La fabrique de l’ennemi de l’intérieur. Des nouvelles de Nantes, la “ville sous contrôle”
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Derrière le discours sécuritaire, la réalité.
À Nantes, pression policière dans plusieurs quartiers : contrôles répétés, fouilles d’immeubles, interpellations. Sous couvert de “lutte contre le narcotrafic”, s’installe une stratégie de saturation qui fabrique l’ennemi intérieur.
UNE SÉRIE D’OPÉRATIONS DE POLICE
Mercredi 17 décembre 2025, la préfecture de Loire-Atlantique a annoncé une série d’opérations de police dans plusieurs quartiers de Nantes : Pirmil-Clos Toreau, Port-Boyer, Bottière, Bellevue et le secteur du château de Rezé.
Ces interventions sont présentées comme relevant de la “lutte contre le narcotrafic” dans le cadre du dispositif dit de Ville de sécurité renforcée (VSR), avec une promesse assumée : une présence policière massive et durable, “autant que nécessaire”.
Derrière cette formule administrative, des chiffres : 465 agents mobilisés, des drones, des équipes cynophiles, 82 immeubles fouillés, 386 personnes contrôlées, 38 interpellations, 50 amendes…
L’opération de mercredi constitue, donc une montée en intensité assumée, inscrite dans une logique de pression policière constante.
La veille déjà, mardi, les forces del’ordre avaient contrôlé 192 personnes et procédé à 24 interpellations.
Ce qui se joue ici n’est pas seulement une démonstration de force : c’est un récit politique.
LE “NARCOTRAFIC” COMME MOT-VALISE SECURITAIRE
Le terme “narcotrafic” n’est pas un terme neutre. Il charrie un imaginaire précis : celui de la guerre, des territoires à contrôler, de l’exception sécuritaire.
Employer ce mot, c’est adopter sciemment un discours qui rend acceptable l’exception.
Un discours qui projette sur les habitant-es un imaginaire exotisé de violence.
C’est une mise en récit stigmatisante. Parler de “bataille” contre le narcotrafic, c’est adopter un cadrage guerrier.
Ce vocabulaire sert à transformer un problème social en ennemi intérieur.
En reprenant ce lexique sécuritaire, la gauche institutionnelle apporte une caution directe à l’imagianire raciste de l’extrême-droite nantaise, celle-là même qui comparait Nantes à Bogota.
Résultat : le pouvoir municipal valide ce récit martial, normalise la gestion policière de la cité et racialise toujours davantage les quartiers sous couvert de “lutte contre le trafic”.
Ce glissement n’est pas anodin. Il est la condition nécessaire pour faire de la police la seule réponse légitime.
Il rend la violence policière plus acceptable, les descentes plus ordinaires, les contrôles plus légitimes.
Ce positionnement politique a un coût : la fabrique de l’ennemi de l’intérieur pour justifier la répression.
FABRIQUER L’ENNEMI INTÉRIEUR POUR JUSTIFIER LA RÉPRESSION
Parler de “bataille”, c’est désigner un ennemi intérieur constant : les quartiers d’habitat social, leurs jeunes, leurs habitant-es, les personnes non-blanches…
À partir de là, tout devient légitime : les contrôles à grande échelle, les fouilles d’immeubles, les drones, les chiens, la violence policière durable, la pression permanente.
On vise des territoires entiers.
On administre une population.
La répétition des opérations, mardi puis mercredi, dans les mêmes quartiers, le montre clairement :
LE CONTINUUM COLONIAL À L’ŒUVRE
il s’agit pas de “démanteler des réseaux”, mais d’installer une punition collective, rendue acceptable par le récit sécuritaire.
L’État colonial procède ainsi : fabriquer du “danger” pour justifier la présence armée.
Cette manière de gouverner n’est pas nouvelle et s’inscrit dans un continuum colonial : quadriller, surveiller, contrôler, discipliner de sterritoires jugés problématiques, des populations perçues comme dangereuses.
Cette grammaire coloniale est un mode de gestion.
