Elections : Que crève la gauche aussi (2) : soutenir la gauche pour contrer le fascisme ?
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Il « fallait participer » aux législatives. Il « faut participer » aux municipales. Il « faudra », plus que jamais, participer aux présidentielles de 2027… On veut partir de cette affirmation : oui, le fascisme serait une horreur. Mais de là, redire : le réformisme, exalté ou résigné, n’est pas compatible avec une lutte contre les formes les plus brutales du capital. On trouve que la ligne anti-électorale est laissée de côté depuis trop longtemps dans les milieux militants et que c’est un problème. Les logiciels de pensée réformistes type « l’extrême-droite ça sera pire/ des gens qui ont moins de privilèges vont en chier DONC on doit appeler à voter » sont trop peu questionnés. Aujourd’hui, on veut s’attaquer à ça, et tout particulièrement à l’appel au vote si souvent défendu par diverses fractions de l’extrême-gauche en période électorale.

en préambule : deux modes de pensées opposés.
D’une façon ou d’une autre, on ne peut pas à la fois s’attaquer aux urnes et propagander pour un candidat en espérant qu’il soit élu. Ces deux lignes sont antagonistes, et si des groupes anti-électoraux commençaient à prendre du poids, tracter contre le vote, bloquer des mairies lors des élections, saccager toutes les permanences de parti et pas seulement celles de la droite, etc.., une fracture très claire se tracerait entre les électoralistes et les autres. Celle-ci se nouerait à deux endroits. D’abord, celui des fins – celles et ceux qui pensent réellement qu’un élu ou un parti de gauche au pouvoir est quelque-chose de désirable. Ensuite celui des moyens – le postulat selon lequel les élections sont un moyen efficace d’influer sur le réel, et qu’il faudrait les investir de façon militante pour lutter contre l’extrême-droite. On va s’attaquer à ces deux points dans ce texte.
On ne s’en prend pas ici au fait de voter Mélenchon en désespoir de cause. Les actions individuelles et atomisées nous paraissent difficiles à critiquer. Dans l’absolu d’ailleurs, on ne critique pas non plus le fait de voter à droite, ou même à l’extrême-droite. Ce serait s’en prendre aux individus et ça nous paraît à côté de la plaque. Les projets de société défendus ne se valent évidemment pas, mais à l’origine de cette polarisation il y a deux point sur lequel les boutiques politiques sont toutes d’accord : le vote comme seule action laissée pour agir sur le monde, et des alternatives proposées seulement sur la façon de gérer le capitalisme. On pense que ces points là sont bien plus importants à critiquer, car tout le reste, dont la situation actuelle, en découlent automatiquement et repetitivement si on ne les démantèle pas. Or, s’attacher à défendre le vote de gauche, revient à encourager l’adhésion à ces points fondamentaux du fonctionnement capitaliste, et donc à remettre d’après nous des pièces dans la machine. On le comprend, mais on veut proposer une mise en perspective différente.
Droite, gauche, extrême-droite.
Déjà, un point important à noter, même s’il peut paraître délirant : tous les camps promettent du mieux, à leur façon et par des angles différents, à des prolos dont ils massacrent les vies. Bien évidemment ce mieux n’est pas neutre ou égal : c’est un produit matériel et idéologique des oppressions et de l’exploitation. On ne peut pas vouloir la même chose si on est dirigeant d’entreprise, prolo blanc, meuf racisée de classe moyenne, etc. Pour autant, on ne peut pas réduire les désirs collectifs à une pure position matérielle, et classer les gens moralement selon leurs idéologies. Pas parce que ça ne serait pas « bien », mais parce que dans ces visions, il n’y a pas de changement politique possible. Or en tant que révolutionnaires, on pense évidemment qu’il y en a, et toute la tâche consiste à se demander où, pour savoir où il est intéressant d’appuyer ou de tirer, comme sur un casse-tête géant. Dans cette optique, il nous paraît intéressant et important de le redire : nous sommes au sein du capitalisme, dans un jeu déjà totalement fermé pour ce qu’on va appeler le prolétariat – c’est à dire la classe qui ne possède pas les leviers de l’organisation économique et politique du réel, et qui est au contraire organisée par celleux qui les possèdent. Au sein de ce jeu, des options différentes sont proposées qui servent à polariser en permanence ce prolétariat dans une configuration qui ne menace pas l’organisation capitaliste de la société. On peut critiquer les gens qui votent de telle façon, ou critiquer certains camps plutôt que d’autres, mais le fait est qu’au sein du fonctionnement normal du réel, ces options sont logiques et inévitables. Globalement, si on résume a gros traits : la droite fait avancer les intérêts de la bourgeoisie de façon ouverte en s’appuyant sur la petite bourgeoisie (qui fait complètement partie du prolétariat). L’extrême droite essaie de consolider et approfondir cette avancée en période de conflictualité en faisant taper certaines fractions de la classe sur d’autres fractions sous-classées*. C’est la partie de la bourgeoisie qui tombe purement et simplement le masque et demande à des prolos d’adhérer à son projet barbare, à la réalité nue du fonctionnement du capital. Quant à la gauche, elle promet un ’capitalisme juste’ un peu comme on promettrait du caca au miel. Certes, c’est mieux sur le papier, mais c’est une option qui est le résultat des postulats au coeur du capitalisme, et qui en profite totalement. Nous, on pense :
- que la propriété privée et l’exploitation, au coeur des programmes de droite comme de gauche, sont le noeud du capitalisme, et donc de ce qui mène au fascisme
- que les options laissées par le capital à ceux qu’il exploite, options dont le vote, et le vote de gauche, font partie, ne permettent pas autre chose que la continuité et l’approfondissement du système… jusqu’à ses formes les plus autoritaires.
