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Les voix critiquant l’occupation israélienne et les mauvais traitements infligés aux Palestiniens sont de plus en plus nombreuses – et pas seulement dans les milieux de la société civile, mais aussi parmi les gouvernements dans le monde.
Le tableau peut paraître sombre s’il est vu à travers le prisme des récentes conventions américaines pour les partis républicain et démocrate. Mais le monde n’est pas le gouvernement des États-Unis, qui n’agit que par égocentrisme politique et avec la volonté de plaire aux médias qui placent souvent les intérêts israéliens avant ceux des États-Unis eux-mêmes. Aujourd’hui, avec le recul que connaissent les États-Unis en tant que superpuissance économique, et par le fait que d’autres pays et blocs régionaux concourent pour une meilleure position dans le nouvel ordre mondial, Israël peut être certain de se retrouver isolé dans les prochaines années.
Presque tous les jours, de nouvelles preuves étayent cette réalité de plus en plus sévère. Les amis d’Israël sont pleinement conscients de cela, tout comme les politiciens israéliens. Ce qui apparaît de plus en plus évident, c’est que l’argent et le pouvoir ne suffisent plus à assoir une légitimité. L’Afrique du Sud ouvre la voie pour ce changement de vision au niveau mondial, et d’autres pays lui emboîtent le pas.
Récemment, le cabinet d’Afrique du Sud a adopté un décret exigeant qu’Israël fasse la distinction entre les produits fabriqués en Israël et ceux fabriqués dans les colonies juives illégales en Cisjordanie. La décision était à la fois politiquement et moralement saine, mais aussi dans la droite ligne de l’héritage anti-apartheid du pays. Elle reflète aussi une évolution naturelle de la politique en Afrique du Sud, pays qui n’a cessé de manifester de l’impatience à l’égard d’Israël à travers les années.
Il est clair que Israël a délibérément choisi l’option de l’apartheid, non seulement comme un résultat imposé sur le terrain par ses politiques militaires, mais avec une véritable volonté politique. La dernière décision de l’Afrique du Sud, toutefois, n’est pas seulement motivée par la nécessité politique. Les vétérans de la lutte anti-apartheid ont exercé une grande influence sur la société civile du pays. Même la nouvelle génération est imprégné du discours sur la liberté qui unit la plupart des secteurs de la société.
« La liberté pour la Palestine » était un choix naturel dans ce puissant discours et aucune propagande israélienne ne peut dissuader les Sud-Africains de se sentir solidaires des Palestiniens. Les sentiments sont, bien sûr, réciproques.
Le volume total du commerce israélien avec l’Afrique du Sud n’a jamais été extrêmement important, mais depuis 2009, le volume des échanges a chuté de façon importante, et les liens sur le plan politique sont devenus plus distants que jamais. Cela a eu beaucoup à voir avec la guerre d’Israël contre Gaza (hiver 2008-09) et ce qui a été considéré comme un acte de piraterie israélienne contre le navire turc Mavi Marmara le 31 mai 2011. L’Afrique du Sud, comme l’ont fait quelques autres pays, a rappelé son ambassadeur en Israël en signe de protestation contre le raid meurtrier qui a tué neuf militants pacifistes.
La question est de plus grande importance qu’une histoire de dollars et de centimes. Cela deviendra un facteur important quand un boycott mondial atteindra sa masse critique. Le vrai danger pour Israël est la priorité que l’Afrique du Sud continue de se donner, et qui servira de référence juridique et politique à d’autres pays.