UNE VIOLENCE QUOTIDIENNE INVISIBILISÉE
Pour les personnes qui vivent dans ces quartiers, cette succession d’opérations n’est pas un événement ponctuel.
Elle s’inscrit dans une répression au quotidien : contrôles répétés, fouilles d’immeubles, surveillance, suspicion permanente.
Cette réalité-là n’apparaît jamais dans les communiqués officiels. Elle ne se chiffre pas.
Les communiqués comptabilisent les contrôles, les interpellations, les saisies. Ils ne comptent jamais :
– les humiliations répétées,
– les contrôles sans motif,
– la peur installée,
– les enfants qui grandissent sous surveillance constante,
– la privation de liberté,
– les violences d’État dont l’histoire récente montre qu’elles tuent…
Une violence normalisée, car elle s’exerce toujours sur les mêmes corps, dans les mêmes quartiers, au nom d’un mot devenu central“narcotrafic”.


Bonjour
Cet article m’interpelle car je pense qu’il décrit la réalité. Je me demande si cet effort de.pedagogie n’est pas entraver par le parallèle avec le colonialisme. Cette réussite d’enfin voir un article mis en avant par les robots de google alors que cet article est loin du discours autorisé et dominant.
A ce que j’en sais le colonialisme conduit par la France était détestable. Le colonialisme était une négociation de l’humanité par une frange de français au pouvoir. Aujourd’hui comparer les humiliations des habitants de certains quartiers au colonialisme peut être envisagé. Mais pourquoi insister au risque de pervertir la perception des lecteurs ?
L’article est juste la comparaison mérité d’être abordé mais mieux expliquée.et.mise en perspective de façon brève. La récupération politique de l’insécurité par la gauche et les écologistes nantais est le problème. Chercher à récupérer des voies pour les prochaines municipales de façon aussi démagogue ne présage rien de bon si cette coalition passe. Les écolos devraient sortir de cet amalgame du PS avec l’extrême droite. Mais 80% des adhérents et sympathisants aux écologistes ont votés la liste commune. Bref le vrai problème mis en avant par votre article est que les quelques nantais et nantaises impliqués dans ces futures élections sont prêts a vendre quoi de plus pour s’assurer une victoire aux municipales ? Votre article j’espère sera suivi pour comprendre comment les militants écologistes et socialistes ont abandonné leur convictions et les sciences sociales.
Ce commentaire ne respectait pas la charte.
Ce commentaire ne respectait pas la charte.
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Depuis la nuit des temps c’est comme ça dans les cités !!
Tout les jours les flics acab sont dans les cités, tout les jours il y a des contrôles, tout les jours ou presque il y a des interpellation.!!
Le racisme monte en puissance en France,
Tu as du fric tu vis, tu en as pas tu crève !!
Les associations militant e s ne viennent pas dans les cités, ont peur, la peur de voir la réalité,
Avant bcp de militant e s vivaient dans les cités, maintenant c’est extrêmement rare !!
Les militant e s venez dans les cités, les gens ne vont pas vous mangez lol
‘
Ce commentaire ne respectait pas la charte.
Jamais rien n’a été fait dans les cités, depuis des années et des années le racisme monte, tu as pas d’argent pour vivre, tu fais comment pour manger, te loger et ainsi de suite, tu disais que tu viens d’une cité, tu étais grillé e pour avoir un travail, pas de travail ben tu as rien du tout !!!
Quand tu es jeune, tu as envie de sortir et etc.. mais voilà, tu subis le racisme, tu subis la connerie humain e s
Les associations allé e s discuter avec les personnes dans cités, aller dans les associations de quartiers !! Vous restez entre vous, vous lisez la presses,
Concernant les drogues, ont trouvé e s un moyen pour ce faire un max, le business sa fais des jalousies et ensuite on connaît la suite….
Le travail et les loisirs tout le monde a le droit de vivre et là c’est très loin d’être le cas !!!
Les pauvres en France ont survie, c’est toujours les mêmes qui profitent…
A Nantes de plus en plus de personnes dors dehors, ne mangent pas à leurs faim et etc..
