Surf Park de Saint Père en Retz : Le 23 mars 2021 à Saint-Nazaire aura lieu le procès des victimes d’une expulsion illégale et violente par une milice, pilotée par des élus locaux et la FNSEA 44 et couverte par la gendarmerie.

Vous avez bien lu, les victimes seront sur le banc des accusé·es. Voici le résumé des faits dont une version longue est disponible ici :

#SurfPark : IMPUNITÉ D’UNE MILICE ET INVERSION DES RÔLES avec inculpation des victimes – Récit du 20 juillet 2019 et du précédent dangereux qu’il créé en France

Le matin du 20 juillet 2019, des bénévoles installent le festival Zap la vague sur le champ menacé par le projet de Surf Park de Saint Père en Retz. Si rien n’est tenté, les travaux commenceront dès l’automne suivant. Il faut donc occuper les lieux.

Soudain près d’une quarantaine de personnes suivies de trois tonnes à lisier font irruption à l’entrée opposée du champ. Certaines sont armées de bâtons et de marteaux. Des élus locaux sont présents dans les rangs de ce groupe de riverain·es et d’agriculteurs devenu milice.

Présente sur les lieux depuis le petit matin, la gendarmerie leur cède le passage malgré l’évidence de leur projets. Durant dix minutes, cette proto-milice se déchainera sur les bénévoles qui tentaient d’empêcher le pire, dans la panique, avec les moyens du bord. C’est une avalanche d’invectives, de menaces et de coups qui s’est abattue sur les opposant·es au projet de Surf Park

Nous préparions un week-end de résistance festive, pas une bataille rangée. Nous n’étions pas là dans un but d’affrontement.

Pourtant, le 23 mars, quatre de nos camarades comparaîtront devant le tribunal de Saint-Nazaire sous les chefs d’accusations suivants :

  • occupation illicite d’un terrain en vue d’y établir son habitation, même de manière temporaire ;
  • trois d’entre eux devront répondre de violences volontaires avec menace ou port d’une arme en réunion sur quatre riverain·es. Seule une victime,qui a eu un doigt luxé, justifie de plus de 8 jours d’ITT. Les autres sont inférieures à 8 jours.

Nous récusons en bloc les accusations de violences volontaires en réunion. Nous étions dans une posture de défense face à une agression notoire : la volonté de nuire à l’intégrité physique de tous nos soutiens était transparente.

Quand au milieu du champ du projet de Surf Park, nous les avons bloqués à un portail, nous avons tenté dans un 1er temps de discuter avec eux, tout en enjoignant vivement les gendarmes d’intervenir. Ils tenteront malgré tout de forcer notre barrage improvisé en nous fonçant dessus avec un tracteur qui menacera plusieurs fois d’écraser des camarades ! Les gendarmes qui filmaient la scène du haut du terrain n’interviendront finalement qu’au bout de 10 minutes !

Ces violences ont été encouragées par les élus locaux de Saint-Père et de Frossay (concerné par la lutte du Carnet) présents dans le groupe de miliciens, ainsi que par la FNSEA 44 qui avouera avoir aidé à l’organisation de cette expulsion illégale.

Et que dire de la responsabilité de la gendarmerie et de la chaîne de commandement qui a couvert une expulsion illégale et une volonté manifeste d’affrontement d’une milice armée ?

C’est parce que la force publique a refusé de s’interposer que ces heurts ont éclaté. Pourtant, les bâtons, marteaux et tracteurs, armes par destination s’il en est, indiquaient clairement les intentions des pro-Surf Park. Les témoignages d’agriculteurs dans le dossier d’accusation et l’intervention filmée d’un élu local sont également explicites : ils/elles étaient venus le 20 Juillet s’occuper par eux-mêmes de l’expulsion du festival de résistance !
Pire, le PSIG et la brigade de Pornic ont carrément fait front commun avec la milice plus tard dans la journée en avançant d’un bloc vers le site du festival.

Or, ni les riverain·es qui ont pris part à ces exactions, ni les élus locaux, ni même la gendarmerie ou sa chaîne de commandement ne sont inquiété·es.

Des plaintes ont été déposées par notre partie et elles sont jusqu’à aujourd’hui restées lettres mortes. Il n’en est même pas fait mention dans la procédure qui se révèle être totalement à charge :

  • Le procureur de la République fait l’impasse sur les manquements des élus comme ceux de la force publique, ce malgré les preuves solides et les témoignages que nous avons apportés.
  • Le qualificatif « en réunion » ajouté au chef d’accusation de violences volontaires donne un tour plus grave encore aux accusations portées à notre encontre. Il permet de tenir chaque prévenu comme responsable des faits de violences, même s’il n’y ont pas pris part !

Ce qui attend nos camarades le 23 mars, c’est un procès politique. Le but est de museler l’action de Terres Communes et de tous les collectifs en lutte partout en France.

Si ce procès devait aboutir à des condamnations, il pourrait faire jurisprudence. Des groupes auto-légitimés pourraient alors expulser ou participer à l’éviction de tous types d’occupations : terres menacées, usines démantelées, amphis occupés, blocages de route, mais aussi campements de personnes exilées et de Rroms, squats de précaires, groupes de jeunes en bas des immeubles…

L’irruption de milices sur nos luttes n’est pas chose nouvelle, mais la complicité assumée de la représentation de l’État, comme l’entêtement du procureur à fermer les yeux sur ces faits, sont deux points particulièrement inquiétants.

A l’heure où le politique instrumentalise les peurs et polarise à outrance les débats, nous y voyons un péril de premier ordre.

La terreur milicienne s’ajoute au répertoire déjà trop long des réponses de l’État face aux urgences climatique et sociale.

Notre meilleure arme est notre solidarité !

Mobilisons-nous en soutien aux inculpés !

Rendez-vous mardi 23 Mars 2021

devant le tribunal de Saint-Nazaire

13h Pique-nique

14h Rassemblement

Plus d’infos sur : https://terres-communes.zici.fr/opposition-au-projet-de-surf-park-de-saint-pere-en-retz/