inegalites.fr: Les sports d’hiver, une pratique de privilégiés

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40 % des cadres partent en vacances l’hiver au moins une fois tous les deux ans, contre 9 % des ouvriers. Seuls 8 % des Français partent au ski au moins un an sur deux.

Les deux tiers des Français ne partent jamais en vacances l’hiver (de début décembre à fin mars) selon le Crédoc [1]. Moins d’un Français sur cinq (17 %) part au moins une fois tous les deux ans, un sur dix tous les ans. Partir skier est encore plus rare. 8 % des Français partent au ski au moins une fois tous les deux ans (voir encadré).

Seuls certains groupes - les cadres (40 %), les hauts revenus [2] (31 %) ou les diplômés du supérieur (33 %) - plient bagages au moins un an sur deux à cette période de l’année. Et parmi ceux qui partent, moins de la moitié vont à la montagne.

Pour partir l’hiver, il faut tout d’abord disposer de congés. La majorité des salariés qui en ont utilisent leurs cinq semaines l’été et à Noël. Il faut aussi en avoir les moyens : les prix des stations de ski sont prohibitifs pour la plupart des ménages. Certains salariés des grandes entreprises disposent toutefois du soutien d’un comité d’entreprise et d’autres utilisent leurs réseaux familiaux ou d’amis (voir notre article Qui reçoit des aides financières pour ses vacances ?).

Enfin, voyager en hiver s’inscrit aussi dans le cadre d’une pratique de loisirs propre à certaines catégories sociales. On part d’autant plus en hiver qu’on a l’habitude d’aller au cinéma, de rencontrer fréquemment des amis ou que l’on pratique régulièrement un sport. Réservés à des populations aisées et friandes d’activités en tout genre, ces séjours constituent, encore plus que les départs d’été, un très fort signe de distinction sociale.

Pourquoi les sports d’hiver occupent-ils une place médiatique aussi importante ? Il suffit qu’une fraction très réduite de la population se déplace pour créer des embouteillages et alimenter télévisions et radios en reportages en complet décalage avec les pratiques de l’immense majorité de la population. La fréquentation des stations se maintient pour une raison simple : les catégories qui profitent de la neige ne sont pas concernées par la montée du chômage et la baisse des niveaux de vie.

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