Peu de temps après la décision de l’Afrique du Sud – qui a fait suite à plusieurs remarques venant de divers officiels décourageant leurs compatriotes de se rendre en Israël, et a été suivie d’un vote par une grande université pour le désinvestissement et le boycott – des responsables pro-israéliens ont essayé de lancer une mobilisation. Denis McShane, député britannique et membre du Conseil politique des « Amis travaillistes d’Israël », a réagi en faisant des parallèles consternants et historiquement aberrants entre l’Afrique du Sud et l’Allemagne nazie. Écrivant dans le Jewish Chronicle daté du 6 Septembre, Moira Schneider rapporte que MacShane « a comparé le boycott des produits israéliens à l’ordre kauf nicht bei Juden lancé par l’Allemagne nazie. »
« La critique d’Israël est parfaitement légitime, mais nous devons être clair que la nouvelle vague antisémite est en dehors de la critique légitime », a-t-il été cité. « La notion d’Israël comme un État d’apartheid est délibérément encouragée car un État d’apartheid ne peut pas exister. »
Alors que cette logique tordue a été exploitée à de nombreuses reprises dans le passé, l’alarme lancée par MacShane peut aujourd’hui s’expliquer en dehors du contexte politique de l’Afrique du Sud, mais plutôt par rapport à ce qui se passe dans son propre pays. En effet, il y a eu toute une série de déclarations qui reflètent les efforts en cours dans plusieurs pays européens pour faire adopter des lois relatives à l’illégalité des colonies juives.
D’après certaines récentes déclarations, le ministre britannique des Affaires étrangères Alistair Burt « a lâché le plus fort indice que le Royaume-Uni pourrait s’orienter vers une interdiction des marchandises provenant des colonies israéliennes illégales. » (The Electronic Intifada – 5 Juillet 2012). Vers la fin de l’année dernière, le ministre irlandais des Affaires étrangères et du Commerce a renouvelé l’engagement de son pays à exclure de l’Union Européenne les produits des colonies. Plus récemment, le 5 septembre, le quotidien israélien Haaretz a rapporté les propos du ministre norvégien des Affaires étrangères concernant l’importation de marchandises produites dans les colonies, « que nous considérons comme illégales selon le droit international. »
Encore plus important, le 7 septembre, leJerusalem Post a rapporté que « l’Union européenne envisage d’instaurer une interdiction sur les importations de produits fabriqués dans les colonies israéliennes, a déclaré un responsable du ministère grec des Affaires étrangères devant un groupe de journalistes israéliens et palestiniens à Athènes… »
Un tel changement dans le discours n’aurait jamais été possible sans la mobilisation de la société civile dans plusieurs pays. Comme en Afrique du Sud, les gouvernements sont tenus responsables par des groupes à la fois vigilants et infatigables, pour faire avancer le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS). Ces groupes ne diminueront pas leur pression tant qu’Israël n’aura pas changé de cap, respecté le droit international et libéré les Palestiniens de plusieurs décennies de servitude militaire.
Incapables de comprendre ce changement de perspective au niveau mondial, les politiciens israéliens répondent par une stratégie incohérente. Le porte-parole israélien du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor, a accusé le gouvernement d’Afrique du Sud « d’exclusion et de discrimination. » Le gouvernement israélien a dénoncé une « discrimination flagrante », affirmant qu’elle était « fondée sur la distinction nationale et politique ». le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, est allé encore plus loin, accusant l’Afrique du Sud de ce qui est exactement reproché à Israël : « Malheureusement, il s’avère que les changements qui ont eu lieu en Afrique du Sud au cours des dernières années n’ont pas apporté des changements fondamentaux dans le pays, qui reste un État d’apartheid », a déclaré Ayalon (Jerusalem Post, août 23).
Mais en laissant les réactions de colère de côté, il se confirme que le monde change. Israël, en revanche, est une digression dans un coin sombre où le racisme et l’apartheid sont toujours appliqués en toute impunité. Beaucoup d’Israéliens ne veulent pas voir la chute de leur pays dans l’abîme. Un réveil ne peut se produire que lorsque le monde traitera le gouvernement israélien de la même façon que le régime d’apartheid en Afrique du Sud a été autrefois traité.
*Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com
http://palestinechronicle.com/view_article_details.php?…19565
Traduction : Info-Palestine.net – Naguib
http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&v…ng=fr
Les footballeurs gazaouis s’adressent à l’équipe de Barcelone, qui a annoncé accueillir Gilad Shalit, à l’occasion du Clasico, Barcelone contre Madrid, le 7 octobre.