Il nous apparait donc qu’en tant que militants révolutionnaires, notre premier travail doit être de réaffirmer des perspectives différentes de celles proposées par le capital. Ca implique de propagander contre le respect des institutions, leur acceptation, le fait de jouer le jeu… Et une des premières étapes là-dedans est de casser l’impuissance contenue dans le clivage bourgeois « droite/gauche » qui maintient le système, et dans le geste du vote, qui ne permet que le choix au sein de ce clivage, produisant tout le reste : attente, pacifisme, délégation de notre pouvoir politique dans la représentativité, etc. On ne voit pas ce qu’on a à gagner à se faire les supplétifs volontaires de LFI, on pense qu’ils n’ont pas vraiment besoin de nous pour mener leur campagne. Surtout, on qu’on apporte aucune brèche dans les possibles en se réduisant à ça, et que si on lâche nos convictions révolutionnaires à chaque échéance de l’agenda du capital pour se ranger derrière la gauche, on perd notre horizon. D’après nous, si on peut défendre quelque-chose lors de moments aussi éminemment bourgeois que les élections, c’est bien de les dénoncer pour ce qu’elles sont.
La gauche : quelque-chose de désirable ?
Allez, c’est la partie où on commence à taper sur la gauche. Oui, la gauche est une meilleure option que la droite, et oui, elle semble proposer un logiciel un peu différent de ce que la droite et l’extrême droite proposent. Mais il faut voir ce que ça veut dire : en gros, elle est désirable par le fait qu’elle ne représente pas une avancée aussi rapide, puissante et ouvertement brutale du capital. Tout ce qui semble aller plus loin que ça dans ses discours est un leurre pour appâter la.e révolté.e : on veut lui faire miroiter une possibilité de justice sociale au sein de la démocratie et la.e détourner des conclusions anti-républicaines qui s’imposent. Bref en deux mots : c’est de la simple démagogie. Jusque-là, c’est ok. Mais dans le milieu à chaque élection, on se met à défendre la gauche comme si elle ne faisait pas partie du fonctionnement général de tout çaw et ça nous paraît un positionnement dangereux. Car le fait est là : si la gauche va moins vite que la droite, elle y va bien quand même. On rappelle que Mélenchon a été formé chez Mitterrand, dont le programme « de rupture » était bien plus à gauche que celui de la FI. Et que c’est bien le gouvernement socialiste élu en 1981 qui a fait rentrer la France dans le néolibéralisme dont Macron est l’incarnation finale. Ca n’est pas une erreur de parcours, mais la logique normale d’un fonctionnement de parti capitaliste : récupérer diverses fractions de la classe et manipuler leurs intérêts. Le public-cible de la FI étant un amalgame de militant.e.anticapitalistes de tous poils (écolos, antifascistes, antiracistes), de personnes et communautés racisées victimes de l’Etat racial, de progressistes attachés à « l’Etat de gauche » en train d’être démantelé, etc.. bref des personnes qui subissent précisément l’avancée du capital dans la séquence, il est parfaitement logique que sa stratégie pour capter cet électorat potentiel soit l’opposition déclarée au « système ». Qu’on se dise que c’est un peu mieux que ce qui nous attend autrement, clairement, mais qu’on se mette à militer pour l’inscription sur les listes électorales et le vote FI, comme s’ils ne faisaient pas partie intégrante du problème, nous parait probématique. Car chaque fois que la gauche est élue, elle fait bel et bien avancer le capital et le pouvoir d’Etat, avec tout ce que ça implique de coercition, de violence économique et répressive, de nationalisme, d’exploitation, de colonialisme, etc… Et on ne voit pas comment on peut faire l’économie de cette réalité au point de la repeindre en quelque-chose de positif. C’est important de reparler de ça car le même jeu se rejoue chaque fois, comme si on avait pas de mémoire. On se sent trahis quand Mitterrand opère le tournant de la rigueur et instaure les CRA ou que Hollande amène la loi travail et met en place les premières étapes de l’Etat d’urgence permanent (on parle de mesures extrêmement de droite). Puis on regarde ça depuis un point de vue rétropspectif et on se dit : c’était des « faux gens de gauche », et on repart en quête du bon parti, celui qui ne nous trahira pas… bref, de la « vraie gauche ». Mais peut-être qu’il s’agirait d’arrêter de chercher et d’accepter que tous ceux-là sont des vrais gens de gauche. Et que la gauche consiste précisément en ça : nous servir des discours plus ou moins anticapitalistes pour être élus et ensuite, comme tout autre parti, gérer le capital. On aurait au moins plus grand chose à attendre d’un Mélenchon, si ce n’est de nous servir ce qu’on veut entendre car sa carrière au chaud, ses avantages et ses 5000 balles mensuels dépendent de l’existence de son électorat. On pourra d’ailleurs s’en convaincre en allant regarder son dialogue récent avec des représentants de diverses fractions du patronat. L’homme qui nous dit « d’abattre la citadelle » y parle explicitement des moyens de reconduire le capitalisme via une restructuration, et surtout pas de le détruire, un discours quand même assez loin de ses envolées oratoires habituelles.