ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»…

Mis a jour : le jeudi 25 octobre 2018 à 15:29

Mot-clefs: Racisme
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ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»…

« Il » avait déjà, objecteront les vrai(e)s croyant(e)s, « créé l’homme dans les plus admirables proportions[1] ». Cela dit, il aurait été bien bête de s’abstenir d’ajouter à son œuvre une amélioration aussi féconde. Georges Brassens notait justement que « la courbure des reins, ça c’est une trouvaille ! » Dans un registre (hélas) différent, l’« islamophobie » aussi…

Si je suis (du verbe suivre) le Dictionnaire historique de la langue française, « phobie » est tiré du radical du grec phobos : « Celui-ci désigne une fuite (due à la panique), d’où un effroi, une peur intense et irraisonnée. […] L’élément -phobie sert à former un nom féminin correspondant au mot en -phobe et exprimant l’aversion, une peur morbide. »

Contrairement à ce que croit et écrit Caroline Fourest[2], le terme « islamophobie » n’a pas été créé par les mollahs iraniens à la fin des années 1970. Il apparaît déjà dans la première décennie du XXe siècle, dans des textes de juristes et d’islamologues occidentaux[3]. Cela n’empêche pas qu’il ait été utilisé par des religieux en Iran, et surtout — depuis le début des années 2000 — par les cinquante-sept États de l’Organisation de la conférence islamique (OCI, renommée depuis Organisation de la coopération islamique), organisme intergouvernemental.

 

Je consulte le 2e Rapport de l’Observatoire de l’OCI sur l’islamophobie (juin 2008-avril 2009) ; avant-propos par le professeur Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’OCI.

Les valeurs communes de l’humanité devraient être solidement étayées par un engagement ferme en faveur des droits de l’homme, ainsi que de la reconnaissance de la dignité intrinsèque de tous les êtres humains. De ce point de vue, les droits de l’homme et les libertés fondamentales devraient être considérés comme les garants de la tolérance et de la non-discrimination et non pas seulement comme des facteurs indispensables à la stabilité, à la sécurité et à la coopération. […]

L’Islam est, par essence, une religion synonyme de « paix ». L’Islam prône le respect de toutes les croyances religieuses et confirme la véracité des confessions abrahamiques l’ayant précédé. Du fait qu’il corrobore les prophéties antérieures, il ne peut en aucun cas cautionner une quelconque attaque contre les prophètes ou les symboles religieux du Christianisme ou du Judaïsme. Dans ce contexte, il faut bien comprendre et rappeler que l’Islam n’est pas en compétition avec le Christianisme ou le Judaïsme.

L’islamophobie est un vocable qui désigne la résurgence contemporaine de la vieille discrimination contre les Musulmans et la déformation du message éternel de l’Islam. Elle s’explique aussi et, en partie, par l’ignorance et l’incompréhension de l’Islam en Occident. En effet, l’on commettrait une erreur de jugement éminemment regrettable que de croire que l’Islam est lié au terrorisme, qu’il est intolérant vis-à-vis des autres convictions, que ses valeurs et pratiques ne sont pas démocratiques, qu’il favorise la répression de la liberté d’expression et fait fi des droits de l’homme.

Sachant que la religion fait partie intégrante de chaque civilisation et de chaque culture, on comprend à quel point les idées fausses et l’incompréhension de l’Islam en Occident risquent de mettre en péril la paix et la sécurité des générations actuelles et futures. L’islamophobie est une forme de discrimination raciale. Elle véhicule en fait deux variantes du racisme latent, qui se manifestent tant dans l’apparence physique différente des Musulmans que dans l’intolérance vis-à-vis de leur religion et de leur culture.

Cet éloge des « droits de l’homme » par une réunion de ministres des Affaires étrangères de pays comme l’Égypte, l’Iran, le Maroc, le Bahreïn et l’Ouganda (mais on pourrait reproduire la liste entière) ne peut être considéré par des personnes sérieuses, et en tout cas par des militant(e)s révolutionnaires, que comme une plaisanterie obscène. Il faut mobiliser toutes les ressources de la raison pour ne pas être saisi d’« effroi et d’une peur intense » devant le cynisme vulgaire de ce ramas d’assassins, de geôliers, de tortionnaires, d’homophobes et de misogynes.

Et misophobes, donc, haineux par terreur des femmes, oh combien le sont-ils !

Mais revenons à la prose du Pr Ihsanoglu, et prenons-la au sérieux le temps d’une démonstration : « L’islamophobie est un vocable qui désigne la résurgence contemporaine de la vieille discrimination contre les Musulmans et la déformation du message éternel de l’Islam. » Bien. Quel est-il, déjà, le « message éternel de l’Islam » ? Facile : paix aux croyant(e)s de bonne volonté ! Que cela soit loin d’être appliqué dans les faits par les cinquante-sept États de l’OCI, c’est une évidence que j’écarte pour l’instant. Poursuivons : « L’Islam prône le respect de toutes les croyances religieuses. […] [Il] n’est pas en compétition avec le Christianisme ou le Judaïsme. »

Il est un mot, une notion, qui manque dans ce « rapport sur l’islamophobie ». Vous ne devinez pas ? Cela aurait du frapper les « libertaires » qui ont enfourché le cheval de la « lutte contre l’islamophobie ». Pas une seule fois, ne sont mentionné(e)s les athées, les mécréant(e)s, celles et ceux qui vivent en dehors de toute religion, et surtout s’ils ont été auparavant musulman(e)s pratiquant(e)s. Ces gens n’existent tout simplement pas dans la définition de l’humanité du Pr Ihsanoglu. Les droits « de l’homme » (sans même parler de ceux de la femme !) sont les droits des croyants, à l’exclusion de tous les autres êtres humains.