Lettre Ouverte des footballeurs gazaouis au « Futbol Club Barcelona » : Ne vous rangez pas du côté de l’Oppresseur !
Jeudi, 27 septembre 2012, 14h 46
Gaza assiégée, la Palestine Occupée
Monsieur le Président, cher Sandro Rossell,
Nous, footballeurs, athlètes et organisations et officiels sportifs palestiniens, sommes consternés d’apprendre que la grande équipe de Barcelone va accueillir Gilad Shalit à l’occasion du Clasico, Barcelone contre Madrid, le 7 octobre, alors que plus de 5.000 prisonniers politiques palestiniens croupissent toujours, beaucoup d’entre eux en isolement, ou sans visites, ou en grève de la faim sans que personne ne s’occupe d’eux ou de leur libération.
L’arrestation arbitraire de milliers de Palestiniens, y compris la vedette de l’équipe Nationale de football gazaouie, Mahmoud Sarsak qui a été incarcéré sans procès et même sans explication officielle pour son arrestation, est l’instrument habituel de l’occupation israélienne. Mahmoud n’a été libéré qu’après 95 jours de grève de la faim. Beaucoup d’autres sont en grève de la faim dans des prisons israéliennes au moment où nous écrivons, certains proches de la mort. Mahmoud Sarsak a perdu 3 ans de sa carrière de footballeur et a presque perdu la vie en protestant par les seuls moyens à sa disposition. Il mérite qu’on l’invite !
Joseph S. Blatter, Président de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association), s’est dit « très inquiet » au sujet des pratiques israéliennes et des restrictions imposées sur les joueurs palestiniens, en particulier ceux qui sont incarcérés dans des prisons israéliennes ou empêchés de rejoindre l’équipe nationale. C’est ainsi que Michel Platini a dit : « Israël doit choisir – permettre au sport palestinien de continuer et de prospérer, ou être forcé à faire face aux conséquences de sa conduite ».
L’occupation militaire et illégale de la Palestine par Israël et les cinq années du siège de Gaza ont étouffé les aspirations des sportifs palestiniens – hommes, femmes et enfants – depuis des dizaines d’années. Quelles sont donc les conséquences ? Soutien politique d’un des plus grands clubs du monde aux pratiques israéliennes, en invitant un des soldats des Forces israéliennes d’Occupation ?!
Les Palestiniens de Gaza soutiennent Barcelone plus que tout autre club, en particulier les enfants qui forment la majorité de la population. Nous à Gaza, avons tant souffert, soumis à ce siège hermétique, à des bombardements réguliers et à de fréquentes incursions. L’emploi d’une force fulgurante au cours de l’Opération Plomb Durci pendant l’hiver 2008-2009, a eu pour conséquence le rasage d’une grande partie de Gaza, y compris le Stade National de football de Rafah, et le meurtre des joueurs de football Ayman Alkurd, Shadi Sbakhe et Wajeh Moshate, et celui d’au moins 1.400 Gazaouis. Le gardien de but de l’équipe nationale, Omar Abu Rwayyis, a été arrêté par la police israélienne en 2012 sous « l’inculpation de terrorisme », étiquette utilisée pour ceux dont la vie est le football, non la politique. Bien des fois, l’équipe palestinienne n’a pas pu se réunir, s’entraîner, ni participer aux tournois, à cause des restrictions illégales israéliennes sur les déplacements des joueurs.