** Or, tant qu’existe un système qui sépare production de la valeur et accaparement de la valeur ; en fait, tant qu’existe un système qui fait de la valeur une sphère spécifique de la société, les violences actuelles contre lesquelles on lutte ne sont pas évitables. Le capitalisme implique le colonialisme, le nationalisme, le racisme systémique, le patriarcat, la violence contre les esprits et les corps, la brutalité salariale sous des formes indéfiniment dégradées (travail delocalisé des enfants, travail dans des mines de coltan pour 1$ par jour), la pauvreté jusqu’à mourir dans la rue… Ce sont ses conditions d’apparition, ses modalités d’application mécaniques, ses produits permanents comme résultat de l’extraction de la plus-value. Qu’on nous fasse croire qu’il est possible d’avoir le capitalisme sans avoir ça est une manipulation totale. Si la gauche institutionnelle ne peut pas nous offrir la réalité qu’on réclame et sur laquelle elle construit son existence politique, elle peut par contre contribuer à l’affaiblissement de la conflictualité dans notre camp, comme on y reviendra plus bas.
On précise quand même que pour nous tout cela n’implique pas une absence de conflits entre Mélenchon et d’autres fractions de la bourgeoisie. Ces divergences sont réelles, car elles sont basées au sein de la classe dominante sur des intérêts matériels différents. L’Etat est l’institution où s’incarnent et se régulent les conflits des différentes fractions de la bourgeoisie nationale : Mélenchon représente ici une vision à moyen terme de maintien du système capitaliste via une (très relative) modification des rapports de force capital-travail, qui entre en conflit avec les intérêts immédiats d’autres fractions de la classe dominante (qui, elles, s’enrichissent à vitesse grand V sur la dynamique actuelle et comptent bien l’accélérer). Pour autant, on ne doit pas être dupe : le fait qu’il soit attaqué par d’autres bourgeois ne fait pas de lui un allié de notre classe.
Pour conclure ce point, on veut poser ça : la gauche, comme la droite, est une part agissante d’un mécanisme contre-révolutionnaire et doit être comprise comme telle. La révolution est le mouvement par lequel les différentes fractions de la classe se nient en tant que telle, abolissant toutes les incarnations du rapport social « producteur-accapareur » qui fonde le capitalisme. Dans le système représentatif, chaque fraction de la classe est au contraire captée électoralement et reproduite en tant que fraction – séparée et antagoniste aux autres, mais « représentée » par une partie de la bourgeoisie. Cette manipulation de nos intérêts ne laisse quasiment aucune option de transformation révolutionnaire : car tant qu’on pense au au sein de la normalité capitaliste, tout le prolétariat ne peut effectivement pas manger le gâteau, étant donné qu il doit s’en partager des miettes. Il est donc nécessaire ou bien qu’il se fasse la guerre, et la bourgeoisie est là pour médier et piloter ça, ou bien qu’une faille suffisante dans la machine qui produit le gateau ait lieu pour rebattre les cartes et penser autrement un reel lui-meme devenu momentanément autre. Cette faille, c’est le saut qualitatif de la lutte contre la bourgeoisie et non plus avec elle ou via elle qui en est l’expression dans la réalité. Dans l’acte de résistance directe à l’Etat ou à la normalité du capital – normalité définie paradoxalement par l’approfondissement permanent de la violence, du rapport d’exploitation, et des oppressions qui le constituent – la classe se reproduit soudain enfin comme prolétariat, c’est-à-dire comme force dont le geste définitoire fondamental est la résistance à mort contre la bourgeoisie. On ne peut pas en faire l’economie, tout simplement parce que cette résistance est spécifiquement le moment par lequel s’opère l’opposition et la négation du capitalisme en acte. Non pas qu’elle aille forcément jusqu’au bout, mais si quoi que ce soit peut avoir lieu, c’est par contre dans son mouvement ; dans son extension, son approfondissement et son immédiateté – au sens d’absence de médiation – toujours renouvelés. La gauche institutionnelle, en faisant comme si on pouvait aboutir à une véritable transformation du réel via les institutions et la légalité, dans le cadre de l’Etat, et en alliance avec le patronat, non seulement nous met dans la tete des conceptions paradoxales merdiques et perverses de »capitalisme anticapitaliste » qui nous empêche de penser, mais nous propose une transformation qui fasse l’economie de la lutte, c’est-à-dire… de la transformation. Il faut donc l’affirmer : les élections ne sont jamais un événement lors duquel le capital et l’Etat peuvent reculer. C’est au contraire le moment de leur reproduction dans une configuration renouvelée, et ce renouvellement est à son tour un moteur de cette reproduction permanente. Par sa souplesse spécifique, le système démocratique peut faire tenir le capital en périodes de luttes sociales fortes et avancer vers l’autoritarisme quand le rapport de force le permet..
