Du 7 au 20 septembre, mobilisons nous massivement contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles
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Une fois de plus, la colère contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles (VSSP) enfle et gronde. Il est urgent et vital de faire entendre nos revendications pour les éradiquer dans leur totalité. Il est vain de n’agir que dans »l’après-violence » sans pour autant remettre en cause les rapports de domination ni les conditions sociales qui permettent la violence. Il est temps de construire des alternatives à l’approche punitiviste. Partout, nous devons défendre la prévention des violences plutôt que la prison, la solidarité inconditionnelle plutôt que la division, le désordre joyeux et transgressif plutôt que l’ordre-répressif.
LA COORDINATION FÉMINISTE APPELLE À SE MOBILISER PARTOUT CONTRE LES LES VIOLENCES SEXISTES, SEXUELLES ET PÉDOCRIMINELLES DU 7 AU 20 SEPTEMBRE 2026.
L’AFFAIRE BARELLA : LA LUTTE CONTRE LES VSSP AU PREMIER PLAN
En France, le mois de juin 2026 a été secoué par l’affaire Barella. Des milliers de personnes en colère contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles et leur prise en charge déplorable se sont rassemblées pendant plusieurs semaines.
Même si, quelques mois plus tard, l’assassinat de Lyhanna Rameau Bernard ne fait plus la une des médias, le sujet des violences systémiques et massives demeure une urgence absolue, et les mouvements féministes et enfantistes restent mobilisés.
Le drame qui a touché Lyhanna n’est pas une exception : les violences sont partout et structurent notre société. De la même manière, le dysfonctionnement judiciaire mis en évidence par cette affaire n’est pas une anomalie.
Ces défaillances sont systémiques et généralisées. Alors face à elles, la colère gronde, et tout le monde cherche à apaiser le sentiment d’injustice et de peur. Nous sommes révolté.es et nous voulons réagir, pour qu’il n’y ait plus jamais de victimes.
SE DÉBARRASSER DES RÉFLEXES PUNITIFS
Dans les rassemblements qui ont été organisés, nous avons pu entendre de nombreuses revendications : plus de prévention, des lois pour améliorer la prise en charge des.affaires judiciaires, appliquer les préconisations de la CIIVISE…
Mais, en voulant agir vite et se sentir en sécurité, la voie punitiviste est un réflexe quasi immédiat. Ainsi, il y a aussi été question de castration chimique et de prison à perpétuité pour les agresseurs, parfois même du rétablissement de la peine de mort.
Nous refusons de céder à l’horreur et à la peur en participant à une escalade mortifère de la violence.
Il est urgent de sortir du mythe de l’agresseur vu comme un monstre, pour prendre acte du fait que les violences ont lieu dans des contextes banals et bien trop souvent familiers.
Envisager les violences comme des actes individuels à punir est au mieux inefficace, au pire dangereux.
Cette logique est inefficace car l’augmentation des peines ne dissuade pas les auteurs et les taux de récidive suite à la prison sont très importants. De plus, considérer qu’on va prononcer plus de peines de prison, c’est envisager d’enfermer des centaines de milliers de personnes (environ 1300 féminicides et tentative de féminicides, 280 000 viols et tentatives de viols et agressions sexuelles sur majeures et 160 O00 agressions et crimes sexuelles commis sur des enfants par an en France), ce qui n’est ni réaliste, ni souhaitable.
Cette logique est dangereuse car cela revient à occulter sciemment les raisons structurelles qui rendent ces violences possibles. La réponse pénale qui entend punir les agresseurs ne se préoccupe pas de transformer les rapports de domination, les situations de dépendance et les conditions matérielles, sociales et économiques dans lesquelles lesviolences se produisent encore et encore : inégalités, précarité, régimes d’exception en outre-mer, militarisation, isolement, destruction des services publics et affaiblissement des dispositifs de prévention.
Si nous voulons voir advenir la fin des violences, il faut se donner les moyens de transformer ces conditions-là dans leur totalité.
UNE SOLUTION SUR UN PLATEAU D’ARGENT ?
Une vision globale, c’est alors ce que prétend apporter la Loi-cadre intégrale qui est sous les projecteurs depuis fin mai 2026. Ce texte, porté depuis 2024 par une coalition d’organisations féministes et enfantistes menée par la Fondation des femmes, a été brandi comme revendication dans les mobilisations qui ont suivi l’affaire Barella. Cette proposition entend faire évoluer le cadre légal de la prise en charge des VSS par les pouvoirs publics.
Évidemment, il est important de saluer une partie des mesures proposées qui placent la prévention des violences et la protection des victimes au premier plan, en reprenant entre autres des préconisations de la CIIVISE.
Néanmoins, la part de ce type de mesures reste insuffisante, faisant la part belle aux moyens alloués à la réaction et à la répression des violences, toujours après que celles-ci aient eu lieu, considérant ainsi les violences comme inévitables.
La proposition de loi place aussi une grande croyance dans l’action de l’État, et diminue le rôle des associations et collectifs de terrain, dont l’expertise dans l’accompagnement des victimes et dans la prévention est pourtant reconnue.
Enfin, cette proposition, telle qu’elle sera étudiée à la rentrée, ouvre la voie à un renforcement de l’arsenal de surveillance et de contrôle de l’État. Donner des moyens à la police et à la justice, c’est s’attendre à leur utilisation pour réprimer massivement, d’une part les mobilisations sociales, mais surtout les populations racisées et précaires.
