L’été n’est pas fini Appel à une assemblée pour s’organiser après cette période de canicules et d’incendies
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L’été n’est pas fini Appel à une assemblée pour s’organiser après cette période de canicules et d’incendies
Nous avons suffoqué tout l’été et nous savons que ça va recommencer. Pour celleux qui auraient estivé dans les catacombes ou fait l’autruche la tête dans le sable, faisons le décompte : 4 vagues de chaleur, 5 canicules, 10 % de la forêt de Fontainebleau qui flambe et en tout 119 000 ha de forêt partis en fumée en France depuis le début de l’année. Et puis les records absolus qui tombent : juillet 2026 deuxième mois le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, le Rhin et le Danube à leur niveau le plus bas jamais mesuré, 43% des petits cours d’eau français en rupture d’écoulement voire d’assecs (du jamais vu également). Au-delà de ces tristes records, il y a aussi celleux qui ont perdu leurs maisons au Porge lorsque les pompiers protégeaient celles des millionnaires sur la presqu’île du cap Ferret, celleux qui ont perdu la vie dans les canicules extrêmes en Allemagne, en France, en Espagne, en Tunisie, et enfin les milliers d’animaux non-humains morts brûlés dans les énormes incendies en Andalousie, au Canada, en Algérie, dans le Bordelais. On ressent et on parle déjà d’autres types d’impacts. Sur nos facultés mentales, notre paresse, les maladies, pour penser et faire quoi que ce soit. Sur nos moments de sociabilité et de rencontres dans des espaces, extérieurs comme intérieurs, de plus en plus irrespirables. Pour sortir du désespoir et de la peur, alors que la rage bouillone comme nos corps dans nos passoires thermiques.
L’État et celleux qui le font fonctionner cherchent des coupables. Outre les personnes ayant mis le feu volontairement pour différentes raisons (conflits d’usage, de voisinage, pyromanie), des personnes se sont retrouvées poursuivies pour incendie involontaire. En Île-de-France, la justice met en examen et place sous contrôle judiciaire deux ouvriers à l’origine du départ de feu dans la fôret de Fontainebleau. Leur tort ? S’être fait exploiter sous 40 degrés sur les travaux de l’autoroute A6 et avoir provoqué des étincelles avec une disqueuse pour couper des glissières de sécurité. Cette chasse au responsable tout trouvé a comme un goût de foutage de gueule… Ce qui créé les conditions pour que le feu se propage c’est le système capitaliste dans lequel nous vivons, ses industries polluantes dont nous dépendons et grâce auxquelles des patrons s’enrichissent au détriment des quelques espaces sauvages restants, des animaux, des arbres, de notre santé ; en somme, du vivant et de notre autonomie à tous.tes.
Il est vain d’attendre d’un gouvernement quel qu’il soit de changer radicalement la donne sur le processus en cours, de s’épuiser à lui exercer une pression ou de s’engager soi-même en espérant changer la politique de l’intérieur. D’ailleurs, ces vagues ont touché tellement de gens que des questions urgentes apparaîssent encore plus clairement : Quels coups peut-on porter à ce désastre qu’ils appellent « progrès » ? Comment mettre la machine hors d’usage et vivre sans elle ? Certain.es n’ont pas attendu l’intervention de l’État pour agir en solidarité avec celleux touché.es par les dernières « catastrophes ». À ce titre, on peut s’inspirer notamment des actions des habitant.es de Valence et alentours lors des inondations en 2024, des compagnon.nes grec.ques qui s’organisent de manière autonome depuis des années pour lutter contre les incendies, des personnes qui se sont bougées cet été pour aller porter leur aide aux animaux des forêts en flammes.
L’été n’est pas fini et pourtant on sent poindre le retour à la normale inhérent à la rentrée du métro boulot dodo. Plutôt que d’oublier cette rage qui nous a saisie, pour combattre la canicule des années à venir, nous proposons de nous retrouver le 21 septembre à 18h30, Aux Buttes-Chaumont, sur la pelouse proche de l’entrée face à la mairie du 19e. On pourra discuter de nos envies d’actions pour lutter contre les responsables du ravage de la planète et les profiteurs de canicules, se partager des expériences d’auto-organisation et de solidarité face aux désastres climatiques, se demander comment se décaler de notre propre anthropocentrisme, pour mieux prendre en compte les autres êtres vivants et enfin comment rester offensif en ville dans un contexte de canicule où on cuit.
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