𝘈̀ 𝘕𝘢𝘯𝘵𝘦𝘴 𝘜𝘯𝘪𝘷𝘦𝘳𝘴𝘪𝘵𝘦́, 𝘭’𝘦𝘯𝘴𝘦𝘮𝘣𝘭𝘦 𝘥𝘶 𝘚𝘦𝘳𝘷𝘪𝘤𝘦 𝘥𝘦 𝘚𝘢𝘯𝘵𝘦́ 𝘌́𝘵𝘶𝘥𝘪𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘢𝘯𝘯𝘰𝘯𝘤𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘨𝘳𝘦̀𝘷𝘦 𝘪𝘯𝘦́𝘥𝘪𝘵𝘦 𝘦𝘵 𝘱𝘶𝘣𝘭𝘪𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘭𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦 𝘰𝘶𝘷𝘦𝘳𝘵𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘪𝘤𝘶𝘭𝘪𝘦̀𝘳𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘱𝘳𝘦́𝘰𝘤𝘤𝘶𝘱𝘢𝘯𝘵𝘦.

Le texte mérite d’être lu attentivement.
Parce qu’il ne parle pas seulement de conditions de travail.
Il parle aussi de l’avenir de l’accueil psychique proposé aux étudiants.

Nantes, le 13 mai 2026.

Lettre ouverte à Mme la Présidente de Nantes Université,

Nous sommes médecins, infirmiers, assistantes sociales, psychologues, sage-femmes, personnel de la Mission relais handicap, travaillant au sein du Service de Santé Étudiante (SSE) de Nantes Université. Nous recevons chaque jour des étudiants pour les accompagner dans leurs besoins. Nous avons à cœur d’accueillir chacun d’entre eux au plus près de leurs demandes.
Ce mardi 19 mai 2026 pour la première fois de l’histoire du service, l’équipe va se mettre en grève.
Cette décision est motivée par des préoccupations dont nous voudrions vous faire part :

Nous observons une modification de l’organisation de notre service qui s’inscrit dans une logique de rentabilité qui tend à prévaloir sur une logique qualitative. Cela nous préoccupe pour la qualité d’accueil et de soins aux étudiants que nous recevons (plus de consultations, consultations moins longues à moyens constants, nouveau mode de financement introduit par le dispositif « Monsoutienpsy »…).
Le manque d’accès aux formations et aux rencontres avec les partenaires extérieurs, aux temps pluri-professionnels dessert la prise en charge offerte aux étudiants. Il en va de même pour le manque de locaux adaptés à l’accueil des étudiants, notamment pour la Mission Relais Handicap. La problématique est ancienne mais renforcée récemment avec l’ouverture de l’antenne ENSA.
D’autre part, bien que des choses nous manquent dans notre fonctionnement, il y a aussi des choses qui fonctionnent et qu’il serait fort dommageable de remettre en cause.

Ces modifications sont d’autant plus tensiogènes qu’elles sont amenées par une méthode managériale du côté du contrôle et de la menace amenant une perte d’autonomie et une souffrance du personnel (contrôle des agendas, injonctions paradoxales, menaces de non-renouvellement de contrats, …).

Une opportunité particulière s’offrait pourtant à nous de pouvoir penser et dialoguer lors de la réécriture du projet de service. Nous constatons que les deux journées de travail auxquelles nous avons participé sont loin d’avoir permis d’aborder les sujets que nous souhaitions travailler depuis deux années. Ce temps s’est avéré largement insuffisant et il n’a, par ailleurs pas laissé de place au dialogue.
Ce projet de service nous a au contraire semblé être l’occasion d’un passage en force de la direction concernant notre organisation de travail et le périmètre de nos missions (augmentation des horaires du service à moyens constants, introduction de nouveaux modes de financements tels que « Monsoutienpsy », de devenir centre de prélèvement sanguin…).

La tension financière à l’échelle de l’université ne doit pas amener à faire prévaloir une logique quantitative au détriment de la qualité des soins, de l’accueil des étudiants et de la santé du personnel.

Notre service est reconnu par l’ensemble des acteurs de la santé de la ville. Soyez assurée de l’investissement des professionnels dans leurs missions et de leur volonté de maintenir au cœur de leurs préoccupations le service rendu aux étudiants

Confiants que vous saurez prendre en compte nos préoccupations et dans l’attente de pouvoir en échanger avec vous, veuillez recevoir l’assurance de notre parfaite considération.

L’équipe du Service de Santé Etudiante.

Julie Banq, assistante sociale
Elisabeth Bernardin, infirmière
Elodie Benzemmourie, psychologue
Anne Bonnel, médecin
Stéphane Brunat, responsable de la mission relais handicap
Hélène Cathala, médecin
Camille Chaillou, accompagnement ESH
Christelle Chateau, médecin
Constance Courtier, psychologue
Camille Delaroche, accompagnement ESH
Anne-Claire Desse, sage-femme
Emilie Dinam, médecin
Léa Djénadi, psychologue
Nathalie Dréan, accompagnement ESH
Laurence Fablet, infirmière
Gladys Fourage, médecin
Alison Garagnani-Jaud, médecin
Audrey Gavdan, médecin
Marion Grégoire, médecin
Sarah Haddou, psychologue
Emmanuelle Hoyeau, infirmière
Nathalie Jean, psychologue
Anne-Gaëlle Jégouic, psychologue
Solenne Leblanc, psychologue
Yann Le Duff, infirmier
Juliette Lemille, médecin addictologue
Hélène Lemire Cochin, assistante sociale
Hélène Maillard, infirmière
Noémie Maisonnier, médecin
Jeanne Mourocq, médecin
Sarah Noël, médecin
Marie-Agathe Péronne, assistante sociale
Aurélie Piveteau, médecin
Lucie Raingeard, médecin
Marie-Laure Séjour, psychologue
Céline Vassogne, médecin
Marie Wasielewski, psychiatre
Vincent Yviquel, infirmier