Auxiette se lâche sur le projet d’aéroport de notre dame des landes
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N.-D.-des-Landes. Auxiette, président PS du conseil régional, règle ses comptes
Partisan d’un nouvel aéroport, le président de la région des Pays de la Loire publie un document virulent, consultable sur le net. Florilège concocté par Presse Océan.
http://www.presseocean.fr/actualite/aeroport-jacques-au…13–0
A l’heure de rencontrer la commission de dialogue sur l’aéroport, Jacques Auxiette, président PS du conseil régional, enfile le bleu de chauffe. Ses propos risquent de tendre un peu plus ses relations avec les écologistes.
« Je m’appelle Jacques Auxiette et je suis un affreux bétonneur »: ainsi débute le document pro-aéroport que publie l’élu. La suite ?
Aéroport « écolo »
« Sur le plan environnemental, le transfert de l’aéroport présente plus d’avantages que d’inconvénients », ose le président de région (PS). Outre la fin du survol du lac de Grand-Lieu, « réserve naturelle et plus grand lac de plaine français », le déplacement de l’équipement « doit permettre d’accueillir 15 000 habitants à l’intérieur du périphérique nantais plutôt qu’en péri-urbain où ils consommeraient dix fois plus d’espace, soit 5 000 hectares de terres agricoles ». Le projet vise aussi à « éviter que plus de 40 000 personnes soient exposées aux nuisances liées au survol de l’hypercentre de Nantes ». Des objectifs, dit-il, « que tout écologiste sincère ne peut que partager ».
« Saturation avérée »
En 2012 à Nantes Atlantique, le seuil des 3,6 millions de passagers a été dépassé, seuil « considéré par les exploitants comme les experts de l’enquête publique menée en 2006 et 2007 comme la capacité maximale d’accueil de l’aéroport dans sa configuration présente ». L’aéroport a enregistré « 47 920 mouvements d’avions (+5,3 %) et 32 créations de lignes nouvelles, un record en France. Ces chiffres battent en brèche l’argument de certains opposants qui affirment, face aux faits têtus, que si le nombre de voyageurs augmente réellement, celui du nombre d’avions diminuerait ». D’un point de vue technique, note Jacques Auxiette, « il est exact que la piste unique n’est pas le maillon limitant. Certains aéroports accueillent davantage de mouvements d’avions que Nantes avec une seule piste. Mais les installations aérogares, elles, sont sur le point d’être saturées. »
Alternatives étudiées
« L’hypothèse de création d’une piste perpendiculaire à la piste existante a bien été étudiée », soutient Jacques Auxiette. Une analyse « détaillée a été réalisée en 2006. Elle a chiffré cette option a en a conclu que son coût pour l’économie locale était sensiblement équivalent à celui prévu pour le nouvel aéroport, pour des fonctionnalités moins bonnes et un impact plus importa t sur l’environnement ». Un tel scénario aurait « nécessité des travaux complexes » et imposé « de déplacer une partie des installations aéroportuaires dont le centre de ravitaillement en carburant ». Donc « d’exproprier des entreprises dans la zone industrielle adjacente et plusieurs centaines de riverains ». En sus, « au moins 10 000 riverains supplémentaires auraient été impactés par les nuisances sonores. »
« Volatilité politique »
Jacques Auxiette le dit sans fard : il en « arrive parfois à regretter » les alliances nouées entre le PS et Europe Écologie Les Verts. « La volatilité » des écologistes l’« exaspère. Certaines années, les voici tout miel pour profiter d’accords électoraux avec les socialistes. Les voilà députés ou sénateurs. En Pays de la Loire notamment. En Loire-Atlantique en particulier. D’autres années – mode de scrutin oblige? – voilà qu’ils voudraient dénoncer les mêmes accords afin de prendre un peu d’autonomie… Et manger la laine sur le dos du mouton socialiste? » Au passage, Jacques Auxiette prend un malin plaisir à rappeler que le conseil régional « a pris des engagements précis pour le financement des accès routiers à l’aéroport dès 2008. En juin 2008, l’assemblée a ainsi approuvé à l’unanimité, vote des Verts compris, le financement de la réalisation du barreau routier de desserte de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ».
Voynet à la rescousse
Pour étayer sa profession de foi, Jacques Auxiette se plaît à rapporter, à maintes reprises, des propos de Dominique Voynet, ancien ministre EELV de l’aménagement du territoire et de l’environnement « devant l’Assemblée nationale lors de la séance du 30 octobre 2001 », déclarant : « Vous serez d’accord avec moi pour reconnaître que nous avons un effort particulier à réaliser en faveur du rééquilibrage de la localisation des équipements vers l’ouest de notre pays. C’est pourquoi il a semblé nécessaire, compte tenu des nuisances qui pesaient sur les habitants de Nantes, de déplacer l’aéroport actuel sur le nouveau site de Notre-Dame-des-Landes, à une douzaine de kilomètres au nord de la ville ».
