rue89 - - - - - - -- ::::: Le P.I.R et "l’impérialisme Gay" : suite

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Les Indigènes de la République et » l’impérialisme gay » : suite

 

C’était le 6 novembre. Houria Bouteldja, porte-parole du mouvement des Indigènes de la République ? était invitée sur le plateau de Ce soir ou jamais, pour débattre du mariage pour tous [à partir de la 53e minute].

Elle y emploie les mots «  impérialisme gay  », explique que le mariage pour tous ne concerne pas les habitants des quartiers, qu’il y a dans les quartiers des « pratiques homosexuelles, mais pas d’identité homosexuelle politique », sous le regard ravi de Paul-Marie Coûteaux, homme politique d’extrême-droite.

 

Des mots qui me choquent. Mais aussi qui m’intriguent, puisque c’est la première fois de ma vie que j’entends l’expression «  impérialisme gay  ».

Les semaines passent, et au hasard d’un après-midi galère à chercher un cadeau dans une librairie, je tombe sur ce livre au titre aguicheur et très soralien : «  Les féministes blanches et l’empire  ».

On y parle d’homosexualité comme d’une identité occidentale. Avec des termes savants et des citations à tout va. Un essai où Houria Bouteldja figure à la première ligne des remerciements, ainsi que Sadri Khiari, un autre papa des Indigènes.

Parfait ! Voilà le livre qui va me permettre de comprendre ce qui peut amener quelqu’un à parler d’« impérialisme gay  » dans un débat sur le mariage pour tous. 

L’homosexualité, différentes des « pratiques homo-érotiques »

J’y découvre toute une théorie que les auteurs me réexpliqueront lors d’un entretien. Une théorie qui distingue «  l’homosexualité  », réduite à une identité LGBT eurocentrée, de pratiques «  homo-érotiques  ».

Un tour de passe-passe sémantique qui permet à ses auteurs d’affirmer que l’homosexualité est contingente à des peuples, des terres et des époques. Car c’est vrai : qui imaginerait des Grecs, période Sophocle, défiler dans les rues d’Athènes avec des pancartes demandant des droits pour les gouines ?

Le problème, c’est que cette théorie amène aussi ses auteurs – qui ne sont pas plus reconnus comme sociologues ou historiens que moi – à tenir des propos qui craignent comme une blague antisioniste de Dieudonné.

Quand je leur demande si les Etats qui pénalisent l’homosexualité, sont homophobes, ils ne répondent pas mais exonèrent ces régimes en invoquant «  un effet boomerang  », «  une nécessité de répression  », face à «  l’institutionnalisation de l’homosexualité telle que définie en Occident.  »

Cette phrase de Felix Boggio Ewanjé-Epée continue d’ailleurs de me laisser songeur :

«  Notre discours montre que le rejet des pratiques homosexuelles, tout comme la valorisation de l’identité homosexuelle, sont les deux faces d’une même pièce. »

Un peu comme si Marine Le Pen disait que la multiplication de commerces halals justifiait l’islamophobie.

 

 

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