« C’est important car sinon ça sera le fascisme ».
Parlons maintenant de pragmatisme. Qu’on ne croit pas aux urnes, ou à Mélenchon, d’accord. Mais on nous dira que malgré tout, ça n’est pas suffisant, car il ne s’agit pas seulement de ça mais de lutter contre ceux qu’il y a en face comme on peut, et qu’il faut bien faire quelque chose pour s’opposer à Moudenc, Macron, Bardella etc.. Bref à toutes les incarnations de l’axe « centre-droite-extrême-droite » du capital. Et sur ça, on est d’accord. Mais on estime que les urnes ne permettent pas d’empêcher l’arrivée de ces intérêts au pouvoir. En fait, on pense qu’elles sont précisément le moyen de les y amener. Il faut bien le poser : les élections sont un mécanisme par lequel, à environ zéro exception près, les capitalistes arrivent, se maintiennent et se succèdent aux manettes.On ne se leurre pas : ils n’hésitent pas à employer d’autres voies moins « démocratiques » quand il le faut. Mais il semble bien que ces moyens suffisent la plupart du temps puisque les seuls qu’on voit là-haut depuis notre naissance sont au service du capital. On aurait donc tendance à dire qu’il ne s’agit pas d’un levier potentiellement utilisable contre eux, mais bien d’un outil spécifiquement créé sur mesure par et pour eux, avec dès l’origine la reproduction permanente de leur pouvoir comme seule conséquence possible. Avec un deuxième effet kiss cool : empêcher ceux et celles qui se reconnaissent comme leurs opposants d’agir, en les maintenant dans l’(in)action pacifique et institutionnelle. Si on veut aller vers les « fascistes », avec ou sans guillemets, allons-y : Trump a été élu, Méloni a été élue, à l’époque Hitler l’a été : point Godwin atteint mais bon, c’est un fait. Ça leur a donné toute la puissance de la légitimité des urnes. Cette légitimité est donc au coeur du problème, et elle doit à ce titre être contestée politiquement. Or, on participe au contraire à la consolider quand on appelle au vote. On dit « battons-les selon leurs règles », et ça veut dire « ces règles sont acceptables », « ce système, qui peut mettre en place des fascistes, ne doit pas être purement dénoncé, détruit et attaqué, il faut le respecter ». Le piège psur lequel repose cette exhortation est pervers. Elle se base sur la croyance qu’il existe au sein de ce jeu une option gagante pour nous. Le fait qu’on ne l’atteigne jamais, ou que chaque fois qu’on croit que c’est le cas on se rende compte qu’on s’est fait niquer, ne nous pousse étonamment qu’à plus d’adhésion.. On continue ainsi éternellement à jouer selon les règles, voire à appeler les autres à se joindre au jeu.. Et on participe avec toute notre ferveur à la mécanique d’adhésion et de pacification générale.
Car on ne peut pas dire « votons Piquemal » et « niquons tout »/ « grève sauvage »/ « crèvent les capitalistes » dans la même phrase ou le même tract. Ne serait-ce que parce que le but est de convaincre de voter pour notre candidat de circonstances et que ce genre de chose peut le desservir légèrement. De même, on ne peut plus s’attaquer à des élus de gauche : soudain, il y a un bon camp fait de bons bourgeois, et eux il ne faut surtout rien leur faire. Et puis tout le reste suit : on se met à se battre pour le programme, pour les revendications proposées, bref, à défendre et représenter le capital sous une certaine forme. L’un dans l’autre, on a le doigt dans l’engrenage d’une ligne interclassiste et « citoyenne », qui construit l’attentisme en nous balisant le chemin autorisé. Sur cet attentisme, le capital prospère. C’est toujours la même chose : pousser à légitimer un représentant, c’est pousser à adhérer à des idées pacifistes et intitutionnelles, celles qui permettent au capital de garder ou de reprendre la main et de continuer son avancée. Il ne s’agit donc pas seulement, quand on appelle ou défend le vote, de ce qu’on dit aux gens de faire – voter Piquemal, Mélenchon, NFP, etc -, mais de tout ce qu’en filigrane on participe à dire de ne surtout pas faire, à l’unisson de la bourgeoisie : et notamment, arrêter d’adhérer, contester, se révolter, etc.
