Samedi dernier, une soirée de soutien s’est tenue dans les environs de Rennes pour aider à financer le char breton de la Tekno Parade.

Dès l’arrivée du public au point de convoi, la BAC était déjà sur place, observant la situation sans intervenir.Vers minuit, le matériel arrive et l’équipe commence à s’installer dans un hangar ouvert, utilisé plusieurs fois par le passé.

Mais à peine la façade montée les FDO entrent en force dans le hangar, matraques et lacrymos en main, le but est simple : empêcher coûte que coûte que la musique démarre.

Alors que les équipes tentent de rentrer les groupes électrogènes pour les protéger, les premiers coups tombent, matraques aux genoux, gaz dans le hangar, cris :
« Barrez-vous tout de suite ou on pête tout ! »
« Dégagez, on va faire une Redon ! »

Les FDO tentent de détruire les groupes électrogènes à coups de matraque et en coupant les câbles.

Nous tentons de calmer la situation en démontant une partie du matériel, mais la pression monte.
Le public, choqué par la brutalité, entre dans le hangar pour repousser les FDO.

Les policiers répondent avec deux chiens d’attaque, sans succès.
Ils appellent des renforts, en quelques minutes le lieu est encerclé par plus d’une dizaine de véhicules.Une personne qui observe la scène est plaquée au sol et frappée sans raison.

Aucun dialogue possible. Juste la volonté d’empêcher que la fête ait lieu par tous les moyens.

Vers 2h du matin après plus d’une heure de tension, les affrontements se déplacent à l’extérieur. Les FDO lancent grenades de désencerclement et lacrymos en nombre, le quartier entier est recouvert d’un nuage épais.

Certains agents menacent au LBD, d’autres crient :
« Où sont les Mélenchonistes ? »
« On est des fachos, et alors ? »

Puis, soudainement, tous les véhicules de police disparaissent. Plus personne. Silence.
La tension redescend, nous décidons d’aller récupérer un nouveau groupe électrogène pour pouvoir lancer la soirée.

Malgré une répression disproportionnée, la soirée repart.
La musique reprend le dessus.

La BAC continue de tourner autour du hangar jusqu’au matin.
Vers midi, alors que la soirée se termine et que les équipes rangent le matériel, la BAC tourne encore.

À 15h, les FDO reviennent : le dernier camion, chargé de caissons, est encerclé et saisi sans aucun document officiel.

Une personne est brutalement interpellée alors qu’elle s’approche du camion : plaquée au sol, étranglée, frappée au ventre et dans la voiture de police.
Arrivée au commissariat, elle subit une humiliation verbale et physique avant d’être relâchée après un simple contrôle d’identité, sans charge.

Le propriétaire du camion, convoqué le lundi suivant, subit un interrogatoire visant à identifier les organisateurs.

Les FDO lui proposent également de devenir leur indic dans le milieu free : argent contre infos, promesse d’immunité lors de futurs contrôles.
Proposition qu’évidement il refuse.

Les FDO le laissent alors repartir après avoir fait leurs courses dans son véhicule, deux têtes et une console multipiste resterons au commissariat « pour destruction » encore une fois sans document officiel.

Bilan de la nuit :
– Deux groupes électrogènes abimées à coups de matraque et câbles sectionnées.
– Un camion saisi sans procès-verbal pour au final être rendu le lendemain.
– Du matériel saisi pour destruction sans document officiel.
– Un participant tabassé, un autre roué de coups et embarqué sans raison.
– Et une tentative explicite de recrutement d’indic.

Une fois encore, la violence policière s’abat sur la scène tekno indépendante, sans aucune proportion.
Cette répression ne protège personne, elle ne fait que criminaliser la fête, la solidarité et la culture libre.

Nous tenons à remercier le public pour ne rien avoir lâché et être restés à nos côtés tout le long des affrontements, sans vous la soirée n’aurait pas pu avoir lieu.
La saison des hangars commence sous haute tension.

Même si Rennes n’est plus une ville de fête aux yeux des autorités, cela ne diminue en rien notre motivation, au contraire.
Organisons-nous, protégeons-nous, restons solidaires.
Rennes n’a pas fini de vibrer.