Le concept d’« islamophobie » sert donc ici à réaffirmer d’abord la légitimité moderne des régimes théocratiques, et de l’emprise de la religion sur la vie publique et privée de toutes et de tous, et ensuite à protester contre les discriminations ou les agressions dont sont — effectivement — victimes des musulman(e)s ou supposé(e)s tel/les à travers le monde.

 

Dans la démarche des cinquante-sept États de l’OCI, l’« islamophobie » est une arme de guerre idéologique contre l’athéisme. Et bien sûr contre les religions « concurrentes », en dépit des protestations de cohabitation pacifique. Le message religieux se superpose, comme c’est toujours le cas, mais plus clairement que jamais, avec un discours et une volonté politiques.

On notera qu’une seconde dimension n’apparaît que par raccroc dans le texte : « L’islamophobie est une forme de discrimination raciale. Elle véhicule en fait deux variantes du racisme latent, qui se manifestent tant dans l’apparence physique différente des Musulmans que dans l’intolérance vis-à-vis de leur religion et de leur culture. »

Passons sur la maladresse de traduction (officielle) de l’anglais original au français ; le racisme ne se manifeste pas « dans l’apparence physique » mais la prend pour prétexte. Admettons que se confondent ou se combinent en effet un racisme supposé « biologique » et un autre plus « culturel » dans des actes d’hostilité commis à l’égard de musulman(e)s ou supposé(e)s tel/les. L’avantage de cet amalgame est de récupérer comme « discrimination religieuse » toute manifestation de racisme, ce qui contribue à légitimer les religieux et les dictateurs comme représentants « naturels » de millions d’individu(e)s qui n’en peuvent mais, et à invisibiliser et disqualifier les maghrébins athées ou/et les personnes de culture musulmane laïques, qu’ils/elles vivent dans des pays laïcs ou subissent la charia dans les pays où elle tient lieu de codes civil et pénal.

La lutte contre l’« islamophobie » serait-elle l’antiracisme des imbéciles ?

En septembre 2012, soit trois ans après le second rapport de l’OCI sur l’« islamophobie », était publié, à l’initiative de militant(e)s d’Alternative libertaire (si j’ai bien compris), un appel intitulé « Libertaires et sans concessions contre l’islamophobie ! », dont je reconnais que je ne me suis pas préoccupé à l’époque.

J’avais tort.

Voici le premier alinéa du texte :

Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de l’islamophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que l’islamophobie est une forme de racisme.

On voit l’ornière sémantique dans laquelle les rédacteurs patinent dès le départ : l’« islamophobie » existe, inutile donc de s’interroger sur l’apparition et la pertinence du concept, il ne reste plus qu’à la dénoncer. Ici, comme « une forme de racisme ». Les exemples donnés mélangent mesures d’État contre le port du voile et agressions de rue.

Les rédacteurs se plaignent que leur « famille politique » — anarchiste ou libertaire, donc —soit « imprégnée par l’idéologie islamophobe ». Au point, tenez-vous bien ! que certains se livrent bien à une « condamnation certes claire de l’islamophobie mais couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse » (Je souligne).

Reprenons calmement : est un signe d’imprégnation islamophobe, donc raciste, le fait — pour un anarchiste — de rappeler le combat primordial contre l’aliénation religieuse au même moment où il condamne « clairement » une discrimination raciste visant telle catégorie supposée d’individu(e)s.

Autrement dit : le bon anarchiste antiraciste sait taire son athéisme et/ou son anticléricalisme quand il condamne le racisme. Sinon, il est déjà raciste. L’antiracisme ne se suffit pas à lui-même (c’est vrai !), il doit de surcroît tolérer « dieu », en l’espèce : Allah.

Pas encore complètement imprégnés eux-mêmes de ce nouvel antiracisme, les rédacteurs tiennent à prendre des précautions. Aussi affirment-ils :

NON, combattre l’islamophobie ne nous fait pas reculer devant les formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux. Nous apportons ainsi notre soutien total à nos camarades en lutte au Maghreb, au Machrek[4] et au Moyen-Orient qui s’opposent à un salafisme qui prend là-bas les formes réactionnaires et fascistes, et cela au plus grand bénéfice de l’impérialisme occidental.

Est-ce rassurant ? J’ai bien peur que non. Les « formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux ». La phrase est mal fichue, mais passons. Où Diable se cachent les « phénomènes religieux » qui n’emportent aucune forme d’oppression ? Parce que c’est bien ça qu’on nous affirme pour nous tranquilliser. Où ? Mais c’est pourtant simple, chez les chiites par exemple. Puisque seul le salafisme, courant sunnite, est donné comme exemple de religion « pouvant » prendre des « formes réactionnaires et fascistes »… Et vive l’Iran, dont le chiisme est la religion d’État ! Voilà qui valait la peine d’être « rappelé » aux « camarades » anarchistes, avec guillemets dans le texte original.

Est-ce tout ? Hélas non !

Enfin ce problème [l’islamophobie dont le but est de diviser les dominés] pose aussi la question d’une sorte d’injonction à l’athéisme, condition sine qua non pour prendre part à la guerre sociale et militer dans une organisation libertaire. Il serait donc impossible ou infondé d’exprimer sa foi si l’on est croyant, tout en partageant certaines convictions progressistes. Nous nous opposons à l’essentialisation des croyants et du phénomène religieux, qui se fait sans donner la parole aux premiers concernés, et qui nous conduit aujourd’hui aux pires amalgames.

Ainsi, après avoir été considéré comme une forme de racisme, l’athéisme proclamé doit être rayé des conditions nécessaires pour « militer dans une organisation libertaire ».

