Comment l’individualisme est trop présent dans l’antifascisme et le combat contre l’extrême droite ?
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Dans la lutte contre l’extrême droite et les organisations fascisantes et néo fascistes, chacun veut se montrer, se faire voir, se faire valoir, jouer au dur et même se donner une image de guerrier. Ça vise du coup à tourner à la posture, à la performance au lieu de viser à la lutte concrète. On veut faire dur et alors on se met à croire que crier fort ou casser seul, ça peut suffire. Mais ça ne fait que nourrir le spectacle et le folklore.
Déjà, il est bon de rappeler que le fascisme ne sort pas de nulle part. Il naît du capitalisme et de l’État, tous les deux respectivement en décadence et en décomposition. Et tant que ces deux structures sociales et politiques existeront et/ou seront en vigueur, le danger du fascisme sera toujours là également, voire que le fascisme renaîtra toujours tôt ou tard. Et l’antifascisme individualiste, pour ne pas dire folklorique, « oublie » ça, et en pratique, il préfère taper sur les symptômes, les conséquences, que sur les causes, la racine. Résultat : rien n’avance du tout et au final rien ne change.
Ensuite, en vérité, l’État et l’extrême droite adorent voir des antifascistes isolés, car outre que ça leur fait de la publicité, ça leur permet de montrer des images de chaos et du coup de justifier le « besoin » de plus de police, de plus de lois, et qui dit ça dit le besoin de plus de prisons. C’est en ce sens que cet antifascisme de pacotille nourrit l’extrême droite même indirectement ou sans le vouloir, et c’est aussi exactement ce que l’Etat et l’extrême droite souhaitent : des ennemis faciles à désigner, dont la raison d’être n’est que l’extrême droite, rendant ainsi un service à celle-ci, pour devenir ensuite faciles à viser ou à récupérer si ce n’est pas à écraser.
Ajoutons qu’il s’agit d’un antifascisme qui, en plus d’être folklorique voire carnavalesque, également, réduit à l’individualisme voire à un label commercial. C’est en ce sens qu’on trouve sur tout un marché des T-shirts, des articles, des simples slogans, concerts, postures médiatiques et ainsi de suite, qui de facto servent à faire consommer de l’antifa et faire fonctionner celui-ci comme lorsqu’on emploie une marque. Seulement, la marchandise, le commerce, et donc le capitalisme, ce n’est pas ça qui abat le fascisme, en plus que ça ne fait que recycler et finalement neutraliser l’antifascisme.
Alors, nous le disons tout net : être antifasciste ce n’est pas s’affirmer, ce n’est pas « faire dur » ou « joli », c’est combattre, et ce en vue de détruire. Et quant à détruire quoi, il s’agit de démolir ce qui permet à l’extrême droite d’exister et de se nourrir, et il s’agit de s’attaquer aux causes de la gangrène plutôt qu’à ses symptômes. Autrement dit, c’est détruire le capitalisme, démanteler l’État et ses tentacules de domination, organiser la solidarité, la fraternité, la camaraderie et l’entraide ainsi que l’action collective entre les membres de la population, et cela doit se lier à la perspective de changement social visant à en finir avec le capitalisme, l’Etat, le système monétaire, etc….. Sans ça, l’antifascisme se résume à un décor si ce n’est pas à un spectacle.
Le vrai antifascisme doit se vivre dans les luttes sociales, chez les travailleurs et la population, parmi la jeunesse, dans les quartiers, dans la rue, dans les lieux de travail, d’étude, de vie en général….. C’est collectif ou ce n’est rien. Seul et individuellement, on ne fait qu’alimenter cet ennemi, mais « tous ensemble », on arrivera à l’écraser.
Alors oui, aussi longtemps qu’on restera dans l’individualisme et le cadre « légaliste », l’antifascisme restera spectacle folklorique. Tant qu’on oubliera l’organisation et la révolution sociale, on ne fera que courir derrière le fascisme sans jamais l’abattre. Et puis surtout, l’antifascisme doit être une perspective pour s’armer et se défendre et non pas une étiquette identitaire. Il doit être une force collective, et non pas un ego !
Siamo Tutti antifascisti !!
j’ai une pensée pour les compagnes et compagnons (ou compagnonnes) anarcho-individualistes
Le texte est intéressant malgré l’amalgame avec l’individualisme libérale. Mais la responsabilité ne peut-être qu’individuelle, sinon il n’y a aucune responsabilité du tout.
L’individualisme est une question profonde qui se heurte inévitablement aux instincts grégaires.