http://www.reporterre.net/: manif du 22/2: la véridique, surprenante histoire

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La manifestation du 22 février à Nantes contre l’aéroport de Notre Dame des Landes a été un grand succès populaire. Mais les affrontements avec la police qui l’ont marquée en ont terni l’image. Que s’est-il exactement passé samedi dernier ? Reporterre retisse le fil des événements.

La manifestation du samedi 22 février 2014 restera comme une étape marquante de la longue lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Elle a vu se dérouler à Nantes une manifestation d’une importance jamais vue, en termes de nombre de participants, mais aussi d’affrontements avec les gendarmes et les CRS. C’est cette dernière image qu’ont retenu le pouvoir et les médias dominants. Ce qui a provoqué un véritable brouillage sur ce qui s’est effectivement passé.

Reporterre a été un des premiers à raconter en détail la manifestation, dès samedi soir, et à en montrer le visage pacifique et joyeux qu’occultaient les grands médias.

Mais compte tenu de l’importance de l’événement, il nous a paru nécessaire d’en reprendre le récit "à froid“, en complétant ce que nous avions vu par des témoignages recueillis au téléphone ou sur internet. Voici donc l’histoire de la manifestation du 22 février à Nantes.

Genèse de la manifestation

Sa gestation remonte à décembre dernier. Durant tout l’automne, les opposants ont été inquiets, craignant qu’en novembre, le pouvoir tenterait de ré-occuper la Zad. En décembre, la préfecture a publié des arrêtés ouvrant selon elle la voie juridique aux travaux de l’aéroport, et annonçant que « les travaux de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes [pourraient] juridiquement commencer à partir de 2014 ». Les opposants ont senti qu’il fallait investir de nouveau la scène, alors que les promoteurs du projet avaient repris du poil de la bête.

Des membres de la Zad (Zone à défendre) ont proposé à la Coordination des opposants l’idée d’une grande manifestation, à Nantes, en février. Idée rapidement acceptée, et la préparation a commencé. En négociant d’abord sur la façon dont elle serait envisagée : « On voulait qualifier la manifestation de ‘familiale et festive’, dit Dominique Fresneau, de l’Acipa, ces termes ont été rejetés et on est resté sur les termes de ‘manifestation festive et déterminée’ » (expression reprise dans le communiqué final des organisateurs).

La préparation par toutes les composantes de la lutte a commencé de manière efficace. Les réunions de la coordination se déroulaient dans une très bonne ambiance, - « beaucoup mieux que le cauchemar qu’avait été la préparation de celle du 24 mars 2012 à Nantes », assure une participante.

Toutes les composantes de la coordination étaient conscientes que des débordements pourraient avoir lieu, comme il est fréquent dans toute manifestation urbaine, mais pensaient qu’ils se produiraient à la fin du rassemblement, vers 18 h, ainsi que cela s’était produit en 2012.

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