Assez d’« injonction à l’athéisme » ! Assez de ces « Ni dieu ni maître ! », qui pourraient bien, en effet, être ressentis par des croyant(e)s comme une critique de leurs superstitions.

Nous en sommes là.

Et c’est le concept d’« islamophobie » qui a servi de véhicule.

La lecture de ces deux documents, l’un émanant d’une réunions de ministres d’États religieux, l’autre de « libertaires » (j’ai bien droit aux guillemets, moi aussi, n’est-ce pas) ; l’ahurissante et répugnante convergence idéologique qu’ils manifestent dans l’invisibilisation et la négation du simple droit à l’athéisme (sans même parler de sa nécessité pour un esprit libre) suffisent amplement à mes yeux pour se garder de l’usage du dit concept. Il mérite d’être considéré comme un danger et une arme contre les partis pris philosophiques et sociaux du courant communiste libertaire et anarchiste auquel je me rattache.

 

 

Ni dieu ni maître ! Je vois cette formule qualifiée par un « anarchiste » militant contre l’ « islamophobie » de dicton (sur Indymédia Nantes).

C’est original. Je suppose que le syntagme « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » est un vieux proverbe bavarois…

 

« Dieu » est-il un camarade qui se trompe ? Je n’en crois rien.

Je considère maintenant la liste des signataires de l’appel en question. J’en connais certain(e)s, pour lesquel(les) j’ai de l’estime ; d’autres me sont antipathiques : je ne peux croire que les un(e)s et les autres aient lu et médité ce texte avant de s’y associer. Quant à Christine Delphy, libertaire comme je suis évêque, la seule question qu’on peut se poser, sachant qu’elle au moins assume l’entièreté du texte, c’est : « Qu’est-ce qu’elle fout là ? »

Je vois une autre connaissance parmi les signataires : Stéphane Lavignote. Théologien et pasteur protestant, pour qui j’ai beaucoup d’affection (je l’ai connu avant sa crise mystique et lorsqu’il pouvait se qualifier de libertaire). Au moins, sa présence est logique et cohérente. Le polisson a publié en 2014 un petit livre intitulé Les Religions sont-elles réactionnaires ? (voir bibliographie ci-après) dans lequel il a précisément choisi de ne pas parler d’Islam mais du christianisme, qu’il connaît bien. Comme le titre le laisse facilement deviner, la réponse, du point de vue de l’auteur, est négative. Il convoque comme preuves — un peu malhonnêtes, me semble-t-il — les sectes subversives du Moyen âge. On pourrait remonter aussi bien à certaines des premières sectes chrétiennes, gnostiques, mais cela ne prouve pas grand chose puisque, à l’époque, les revendications égalitaristes ne pouvaient s’incarner que dans des hérésies. Les « grandes » religions unifiées se sont d’ailleurs employées à réduire, y compris militairement, ces sectes et communautés utopistes.

Il me semble que la question qui aurait pu être posée est plutôt : « Les croyant(e)s sont ils/elles toujours réactionnaires ? » Ce qui rejoint celle qui est soulevée par Alternative libertaire, dans des termes un peu différents : « Des révolutionnaires anarchistes peuvent-ils participer à la “guerre sociale” aux côtés et en collaboration avec des croyant(e)s ? » À la première question, je réponds « Non » ; à la seconde, je réponds « Oui ».

C’est sans doute le moment de préciser que j’ai eu, ai et aurai, avec des personnes de culture musulmane (entre autres !) des relations d’amitié, d’amour, et de militantisme politique commun. Au passage, on voit comment la démarche anti-« islamophobie » conduit les « libertaires » qui l’affichent à réduire au strict minimum — surtout par rapport aux ronflantes étiquettes du premier alinéa — les caractéristiques des participant(e)s de la « guerre sociale ». Il ne s’agit plus que de « partager certaines convictions progressistes ». Des « convictions », voyez-vous ça ! La « guerre sociale » serait affaire de « convictions », pas d’analyses ! Voilà une autre révision complète de la théorie révolutionnaire, au bénéfice des seul(e)s croyant(e)s. En effet, s’il s’agit de « convictions », en l’espèce « progressistes » (coucou l’idéologie du « progrès » qui refait surface !), alors les croyant(e)s sont particulièrement bien préparé(e)s à la « guerre sociale », et en effet il serait incongru de leur reprocher d’exprimer une conviction parmi d’autres : leur foi religieuse.

Outre le retour en arrière formidable (en fait de progrès !) que cette position manifeste par rapport aux acquis du mouvement révolutionnaire, c’est aussi une volée de coups de rames assénées sur la tête, non pas seulement des athées, révolutionnaires ou non, qui se battent pour survivre dans les pays musulmans, mais aussi de celles et ceux qui doivent ici mentir quotidiennement (mineur[e]s) ou continûment (majeures) à leurs parents, à l’oncle, au grand frère, pour préserver leur droit d’aimer qui ils/elles veulent ou d’absorber les boissons de leur choix[5]. Pourquoi nos « libertaires » n’ont-ils jamais un mot pour celles et ceux qui sont l’objet de remarques moralisatrices, d’insultes ou qui prennent des claques dans la gueule parce qu’ils boivent une bière sur le pas de leur porte, ont mis du rouge à lèvres ou ont risqué des remarques mécréantes au cours de français ? La réponse est lamentable : ils ont choisi de ne pas le savoir, ou de le nier. Ils se préoccupent du droit des lycéennes de porter un voile en classe, mais pas d’écouter les témoignages des enseignant(e)s qui rapportent que d’autres se félicitent de l’interdiction, qu’elle peuvent opposer aux pressions. Pire encore, ce type de faits est laissé à la discrétion propagandiste des politicards de droite ou du Front national, manière de confirmer leur négation.

