[Nantes] Soutien pour les militantes poursuivies pour « Retour à l’envoyeure »

Publié par le groupe: Groupzad NDDL

Mot-clefs: Répression aéroport notre-dame-des-landes
Lieux: Nantes

le mardi 8 janvier 2019 à 08:30

tribunal de Nantes

Appel à soutien pour les militantes poursuivies pour « Retour à l’envoyeure »

(dépôt de douilles de lacrymos devant la préfecture le 19 avril 2018 )

Deux militantes de la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-landes, l’une jeune paysannne de Coueron et de Copain44, l’autre retraitée militante du mouvement anti-aéroport, sont convoquées le 8 janvier 2019 à l’audience du tribunal de police au TGI de Nantes, pour dépôt de détritus (jamais nommés) hors endroit « convenable ».

Il s’agit de l’affaire dite « retour à l’envoyeure », c’est-à-dire le transport et le dépôt, en tracteur et remorque, sur le parvis et les marches de la préfecture, de milliers de douilles de grenades de divers types. Ces douilles souillaient et polluaient les champs de Nddl à la suite des tirs des forces dites « de l’ordre », lors de l’attaque contre des lieux de vie, des bâtiments agricoles, des jardins… de la zad. entre le 9 et le 14 avril 2018. Ces douilles ont été collectées par des dizaines de personnes…

Ce dépôt a été fait à la suite de la conférence de presse tenue, devant le monument aux 50 otages, au sujet des blessés victimes de ces mêmes grenades.

Ce « retour » a été clairement un acte politique, pertinent, car l’« envoyeure » des grenades est la préfète, en tant que représentante de l’état, véritable expéditeur, car donneur d’ordre.

Les deux militantes contestent avoir commis une infraction routière, affirment la dimension politique de leur acte qu’elles revendiquent entièrement. Elles demandent donc leur relaxe.

Les organisations sous-signées vous invitent à venir l’exiger avec elles devant le TGI le 8 janvier à 8h30 (café, boissons chaudes… animations diverses…).

SIGNATURES

la Coordination des organisations pour le soutien aux projets de la zad, Copain44, des habitants de la ZAD, les Naturalistes en lutte, NDDL poursuivre ensemble

Commentaires

> Relaxe

Relaxe pour les accusées du Retour à l'envoyeure !
« Ce ne sont pas "nos merdes", ce sont les vôtres ! »

Le 19 avril 2018, des milliers de douilles de grenades lacrymogènes ont été déversées devant la préfecture de Nantes. Ramassées sur les terres de la #zad de Notre-Dame-des-Landes, elles témoignaient de la démesure inouïe de la répression policière lors des opérations d'expulsion.

Suite à cette action non-violente forte, Angélique et Geneviève ont été poursuivies pour… dépôt d'ordures en lieu non autorisé !
Ce mardi matin, elles passaient au tribunal de #Nantes. Le procureur a requis 750 € d'amende, dont 400 € avec sursis.
L'avocat a plaidé la dimension collective assumée et le sens politique de l'action, menée sans violence. Le fait que le dépôt devant la préfecture n'avait pas occasionné de gêne significative ni dégradation.

Le Président a prononcé immédiatement la relaxe, affirmant qu'une manifestation provoque inévitablement un peu de gêne mais qu'en l'occurence, la gêne a été très réduite (il a évoqué une relaxe à Rennes après une opération escargot). On ne peut affirmer qu'elles ont participé, qu'elles ont été auteures de l'infraction même si elles ont contribué à la logistique.

À la sortie du Palais de justice, devant un rassemblement de soutiens qui a dépassé la centaine de personnes, Geneviève et Angélique ont rappelé le contexte des luttes, des mouvements sociaux (gilets jaunes, Testet, Bure) et de leur répression. Le déferlement de lacrymos est devenue une habitude depuis #NDdL. « Le pouvoir prend les mesures pour qu'on s'habitue à l'inacceptable »

Elles ont ensuite souligné le volume de déchets dangereux qui existe encore dans les zones habitées, déchets dont personne ne semble savoir quoi faire.