien souvent contradictoires.

Il n'y a en effet pas besoin d'excuse, bidon si tu veux, pour tout casser. Tout comme il n'y a pas besoin d'excuse pour faire la fête, par exemple. Mais dans les deux cas, un événement (par exemple respectivement un sommet ou un aniversaire) rassemble un certain nombre de gens au même moment et au même endroit. Maintenant évidemment que ça ne doit pas s'arrêter le reste du temps, et d'ailleurs ça ne s'arrête pas, même s'il n'y a pas toujours de développement "politique" derrière.

Si t'as mieux pour protéger de l'infiltration et des balances, je suis preneur.

Je suis évidemment pour un monde sans classe ni état, ni frontière ni argent ni domination (et notamment sans domination de l'animal humain sur l'animal non humain). Je n'ai pas d'avis tranché sur "l'après". Un livre, que je ne citerai pas, propose une multitude de communes basées effectivement sur l'affinité. Pas besoin de coordination entre les communes puisque pas besoin de "cohérence" à un niveau régional, national ou autre (contrairement aux théories des illuminés de la démocratie directe par exemple)

Je sais pas trop quoi répondre à la première partie de ta seconde réponse. Tout ça c'est dans le feu de l'action d'un hypothétique révolution que ça doit se décider collectivement, et relativement localement à mon avis. La CNT avait tenté à l'époque d'échaffauder un plan, ça s'est terminé par une intégration à l'armée régulière et la mort de la révolution en Espagne...
Selon moi, c'est pas si léger de renvoyer ces questions à du "programmatisme" comme tu dis, puisque je ne vois pas bien comment on peut échaffauder à l'avance un plan sur une situation qu'on ne connaît pas encore (une hypothétique révolution). Un autre point important que les anarchistes ont tendance à oublier aussi, dans le cas d'une éventuelle situation révolutionnaire : Les différents individus actuellement (et à l'avenir) en colère n'ont pas du tout les mêmes intérêts (notamment différents groupes d'extrême droite "nationalistes révolutionnaires", les disciples de Chouard et compagnie comme je l'ai dit plus haut etc...). Et ça, par contre, je pense que ça fait partie des questions à se poser avant.

Je ne fais pas d'une tactique une idéologie. Il me semble que c'est plus facile, sur tous les points, de faire des choses avec des gens que tu connais et que tu aimes qu'avec des gens avec qui tu ne partages quasiment rien. C'est pas de l'idéologie, ça reste de la tactique. Et quant à faire d'un moyen un but, ça serait plutôt l'inverse parce que sinon à partir du moment où tu utilises le moyen en question, tu as atteint le but (désolé de faire de la sémantique).

Je ne critique pas l'absence de vue révolutionnaire de la majorité des individus qui ont participé aux émeutes de 2005. Il s'agissait visiblement d'une réaction de révolte face à un événement déclencheur, un peu comme l'histoire de la goutte d'eau et du vase. Ce que je peux critiquer en revenche, c'est l'utilisation de ces émeutes (qui ont quand-même été intéressantes hein, juste dommage qu'il ait fallu deux morts pour qu'elles se produisent) par des gens qui veulent aborder le sujet de la révolution. Selon moi c'est pas pertinent vu qu'à priori (mais je peux me tromper) ils n'avaient pas majoritairement de vue révolutionnaire.

> xxx

nombre d'anarchistes insurrectionnalistes se considèrent comme minorité agissante,malgré tes assertions...et quand je te dis "parles en aux syriens",je réponds a ton "urgence climatique",je n'engage pas un débat sur le sens du mot "syrien",docteur es sémantique...il y a tellement d'exemples de "groupes" ou "bandes" affinitaires qui ont pu etre infiltré ou balancés (de l'intérieur) que je ne vais pas faire une liste;ce qui est religieux,c'est de croire que le fait de s'affirmer anarchiste permet d'echapper a tous les travers des groupes humains,comme si par exemple l'informalité était une garantie contre l'autorité,la concurrence,la jalousie...ce qui est rebutant,c'est cette essentialisation de "l'anarchiste",pète un coup,souris,la vie est belle (je déconne)...ah oui,pour la "société" sans classe ni état,est tu contre la spécialisation? quelques exemples:chirurgien,recherche,robotique,informatique...ou les anarchistes doivent ils confire comme des amishs?et parler esperanto...

> commentaires masqués

J'ai caché un commentaire tout à fait inutile parmi le débat/discussion qu'il y a sous cet article. J'ai viré la réponse aussi du coup vu que ça perdait tout son sens.

> .

Eh bien je suis désolé pour ces anarchistes insurrectionnalistes. Comme quoi, même au sein d'une même branche d'un mouvement, il y a des divergences de point de vue.

