[Rennes] Refusons le "retour à la normale

Mot-clefs: Contre-sommets Ecologie Resistances luttes salariales coronavirus
Lieux: Rennes

le lundi 11 mai 2020 à 11:00

Si la nouvelle règle "4m² par travailleur·euse·s" est applicable au boulot sans limite de nombre, alors nous ferons de même le 11 mai pour manifester !

On l’a bien compris, lundi prochain, c’est la vie productive qui reprend, pas la vie sociale. Les adultes vont reprendre leur fonction de main-d’oeuvre et les enfants retourneront à l’école pour que leurs parents puissent retourner au travail (attention : plus question de jouer avec ses camarades, il faudra impérativement appliquer le protocole sanitaire établi par l’éducation nationale, quitte à traumatiser les enfants).

S’il est nécessaire de sortir du confinement, car celui-ci est perturbant et nous coupe de presque toute vie sociale, il est primordial de se donner le temps et les moyens matériels d’organiser le retour au travail et à l’école en garantissant un cadre sécurisé (tant physiquement que psychologiquement). Ce n’est pourtant pas du tout le cas.

Bon, au moins, les choses sont claires : le déconfinement est avant tout là pour relancer l’économie capitaliste, continuer à créer du profit. La priorité n’est pas notre santé aux vues de l’impossibilté de respecter les mesures de distanciation dans les transports en commun (notamment dans les grandes villes) ainsi que dans bon nombre de cadres de travail. Bizarrement, c’est une nouvelle fois les plus pauvres qui en feront les frais, pendant que d’autres redémarreront avec joie leurs 4x4 (pardon, excusez-nous : "SUV") poussiéreux. Dommage pour l’environnement !

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Face à cette reprise forcée et à la hâte, malgré la persistance du Coronavirus, il y a de quoi stresser... Est-ce qu’il faut retourner au boulot "quoi qu’il en coûte" (comme disait le prince au début du confinement) avec la pression de la direction qui nous talonne ? Faut-il envoyer les enfants à l’école en les exposant à nouveau et en favorisant une nouvelle propagation du virus (deuxième vague à venir...) ? Faut-il poser un droit de retrait ? Ou tout simplement refuser de reprendre comme avant ?

Pas facile !

Certain·e·s n’auront tout simplement pas d’autre choix que de retourner au travail pour diverses raisons (besoin économique, pressions de leur direction ou tout simplement parce que leur boulot leur plait et que les conditions de travail sanitaires sont bonnes. Et oui, heureusement, ça existe encore). Alors, profitons-en pour débrayer quelques minutes, discuter entre collègues, faire des AG et partager sur ce qui ne devrait pas repartir comme avant.

Depuis longtemps, on constate que certains secteurs productivistes sont en bout de course et jouent un grand rôle dans la crise environnementale. On a vu aussi que des reconversions sont possibles : pendant le confinement, les constructeurs automobiles se sont bien mis à fabriquer des respirateurs et les entreprises de vêtements de luxe, des masques. Les services publics de leur côté sont apparus plus que jamais indispensables et on ne peut que reconsidérer la richesse qu’ils représentent. A l’inverse, certains secteurs doivent s’arrêter. C’est le cas du nucléaire notamment. Non seulement, c’est un désastre écologique mais au vu de la gestion de la crise sanitaire en cours, on peut également remettre en question notre capacité à gérer une catastrophe nucléaire. Alors dès maintenant organisons-nous sur notre lieu de travail pour que les choses changent !

Pour celles et ceux qui ne reprendront pas, en grève ou en droit de retrait... on vous propose de se rassembler à 11h à Rennes à République dans la bonne humeur, content·e·s de se retrouver, bien entendu par groupe de 10 et en faisant attention aux distances de "courtoisie" covidiennes entre nous (à l’image de ce qui s’est fait en Israel pendant le confinement). Toutes les initiatives seront les bienvenues. "En mai fais ce qu’il te plait !" : venez avec vos pancartes, textes, musiques et masques maison redécorés pour l’occasion, une sono sera à dispo si certain·e·s souhaitent lire des textes. Et puis, quand même, on espère qu’on partira en manifestation !

Et par la suite, quand nous le déciderons, le 11 ou un autre jour, nous irons peut-être rendre visite à l’Agence Régionale de la Santé pour mettre la pression et obtenir des moyens humains et financiers pour une véritable politique de santé publique. Nous irons peut-être faire un tour tout·e·s ensemble dans un des supermarchés rennais pour filer un coup de mains aux employé·e·s afin d’arracher à la direction des augmentations de salaires et pas seulement des primes exceptionnelles exonérées de cotisations (qui rappelons-le sont là pour garantir les aides sociales et services publiques qui ont pleinement dévoilé leurs fragilités en pareil contexte). Nous nous donnerons peut-être rendez-vous au rectorat pour imposer que les réouvertures ne se fassent pas au détriment de la santé physique et psychologique des personnels de l’éducation et des enfants. Nous bloquerons peut-être une plateforme logistique de colis pour que les conditions de travail des chauffeur·euse·s-livreur·se·s et agents de quai ne se fassent plus au pas de course et pour que les salaires fassent un bond. Nous entrerons peut-être dans un service de la Mairie pour l’occuper jusqu’à ce qu’un centre d’hébergement inconditionnel soit ouvert 24h/24h dans un bâtiment inoccupé pour les plus démuni·es, et un autre pour les femmes victimes de violences conjugales. Nous passerons peut-être dire bonjour à Samsic et autres grandes entreprises de nettoyage et resterons jusqu’à ce que qu’une augmentation de salaires soit obtenue, ainsi que l’égalité salariale femme/homme.
La liste de nos futures actions est infinie... Restons exigent·e·s et ne nous contentons pas de 1000€ de prime par-ci par-là ou de vaines promesses. Le gouvernement nous a prouvé récemment qu’il pouvait être réactif pour maintenir l’économie de marchés, fonctionnant à coups de 49.3 et de décrets-express. Etrangement, nous attendons toujours des propositions concrètes permettant le renforcement des services publics et la revalorisation des emplois de première nécessité.

Pour finir, nous avons vu qu’il est proposé de se retrouver aussi à 19h ce lundi, devant les CHU ou sur la place principale de nos villes. Si un second rendez-vous était lancé sur Rennes, nous y participerions aussi : ce sera l’occasion d’être avec celles et ceux qui auront bossé dans la journée.

Allez, à lundi !


Les militant·e·s rennais.e.s à l’initiative de Refusons le "retour à la normale"

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