On refuse constamment à nos footballeurs l’entrée ou la sortie du territoire que les principales organisations des Droits Humains appellent la plus grande prison à ciel ouvert. Vous vous souvenez sans doute de cet exemple l’année dernière, lorsqu’ Israël a empêché les six membres de l’équipe nationale palestinienne de se rendre de Gaza en Cisjordanie pour le match contre la Mauritanie. Comme pour tous ceux qui sont bloqués à Gaza, les porte-paroles israéliens ont affirmé qu’on avait refusé l’accès aux joueurs pour des « raisons de sécurité », déclarant qu’ils n’avaient pas le bon permis – ce qui nous rappelle le racisme notoire des « Pass Laws » en Afrique du Sud. C’est pour nous tous une politique systématique et constante qui a décimé notre participation dans le sport international. Les incertitudes dues aux refus de permissions de sortie ou d’entrée de la Bande de Gaza et la sévérité variable du Siège et de l’Occupation israéliens sont un obstacle majeur et, en conséquence, la Fédération de football d’Asie de l’Ouest ne programme pas toujours des matchs auxquels nos équipes peuvent participer.
En 2007, l’équipe nationale a été dans l’impossibilité d’aller à Singapour et de se qualifier pour la Coupe du Monde. Elle a donc été éliminée. De même en mai 2008, pour la coupe d’Asie de l’AFC, ce qui les a empêchés de se qualifier pour la Coupe d’Asie. On a interdit aux joueurs olympiques gazaouis d’entrer en Cisjordanie et les équipes de jeunes se sont souvent vues refuser la sortie et la rentrée.
Pendant les attaques criminelles d’Israël contre Gaza en 2009, notre stade national a été visé et détruit, de même que le bâtiment de l’Association palestinienne de football. La construction d’un nouveau stade pour Gaza, à Bet Lahiya, s’est arrêtée à cause du siège israélien ininterrompu qui empêche toujours le ciment et d’autres équipements sportifs d’entrer dans la Bande de Gaza. De plus, quelque temps auparavant, le seul terrain en herbe de Gaza avait été dévasté par un missile israélien, ce qui avait forcé l’équipe nationale à jouer des matchs dans un stade du Qatar pratiquement vide.
Comme l’a montré le boycott réussi des équipes sportives du régime d’Apartheid d’Afrique du Sud, on ne peut pas séparer la vie sportive de la vie politique. Nous vous demandons de ne pas exprimer de solidarité avec l’armée qui opprime, emprisonne et tue des sportifs palestiniens – hommes et femmes. Tendez plutôt la main à ces footballeurs palestiniens dont les rêves sont détruits et les perspectives d’avenir en ruines : Cette situation est entièrement imputable à la politique d’Apartheid du régime israélien envers eux.
Déclaration de Mahmoud Sarsak :
En tant que prisonnier libéré, footballeur de l’équipe nationale palestinienne et grand fan du « Futbol Club Barcelona », je condamne vigoureusement la décision du club d’inviter le soldat israélien Gilad Shalit à l’un de ses matchs et je leur demande d’annuler cette décision. Il y a environ 5.000 prisonniers politiques en captivité dans les geôles israéliennes, et qui subissent quotidiennement les pratiques atroces des prisons israéliennes qui violent la loi internationale humanitaire et les accords internationaux.
Nos prisonniers dont beaucoup sont footballeurs ou athlètes, sont confrontés à certaines méthodes et pratiques de torture psychologique et physique parmi les plus brutales. Seuls les anciens prisonniers comme moi connaissent toute l’histoire de l’oppression qui va nous hanter pendant de nombreuses années.
Je prie le F C Barcelona de boycotter la participation des équipes sportives israéliennes et je fais appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël jusqu’à ce qu’il accorde aux Palestiniens leurs droits fondamentaux, y compris le droit de prendre librement part au sport et aux compétitions sportives.
N’invitez pas Gilad Shalit, soldat des Forces d’Occupation israéliennes, alors que tant de Palestiniens croupissent dans des prisons israéliennes pour le crime d’être des Palestiniens qui veulent jouer au football et faire d’autres sports.
Inviter Gilad Shalit, c’est comme si on avait fait défiler un soldat du SADF dans les années 80 à un match de football européen. Auriez-vous fait ça, F C Barcelona ?
http://www.europalestine.com/spip.php?article7653
Y aurait-il la possibilité d’envoyer l’info sans reprendre l’article d’origine en entier qui est sous copyright ?
En intégrant des infos supplémentaires,…
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