Dès ses premiers souffles, l’anarchisme s’est distingué par une proposition globale  : la recherche d’une société juste, donc égalitaire, couplée au souci du développement de l’individu. Déjà Proudhon et Bakounine, considérant tous deux qu’une personne ne peut se développer qu’en société, exigeaient que cette dernière garantisse l’émancipation individuelle et collective.

Nous falsifierions l’histoire si nous ne retenions de l’anarchisme que la composante socio-économique. L’ensemble des dominations qui ont permis d’asseoir cette bien sinistre utopie auto-réalisatrice qu’est le capitalisme et sa forme actuelle, le libéralisme, s’alimentent les unes les autres dans une sorte d’intrication, une cohérence naturelle. Un tissus de contraintes et violences qui étouffe l’énergie sociale et individuelle dans autant de cages savamment réparties dans tous les interstices où peuvent se nicher le libre arbitre et l’autodétermination.

L’anarchisme est une proposition politique qui, à travers son projet de société, s’attache à se libérer de l’ensemble de ces structures de domination. Si l’actualité nous invite à sans cesse affiner nos projets et réinterpréter nos luttes, elle ne saurait nous divertir de cet objectif majeur et fondateur. Pas de liberté, pas d’égalité, pas d’émancipation sous l’emprise d’une domination.

Parmi les oppressions qui cimentent nos sociétés contemporaines, certaines n’usent d’aucun subterfuge pour masquer leurs intentions dominatrices. En tête de celles-ci caracole loin devant, en pole position, la religion. La soumission, la dévotion, l’allégeance, la contrition, la crainte y tiennent lieu de vertus  !

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