http://www.france-palestine.org/: Femmes de Gaza tiennent te?te a? Trump et Israe?l

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Randa Harara est cate?gorique sur le fait qu’elle re?sistera de nouveau aux forces d’occupation israe?liennes - une fois qu’elle aura re?cupe?re?.

Le 11 de?cembre, Randa, a?ge?e de 21 ans, a e?te? abattue par un tireur isole? a? Nahal Oz, un poste de contro?le militaire se?parant Gaza d’Israe?l. Elle participait a? une manifestation contre l’annonce par Donald Trump qu’il reconnaissait Je?rusalem comme capitale d’Israe?l.

"Ma blessure ne m’empe?chera pas de prendre part a? de nouveaux affrontemen, a de?clare? Randa, blesse?e a? la jambe gauche. "C’est notre devoir envers Je?rusalem."

E?tudiante en comptabilite? a? l’universite? Al-Azhar et militante du Front d’action progressiste e?tudiante a? Gaza, Randa sait que le cou?t de la confrontation avec Israe?l peut e?tre e?leve?. "Mais cela ne signifie pas que les femmes devraient e?tre absentes du champ de bataille - surtout quand il s’agit de la question de Je?rusalem."
Randa a le soutien de sa famille.

"Cause des maux de te?te pour Israe?l"

"J’ai donne? a? ma fille toute liberte? de faire ce en quoi elle croit", a de?clare? son pe?re Kamal, qui a accompagne? Randa a? certaines des manifestations dans la zone frontalie?re entre Gaza et Israe?l. "Nous ne pouvons pas abandonner notre terre. Il est important de faire pression et de causer des maux de te?te a? Israe?l. "

Ahed Tamimi , qui a eu 17 ans le 31 janvier, est devenue le symbole du courage des femmes et des filles qui de?fient l’arme?e israe?lienne. Ici a? Gaza, beaucoup de gens admirent Tamimi pour avoir manifeste? sa cole?re contre les soldats qui e?touffent son village natal, Nabi Saleh en Cisjordanie occupe?e, en giflant l’un d’entre eux.

Leila, une jeune fille de 14 ans du camp de re?fugie?s de Jabaliya , dans le nord de Gaza, avait l’habitude de consulter principalement les sites de me?dias sociaux pour obtenir des conseils sur la mode. Plus re?cemment, elle a cherche? sur Internet des informations sur la de?tention de Tamimi et son proce?s devant un tribunal militaire israe?lien. Elle a e?galement commence? a? lire plus largement sur la politique palestinienne.

"Ahed est mon he?roi?ne", a de?clare? Leila - pas son vrai nom. "J’aimerais pouvoir e?tre comme elle - une personne influente dans notre lutte avec Israe?l."

Leila souhaite prendre part aux manifestations organise?es le long de la frontie?re de Gaza avec Israe?l chaque vendredi. Pourtant, elle n’a pas la permission parentale de le faire. "Ma me?re dit que [protester] est comme un suicide", a ajoute? Leila.

Les forces israe?liennes ouvrant fre?quemment le feu sur les manifestants, affronter l’occupant peut e?tre fatal. Huit manifestants de Gaza ont e?te? tue?s par Israe?l le long de la zone frontalie?re en de?cembre 2017 seulement. Selon le Centre palestinien pour les droits de l’homme, plus de 480 personnes ont e?te? blesse?es au cours de ce mois.

Il serait faux de pre?tendre que les habitants de Gaza sont ge?ne?ralement enthousiasme?s par l’ide?e de femmes et de filles confronte?es a? l’arme?e israe?lienne.

J’ai demande? a? un e?chantillon de 26 personnes - e?galement re?parties entre hommes et femmes - leurs opinions sur la participation des femmes a? de telles confrontations. Environ 80% des personnes interroge?es e?taient oppose?es a? ce que les femmes prennent une telle action directe.

"Ces femmes sont me?res, e?pouses, filles et sœurs", a re?pondu une personne. "Nous ne voulons pas perdre plus de gens ." D’autres ont souligne? la nature conservatrice et patriarcale de la socie?te? a? Gaza.

