Une empathie à géométrie variable
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Dans un édito publié dans le Point, le 15/08/2025, Peggy Sastre s’apitoie sur le sort terrible des otages israéliens humiliés et malnutris. Son étude incomplète et biaisée cherche des excuses au gouvernement Netanyahou
Madame Sastre s’apitoie sur les dizaines d’otages israéliens qui essaient de survivre dans les tunnels du Hamas, tout en oubliant les milliers de Palestiniens en détention administrative ou emprisonnés pour avoir résisté à la violence de l’occupation. Pourtant, on peut imaginer à quels terribles traitements ces prisonniers sont soumis sachant que 76 d’entre eux sont morts dans les geôles israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Ces morts violentes ne présentent pas d’intérêt pour notre auteure qui ne voit que la souffrance des otages israéliens.
Madame Sastre oublie aussi que la vingtaine d’otages encore vivants devaient tous être libérés dans le cadre d’une trêve négociée entre Israël et le Hamas le 19 janvier 2025. Or, dans la nuit du 17 au 18 mars 2025, deux mois après la fin des combats, le gouvernement israélien a choisi de rompre brutalement cette trêve en tuant 330 Palestiniens dans des bombardements intensifs, en prélude à une reprise totale de l’offensive sur l’enclave.
Peggy Sastre ne mentionne aucunement cette trêve rompue qui a signé l’arrêt immédiat des libérations d’otages prévues. Oubli qui montre clairement son soutien au narratif israélien déniant sa responsabilité dans l’arrêt des libérations.
Plus loin dans le texte, elle affirme : « Qu’il suffit d’insérer les bons mots-clés devenus mots d’ordre – ‘résistance’, ‘colonialisme’, ‘apartheid’, ‘génocide’ pour neutraliser les réflexes ». Ce faisant, elle sous-entend que ces mots ne devraient pas s’appliquer à la Palestine occupée, qu’il n’y a pas de guerre coloniale, que l’apartheid israélien n’existe pas en Cisjordanie, que le mot génocide ne peut aucunement s’appliquer au cas des Palestiniens de Gaza, et que le mot ‘résistance’ leur est interdit (puisque ce sont tous des ‘terroristes’ à éliminer).
En blanchissant ou niant les crimes commis par les dirigeants israéliens depuis des décennies, elle prend ainsi le contrepied des personnalités de renommée internationale et des ONG les plus prestigieuses qui ont qualifié les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés par le gouvernement Netanyahou : Elie Barnavi, Avraham Burg, David Grossman, Ilan Pappé, Dominique de Villepin, Amnesty International (génocide et apartheid), Human Rights Watch (génocide et apartheid), Fédération Internationale des Droits Humains, B’Tselem, Médecins pour les droits de l’homme, Médecins Sans Frontières, JStreet, La cour Pénale Internationale, l’ONU…
Dans sa conclusion, Madame Sastre prétend « Que les cœurs saignent à géométrie militante », « Que les ONG détourneront les yeux ». Elle laisse ainsi sous-entendre que la compassion pour toutes les victimes est à géométrie variable, une injure pour les personnalités et les ONG qui documentent les crimes israéliens tout en œuvrant pour l’universalité des droits humains.
Dans cette partie du monde, les mots ‘résistance’, ‘colonialisme’, ‘apartheid’ et ‘génocide’ sont, pour l’auteure, vides de sens : le peuple Palestinien est donc responsable de tous ses maux et l’Etat d’Israël innocent !
Pour montrer sa compassion envers les otages israéliens, pourquoi Madame Sastre ne suggère-t-elle pas la solution la plus évidente : arrêt des combats, libération de tous les otages et prisonniers politiques, reprise des pourparlers pour une paix juste, avec les mêmes droits pour tous ?
Ci-dessous, l’édito de Mme Sastre publié dans Le Point le 15 août 2025.
Le Hamas, premier ennemi postmoderne
4eme surpublication quotidienne (sans compter les trollages ouinouin) du troll harceleur et antisémite hyma qui veut remplir le site de ses copié-collés.