[Nantes] Manifestation : contre la précarisation de nos vies, un toit pour tou-te-s !

Mot-clefs: Logement/squat
Lieux: Nantes

le mercredi 30 janvier 2013 à 14:00

Mercredi 30 janvier, 14h, Place Royale à Nantes

Journée nationale :

Contre la précarisation de nos vies !
Un toit pour tou-te-s !

Depuis quatre mois, le collectif « un toit pour toutes et tous » lutte au quotidien pour que plus personne ne soit obligé de dormir ou vivre dehors. Toute personne a le droit de vivre dans un lieu digne et adapté à ses besoins.

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Affiche à coller/diffuser sans modération

Le collectif a organisé des occupations, des manifestations et des actions. Les seules réponses apportées par les pouvoirs publics ont été : d’un côté la répression, et de l’autre des effets d’annonce médiatiques. Le plan hivernal n’y a rien changé. Le 115 n’a toujours pas les moyens de répondre aux demandes. Les expulsions continuent alors que des centaines de personnes vivent toujours dans la rue.

Dans de nombreuses villes : Angers, Lorient, Calais, Paris, Le Havre, Tours, Le Mans, Rouen, Quimper, Rennes, Toulouse, la situation est identique, et des associations et collectifs se mobilisent !

Ces associations et collectifs, réunis en coordination nationale, dénoncent cette situation, en particulier :

- nous trouvons inacceptable les conditions actuelles de l’hébergement d’urgence :
nous exigeons la mise à l’abri inconditionnelle de toute personne qui est à la
rue contre son gré dans un hébergement digne et stable.

- nous exigeons le respect de ce droit fondamental qu’est le droit au logement, et
l’arrêt des expulsions des bâtiments vides réquisitionnés pour habitation.

- nous ne tolérons pas le discours qui vise à rendre responsable de cette situation,
et à culpabiliser, les personnes étrangères ainsi que les personnes
qui les soutiennent.

Appel national à manifester partout en France.

A Nantes : mercredi 30 janvier,14h Place Royale

La LU-tte continue

Mail : untoitpourtoutesettous@yahoo.fr
Blog : untoitpourtoutesettous.overblog.com

Pièces jointes

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Commentaires

> Infos

Les assemblées générales du collectif "un toit pour toutes et tous" ont lieu tous les mardis à 18heures, au 24 rue Fouré.

> Mairie de Chantenay occupée.

Dans le cadre de la journée d'action nationale "un toit pour toutes et tous - non à la précarisation de nos vies".

Appel reçu à l'instant : le collectif Un Toit pour Tou-te-s occupe depuis 45mn la Mairie de Chantenay. Les flics arrivent... Merci de relayer l'info et de venir soutenir...

> Texte diffusé sur place

Brève chronologie d’un déni municipal et gouvernemental

Le 10 octobre le collectif « un toit pour toutes et tous » occupe le premier étage du Lieu Unique, pour mettre à l’abri des personnes à la rue auxquelles les pouvoirs publics ne proposaient pas de solution, et pour mettre en lumière le problème de l’hébergement et du logement par l’occupation d’une vitrine culturelle de la municipalité nantaise. Le directeur du Lieu Unique hésite un temps à expulser les personnes et les remettre à la rue. Le collectif demeure dans les lieux et démontre une capacité de toutes et tous à réfléchir et agir collectivement. Des centaines de personnes passent au premier étage du Lieu Unique, pour discuter, échanger, participer.

Le 19 octobre, les élus de la municipalité nantaise assignent les occupants du Lieu Unique au tribunal au motif que « l’occupation génère un trouble manifestement illicite et de graves problèmes de sécurité ». La municipalité nantaise cherche à remettre à la rue une cinquantaine de personnes sans-abris qui y avaient trouvé un abri et une certaine solidarité. La municipalité demande l’expulsion, et 1000€ d’amende par heure de présence en cas de refus de partir ! La municipalité prétexte aussi des dégradations, imaginaires puisque le directeur du Lieu Unique reconnaîtra après coup qu’aucune dégradation n’a été commise (pendant la procédure d’expulsion le directeur du Lieu Unique était trop occupé à faciliter la tâche de la municipalité, et ne contredisait donc pas les mensonges de celle-ci).

Le 24 octobre, jour du procès de l’expulsion, le collectif « un toit pour toutes et tous » annonce publiquement l’ouverture par ses soins du foyer d’hébergement Gustave Roch. Le foyer appartient à la municipalité nantaise, et est mis à disposition de la préfecture (l’Etat) une quinzaine de jours par an, dans le cadre des plans grand froid. Le collectif prouve ainsi que des places d’hébergement sont disponibles tout de suite, et demande une réponse digne des pouvoirs publics aux demandes des personnes à la rue. Les occupants du foyer ont été expulsés par une armada de policiers, boucliers en main et casques sur la tête. La municipalité, par la voix de Patrick Rimbert et avec le soutien des élus de la majorité municipale, assume publiquement cette expulsion, pourtant tout à fait illégale. Les personnes à la rue retournent alors au Lieu Unique.

Le 26 octobre, le collectif « un toit pour toutes et tous » est expulsé du premier étage du Lieu Unique par des dizaines de policiers (avec boucliers, casques, armes, etc.). Le collectif « un toit pour toutes et tous » occupe dans la foulée les locaux associatifs municipaux de la Manufacture. La brigade anti-criminalité et d’autres policiers déboulent de manière virulente, et les expulsent. Les personnes à la rue sont de nouveau à la rue : c’est la conséquence immédiate des choix de la municipalité nantaise. Le maire, Patrick Rimbert, assume par voie de presse : « Leur revendication d’une centaine de places a été satisfaite, il n’y a pas besoin de prolonger l’occupation du LU ». Pourquoi Patrick Rimbert fait-il semblant de ne pas comprendre que nous demandons « un toit pour toutes et tous », et pas cent places (la préfecture prétend d’ailleurs en avoir créé soixante tout au plus). Ne comprend-il que les chiffres ? Une petite visite au premier étage du Lieu Unique, à Gustave Roch ou à la Manufacture lui aurait permis de constater que des dizaines de personnes étaient encore hébergées dans ces lieux au moment de leur expulsion (et un petit tour au 115 lui aurait permis de constater que le nombre de demandes demeure très important).

Le 8 novembre 2012, le premier ministre, dans une grande opération de communication, prétendait que « tout sera fait pour maintenir ouvert le maximum de centres d’hébergement. La politique du gouvernement basée sur le thermomètre c’est terminé ». Les préfectures démentent dans les faits cette promesse en détaillant leur dispositif « grand froid ». Concrètement, à Nantes, le foyer Gustave Roch n’a été ouvert que durant les quelques jours de « grand froid ». Les autres annonces du premier ministre et du gouvernement concernant l’hébergement, le logement et la pauvreté relèvent d’une même logique de communication et de gestion de la précarité.

Nouvelle annonce début janvier : Manuel Valls déclare à la télévision qu’un bâtiment vide occupé par des dizaines de personnes à la rue à Paris ne serait pas expulsé, au nom du « droit au logement ». L’Etat et les collectivités locales ne cessent pourtant dans la quasi-totalité des cas, de demander l’expulsion des personnes qui ont ouvert des bâtiments vides pour en faire leur habitation. L’action municipale et l’action gouvernementale méprisent les droits fondamentaux des humains.