Tekno Parade revendicative le 18 octobre à Paris. Communiqué. « ON LES ENCERCLE ET ON LES TAPE » – LA COMMUNAUTÉ FREE PARTY DÉNONCE LA RÉPRESSION D’ÉTAT
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES ORGANISATEUR.ICES DE LA TEKNOPARADE REVENDICATIVE
« ON LES ENCERCLE ET ON LES TAPE. » – LA COMMUNAUTÉ FREE PARTY DÉNONCE LA RÉPRESSION D’ÉTAT
Cette phrase de Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur, résume la stratégie de brutalisation des free party menée depuis plusieurs années.
Face à cette politique de répression physique, matérielle et idéologique, Les défenseur.euses de la fête libre appellent à une Tekno Parade revendicative le 18 octobre à Paris, pour affirmer plus de trente ans d’existence, d’autogestion et de créativité populaire.
En free party, les interventions d’envergure et violentes des forces de l’ordre étaient exceptionnelles avant le COVID. Aujourd’hui, elles sont devenues la norme. Malgré la mort du teufeur Steve Maïa Caniço en 2019 suite à une intervention policière pendant la fête de la musique à Nantes et la mutilation d’un fêtard par une grenade lors de la free party de Redon en 2021, les charges continuent.
Il n’est plus rare de voir des déploiements de compagnies de CRS ou de gendarmes mobiles, d’hélicoptères de gendarmerie – voire même du GIGN – pour des fêtes qui ne dépassent souvent pas les 500 personnes. On assiste ici à une débauche d’argent public finançant des dispositifs policiers démesurés. Les charges violentes et aveugles visant à choquer, intimider, blesser, sont monnaie courante.
Cette brutalité injustifiée témoigne d’une utilisation politique de la violence par les pouvoirs publics dans le seul but de traumatiser les participant.es. Ajoutée à la violence physique, c’est une attaque directe au portefeuille des teufeur.euses que l’Etat met en place à travers des milliers de verbalisations aux motifs plus saugrenus les uns que es autres.
Pour rappel, l’accès aux free party se fait sur la base d’une donation qui ne compense jamais les coûts de l’organisation. C’est donc un mouvement déficitaire par essence. Il n’existe que par l’engagement financier de ceux qui la créent.
On comptabilise au minimum une saisie de matériel de sonorisation et d’éclairage par week-end en France. 70% d’entre elles sont faites sur des soirées de moins de 500 personnes et 75% seront finalement restituées, après un délai de plusieurs mois voire années, et suite à un long et coûteux parcours juridique. Ce taux de restitution très élevé démontre que la plupart de ces saisies sont illégales. Les préfectures et procureurs imposent une peine provisoire aux sound systems en dehors de toute décision juridique. Cette stratégie prive alors la jeunesse des outils nécessaires à la création de ces fêtes alternatives qui défendent un modèle inclusif, populaire et libertaire.
Énième stratégie des préfets pour brimer les fêtes libres : les arrêtés préfectoraux “anti free party. Abusifs et vraisemblablement illégaux, ils durent parfois plusieurs mois voire un an pour le cas du Bas-Rhin ou de l’Hérault. Ils démontrent une volonté des préfets de prohiber les free party en dépit des efforts de concertation des dernières années entre les organisateur.ices et les pouvoirs publics.
Depuis son apparition dans les années 90, le mouvement a fait face à des propositions de loi anti constitutionnelles, diffamantes et liberticides. Elles témoignent d’un haut degré de violence et d’’ignorance de la part de certain.es élu.es.Les attaques de la droite et l’extrême droite dans les médias sont symptomatiques d’une haine grandissante des espaces de créativité et d’inclusivité. L’ancien Ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau lui-même se permet de menacer physiquement les teufeurs : « On les encercle et on les tape”. A l’heure où le Président de La République cherche à inscrire les musiques électroniques au patrimoine mondial de l’UNESCO, les free party sont les grandes absentes de cette concertation, confirmant une discrimination évidente de ces événements.
Face à cette répression systématique, la communauté free party continue de défendre une autre vision de la fête : libre, inclusive et populaire. Loin des logiques marchandes et institutionnelles, ces rassemblements sont des espaces d’expérimentation artistique et sociale, où chacun.e peut participer, apprendre et créer sans condition.
Plutôt que d’accompagner cette richesse culturelle, l’État choisit de la criminaliser, préférant la force au dialogue. Malgré les saisies, les amendes et les intimidations, le mouvement persiste. Il incarne bien plus qu’une simple fête : une manière de vivre ensemble, de s’émanciper et de défendre nos libertés fondamentales.
Le 18 octobre, la tribu free party fera entendre sa voix dans les rues de Paris, pour rappeler que la musique n’est pas un crime et que la liberté de danser reste un droit.
Les organisateur.ices de La Teknoparade Revendicative.


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