Soyons clairs : on ne dit pas que ces questions ne sont pas vertigineuses et complexes, que tout ça est pas hyper compliqué et difficile. Nous non plus, on veut pas Moudenc à la mairie en 2026 ni Bardella au pouvoir en 2027.Et on est d’accord qu’individuellement, en désespoir de cause, pourquoi ne pas mettre le bulletin dans l’urne. En fait, on partage l’idée que la période fait peur, et c’est depuis ce constat qu’on parle. Mais justement : depuis des années, le capital avance sauvagement, les espoirs de voir la gauche contrer ça poussent à compter sur autre chose que nos luttes et à légitimer les institutions qui nous écrasent, et tout ça participe à la pacification ambiante sur laquelle se construit la possibilité du fascisme. Le silence des pantoufles, c’est aussi et tout autant le silence des pantoufles de gauche indignées qui appellent à voter. Certes la séquence ne va pas dans notre sens, et certains pourraient dire qu’il ne nous reste que les élections. Mais ce n’est pas parce que le rapport de force ne nous est pas favorable qu’il faut lâcher notre ligne politique. Le basculement vers la lutte de la classe a ceci de particulier qu’il est imprévisible et peut réintervenir d’un coup, en tout temps. Si notre intérêt est quelque-part, c’est dans tout ce qui tend à favoriser cette rupture, sans illusion sur notre force, mais au moins sans tomber dans la réaction pro-démocratie. Les élections, comme tout moment d’approfondissement ou de reproduction du capital au détriment de la classe, doivent être dénoncées et attaquées pour ce qu’elles sont : un moment par et pour la bourgeoisie, sans horizon pour nous.
D’autant plus que les intérêts représentés par la droite et l’extrême-droite du capital ont avancé suffisamment ces dernières années pour commencer à se passer des accords avec la gauche. Au point où on en est aujourd’hui, rien n’indique que les espoirs de modulation de la violence qu’on place dans LFI et qui justifient l’appel au vote soient encore réalistes. On l’a dit, ce n’est pas un jeu qui est fait pour nous permettre de gagner mais seulement pour nous pousser à jouer selon les règles. Potentiellement, si vraiment LFI devait gagner demain, il suffirait aux fractions de la bourgeoisie qui y sont opposées de déclencher le « fascisme » tout pareil que si ça avait été Bardella, ou a minima de garder la droite au pouvoir : on aurait alors seulement été maintenus bien sages le temps que l’opération se fasse. On en a vu un avant-goût lors des dernières élections législatives, et ils ont bien vu aussi qu’on n’avait rien à leur opposer. Une énorme partie de la sphère militante gauchisante a surinvesti le militantisme des urnes, participant à une atmosphère hautement citoyenne, c’est-à-dire à l’encadrement légaliste de la colère et de la peur, à la légitimation des institutions via celle du « bon camp » mélenchoniste, et au désamorçage de toute forme de lutte réelle via la fétichisation du vote martelé comme « LE » geste politique pertinent. Ainsi assuré de ne rencontrer aucune résistance qui échappe à son contrôle et à sa compréhension, le pouvoir a pu, purement et simplement, ignorer les résultats du vote. Pourquoi se priverait-il de faire pareil, surtout si on participe à l’électoralisme ambiant dès qu’une élection s’organise, montrant bien qu’on ne sera pas plus une menace dans un an et demi qu’on ne l’est maintenant ?
Dans la lutte des classes, ils n’ont peur que de la classe en lutte (pour conclure)
Ainsi, en participant à créer une force pour le vote, on participe en même temps à la dilution de toute création d’un réel rapport de force avec le pouvoir. Ce ne sont pas deux choses parallèles et complémentaires, mais bien deux lignes opposées dont l’une se grossit de l’affaiblissement de l’autre. Comme le dit Gramsci : le fascisme arrive quand le masque des dominants tombe, mais que la classe est encore trop peu organisée pour la lutte/ croit encore trop aux options et institutions du capitalisme pour lui opposer une réelle résistance. Nous sommes là-dedans, et il est plus que jamais fondamental de détruire la croyance de gens dans la social-démocratie et dans les possibilités du réformisme. Il faut le marteler partout et plus fort que jamais : on ne va pas dans le bon sens en réempuissantant le mode de pouvoir bourgeois à chaque élection sous prétexte de lutter contre la droite. Croyant « combattre », on participe en fait à l’adhésion au système, même et d’autant plus – paradoxalement – dans les moments où il s’apprête à prendre ses formes les plus brutales, celles qu’on veut absolument éviter.