Arrêter de voter, les politiques pensent qu’à elles et eux, le pouvoir et le fric. C’est à gerber !!!
Les associations et les militant e s pourquoi vous allez jamais dans les cités, les gens vont pas vous mangez, les femmes il va rien vous arrivez !!!
Croyez moi, le jour que les cités vont descendre dans les centres villes sa va faire très mal !!!
Isonomia,
Vous êtes pas trop fouler pour votre article, c’est que des reprises d’articles de la presses nantaise, je ne citerai pas les noms des ces torchons lol.!!
Allez discuter avec les personnes des quartiers et ensuite, écrivez un article, prendre des bouts d’articles de presses c’est pas très utile car les gens lisent !!
Ont nous a toujours cracher dessus nous qui habitons où qui avons vécu e s dans les cités !
C’est à l’état et les politiques qu’il faut s’attaquer.!!
Qui achètent les drogues, ce sont bourgeois e s et les bobos, la drogue dure c’est pas donner !!!
Tu spam encore tout seul les commentaires pour répéter en boucle la même chose que d’habitude.
Peut-être qu’isonomia a pas besoin d’aller discuter avec les personnes des quartiers parce qu’iels connaissent déjà.
Yo tout le monde 🏴
Moi je suis né et vécu dans une cité, moi j’y est vécu dans la bonne époque, il y avait énormément de solidarité et partage
Quand les associations ont essayer de venir, sa jamais fonctionner, les gens des cités disaient vous de la ville vous avez tout et nous que dalle,
Moi je pense qu’il faut renouer le dialogue et faire des choses ensemble !
Sa sert strictement à rien de vous montez la tête les un e contres les autres, il faut vous unir pour combattre l’ennemi (e s)
C’est terminé pour moi le militantisme, j’aurais dû arrêter avant mais c’est si facile à dire, je suis alité, je sors jamais ou presque mais comme vous je me bats
Bonne continuation et lâcher pas
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C’est n’importe quoi, la façon dont on traite nos quartiers. Moi j’ai grandi à la Bottière, et j’ai fait mes études à Léonard de Vinci. J’ai vu les piscines se faire bétonner, les médiateurs déserter le terrain… remplacés par la police qui vient jour après jour mettre la pression.
Le seul « projet » que la ville a pour nous, c’est construire de l’immobilier lucratif qui surfe sur l’investissement de misère.
Il n’y a plus aucun dialogue, que de la répression. Le mois dernier, un policier a tiré à balle réelle sur un jeune pour un simple rodéo au quartier nord. Ils sont complètement dingues. Ils ne se rendent pas compte qu’à la moindre bavure, ils se retrouveront face à des émeutes incontrôlables.
Alors oui, ça tire aussi à balles réelles entre nous dans les quartiers. Mais la police devrait s’estimer heureuse : quand ils utilisent leurs armes de service pour tuer, les jeunes, eux, ne répliquent pour l’instant qu’avec des feux d’artifice.
Malgré tout ça, j’aime mon quartier. Black, blanc, beur : la solidarité est encore là entre nous.
C’est de l’hypocrisie complète cette histoire d’augmentation des réglements de compte.
Y’a une étude américaine qui montre que c’est l’action de la police et la prohibition qui augmentent leur nombre.
https://cdpe.org/wp-content/uploads/2018/04/Effects-of-Drug-Law-Enforcement-on-Drug-Related-Violence-Report_ENG.pdf
Bon c’est en anglais, mais ça conclue notamment que « à partir d’une perspective des politiques publiques basée sur les preuves et plusieurs décennies de données disponibles, les preuves existantes suggèrent fortement que l’application des lois sur les drogues participent à la violence armée et un fort taux d’homicide. »
Et c’est logique quand on y pense: c’est un business, et comme tout les business, ceux qui l’exercent préfèrent le faire dans de bonnes conditions. Des règlements de compte sur les points de deal ça attire pas le consommateur.