Pourquoi cet aveuglement ? Nul cynisme là-dedans. Plus probablement la « conviction » que ce parti pris par la force des choses proreligieux est un bon moyen, le seul peut-être, de ne pas perdre un « contact » (laissez-moi rire !) avec une minorité de la jeunesse issue de l’immigration, dont la radicalisation, y compris politique, passe par une pratique religieuse abandonnée des parents depuis longtemps.

Entendons-nous : il est légitime et important de condamner tout espèce de racisme — y compris quand il prend le masque ou s’alimente d’une réelle « peur de l’islam ».

Puisque nous vivons dans un monde que nous ne pouvons changer d’un coup de baguette magique, il est logique également de prendre en compte des revendications qui n’ont pas de sens immédiat pour nous. Ainsi est-il compréhensible qu’un croyant non-catholique ressente comme discriminatoire la liste des fêtes chômées, dont nous avons oublié ou dont nous négligeons l’origine uniquement catholique.

Pour autant, il me paraît à la fois inutile et dangereux de séparer les différentes formes de racisme, « biologique » ou culturel : antisémitisme, racisme postcolonial, institutionnel et policier, selon la couleur de la peau, discriminations diverses dans les domaines du logement et de l’emploi, racisme anti-roms, etc.

Faut-il préciser (oui !) : y compris quand il est le fait de membres d’une autre minorité religieuse ou ethnique (culturelle). L’agression d’un jeune portant une kippa n’est ni moins grave ni moins condamnable que l’agression visant une femme portant le hijab.

Dangereux encore d’ouvrir la porte à des revendications religieuses. Qui décidera, et selon quels critères, que l’enseignement du créationnisme ne constitue pas un « droit » pour les élèves dont les « convictions » (ou celles de leur familles, musulmanes, catholiques ou protestantes) récusent le darwinisme ? Qui décidera que les billevesées d’un imam sur la course du soleil autour de la terre doivent bien être dénoncées comme contrevérités scientifiques ou que cela vient « heurter des sensibilités » aussi légitimes que d’autres ?

La réhabilitation de la conviction et de la croyance — politique ou religieuse — est une régression politique et intellectuelle. On ne combat pas un système avec des croyances, « moyen de locomotion psychique » que l’écrivain Robert Musil associait aux « vaines tentatives de vol d’une poule domestique ».

S’ensuit-il que nous devions établir une espèce de « cordon sanitaire » et politique pour nous « protéger » des croyant(e)s. Non, bien sûr. Je considère d’ailleurs que les jeunes filles voilées peuvent être vues davantage comme un maillon faible que comme l’avant-garde de la reviviscence musulmane.

Notamment parce que beaucoup d’entre elles sont dans une démarche d’émancipation sociale et individuelle — même si elle passe paradoxalement par une phase religieuse — contre les déterminations sociales, racisantes et genrées qu’elles subissent. Ce qui n’est certainement pas le cas des jeunes militantes de la Manif pour tous.

En passant, je voudrais dire que la bienveillance forcée, pour des raisons tacticiennes[6], de certains « libertaires » à l’égard du retour à la pratique religieuse de jeunes issus de l’immigration, recèle au moins autant de mépris qu’on peut en déceler chez certains racistes (y compris du genre « laïcards ») : certes nous autres avons profité du progrès dans une société laïque, mais pour « ces gens-là », minorité discriminée, originaire de régions arriérées, on peut comprendre et pourquoi pas encourager toute affirmation identitaire.

Cela dit, ni l’insulte (évidemment) ni la caricature[7] ne sont de bons moyens pour entamer ou poursuivre un dialogue avec ces jeunes femmes musulmanes, ou la minorité politisée d’entre elles qu’il est facile et banal de rencontrer dans certaines manifestations. Il nous faut trouver, ce qui ne saurait aller sans tâtonnements et faux pas, une manière de concilier

a) la réaffirmation de nos positions — je parle en tant qu’anarchiste — antithéistes ;

b) la lutte contre toutes les discriminations racistes ou ethniques.

Je ne vois aucune raison de penser que ce dernier objectif serait plus efficacement atteint si les libertaires acceptaient d’endosser le concept toxique d’« islamophobie ». Et même si je me résous pas à être taxé, comme d’autres camarades semblent le faire, d’« islamophobie[8] », je pense en effet que ce serait capituler que d’intégrer à notre répertoire théorique et politique un concept manipulé aussi volontiers par des États et des organisations religieuses, en voulant ignorer par phobie idéologique ou démagogie militante son contenu implicite.

« Dieu », nous dit-on, reconnaîtra les siens… Inutile de faire durer le suspens : Je n’en suis pas !

 

[1] Mais c’était pour mieux le précipiter « vers le plus bas degré de l’échelle » (Sourate 95, « Le Figuier » ; j’utilise l’édition de poche du Coran chez GF, traduction de Kasimirski, chronologie et préface de Mohamed Arkoun).

[2] Libération, 17 novembre 2003.

[3] Par exemple : Quellien, Alain, La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française, Paris, 1910, seconde partie, chap. I, p. 133 (Gallica).

[4] Ce terme désigne l’Orient arabe ; la liste des pays qu’il doit englober varie selon les analystes.

[5] Je ne prêche pas ici pour une transparence complète de la vie privée, mais ne pas pouvoir parler de sa vie à ses proches est bien différent de choisir de ne pas le faire.

[6] On a même vu des Femen, violemment antireligieuses en principe, afficher le slogan « Allah created me free » !