Nous posons en opposition à ça que la seule chose efficace est la mise en mouvement collective de la classe dans la lutte, et que la nature et les formes de cette lutte sont forcément extra-institutionnelles, hors calendrier bourgeois et extra-légales/allégales puisque dirigées contre les institutions *****. On ne peut évidemment pas déclencher magiquement cette lutte, mais si on doit propagander, que ce soit pour tout ce qui la favorise en poussant à la rupture radicale avec la bourgeoisie. On obtiendra jamais rien en se rabaissant à valider leur système et en se tenant bien sages. Edouard Philippe l’avait d’ailleurs dit devant des étudiants de l’ESSEC peu après les Gilets Jaunes : c’est l’absence de vitalité dans la conflictualité qui a poussé à l’accélération de la brutalité du capital ces dix dernières années******. Et on le voit partout dans l’histoire : aucune avancée n’arrive magiquement. La gauche n’est souvent que l’agent qui sert à valider légalement ce qui a été pris directement sans la permission de personne, avant que la droite puisse entamer la réaction. Dans cette optique, et sans dire qu’on peut forcément faire grand-chose dans la situation actuelle, il s’agirait au moins de se mettre d’accord sur le fait que l’appel à la participation aux élections est un bâton dans les roues de la révolte, pas ultra utile à deux doigts de Bardella.
Du coup on aurait tendance à dire : si vous voulez voter, votez, mais faites-le comme vous allez au supermarché ou retirez de l’argent : on nous laisse pas énormément d’autres choix, mais ça n’empêche ni les autoréductions, ni le vol, ni les destructions en manif, ni la propagande contre l’accumulation, l’exploitation, et les oppressions. De même, voter individuellement ne doit pas empêcher la lutte politique contre le vote : on ne doit pas être dupes au point d’adhérer et de revendiquer politiquement ce qu’on fait par impuissance.
* exloité.e.s non blanc.h.es / non hommes cishet, dont l’exploitation est redoublée par l’oppression. On part du principe que la sexisation et la racisation sont des parties intégrantes, fondamentales de la production et la reproduction du capital, qu’elles en sont même à la matrice, et que l’ordre social de l’exploitation est aussi toujours et par définition un ordre racial et un ordre de genre. Le capitalisme ne nait, et ne se reproduit en permanence dès l’origine, qu’en tant qu’il reproduit aussi une part majoritaire de « déclassés » au sein de la classe, regroupés et catégorisés par des conditions spécifiques de violence et de surexploitation, sans quoi il ne tient ni économiquement, ni socialement, ni politiquement. On dit « sous-classées » car on estime qu’il s’agit de classes au sein de la classe, à cet égard, mais ça ne veut absolument pas dire « minorité ».
** https://www.youtube.com/watch?v=gyru0bMxYps
*** et puisque la légalité est l’outil de la bourgeoisie pour la production et la reproduction de sa société d’exploitation
**** https://www.youtube.com/shorts/41DMXUeriTs

Excellent texte
J’ai trouvé aussi. La première partie est dispo ici https://www.nantes.indymedia.org/posts/160435/elections-que-creve-la-gauche-aussi/
Ok, militer pour voter à gauche reproduit le système. Mais militer pour ne pas voter, ça reproduit quoi à part le confort de la droite ? 😅 Au final, ce genre de discours « révolutionnaire » a des conséquences carrément droitardes sur le terrain. Perso, je ne m’abstiens pas, je vote pour JoJo
Tu veux voter pour quelqu’une qui a signé un communiqué commun avec Darmanin disant que « immigré.e.s = délinquance » et pour annoncer la construction d’un CRA à Nantes (tout ça pour avoir plus de flics dans les rues) et après tu viens te prétendre de gauche et faire des leçons sur les conséquences droitardes de l’abstention? C’est pas la logique ni la cohérence politique qui t’étouffent on dirait.
Va donc voter le geoibour, mais arrête de te croire à gauche. C’est juste pour te donner bonne conscience et continuer le business as usual sur le dos des autres.
Mais en fait c’est exactement ça la gauche, sauver ses petits privilèges de blanc tout en se prétendant soucieux des minorités.
Et après entre deux élections se prétendre révolutionnaire
Révolutionnaire et Gôche = ça ne va pas ensemble
Je suis peut-être un.e mauvais.e comique, mais toi tu es carrément une mauvaise blague. 😂
C’est quand même fascinant cette obsession de taper sur la gauche avec de grandes leçons de morale. Bizarrement, avec ta boussole « révolutionnaire », je ne t’entends pas du tout t’indigner ni argumenter sur les sorties de Foulques Chombart de Lauwe quand il cible régulièrement les Roms. Silence radio là-dessus, hein ?
Au final, c’est mathématique : si tu veux à ce point que la gauche crève, c’est tout simplement parce que tu veux que la droite survive (et gagne). Assume ton rôle de supplétif de droitard !
PS : « Geoibour », ça sort d’où ça ? Ça sent la naphtaline à plein nez et ça ne s’est absolument jamais dit lol. Si tu veux clasher la moula des nepo babies, redescends sur terre et dis « bourge » tout simplement. Ça t’évitera la gênance devant les djeuns. lol
Je sais pas si t’es idiot.e à ce point ou juste de mauvaise foi. Je penche pour un mélange des deux.