Coups de griffes
Jacques Auxiette égratigne également quelques associations environnementales – Les Amis de la terre, la fédération nationale d’usagers des transports (Fnaut) ou France nature environnement – coupables selon lui de volte-face sur le dossier de l’aéroport. Opposées au projet, ces associations, indique-t-il, ont produit « ensemble en juillet 2007 un copieux rapport prônant la redistribution du surcroît de trafic parisien sur quelques aéroports de province », tablant notamment sur le projet de Notre-Dame-des-Landes.
Coups de griffes (bis)
L’élu dénonce également « le double jeu » de la Ligue pour la protection des oiseaux. Il n’a pas goûté l’appel à manifester de l’association contre le projet d’aéroport et le soutien plein et entier apporté aux zadistes. « D’un côté l’appel à la non-violence, de l’autre le soutien à l’action illégale. Ce n’est pas ma conception de l’action dans la sphère publique. Surtout que je n’exclus pas de voir la LPO – et elle en a l’expertise – nous faire savoir un jour sa disponibilité pour travailler sur une partie des mesures de compensation environnementale (il faut dire qu’il y aura pour ce faire des budgets conséquents de l’ordre de 40 millions d’euros) ».
« Pantalonnade »
Le président de région n’est pas tendre avec les écologistes Eva Joly (ancienne candidate à la présidentielle, désormais députée européenne), Ronan Dantec (sénateur de Loire-Atlantique) et Jean-Vincent Placé (président du gorupe EELV au sénat), venus à Notre-Dame-des-Landes le 16 novembre, veille de la grande manifestation des opposants, pour rouvrir symboliquement une maison impactée par le projet. « Voilà une ribambelle de notables de la République se découvrant soudainement une passion pour le bricolage. Et pour faire valoir leur opinion, ils préfèrent le pied-de-biche et le tournevis cruciforme, sans doute plus légers qu’un code pénal ou un dossier réglementaire européen. » Plus loin, il glisse encore: « Théoriser la désobéissance civile quand on est soi-même un représentant de la souveraineté nationale relève d’un drôle d’exercice de la schizophrénie. » Avant de conclure: « Libres à eux de démissionner pour aller fabriquer des arcs et construire des cabanes dans les arbres ».
Zadistes en ligne de mire
Les opposants à l’aéroport « n’ont rien des pacifistes du Larzac », assène Jacques Auxiette. Qui fustige menaces et violences proférées à l’encontre d’habitants. Acerbe, l’élu parle de « braves racketteurs qui se battent pour préserver le site de Notre-Dame-des-Landes », pour lesquels « les habitants doivent mettre la main au portefeuille pour participer à l’effort de guerre ».
Les chiffres
Le budget de l’aéroport, selon Jacques Auxiette, sera « de 561 millions d’euros », et se décomposera comme suit : « 446 millions seront consacrés à la construction de l’aéroport à proprement parler, 34 millions seront dédiés aux équipements de navigation aérienne et 81 millions à la construction d’une route de desserte. Ces réalisations sont largement financées par le concessionnaire (Aéroport du grand ouest, filiale de Vinci) puisqu’il prend en charge 315 millions de dépenses ( contre 130,5 millions pour l’État et 115,5 millions pour les collectivités territoriales, dont 40,4 millions à la charge de la région). Fin 2012, le concessionnaire était propriétaire de 96 % des terres nécessaires au projet, et « 85% de ces parcelles ont été acquises à l’amiable ».
Colère
En guise de conclusion, Jacques Auxiette exprime sa colère. « Je suis en colère de voir ce projet, qui n’est ni celui d’un parti politique ni celui d’une ville, et encore moins celui d’un seul homme, érigé en symbole d’une lutte idéologique contre le progrès, le développement et la croissance de nos territoires. Aujourd’hui, dans l’Ouest, l’aéroport. Et demain, ailleurs, à qui le tour ? Qu’adviendra-t-il des projets d’infrastructures ferroviaires, routières ou d’autres équipements publics ? Quelle minorité active peut décréter que des projets légalement préparés et démocratiquement validés sont d’un coup inutiles? »
À noter que la contribution de Jacques Auxiette « Aéroport du grand ouest: pourquoi j’y crois », est désormais consultable sur le site internet de l’élu, téléchargeable librement.
http://fr.scribd.com/doc/130173929/Livre-AGO-Pourquoi-j…nload
Dossier dans Presse Océan ce jeudi.
http://www.presseocean.fr/actualite/aeroport-jacques-au…13–0
Pas que la publication soit inintéressante, au contraire chaque sortie d’Auxiette vaut son pesant en punchline, arrogance, mépris des opposant-e-s et j’en passe.
Mais recopié un article entier sous copyright c’est hors charte
Tu peux le reposter en commentant des parties, en contre-argumentant, en le parodiant…