Nous publions ci-dessous plusieurs déclarations de féministes iraniennes.

 

La première émane du Groupe de libération féministe iranien.

 

 * 7 rappels essentiels à nos allié.e.s internationaux concernant le conflit

                                            qui se déroule                                               actuellement en Iran

 

1. Privilégiez la désescalade – Évitez les comptes ou les récits qui commencent par des slogans tels que «L’Iran a le droit de se défendre» (souvent de la propagande d’État) ou «Israël libérera l’Iran et n’attaquera pas les civils» (souvent de la propagande sioniste). De telles déclarations dissimulent ou justifient souvent la violence d’État. Nous devons plutôt nous concentrer sur les civils, et non sur les États.

2. Vérifiez vos sources -Il existe une quantité impressionnante de fausses informations en ligne. Avant de partager quoi que ce soit, vérifiez auprès de médias réputés ou de journalistes de confiance. Les publications virales ne sont pas toujours exactes, même si elles sont émouvantes. Quelques comptes à suivre: @middleeastmatters et @centerforhumanrights

3. N’oubliez pas les prisonnières et prisonniers politiques. Au fil de l’actualité, beaucoup de personnes sont oubliées. En Iran, d’innombrables prisonniers politiques, y compris celles et ceux condamné.e.s à mort, sont en danger de mort chaque jour. Pendant la guerre Iran-Irak, des milliers de personnes ont été exécutées en 1988 sous le prétexte du conflit. Ne laissons pas l’histoire se répéter.

4. Évitez d’idéaliser toute forme de pouvoir étatique. S’opposer à un régime oppressif ne signifie pas soutenir un autre régime. Tous les gouvernements doivent être tenus responsables, qu’il s’agisse d’Israël, des États-Unis, de l’Iran ou de tout autre État. Un anti-impérialisme authentique exige une remise en question constante de toutes les formes d’oppression.

5. Concentrez-vous sur les voix des personnes directement concernées. Donnez du pouvoir à ceux qui sont en première ligne, et non aux influenceurs qui s’approprient le discours. Trouvez et soutenez les militants de base, les journalistes indépendants et les personnes qui s’expriment à partir de leur propre expérience.

6. Les femmes et les hommes (et les autres) iraniens sont pris au piège entre deux formes de violence. Beaucoup de personnes en Iran s’opposent au régime islamique tout en craignant une intervention militaire étrangère. Elles ne veulent pas être utilisées comme des pions dans des jeux géopolitiques. La véritable solidarité consiste à soutenir leurs revendications pour la liberté, sans intervention militaire.

7. Ne négligez pas les autres luttes en cours. Tout en étant solidaires des femmes et des hommes iraniens, continuez à élever votre voix contre les atrocités commises en Palestine/Israel, au Soudan, en Ukraine et contre les injustices mondiales. Ces luttes ne sont pas en concurrence les unes avec les autres, elles sont liées entre elles par des systèmes communs d’oppression, de militarisme et de violence étatique. La solidarité doit être intersectionnelle.

 

Les deuxième et troisième déclarations proviennent de femmes détenues dans l’horrible prison d’Evin. Les deux déclarations appellent à la fin de la guerre, condamnent l’attaque de l’État israélien contre l’Iran et rejettent en même temps le régime théocratique et autoritaire iranien, responsable de la mort de plusieurs milliers de dissidents. Elles soulignent toutes deux la nécessité d’une lutte populaire pour renverser le régime, tout en rejetant l’intervention étrangère. Bien que nous puissions critiquer l’utilisation de certains termes tels que «démocratie», nous soutenons l’antimilitarisme et l’internationalisme de ces femmes courageuses.

Dans l’une de ces déclarations, quatre prisonnières politiques – Reyhanna Ansari, Sakineh Parvaneh, Verisheh Moradi et Golrokh Irai – ont déclaré que la véritable liberté de l’Iran ne pourra être obtenue que par une résistance généralisée et le pouvoir des mouvements sociaux. Elles ont fermement rejeté tout espoir de compter sur des gouvernements nationaux, régionaux ou étrangers pour apporter la liberté ou la démocratie au peuple iranien et condamnent fermement les récentes attaques américaines et israéliennes sur le sol iranien qui ont entraîné la mort de civils et la destruction d’infrastructures.  Elles écrivent: «Notre libération, la libération du peuple iranien de la dictature qui gouverne le pays, n’est possible que par la lutte des masses et en recourant aux forces sociales – et non en s’accrochant aux puissances étrangères ou en plaçant nos espoirs en elles… Les puissances qui ont toujours apporté la destruction aux pays de la région par l’exploitation et la colonisation, en incitant à la guerre et en tuant pour obtenir de plus grands profits, n’ont d’autre issue pour nous que de nouvelles destructions et une nouvelle exploitation.»

Dans un message séparé, les prisonnières politiques Anisha Asadollahi, Nahid Khodabakhashi et Nasrin Javadi ont adressé une lettre directement au peuple iranien. Elles ont commencé leur lettre en saluant «le peuple opprimé et en quête de justice» et ont déclaré :   «Les guerres ne profiteront jamais au peuple  C’est le peuple, qui n’a joué aucun rôle dans le déclenchement de ces guerres, qui en paie toujours le prix.»

Ces femmes prisonnières politiques se qualifient elles-mêmes d’«otages du gouvernement», maintenues sans défense derrière des portes de fer. Cependant, même depuis l’intérieur de la prison, elles ont exprimé leur profonde inquiétude pour les personnes à l’extérieur, appelant à une résistance collective contre la guerre.

 

https://www.anarchistcommunism.org/2025/06/20/iranian-feminists-speak-out/