Si je « m’indigne » contre la police et le CRA de johanna rolland, forcément que le programme du droitard me convient pas non plus. Et puis ce texte parle de la gôche, pas de la droite.
Par contre toi en soutenant un programme qui se prétend vaguement de gôche mais n’en a que le nom, votera pour un parti qui n’a fait que se droitiser depuis 40 ans (tout en étant issu de la branche tiedasse et carriériste des sièges situés à gauche à l’assemblée), et une candidate qui signe des communiqués racistes, tu montre que tu n’es finalement pas si fondamentalement éloigné du droitard.
Tu dis que ton texte parle de la gauche, ok, mais c’est bien ça le problème : tu passes 100% de ton temps et de ton énergie à chercher des documentaires YouTube pour taper sur la gauche. Bizarrement, tu n’as pas l’air de transpirer autant pour combattre la vraie droite.
Dans les faits, tu agis comme un vrai partisan de la droite en leur déroulant le tapis rouge avec ton appel à l’abstention. C’est quoi ton fameux « intérêt révolutionnaire » là-dedans exactement ? Regarder la droite gagner depuis ton canapé ? 🙃
C’est pas mon texte, je suis tombé dessus sur IAATA et comme je l’ai trouvé bien je me suis dit de le poster ici.
Je passe pas « 100% de mon temps sur youtube à chercher des documentaires pour taper sur la gauche », je suis tombé par hasard dessus en regardant des vidéos de candidat.e.s. Tes petites méthodes discusives de troll ça va deux secondes.
Mon interêt de révolutionnaire c’est de dégager les carriéristes qui font des promesses en l’air et vendent des illusions en se disant de gôche voire même révolutionnaires. Et ses larbins comme toi.
Toi tu passe 100% de tes commentaires à défendre des gens qui enferment, expulsent et répriment. C’est quoi ton interêt la dedans? Négocier ta place au soleil en léchant des bottes parce que c’est pas toi mais d’autres qui subiront?
Pour revenir au texte, je suis tombé sur ce documentaire qui complète pas mal d’un point de vue historique.
« Quand la gauche collaborait 1939 – 1945 »
https://www.youtube.com/watch?v=QuIX0LtM52M
Il manque peut-être juste la mention du tournant nationaliste du PCF en lieu et place de la lutte des classes face à la montée des ligues fascistes. Tournant qui influera plus tard les positions officielles du PCF face à la guerre d’Algérie, ou de la CGT face aux luttes des OS issu.e.s de l’immigration dans les années 70. Et même le discours actuel d’un Roussel. Ce changement de discours a en tout cas beaucoup contribué à empêcher l’analyse et le combat de la montée du fascisme, en floutant les lignes. On parlerait limite aujourd’hui de confusionnisme, ou de rouge-brun.
Pour le reste on voit bien que SFIO et PCF ont été incapables de résister à la montée du fascisme (et même ont été des freins dans cette lutte), et pour un bon nombre d’entre eux, ont même collaborré avec, voire sont carrément devenus nazis.
Et boum, le point Godwin ! 😂🤡 Maintenant la gauche c’est carrément des nazis lol, super l’analyse historique pour justifier de ne rien faire.
En même temps ne pas parler de nazisme sous un article à propos du fascisme…
En attendant ce n’est pas ce que je dit, ni ce que le documentaire raconte. Mais j’imagine qu’il vaut mieux caricaturer les propos pour ne pas répondre sur le fond, et se persuader d’avoir raison.
Ne regarde surtout pas le documentaire, tu risque la crise de foi existentielle.
T’inquiète pas pour ma « crise de foi », elle va très bien je suis pas lfiste lol.
Je l’ai regardé ton fameux documentaire en noir et blanc. D’ailleurs, les images d’époque te paraissaient peut-être très « naturelles » et familières, mais tout ce que j’en ai retenu, c’est que ça ferait une super diffusion pour une sortie scolaire avec un prof d’histoire-géo au Cinématographe de Nantes. Allez, je te laisse avec tes archives de 1940 ! 🎬👴🏻
https://www.youtube.com/watch?v=gXCpvYo8xpo
Cool de reconnaitre que tu capte rien au fascisme et comment il arrive au pouvoir. Ni à grand chose d’autre d’ailleurs visiblement. C’est ptet le seul truc censé que tu as dit jusqu’ici.
Tips gratuit: les oeillères n’empêchent pas de tomber dans les ornières. C’est même plutôt l’inverse.
Sophisme de la solution parfaite + paralogisme dit : argumentum ad temperantiam + sophisme de pente ou du doigt dans l’engrenage + sophisme de la cause unique + point godwin……
En voilà une bien belle discussion raisonnée
L’ignorance n’est pas un crime, mais l’inculture de Mme Irma est un choix de refuser de comprendre, d’apprendre ou de s’ouvrir aux milieux révolutionnaires.
trollage
retrollage
Ce commentaire ne respectait pas la charte.
