En ce week-end des journées archéologiques européennes, le gouvernement et les différentes institutions de l’archéologie, ainsi que leurs directions, vont se glorifier de l’excellence de nos recherches. Pourtant, il est évident que le gouvernement cherche à réaliser des « économies » depuis plusieurs années sur notre dos. En pratique, cela se traduit par une réduction des ressources allouées à l’archéologie préventive et par une gestion sous pression.

Les premières victimes de cette réforme de casse dissimulée du service public seront déjà celleux qui sont les plus précaires : les CDD et les intérimaires. Une nouvelle fois, l’emploi précaire sert de variable d’ajustement.

 

On rappelle les faits en ces jours de festivité:

– 400 contrats non reconduits à l’Inrap en 2025.

– 800 précaires dans l’archéologie préventive.

– De nombreux collègues sont au chômage en 2026.

– Multiplication des contrats précaires en lieu et place de postes de fonctionnaires au sein des DRAC.

– Des équipes sous pression, des conditions de travail qui se dégradent, et une précarité aggravée par les règles de l’assurance chômage.

– Le taux de projets d’aménagement donnant lieu à un diagnostic archéologique est de 5% en 2025, contre 9% en 2020, et parmi ces projets, moins de 1% font l’objet d’une prescription de fouille. Pour les Pays de la Loire, on passe de 13,4% de diagnostics en 2020 à 3,7% en 2025.

 

Diminuer les diagnostics, réduire la recherche, désorganiser les équipes et le travail, mettre en danger la qualité de nos missions, organiser la compétition mortifère entre les archéologues… Ce n’est pas « rationaliser » un service public, mais le détruire et mettre en péril ses travailleur.euses et le patrimoine qu’ils et elles protègent.

En France, l’archéologie est déjà à l’os, et l’austérité dogmatique imposée par les liquidateurs des services publics, au mépris de toute logique scientifique et économique, ramène la discipline de 25 ans en arrière!

 

Ce qu’on exige :

-Ouverture de concours pour des postes au sein des SRA.

-La fin des coupes budgétaires.

-La reconduction des précaires.

-Un plan de recrutement pérenne pour déprécariser à hauteur des besoins réels.

-Arrêt de l’usage de l’intérim et des contrats de portage salarial par les opérateurs privés et publics.

-Arrêt des contrats de mission-projet par les collectivités territoriales.

-2000€ net minimum de salaire.

– prise en compte de l’ancienneté pour les contrats de renfort et les postes temporaires.

-Des financements et du temps pour la recherche, dans le préventif, dans les universités et le CNRS, car l’archéologie est une science.

10/06/2026