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Lieux: Nantes

Manifestation samedi 17 mai 2014 

Le "risque d'escalade" que craignait notament l'ACIPA, organisation d'opposition à la construction du nouvel aéroport, n'a pas eu lieu. L'association qui était l'une des principales organistrices de la manifestation du 22 février à Nantes, qui avait vu 3 jeunes perdre un oeil et un déploiement policier hors du commun, n'a pas bougé ce 17 mai à Nantes.

Ce qui n'a pas empêché plus d'un millier de manifestants de défiler le long du parcours qui avait été interdit le 22 février.

"Des barricades aux tribunaux, défense collective !"

Damien Tessier, l'un des trois éborgnés était présent au milieu des manifestants venus pour dénoncer ces abus policiers et l'incarcération douteuse, pour un an,  d'Enguerrand quelques semaines après la manifestation. Militants anarchistes ou de l'ultra gauche, amis des victimes et citoyens anonymes ont défilé derrière la banderole "Solidarité avec les blessé-e-s et les inculpé-e-s - Ni prisons, ni mutilations n'arrêteront nos rebellions".
Une autre banderole était frappée de ces mots : "Des barricades aux tribunaux, défense collective !"

Huées à chaque fois qu'elles étaient visibles, les forces de l'ordre ont principalement bloqué la mairie. La vitrine de Vinci, rue de Strasbourg, a eu le droit à des jets d'oeufs de peinture mais la manifestation s'est déroulée dans le calme.

La police joue les censeurs

Notons le zèle, toujours et encore, de l'un des deux policiers qui devançaient le parcours et qui, rue Crébillon, a eu un coup de chaud face à un photographe à qui il a arraché la pellicule de son appareil photo. Isolé, le photographe n'a pas pu bénéficier du soutien d'autres preneurs d'images même si en apercevant la fin de la scène j'ai interpellé ce policier, lui signifiant l'illégalité de son geste.

Qu'on le sache une bonne fois pour toute, un policier ne peut se prévaloir d'un quelconque droit à l'image alors qu'il est un fonction dans un événement se tenant sur la voie publique. Ce dernier m'a repoussé de l'épaule me traitant de "connard". J'ai répété que son geste était illégal.

"Concernant le droit à l'image des policiers, Il est de jurisprudence constante que le principe de la protection de la vie privée ne s'applique pas aux images et enregistrements effectués sur la voie publique. Les policiers ne peuvent donc pas s'opposer à ce que leurs interventions soient photographiées ou filmées". Nicolas Sarkozy 17/07/2006

Passons sur les quelques provocations de membres de la BAC cachés dans leur voiture, quai de Versailles. Ceci juste avant que tout le dispositif policier se déplace, sirènes hurlantes, pour cadenasser les accès au commissariat de Waldeck où une manifestante est restée quelque temps avant d'être relâchée. Une trentaine de manifestants étaient allé à sa rencontre.

Complicité journaliste et police

Ce n'est pas la première fois que ce correspondant de RTL dans l'ouest joue les chevaliers face à la presse indépendante. Il ne supporte pas se retrouver dans le champ d'une caméra ou d'un appareil photo. Au nom de quoi aurait-il une immunité particulière ? Pour un journaliste et au coeur d'une manifestation, c'est un comble.

Non content, il menace systématiquement quiconque le filme et demande qu'on le suive pour aller s'expliquer avec les policiers...

Pourtant lui aussi devrait savoir  que les personnes publiques, journalistes compris, ne peuvent s’opposer à la diffusion de leur image prise dans le cadre de l’exercice de leur vie professionnelle.

Texte et photos : Y. Monteil

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