[7] Critiquer ou moquer une superstition est et doit demeurer un droit imprescriptible. On ne saurait en déduire que toute moquerie est opportune. Il est bien possible que les « mascarades antireligieuses » de la Révolution française, pour radicales et sympathiques qu’elles apparaissent à l’antithéiste que je suis, aient été au moins aussi contre-productives que libératrices.

[8] Voir « Protestations devant les libertaires d’aujourd’hui… », en bibliographie.

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Lectures

Al-Husseini, Waleed, Blasphémateur! Les prisons d’Allah, Grasset, 2014.

Benhabib, Djemila, L’Automne des femmes arabes, H & O, 2013.

Chafiq, Chahla, Islam politique, sexe et genre. À la lumière de l’expérience iranienne, Le Monde-PUF, 2012.

Charb, Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, Les Échappés, 2015. Eltahawy, Mona, Foulards et hymens. Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle, Belfond, 2015.

Lavignotte, Stéphane, Les Religions sont-elles réactionnaires ?, Textuel, 2014.

Ni patries ni frontières, notamment n° 48-49, avril 2015 et n° 50-51, juin 2015.

« Protestations devant les libertaires d’aujourd’hui sur les capitulations devant l’islamisme »

Quelques remarques sur ce dernier texte

Rédigé par un camarade anarchiste en 2013, remanié et publié en février 2015, après les assassinats de l’équipe de Charlie Hebdo et des clients de l’hypermarché cacher, il n’a été porté à ma connaissance (par son auteur) que plusieurs mois après sa publication sur Internet. C’est le signe que le milieu libertaire n’a hélas ! toujours pas acquis d’habitude de débat dans les situations de crise.

Une dizaine de sites ont repris mon propre texte « Vous faites erreur. Je ne suis pas Charlie… », mais personne n’a songé à me signaler l’existence de celui-ci. Ni l’auteur, ni tel autre ex-camarade avec lequel j’ai rompu après qu’il m’a révélé considérer mon texte comme « islamophile » (sic)…

À ce propos, je crois que je suis en train de développer une allergie sévère aux mots et pseudo-concepts qui se terminent en « phile » et « phobe » !… Manifestement, ça n’aide pas à penser.

Je ne suis pas convaincu, c’est peu dire, par la manière dont l’auteur de « Protestations… » distingue l’islam des autres religions : « En revanche, nous pensons que l’islam, historiquement et dès son orsigine, est éminemment politique par sa volonté de conquête à la pointe du sabre, de la cité ou de territoires nouveaux. » Il ne s’agit pas pour moi de récuser comme choquante toute comparaison entre les religions. L’opération intellectuelle de comparaison entre elles est parfaitement licite, et d’ailleurs couramment pratiquée par les sociologues et les historiens. Mais le catholicisme a donné assez de preuves, au cours de l’histoire, de ses visées politiques expansionnistes et colonialistes pour qu’il soit aventuré d’essentialiser le seul islam dans ce domaine.

Par ailleurs, je ne suis pas convaincu non plus par la pertinence de l’assimilation islamisme radical / fascisme, dont je crains qu’elle soit perçue d’abord comme une manière de situer l’islamisme sur l’échelle de Richter de la condamnation morale (le fascisme représentant le mal absolu), ce qui me semble sans intérêt.

Je rejoins l’auteur, comme on l’aura compris à la lecture de nos deux textes, sur l’importance de l’antithéisme et sur la nécessité de ne pas séparer les différentes formes de racisme, même et y compris sous prétexte que celle-ci serait plus souvent pratiquée par des jeunes issus du prolétariat immigré des anciennes colonies françaises.

L’un des « dégats collatéraux » du concept d’ « islamophobie » est de faciliter l’emploi du nouveau gadget conceptuel de quelques libertaires, partisans de l’ « union des minorités opprimées » comme sujet de l’histoire. Un concept toxique en alimente un autre.

 

 

copyleft - https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/08/23/et-dieu-crea-lislamophobie/

Commentaire(s)

> islamophobie = division

Préparez vous des migraines avec les commentaires longs des non-révolutionnaires noyeu-se-r-s de poisson...

> Article refusé.

article publié ici à des fins de conflits, y'a déjà eu pleins de publication dernièrement ici même

> Article en débat.

Je suis pas d'accord pour refuser l'article sur le motif de conflit, dans ce cas la beaucoup d'articles sauteraient. Du coup je le mets en débat le temps qu'on discute ce qu'on en fait puisque certaines personnes du collectif sont pour le refus, et d'autres pas.

> Le amis de nos ennemis ne sont pas nos amis

Pour ceux qui n’auraient pas encore compris le but de ces articles qui défendent le dernier racisme à la mode propagé par la classe politique, les médias, et leurs idiots utiles de l’ultragauche, il n’y a qu’à aller voir leurs réactions dès que les anti-islamophobes se manifestent.

https://nantes.indymedia.org/articles/31979

On a rarement vu un tel déchaînement de haine, de mauvaise foi, de calomnies… au point qu’on se demande si c’est pas nous leurs ennemis principaux, avant les fachos et les racistes. C’est d’autant plus crapuleux venant de gens qui se continuent à se prétendre libertaires alors qu’ils développent les clichés les plus racistes sous couvert d’« antithéisme », comme s’ils étaient détenteurs d’un copyright !

Claude Guillon a atteint les limites et nous démontre qu’il n’a plus aucun sujet à traiter autre que les polémiques de caniveau. Sa défense est pathétique et mérite de passer dans les annales :

Concept d’«islamophobie» (suite) : textes, liens, débats, mensonges et sarcasmes…
https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/09/03/concept-dislamophobie-suite-textes-liens-debats-mensonges-et-sarcasmes/

Claude Guillon est un beau parleur, mais ses exercices de style n’arriveront pas à cacher l’indigence de son argumentation. Concernant ses « réponses » aux anti-islamophobes, il n’arrive pas à dépasser l’effet de style en esquivant tous les problèmes de fond pour les remplacer par quelques bons mots.