Désolé pour ma digression sur "les syriens". Quoi qu'il en soit, urgence climatique ou pas, il y a bien d'autres raisons (d'un point de vue anarchiste hein) de tout péter, et ces raisons peuvent très bien se retrouver lors d'un contre-sommet sur le climat. Je ne suis pas vraiment pour la parcellisation des luttes. Encore une fois, je pense qu'un contre-sommet peut être un prétexte pour des rencontres, des discussions, des actions, et les perspectives doivent dépasser le cadre officiel du contre-sommet en question. Et il en va de même de chaque événement "militant". Je pense que c'est une des choses qui différencient une démarche purement réformiste d'une démarche à visée révolutionnaire.

Je veux bien te croire quand tu dis que des groupes affinitaires se sont fait infiltrer, balancer etc... Je ne voue pas un culte à l'affinité et à l'informalité. Je considère juste que jusqu'au jour où on me parlera d'autres méthodes d'organisation plus efficaces, je continuerai de considérer que celles-là font partie des plus efficaces. Mais évidemment que je ne leur voue pas un culte aveugle en considérant qu'elles sont infaillibles. Mais pareil, c'est un sujet (n'en déplaise à certains) qui mérite d'être débattu, discuté. C'est comme ça aussi qu'on améliore les chances d'obtenir des victoires. Pareil pour les anarchistes, je suis bien conscient que se dire anarchiste ne fait pas de toi quelqu'un de bien et d'infaillibles. Evidemment que des groupes anarchistes peuvent avoir des problèmes de prise d'autorité etc... Mais là où on peut être optimistes, c'est que la pratique anarchiste est encore jeune et marginale, contrairement à la pratique autoritaire qui elle, et que par conséquent on peut se prendre à rêver qu'elle puisse encore s'améliorer (mais, et là c'est un point de vue personnel, pas avec des orgas formelles).

La question de la spécialisation : je pense que dans un monde, ou même disons une communauté, anarchiste, l'organisation en elle-même tendrait à estomper la spécialisation. La médecine, par exemple : t'es pas sans savoir qu'il y a une sélection de malade, rien que pour devenir médecin généraliste. Et on ne me fera pas croire une seule seconde que c'est uniquement une question de compétences. Dans un monde où le dialogue, la transmission des connaissances seraient beaucoup moins bridés (que ça soit par convention sociale ou par une quelconque autorité (qui du coup n'existerait plus)), la pratique de la médecine, disons de base, à l'échelle de la communauté avec non pas un médecin, mais une multitude de connaissances en médecine qui pourraient, chacune, apporter leur pièce à l'édifice (et amener aussi du débat dans un domains où actuellement il est quand même bien cadenassé, notamment par l'ordre des médecins). Entendons nous bien, je ne prétend pas que ça rendrait la médecine plus efficace. Par contre ça la rendrait beaucoup moins étrangère, ça la démystifierait.
Maintenant de manière plus générale, spécialisation ou pas, je pense que c'est à chacun de choisir. Je ne suis pas plus choqué par une personne dont le caractère fait qu'elle veuille creuser à fond un sujet que par une personne qui souhaite s'intéresser à tout. L'important étant que la personne qui souhaite s'intéresser à tout ait les possibilités matérielles de le faire. Ca induit qu'il n'y ait jamais de rétention d'information. Parce que finalement la spécialisation vient largement de là, je pense.

L'esperanto :) je pense que ça ferait une bien meilleure langue universelle que l'anglais : elle n'est ratachée à aucune culture, aucune histoire, aucun morceau de Terre. Et puis surtout, à l'apprentissage elle fait partir tout le monde de zéro.

Mais bon, avec tout ça tu ne dis jamais, toi, quelles sont tes perspectives, les problèmes auxquels t'es confronté et les solutions que tu penses pouvoir y apporter

> et

je trouve cette intervention moins idéologique et plus interressante que les précédentes...je relis et j'essaye de répondre plus tard ;)...pour me "situer",je suis aussi anarchiste,je n'ai pas de perspectives a proposer,ni d'actions a entreprendre,je n'ai aujourd'hui aucune pratique révolutionnaire(au sens d'action) et une forte critique de l'activisme(comme stratégie),aucune organisation formelle anar me plait,et la mouvance insurrectionnaliste(que j'ai fréquenté) me rebute(principalement a cause de son idéologie),tout comme l"autonomie"(si tant est qu'elle existe)...j'ai rien a proposer,sinon je le ferais savoir,mais ça ne m'empeche pas de penser,critiquer...et agir(si j'en avais envie ;)),je n'ai pas de problème particuliers,les petits tracas répressifs que j'ai pu connaitre ne me faisant pas plus d'effet que la pluie...je n'AGIS pas,je REAGIT (peut etre la difference est elle juste sémantique-on échappe rarement a ce qu'on dénonce...)