« Déjà, un point important à noter, même s’il peut paraître délirant : tous les camps promettent du mieux, à leur façon et par des angles différents, à des prolos dont ils massacrent les vies. Bien évidemment ce mieux n’est pas neutre ou égal : c’est un produit matériel et idéologique des oppressions et de l’exploitation. »
Cette phrase résume très bien le texte, même si le lire dans sont entièreté est plutôt très pertinent.
Il me semble néanmoins possible de considérer le vote comme un outil parmi d’autres, bien que de dernier recours, pour tenter de faire face à la prise de pouvoir de l’extrème-droite. Lorqu’un parti fasciste prend le pouvoir, en plus de créer des dégats considérables, il ne le rend jamais de lui-même… Il devient alors très difficile et coûteux en vies et en souffrances de lui arracher.
Le vote n’est qu’une solution à court terme pour faire reculer le fascisme.
Sur le long terme il légitimera son arrivée au pouvoir.
Un Etat démocratique reste un Etat, fondé sur les inégalités entre classes sociales, la force et l’autorité.
La démocratie étant un régime au service de la bourgeoisie, il ne faut pas compter sur cet outil pour faire reculer le fascisme qui adviendra pour le maintien de leurs intérêts.
Il faut un rejet massif de toutes les sectes politiques comme base pour ensuite espérer faire vaciller tout le système.
« Il faut un rejet massif de toutes les sectes politiques comme base pour ensuite espérer faire vaciller tout le système. »
Et ce rejet MASSIF, il survient comment ???
La naïveté des puristes est une pure caricature, d’on ne sait trop quoi dans le fond : de l’anarchisme? du politologue de comptoir? d’un héroisme solitaire mais pure ?
D’ici lavènement du « rejet massif », on a qu’à se coltiner le fascisme en se disant que ça va passer après une bonne guerre… Des fois il faudrait accepter de se salir les mains en essayant de contrer VRAIMENT l’arriver des fascistes au pouvoir, même si on ne reconnait pas ce pouvoir. SI pour celà il faut voter, et bien votons! ça n’empêche pas de se battre et de s’organiser en dehors.
ça me donne un peu envie de gerber tout ça tout ça…!!!
« Puriste » c’est l’insulte préférée des personnes prêtes à tous les compromis et petits arrangements tant que ça préserve leur confort/mode de vie. Et tant pis pour les autres.
Tu as du mal lire le texte, il ne parle pas du geste individuel de voter. L’isoloir c’est un peu comme confesse, ce qui s’y passe ne regarde que toi. La question est « Est-ce pertinent pour des révolutionnaires de militer publiquement pour les élections et la gauche »?. Et la réponse du texte est non. Avec des arguments un peu plus étayés que « Mais sinon c’est le fascismeeeeu », y compris en réponse à celui-ci.
Je sais pas si t’as remarqué mais celleux qui remportent toutes les élections ce sont les abstentionnistes. Le rejet du vote est déjà là. Ni assez massif ni « politisé », mais bel et bien là.
Alors ne vaut-il pas mieux s’adresser à ces personnes ? Et en convaincre d’autres ? N’auraient-elle pas raison si en vous voyant leur dire de voter elles vous repliqueraient « Vous dites être contre le système et vouloir le changer, mais finalement vous nous dites d’y participer. Ça n’est pas très cohérent, vous n’êtes pas très différents des politiciens qui retournent constamment leur veste. »
C’est en plus extrêmement naïf sur les élections, et le fascisme. Les élections ne sont que le reflet des rapports de force qui traversent la population. S’il est en faveur des fascistes, ceux-ci arriveront au pouvoir par ce biais comme en 33, peu importe les appels désespérés à les battre dans les urnes. Et il le feront parce que la bourgeoisie aura estimé qu’ils seront plus efficaces à maintenir leurs bénéfices et leur pouvoir que les autres options plus vaguement démocratique. Ce qui est souvent le cas lorsque les crises réduisent les bénéfices et qu’il n’est plus possible de redistribuer quelques miettes à la classe moyenne pour qu’elle se tienne suffisament sage.
Sans compter que si les fascistes sont élus avec un taux d’abstention gigantesque, ça n’est pas la même prétendue légitimité « démocratique » que si le taux de participation est important.
Alors faut-il pour des révolutionnaires qui veulent renverser le système perdre beaucoup d’un temps précieux en activité militante à essayer de convaincre des gens de voter pour la gôche ? Gôche dont tout le monde sait qu’elle ne changera pas la vie. Surtout dans l’état de décomposition populiste dans laquelle elle est. Ou bien combattre le fascisme en dehors du cirque électoral ? Et continuer à être clair sur les raisons du rejet des élections ? Une chose est sûre, ce rejet ne se massifiera pas ni ne se politisera si on fait la promotion du système électoral.
Va voter si ça permet de calmer ta peur, mais ne vient pas dire que le revendiquer n’a aucune conséquence concrête en terme de lutte antifasciste ou anticapitaliste.
les droitard en pls ;)