Appel de l'assemblée populaire du plateau de Millevaches à bloquer les commissariats

Mis a jour : le dimanche 9 novembre 2014 à 22:54

Mot-clefs: Répression actions directes testet rémi fraisse commissariat millevache blocage gendarmerie
Lieux:

Au bord du plateau de Millevaches, une petite centaine de personnes s'est livrée à ce qui semble vouloir être le coup d'envoi d'une campagne. Précédés de la banderole "A la niche les cognes" et suivi d'une autre "Désarmons la police", ils se sont déplacés du centre d'Eymoutiers jusqu'à la gendarmerie locale, aux grilles de laquelle ils ont accroché leurs calicots. Des individus non identifiés en ont profité pour bloquer les entrées de la gendarmerie avec des chaînes et des cadenas. Un tract a été distribué, qui commençait ainsi:
"Considérant que manifester ne doit pas consister à défiler dans des rues policées, mais à faire plier les gouvernants par les moyens adéquats;
Considérant que ce n'est pas à ceux qui organisent une répression meurtrière de définir ce qu'est "la violence" en pointant du doigt quelques vitrines cassées"
Et se terminait par cette déclaration:
"Nous assemblée populaire du plateau de Millevaches, appelons tout un chacun dans les jours qui viennent à se rendre en masse devant les commissariats, gendarmeries et casernes afin d'y bloquer par tous les moyens nécessaires - piquets, soudures, cadenas, murets, etc. - la sortie des uniformes globalement inutiles, malfaisants et régulièrement assassins qui les peuplent."
Précisons que plusieurs gendarmeries de la région auraient été aussi cadenassées le même jour à l'aube.

http://quadruppani.blogspot.de/2014/11/a-la-niche-les-cognes-vie-sociale.html

Considérant que manifester ne doit pas consister à simplement défiler dans des rues policées, mais bien à faire plier les gouvernants par les moyens adéquats;

Considérant que ce n'est pas à ceux qui organisent une répression meurtrière de définir ce qu'est "la violence" en pointant du doigt quelques vitrines brisées;

Considérant que les prétendues "force de l'ordre" ont reçu les armes et les consignes à même de briser tout ce qui ne serait pas un défilé policé;

Considérant que depuis des années maintenant, elles appliquent une doctrine de maintient de l'ordre consistant à blesser, éborgner, larder la chair des manifestants d'éclats de métal, et cela à dessein;

Considérant qu'un telle stratégie - "en blesser un pour en effrayer cent" - vise essentiellement à dissuader quiconque de manifester, à établir comme normal le fait que désobéir puisse se payer d'un oeil, d'un nez, d'une mâchoire, voire désormais d'une vie;

Considérant que la mort de Rémi Fraisse n'est en effet pas le fruit d'une bavure, mais la conséquence logique d'une telle stratégie;

Considérant au demeurant que la plus haute hiérarchie de la gendarmerie soutient en tout point la tactique de harcèlement expérimentée sur les opposants depuis des mois au Testet ainsi que l'emploi à leur encontre d'"armes non-létales" qui tuent pourtant, et justifient tout cela au motif que ceux-ci seraient "violents";

Considérant que même après le meutre au Testet, les forces de l'ordre ont continué à utiliser des armes similaires à celle qui a causé la mort de Rémi, comme en témoignent les manifestants attaqués ou blessés par des grenades offensives ou des grenades de désencerclement ce samedi 1 novembre à Nantes et à Toulouse;

Considérant qu'il est plausible que de tels évènements puissent se reproduire;

Considérant que la stratégie de communication cyniquement mise en oeuvre par le gouvernement dans de telles occasions consiste d'une part à contrôler la circulation des informations afin de contenir l'émotion populaire, d'autre part à mettre en cause de "petits groupes organisés d'émeutiers" là même où c'est toute la population qui, par sa présence résolue, appuie l'émeute;

Considérant que ce n'est bien évidemment pas les émeutiers qui sont complétement isolé de la population, mais bel et bien le gouvernement et sa police,

Considérant que cette stratégie de communication est à la fois grossière et constante dans sa grossièreté, et qu'elle a assez duré;

Considérant que les forces de police n'ont de légitimité que celle de l'ordre politique qu'elles conspirent à maintenir;

Considérant en l'espèce que le présent ordre politique n'a lui-même plus un gramme de légitimité, et que par voie de conséquences les forces de police non plus;

Considérant qu'à peu près tout le monde déteste la police (y compris les policiers eux-mêmes);

Considérant que la gendarmerie est partout comme un corps étranger qu'il convient d'extirper de la population;

Considérant enfin que ces gens sont armés et dangereux, et qu'ils sont finalement assimilables à une milice au service d'intérêts tout autres que ceux du peuple;

Considérant que l'humanité a vécu sans police pendant assez de siècles et en assez de lieux pour trouver en elle toutes les ressources d'une vie débarassée de pareille verrue;

Considérant que nous sommes bien assez grands pour trancher nos conflits et penser nos façons de vivre par nous mêmes;

Nous, assemblée populaire du plateau de Millevaches, appelons tous et chacun dans les jours qui viennent à se rendre en masse devant les commissariats, gendarmerie et casernes afin d'y bloquer par tous les moyens nécessaires - piquets, soudure, cadenas, murets, etc. - la sortie des uniformes globalement inutiles, malfaisants et régulièrement assassins qui les peuplent.

Commentaire(s)

> C'est dur la culture

Assemblée populaire, front uni, c'est dur de ne pas se faire ridicule.

Et "corps étranger" à la saine population (laquelle en plus plébiscite cet ordre à 99 pour cent, encore le ridicule), ça semble dur aussi, et depuis les débutas du socialisme hélas, de ne pas reprendre les fantasmes naturalitaires qui ont aussi fait les beaux jours du fascisme et de sa "communauté du peuple".

Bref c'est dur de ne pas confusionner. Et c'est dommage, parce qu'effectivement il y a bien des formes sociales sans lesquelles on pourrait bien mieux vivre ; mais celles qui font triper notre cerveau social reptilien ne sont pas moins néfastes que celles que nous arrivons à hétéronomiser facilement.

> Un condé pauvre est un condé sans dents

Les cognes à la niche.
Le danger en l'occurence est frontal plus que limbique, quoi qu'ils tirent dans le dos.
Canailles de préfets.
Le "fantasme naturalitaire", c'est tout ce que vous retenez de la situation? Êtes vous jeune? Avez vous un bandeau hétéronomique circonstanciel, et autorisé, sur les yeux?

> mdr

en effet il n'y a pas eu de policier pendant plusieurs siècles mais a la place c'était l'armée qui les remplaçait.....je pense que ces personnes qui sont contre les forces de l'ordre en aurait bien besoin au lieu de tout devoir casser pour s'exprimer....

> Oui mais sans pouvoirs

Ptet y'avait une sorte d'armée, mais elle en chiait pour maintenir ce que t'appelles l'ordre. Même des fois elle a perdu, ou s'est retournée. Faut dire aussi, une campagne c'est plus dur à tenir qu'une ville contruite pour.

Les forces de l'ordre par contre, on en a certainement pas besoin, les histoire comme Vichy montre bien quel rôle elle a et quel camps elle choisit.