Rappelons que les structures de pouvoir qui entendent protéger les enfants blancs des VSS sont les mêmes qui mutilent, emprisonnent et orchestrent la mise à mort des enfants et adolescents non-blancs : Zyed, Bouna, Rayana, Souheil, Nahel, Anis…
Nous ne pouvons pas ignorer le vote à cette même période de la loi sur la “présomption de légitime défense de la police” qui s’inscrit dans une accumulation de mesures autoritaires et meurtrières.
C’est sur cet horizon sécuritaire et raciste que prospère l’extrême droite et ses collectifs tels que Némésis. Observer Aurore Bergé, Gérald Darmanin ou Alice Cordier se féliciter d’un tel projet devrait déjà alerter sur la pente glissante que la Fondation des Femmes est en train de savonner. Il est de notre responsabilité de ne rien céder aux dérives racistes et fascistes qui tentent d’utiliser nos combats féministes et enfantistes pour se renforcer.
CHAQUE VIOLENCE EST UNE VIOLENCE DE TROP : POUR DES VIES LIBRES
La visibilisation des VSSP trouvera sans doute un nouveau point fort en septembre, quand la proposition de loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles sera examinée à l’Assemblée nationale. Ce texte de loi n’est pas laseule issue. Nous devons exiger plus, exiger mieux.
Aussi grande et légitime que soit notre colère, il est capital de garder en tête que l’horizon que nous visons est un horizon débarrassé de toute ses violences, qu’elles soient individuelles, sociales, institutionnelles ou étatiques.
Il ne s’agit pas seulement de les diminuer ou de les réprimer, mais d’empêcher leur existence même, et donc de garder une vision d’ensemble pour renverser le système raciste, capitaliste, patriarcal, validiste et adultiste qui les alimente. Il est urgent de tourner nos colères vers la lutte efficace contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles en agissant à leur racine.
Avant toute chose, exigeons l’application des mesures de prévention des violences qui existent déjà dans la loi mais dont le gouvernement ne se saisit pas, comme les programmes d’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité (E.V.A.R.S), les dispositifs d’égalité à l’école et dans le monde du travail.
Alors que Macron et le gouvernement vont toujours plus loin dans la casse des services publics, mobilisons-nous pour inverser cette tendance et donner les moyens à l’éducation, au social et à la santé d’assurer leurs missions.
Afin que toute personne soit en capacité de fuir des situations où elle est exposée à de (potentielles) violences, exigeons l’augmentation des revenus et l’accès au logement pour toustes sans condition. Ce sont les conditions de vie dignes pour toustes : pour que plus jamais une victime ne se retrouve dans l’impossibilité de quitter un foyer où les violences sévissent.
Mais obligeons-nous aussi à voir plus grand que les conditions matérielles d’existence. Il faut aussi combattre les conditions de pensées qui permettent les violences et alimentent la culture du viol et de l’inceste. Cela passe par l’éducation au consentement et au respect de tous les.corps et ce, dès l’enfance.
Respectons l’intégrité, la voix des enfants et des jeunes ainsi que leurs limites, écoutons-les quand iels s’expriment. Interrogeons-nous sur la manière dont la famille nucléaire (le noyau parents/enfants) structure la société, alors qu’elle est bien souvent le berceau de nombreuses violences. Dévirilisons les rapports sociaux et construisons une société débarrassée des rapports de domination.
Pour cela, notre projet de société doit être tout à la fois anticapitaliste, enfantiste, antivalidiste, antiraciste et féministe. Plus que jamais, nos luttes doivent se dresser contre l’extrême droite et le fascisme, pour penser un monde à l’opposé des projets suprémacistes mortifères, et combattre l’instrumentalisation raciste de la protection des femmes et des enfants.
DE LA COLÈRE INDIVIDUELLE À LA RIPOSTE COLLECTIVE
Dès la rentrée, la Coordination féministe appelle tous les collectifs, associations, syndicats, professionnel:les, militant.es et individu.es à multiplier les actions contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles du 7 au 20 septembre 2026 : mobilisons-nous dans nos quartiers et nos campagnes, nos lieux de vie et de travail pour imposer nos revendications. Discutons, collons, tractons, organisons de l’éducation populaire, rassemblons-nous lors de manifestation ou de zones d’occupation féministe et enfantiste. Appelons, partout, à des assemblées pour se rencontrer, faire nombre et élaborer ensemble.
ARRACHONS COLLECTIVEMENT DU TEMPS ET DE L’ESPACE POUR REPRENDRE LE POUVOIR SUR NOS CORPS ET NOS VIES !
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La Coordination féministe est un ensemble de collectifs, assemblées, associations féministes créé en 2020. Nous nous retrouvons autour de la volonté de construire un mouvement féministe autonome, ancré localement.
Par cette coordination, nous voulons aller vers l’unification d’un mouvement féministe, anticapitaliste et antiraciste, pro-droit des personnes trans, respectueux des droits des travailleur-euses du sexe, radicalement solidaired es personnes musulmanes et juives et de leurs luttes.
Pour nous rejoindre, contactez-nous via nos réseaux ou par mail : coordinationfeministe@protonmail.com


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