"Il n’est pas ne?cessaire que les femmes participent aux affrontements avec Israe?l", a de?clare? Mahmoud Abu al-Eish, un habitant de Gaza a?ge? de 56 ans. "Cela devrait e?tre limite? aux hommes qui peuvent ge?rer des situations aussi difficiles. La participation fe?minine [dans les manifestations] est en dehors de nos coutumes et traditions. "

"Patrie pour tous"

Cette opinion est conteste?e. Iman al-Haj, journaliste, a re?cemment souligne? que les femmes sont depuis longtemps implique?es dans la lutte palestinienne. "La participation des femmes est un devoir national a? un moment comme celui-ci", a de?clare? al-Haj.

Al-Haj a note? qu’elle avait "partage? ma cole?re" avec d’autres manifestants en confrontant directement l’arme?e israe?lienne a? quelques occasions. "Je participerai encore et encore", a-t- elle ajoute?.

Mariam Abu Daqqa, figure e?minente du Front Populaire pour la Libe?ration de la Palestine (FPLP), a soutenu que «les femmes ont co?toye? les hommes» depuis la Nakba, le nettoyage ethnique de la Palestine en 1948. "La patrie est pour tout le monde", a-t-elle dit.

Abu Daqqa a e?norme?ment souffert pour ses activite?s politiques. Elle a e?te? la premie?re femme vivant a? Gaza a? e?tre expulse?e par Israe?l a? cause de son implication dans la re?sistance arme?e. Apre?s avoir e?te? arre?te?e en 1969, elle a e?te? de?tenue pendant deux ans puis exile?e en Jordanie. En 1975, elle a de?me?nage? au Liban, ou? elle a rejoint le FPLP. Ce serait en 1995 avant qu’elle puisse retourner a? Gaza. A? ce moment-la?, ses parents e?taient morts. "Je n’avais pas pu les voir depuis 1969", a-t-elle dit. "Je n’avais que ma sœur a? gauche. Et elle e?tait malade d’un cancer et est morte apre?s environ deux ans. "

Plus re?cemment, Abu Daqqa a mis en place un programme d’e?tudes et de formation pour les anciennes de?tenues.

Elle note que les femmes qui affrontent Israe?l doivent surmonter un certain nombre d’obstacles. Ces barrie?res sont devenues plus e?leve?es en raison du sie?ge qu’Israe?l a impose? a? Gaza, ainsi que des trois grands bombardements israe?liens que la bande co?tie?re a subis au cours de la dernie?re de?cennie. Les pertes subies par chacune de ces attaques placent «un fardeau supple?mentaire sur les femmes et ce fardeau limite leur capacite? a? prendre part aux affrontements et a? jouer un ro?le vital», a-t-elle de?clare?.

Audacieux

Les femmes ont joue? un ro?le important dans la premie?re Intifada, qui a commence? a? Gaza il y a 30 ans. Hania Aqel, une femme de 64 ans originaire de Rafah, pre?s de la frontie?re entre Gaza et l’Egypte, a fait un certain nombre de tentatives audacieuses pour sauver les Palestiniens apre?s qu’ils aient e?te? capture?s par Israe?l.

Chaque fois, 25 a? 30 femmes se rassemblaient «comme une barrie?re humaine», a-t-elle dit, «et attrapaient les hommes qui avaient e?te? arre?te?s» dans des ve?hicules israe?liens. Les efforts ont parfois e?te? couronne?s de succe?s, mais a? quel prix ? Une fois, Hania a re?ussi a? aider son fils Talaat - alors a?ge? de 18 ans - a? s’e?chapper. "J’ai verse? de l’eau chaude sur les soldats qui l’arre?taient", a de?clare? Hania. "J’ai pu le sauver mais j’ai e?te? blesse? a? la jambe par un autre soldat."

Samira Mousa, une re?sidente du camp de Jabaliya, e?tait active dans l’Union des comite?s de travail de sante? pendant cette re?bellion. Avec beaucoup d’autres femmes, Mousa a fourni un soutien pratique aux familles des personnes emprisonne?es ou tue?es par Israe?l. Cela incluait de donner de la nourriture aux familles dans le besoin.

L’une des premie?res personnes tue?es par les troupes israe?liennes dans cette Intifada, Hatim Abu Sisi "est morte devant ma maison", se souvient Mousa, aujourd’hui a?ge?e de 57 ans. "Son sang a rempli l’entre?e de ma maison", a-t-elle dit. "Cette sce?ne m’a beaucoup touche?e et m’a motive? a? apporter toute l’aide possible dans mon quartier. J’ai plante? un arbre a? l’endroit ou? elle a e?te? tue?. Et je prends toujours soin de cet arbre. "

Sarah Algherbawi est re?dactrice et traductrice inde?pendante de Gaza.

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