Plus il y aura des « places nettes », plus il y aura de morts. Plus la police déstabilise le marché, plus les tentatives de prendre les parts d’un autre sont stimulées.
Mais comme les drogues sont utilisées pour la gestion des quartiers populaires, des jeunes et des rebelles, la prohibition a bon dos. En plus du fait qu’avec la « corruption », c’est pas les quartiers qui en tirent réellement le plus de benefs.
Et y’en a une anglaise qui conclue la même chose :
https://www.gov.uk/government/publications/drug-related-law-enforcement-activity-and-serious-violent-crime/the-impact-of-drug-related-law-enforcement-activity-on-serious-violence-and-homicide-a-systematic-review
L’ironie du sort a voulu que je sois contrôlé au quartier. aujourd’hui le 2 de paie ;) Du liquide sur moi, mais pour leur plus grand malheur, absolument rien à me reprocher.
Face à moi se dressaient les deux mêmes agents qui, quelques mois plus tôt, m’avaient gratifié d’une amende de 200 euros exactement au même endroit.
Armé d’une assurance nouvelle, nourrie par la lectures sur Indy, j’ai pris la liberté d’engager le dialogue pour leur exposer ma vision des choses. Je leur ai signifié l’urgence de l’apaisement, arguant que leur omniprésence et leur pression constante ne faisaient qu’exacerber les tensions. J’ai cité l’exemple récent du Chêne des Anglais, où un jeune a essuyé des tirs.
L’agent m’a immédiatement opposé leur réalité : celle des refus d’obtempérer et des véhicules qui foncent délibérément sur l’uniforme.
J’ai expliquer la disproportion de la riposte : au Chêne des Anglais, il s’agissait d’une moto-cross face à une arme de service, dans un contexte où des vies innocentes auraient pu être fauchées. J’ai d’ailleurs rappelé la tragédie de cette jeune fille à Lyon, frappée mortellement par une balle perdue.
Mais le dialogue s’est heurté à un mur. L’agent m’a rétorqué que, n’étant pas témoin direct de la scène, je n’avais aucune légitimité pour critiquer la répression ou remettre en cause le contrôle systémique.
Ce contrôle s’est soldé par un statu quo et ils m’ont laissé repartir. Si je n’ai pas eu l’opportunité de leur demander ce qui pouvait justifier de vouloir abattre un homme sur un scooter, j’en tire une sombre conclusion la leurs : nul n’est censé ignorer la loi, c’est une tentative de meurtre.
https://x.com/cpasdeslol_X/status/1996275828032733456
source : Le motard n’a pas été touché, mais une balle a fini dans la vitre d’un bus qui passait par là (avec des passagers à bord).
Ben c’est courageux d’avoir tenté la discussion. Je suis pas étonné de leur réponse, autant parler à un gilet pare balle lol. Ils trouveront toujours des raisons pour dégainer, c’est pour ça qu’ils font ce métier.
T’as de la chance qu’ils se soient pas vénère souvent ils aiment pas trop la contradiction.
De la force!
Merci, mais c’est pas tant du courage ! On finit par connaître les agents (et leurs plaques lol). Le binôme était mixte. Le premier contact était plus simple, moins dans l’affrontement avec la collègue femme. Il y en a de plus en plus sur le terrain, ça aide peut-être à temporiser les choses.
Yo tout le monde 🏴
J’ai passé mes plus belles années dans ma cité et dans les cités ou mes potes habitaient et ont à fais les 400 coups même plus 😁
Les flics sont toujours venu e s dans les cités ACAB,
Comme dit mon collègue de la Bottiere, quand les gens parlent des cités sais toujours en mal, alors qu’il y a pleins de choses super bien ! Parlez des choses bien que toujours du même sujet
Ma famille habite toujours à la cité, les gens sont hyper sympa et tout ce passe nickel
Il y a énormément de solidarité dans les cités, je peux contacter mes potes des cités H24 seront toujours présent e s !
Solidarités avec toutes et tous les immigré e s et tout les peuples 🏴🏴