« Au passage, j’ai l’impression que certains voient Coleman, auteur-éditeur d’une revue tirée à 200 exemplaires, comme une espèce de Citizen Kane du XXIe siècle, au cœur de la concentration de la presse française… »

Mais non, mais non, rassure-toi, personne ne voit Coleman comme un Citizen Kane, il n’en a pas les moyens, c’est simplement l’idiot utile des médias du pouvoir, avec simplement un pouvoir de nuisance incontestable dans le milieu libertaire et ultragauche.

« il est facile à notre illusionniste d’aligner une longue liste de liens conduisant à des articles de Coleman, dont il va de soi — désormais — que je suis censé les endosser. »

Claude Guillon n’est pas sans ignorer que, dans le milieu qu’il fréquente, qui ne dit mot consent. C’est bien la méthode qu’ils utilisent pour nous traiter de négationnistes, antisémites, rouges-bruns et autres joyeusetés dès qu’on ne se démarque pas prioritairement et d’une manière absolue de leurs ennemis, et aucune hésitation n’est permise. On peut donc supposer que Guillon est en accord avec lui-même, et que s’il ne critique aucun des articles de Coleman contre les “antisionistes”, les “anticolonialistes”, “les anti-impérialistes”, et que de surcroît ils échangent de plus en plus leurs articles dans leurs sites respectif, c’est bien qu’il accepte de les « endosser ».

Et c’est la même chose pour Alberola : « Le même fan me reproche de m’être « acoquiné » avec Octavio Alberola, en publiant à ses côtés une critique de Chomsky, Alberola dont « je ne peux pas ne pas avoir lu » un texte en faveur d’Onfray… Vous suivez toujours ? »

Ouais, ouais, on suit toujours, c’est pas très difficile. Si j’ai bien lu le commentaire, il s’agit de textes contre Chomsky publiés conjointement par Alberola, Guillon et Coleman, lesquels Alberola et Guillon par ailleurs se tapent dessus sans modération à propos d’Onfray. Contrairement à ce qui est affirmé par ailleurs, on voit que les ennemis de nos ennemis sont parfois nos amis quand la diplomatie l'exige. J’ai tout compris ?

« Or me voici dans la pénible obligation de dessiller les yeux de mon sévère critique : je ne connais pas Alberola, sinon de vue, je ne lui ai jamais parlé. Et personne ne m’a demandé mon avis pour publier nos textes conjointement. »

Ça, c’est imparable comme raisonnement, quel jésuitisme ! Il ne connaît pas Alberola, mais il n’est pas censé vérifier qui est publié « conjointement » à lui, et en plus on ne lui a pas demandé son avis, donc il s’en lave les mains ! Quand quelqu’un qui est au courant de tout ce qui se publie, à plus forte raison quand son nom y est associé, ferme sa gueule dans certains cas précis alors qu’il a l’habitude de démarrer au quart de tour pour un pet de travers, c’est que la raison d’Etat est plus forte que l’honnêteté intellectuelle. C’est exactement comme son nouveau pote qui ne trouve pas plus choquant que ça d’être publié par la droite et l’extrême droite « conjointement » à leurs écrits crapuleux (mais qui vont dans son sens) :

http://www.desinfos.com/spip.php?article3357

http://www.zionism-israel.com/limites_de_l

http://archives-forum-sarko.probb.fr/t499-le-meurtre-d-ilan-halimi-et-le-malaise

Et ce n’est pas tout, pour nous prouver qu’il n’est pas Charlie, Guillon nous cite cette tirade :

« Je ne suis pas Charlie, parce que si je partage la peine des proches des personnes assassinées, je ne me reconnais en aucune façon dans ce qu’était devenu, et depuis quelques dizaines d’années, le journal Charlie Hebdo. Après avoir commencé comme brûlot anarchisant, ce journal s’était retourné — notamment sous la direction de Philippe Val — contre son public des débuts. Il demeurait anticlérical. Est-ce que ça compte ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Certainement pas. »

C’est ça, une critique de Charlie ? Il se fout de notre gueule ! Ce qu’on aimerait savoir, c’est en QUOI Charlie se serait « retourné contre son public des débuts ». Mais pour répondre Guillon aurait été obligé de parler de racisme, d’islamophobie et de ralliement aux valeurs de la République, entre autres, et ça lui est impossible à cause de sa nouvelle allégeance. Ah, Charlie est resté anticlérical, quand même, non ? Oui, effectivement, mais ça nous fait une belle jambe si en même temps il reste islamophobe et philosémite, qu’il défend les guerres impérialistes, l’Etat d’Israël et la laïcité d’Etat.

Claude Guillon n’est ni le premier ni le dernier à avoir retourné sa veste, et on n’en ferait pas plus de cas que les Cohn-Bendit et autres Philippe Val s’il ne se croyait pas obligé de nous agresser chaque fois qu’on mène une lutte antiraciste. Il y a des conneries qu’on peut mettre sur le compte de la vieillesse, mais d’autres ne passent pas, comme de nous accuser d’avoir « abandonné l’antithéisme » ou de récuser le « fier slogan Ni dieu ni maître » et d’en faire un « dicton » raciste ! Ce n’est plus une attaque politique, c’est une pure saloperie. Ni oubli ni pardon !

