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                                 Racisme et racialisme: de la droite de la droite à la gauche de la gauche


Il est clair, comme le démontrent les prises de positions de responsables et d'idéologues de la droite dure et de l'extrême droite que la dissémination et la justification de la parole racialiste est une étape nécessaire pour pouvoir mettre en place une politique ouvertement raciste dans l'avenir. En cela, leurs alliés, qui participent à la diffusion de cette parole ne sont pas obligatoirement là où on les attend, à droite de l'échiquier politique. Une des organisations portant cette idéologie racialiste se trouve à la gauche de la gauche. Il s'agit du Parti des Indigènes de la République (PIR) qui dans un texte intitulé "La race existe" nous dit "les gauches du monde occidental persistent à nier l'existence des races sociales au nom de l'inexistence des races biologiques, de l'universalisme et du "plus jamais ça !" né de la conscience du génocide des Juifs. Ce déni ne fait que précipiter l'inéluctable rupture qui aura lieu entre les couches populaires non blanches et le reste de la société car la race existe. Elle structure nos sociétés depuis le fait colonial et se poursuit aujourd'hui comme le prouvent les discriminations raciales et leur ampleur sur le territoire français."

 

On retrouve les mêmes obsessions identitaires qu'à l'extrême droite (seul, bien entendu, le groupe concerné change):
- Pureté de la race avec une opposition aux mariages mixtes et au métissage "La perspective décoloniale, c'est d'abord de nous aimer nous-même, de nous accepter, de nous marier avec une musulmane ou un musulman"
- Anti-universalisme avec un refus de la convergence des luttes (féminisme, anticapitalisme, LGBT) "parce que derrière la convergence, il y a un présupposé universaliste, lui-même fondé sur l'idée qu'il y aurait des oppressions universelles et qu'il faut donc s'en émanciper." ;
- Soutien au machisme et sexisme religieux "Cela fait partie des pressions que les hommes indigènes font peser sur les femmes. C'est normal, puisque l'idéologie coloniale les fait passer pour des sauvages. Mais cela offre une perspective décoloniale pleine d'ambivalences. Ce que je veux dire c'est que les femmes répondent aussi à ce malaise lorsqu'elles se "réislamisent": "Pas la peine d'aller chercher les femmes au bled puisqu'on est là. Vous dites qu'on est occidentalisées mais pas du tout".
- Homophobie. L'homosexualité serait une invention occidentale imposée à l'Afrique et au Maghreb, via un "impérialisme des modes de vie" de plus "le mode de vie homosexuel n'existe pas dans les quartiers populaires. Ce qui n'est pas une tare."
- Religion "d'origine" en tant que ciment commun au groupe, l'islam étant une libération (sic) "La race est un rapport social comme le genre, comme la classe.../... Pour autant, la racialisation ne concerne pas seulement les populations issues de la colonisation. Les Turcs sont musulmans et n'ont pas été colonisés."
- Seule alternative possible être musulman ou être français (les Français de culture musulmane sont des traîtres comme Sophia Aram à qui le PIR consacre un texte "Politiser la trahison: le cas Sophia Aram"), "le rapport de domination traverse ces couples mixtes et leurs enfants. Est-ce qu'il sera plutôt musulman ou plutôt français ?"
- Antisémitisme au nom d'un anti-sionisme radical "Nous refusons d'inscrire les sentiments anti-juifs des indigènes dans la filiation de l'antisémitisme européen." et "Il devient urgent pour les juifs de brandir leurs identités ethnico-religieuses associées à des identités politiques radicalement anti-sionistes et antiracistes: "non, les juifs ne sont pas tous sionistes". Bien sûr sans contrepartie, parce que c'est une question de justice."

 

Face à de telles positions, comment peut-on expliquer qu'une partie de la gauche de la gauche s'allie avec le PIR ? Deux raisons doivent être mises en avant. La première, définie clairement par le PIR c'est "Comment choisissons-nous nos alliés ? En fait, c'est eux qui nous choisissent: nous attendons qu'ils se positionnent sur nos combats: islamophobie, Palestine, racisme d'État, crimes policiers, etc., et nous observons leurs prises de position. Sans surprise, c'est la gauche radicale qui vient à nous."

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