> Claude Guillon, un cadavre

Parlons peu parlons bien. Depuis trois ou quatre décennies dans les revues "radicales" et depuis deux ou trois sur Internet, l'étiquette radicale se porte bien, de blog anar en libertaire, qui anti-autoritaire qui antifa, qui garantissant sa pureté issue de l'ultragauche ou de l'autonomie ouvrière (qu'ils n'ont jamais vécue), qui reconverti en abolitionniste d'un prolétariat ayant perdu son identité de classe mais pas sa destinée, à leurs yeux en dernière instance, de s'auto-abolir.

Ces gens-là, que j'ai tous peu ou prou épinglés ad nominem, sont vieux ou jeunes - les jeunes gauchistes font les vieux cons - ils ont plus ou moins de thunes, mais la plupart ne sont ni de souches ouvrières ni d'origines ethniques ou raciales leur ayant donné une expérience de la chose, de la misère ou du racisme, ou des deux. Des trois, puisque ce sont généralement des mecs, et les nanas de ces milieux itou, question origines sociales ou raciales.

Ce sont pour la plupart des gens instruits, qui s'expriment avec facilité, à l'écrit sinon à l'oral : dans une réunion publique, beaucoup sont moins bavards qu'en ligne, pseudonyme ou pas (Guillon parle à Radio Libertaire avec les mêmes effets de langage qui vous distingue, à France Culture). Il leur est donc facile de résister à l'insulte commune : "intellos". Mais, dans le sens que ce terme a pris dans les écoles des quartiers, ils sont bien, de fait, comme ces "intellos", c'est-à-dire des jeunes issus de milieux leur ayant offert, ou leur offrant, les moyens d'études longues et de meilleurs débouchés dans la société. Qu'ils fassent le choix de la refuser n'y change rien : ils seront toujours avantagés sur les prolos français en surplus.

Claude Guillon, un cadavre

Quand on voit un Claude Guillon, anarchiste de plume, et l'éloge de son dernier bouquin dans "Le Monde libertaire" : Une écriture mordante et radicale, la modestie avec laquelle il affiche ça sur son blog "généraliste", quand on sait le peu d'expérience et de feeling prolétaire qu'il y a dans son "communisme libertaire" , quand on a vu des années le relai complaisant à son texte creux au niveau théorique « Communisation, l'impensable projet », quand on sait d'où il vient : un privilégié de la race et de l'argent - issu de la petite bourgeoisie parisienne, deux parents chirurgiens-dentistes...- on comprend tout l'anarchisme de ses textes, tout son égo-narcissisme d'écrivain avec un brin de talent (pas difficile, élevé au milieu des livres, comme Dauvé...), quand on sait qu'il préfère ses relations dans le milieu du journalisme parisien, à mettre en lien de son blog des références de classes, qui feraient tache sur sa réputation mérité d'anarcho à plume du troisième âge, en mal de laisser une trace dans la littérature radicale, ils l'ad-maîtron...

Ton cinoche, Guillon, profites-en avant de passer. Il est en train de s'effondrer, le tien et celui d'autres, qui ne peuvent plus montrer leur petite culotte d'écrivain licencieux sur les marches du festival radical en ligne, bien de plus grande valeur intellectuelle pour leurs apports théoriques, et par conséquent moins célèbres que toi médiatiquement (les luttes suicidaires de prolos brûlant leur boîte, ça rapporte moins que tes recettes aux petits oignons de "Suicide mode d'emploi", et itou pour tes conceptions de l'amour, qui ne sont pas prêtes de faire un tabac dans les banlieues : très fier, il y a quelques années, de boycotter ta boulangère kabyle : Oh secours ! Ma baguette parisienne ! Ni dieu ni maître ! Ni boulangère arabe !

Bobo-Guillon si courageux pour te faire mousser, Peux-tu te dire anarchiste ? Sans problème, vu ce que c'est devenu aujourd'hui, c'est pas difficile. Et ta dernière ineptie - si j'en crois Le Monde Libertaire -, concernant le net qui va permettre une révolution pacifiste* (mais c'est d'génial !), c'est d'une naïveté confondante et d'une ignorance crasse du fonctionnement des tuyaux : à part peut-être les vieux papiers de la révolution française, tu n'étudies rien sérieusement […]

http://communism-decolonial.forumactif.org/t139-l-anarchisme-identitaire-inde-passable-claude-guillon-un-cadavre-yves-coleman-patlotch-raciste-le-surf-des-bobos-anars-dans-l-ideologie-francaise-universelle-de-cheval-blanc

> Reniements

C’est fou comme on peut évoluer (mal) en vieillissant (mal). Guillon avait bâti une partie de sa réputation comme pourfendeur de Michel Onfray (et donc aussi d’Albert Camus). Mais, alliance avec Coleman oblige, et l’ennemi prioritaire étant désigné : Chomsky, il n’hésite pas à publier un texte contre ce dernier conjointement avec son complice Coleman et Octavio Alberola, grand propagandiste de Camus et Onfray devant l’Eternel :
https://bellaciao.org/fr/spip.php?article126290

Et voilà que maintenant, sur le thème de l’islamophobie, on s’aperçoit que la convergence de ses arguments avec ceux d’Onfray est de plus en plus évidente. Vont-ils bientôt se rouler des pelles ? L’avenir nous le dira, mais en attendant, on peut s’instruire avec cet article toujours d’actualité publié par LMSI, et qui pourrait aussi bien s’appliquer à lui aujourd’hui :
http://lmsi.net/Proposition-de-loi-pour-l

> Pourquoi tant de haine ?

Pourquoi Claude Guillon est-il si agressif avec les libertaires antiracistes ? Parce qu’ils perturbent son fonds de commerce axé sur sa nouvelle allégeance à la pensée Coleman.

On pourrait penser que quelqu’un si prompt par le passé à pourfendre l’anarchisme « mou » représenté principalement par la FA serait bien emmerdé pour faire la promotion de ses bouquins par l’intermédiaire du Monde libertaire et de Radio libertaire. Mais pas du tout, la notoriété vaut bien une messe (laïque). Et puis les nouvelles positions du sieur Guillon coïncident miraculeusement avec celles de la FA depuis son offensive contre les anti-islamophobes. On peut dire aujourd’hui, vu le cheminement de Guillon sur les traces de la FA, qu’il est certainement plus proche de Riposte laïque que des libertaires et des antiracistes. Voilà où ça mène :

http://www.fdesouche.com/69585-«tant-quon-est-culpabilise-detre-occidental-on-va-droit-dans-le-mur

http://ripostelaique.com/A-Anne-Zelensky-et-Pierre-Cassen.html

http://www.alternativelibertaire.org/?Confus-Zanaz-L-impasse-islamique

https://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/25/pas-dislamophobie-au-nom-des-idees-libertaires/

Il est trop, ce Guillon ! Il s’en prend aux libertaires antiracistes parce qu’ils déviraient de la ligne « antithéiste » sans concessions et feraient ainsi le jeu des islamistes, mais il n’a pas peur de fréquenter d’autres « libertaires » qui eux font l’éloge de Camus ou d’Onfray, défendent le bouquin de Zanaz identifiant islam, islamisme et terrorisme, copinent avec Riposte laïque… Bref, pour un ultrapuriste comme Guillon, ça la fout plutôt mal ! Mais bon, si ça peut faire vendre, c’est toujours ça de pris. Ce mec-là a écrit « Comment peut-on être anarchiste ? » Apparemment, il n’a pas trouvé la réponse…

Pour rigoler un peu : « Le groupe ALBERT CAMUS de Toulouse reçoit Claude Guillon le Mardi 23 Juin à 19H00. » Ça ne s’invente pas !

> et pourtant, Dieu n'existe pas…

à propos de ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»… Claude Guillon (pas raciste, puisqu'il fait l'amour même avec des Arabes, dit-il, ce petit colon franchouillanar autochâtré professeur en suicide... pour les autres)

A quoi bon polémiquer sans fin sur l'usage et la pertinence du "concept" d'"islamophobie", si c'est pour ne le voir que depuis son point de vue étroit, toujours le même, sans la moindre distanciation, ni effort de comprendre en quoi il peut recouvrir quelque chose de juste, pour qui en est "victime", musulman ou pas, et même comporter une vertu politique pour résister à l'idéologie française ?

Inutile d'essayer d'en convaincre l'enfant de chirurgiens dentistes, élevé dans la dentelle blanche de la petite bourgeoisie parisienne, devenu l'écrivain anarchiste par excellence qu'il se donne à être et paraître, maitronisé* de son vivant, pour dire ce que veau l'anarchisme franchouillard et bobo d'aujourd'hui

* « Le Maitron est le nom d'usage d'un ensemble de dictionnaires biographiques du mouvement ouvrier dirigé (jusqu'à sa mort en 1987) par l'historien Jean Maitron puis par son successeur Claude Pennetier.» Y entrer de son vivant est équivalent, pour un "écrivain anarchiste", à recevoir de l'État français la Légion d'Honneur; il y a ceux qui acceptent et ceux qui refusent : ni maître ni Maitron !

D'où il ressort le classique intemporel du dogme anar, dont on n'a pas grand chose à faire de concret, sauf se regarder le nombril et se glorifier d'être un des der de der à vivoter petitement d'un intellect en voie de disparition dans les coucouches moyennes de sa France intérieure, comme on dit au ministère

Relayé naturellement par le chien-chien d'ultra-gauche à ses maîtres sionistes et néo-cons' Yves Coleman Claude Guillon : Et « Dieu » créa « l’islamophobie » , Mondialisme.org

soit, depuis sa posture "communiste libertaire" revendiquée, on fait une critique radicale conséquente et sérieuse du capital et de l'Etat (de l'Etat français concret et de son racisme structurel visant aujourd'hui les non-blanc.he.s en général, pas les Juifs), soit comme Claude Guillon et autre Yves Coleman, on ne fait ni l'un ni l'autre. A partir de là, leur discours sur l'"islamophobie" est aussi creux que leur compréhension générale du monde actuel, tel qu'il apparaît socialement avec les yeux du monde...

Claude Guillon, tel un Galilée des temps post-modernes et des beaux quartiers, nous dit en substance : et pourtant Dieu n'existe pas... Merci, on le savait déjà. Mais en attendant, ce ne sont pas les Guillon qui sont victimes de racisme au faciès ou de chasse au voile au prétexte du "terrorisme Islamqie"

Autrement dit, Guillon et Coleman ne sont que des mouches du coche de l'idéologie dominante du capitalisme occidental en général, et de son expression française en particulier, tout ça refourgué au nom d'un "communisme libertaire" introuvable mais ressassé comme une mantra définitive auto-nettoyante.

http://communism-decolonial.forumactif.org/t139p45-l-anarchisme-identitaire-inde-passable-claude-guillon-un-cadavre-yves-coleman-patlotch-raciste-le-surf-des-bobos-anars-dans-l-ideologie-francaise-universelle-de-cheval-blanc

> commentaires cachés

Merci de ne pas venir troller ou balancer des insultes sous un texte, sous prétexte qu'on est encore en discussion au sein du collectif de modération.

> Article refusé.

Les textes de Claude Guillon n'ont pas leur place sur Indymedia Nantes.

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