[Nantes] Appel à soutenir la mobilisation transnationale contre les accords Rama-Meloni
Thèmes :
Lieux :
Préfecture de Nantes
Appel à soutenir la mobilisation transnationale contre les accords Rama-Meloni
Collectif anti CRA 44
Collectif Cases Rebelles
Le week-end du 1er et 2 novembre 2025 a lieu une mobilisation transnationale en Albanie. A l’initiative du Network Against Migrant Detention – réseau contre les centres de détention pour migrant.x.s – cette mobilisation vise à lutter contre les accords Rama-Meloni.
Au programme :
– une conférence de presse le samedi 1er novembre matin à Shëngjin
– une manifestation le samedi 1er novembre après midi à Gjadër
– une assemblée transnationale le dimanche 2 après-midi à Tirana.
A Nantes, nous appelons à un rassemblement en solidarité avec cette mobilisation. Rendez-vous le 1er novembre à midi et demi devant la préfecture.
C’est quoi les accords Rama-Meloni ?
Les accords migratoires Italie-Albanie, ou accords Rama-Meloni, ont été signés en novembre 2023. Il s’agit d’accords bilatéraux qui prévoient que toutes les personnes interceptées en mer, dans le cadre d’opérations de recherche et de sauvetage, seront transférées en Albanie pour que leur demande d’asile soit étudiée là-bas.
Ces demandes d’asile seront étudiées par les autorités italiennes. En parallèle, deux CPR (centres de détentions italiens similaires aux CRA) ont été construits en Albanie, à Shëngjin et Gjadër, eux aussi sous autorité italienne. Ces deux centres ont ouvert à l’automne 2024.
Ces accords sont très graves, pour plusieurs raisons.
Premièrement, il s’agit d’un nouveau cap franchi dans l’externalisation des frontières.
L’externalisation des frontières, c’est les processus par lesquels, depuis de nombreuses années, l’Europe cherche à repousser de plus en plus loin ses frontières et déléguer le contrôle et la répression à des pays tiers. Le but est d’empêcher les personnes sur les routes migratoires de venir en Europe en les arrêtant le plus en amont possible.
De nombreux accords entre des pays de l’Union Européenne et des pays considérés comme des zones de départ ou de transit dans les parcours de migration obligent ces derniers à militariser leurs propres frontières, notamment en Afrique du Nord, au Soudan, ou jusqu’en 2023 au Niger. Depuis une dizaine d’années, l’Europe cherche également à signer des accords avec des pays dits sûrs à qui elle délègue les examens des demandes d’asile. C’est le cas par exemple de la Turquie.
Bien souvent, ces accords passent par le chantage à l’aide au développement, ou à d’autres formes de soutien financier. Ils passent aussi par le chantage à l’entrée dans l’Union Européenne ou d’autres formes de soutien politique. C’est-à-dire que les pays occidentaux conditionnent leur soutien sous différentes formes à la signature d’accords à leur avantage concernant les politiques migratoires de pays autrefois colonisés.
Rappelons au passage que dans de nombreux cas, notamment en Afrique, ce soutien financier est de l’argent volé aux pays qui n’ont jamais obtenu réparation après l’esclavage et la colonisation. Typiquement l’aide au développement porte bien mal son nom, il s’agit de l’argent injustement perçu par les pays Européens issus de dettes africaines illégitimes.
L’Italie déjà avait ouvert la voie avec ses multiples accords avec la Libye dont le protocole d’accord sur la migration (actuellement en phase de reconduction) qui finance et légitime les violences extrêmement graves (esclavage, tortures, viols, executions) qui touchent les populations migrantes sur le sol libyen. Avec les accords Italie-Albanie, le nouveau cap franchi dans l’externalisation des frontières est le suivant : les pays de l’Union Européenne construisent dorénavant leurs propres prisons, sous leur juridiction, dans des pays frontaliers. Il s’agit purement et simplement de continuité coloniale. En effet il se construit là une extraterritorialité spécifique, à visée répressive. De plus ces accords entérinent un nouveau régime de déportation et d’enfermement : vers des lieux de rétention extra-européens qui pourraient se situer n’importe où pourvu qu’ils soient hors UE, comme coupés du monde.
La deuxième raison qui fait que ces accords sont très graves, c’est qu’ils font suite à d’autres accords du même type dont certains ont échoué, par exemple ceux signés entre le Royaume-Uni et le Rwanda en 2022. En 2021, un accord également avait été signé entre le Danemark et le Rwanda.
On peut également rappeler que la Belgique examine actuellement la possibilité de déporter et incarcérer en Albanie ou au Kosovo des « personnes condamnées qui sont en situation irrégulière” avant leur expulsion dans leur pays d’origine, et que le Danemark a déjà signé un accord similaire avec le Kosovo en 2022 – les premiers transferts-déportations de détenus sont imminents. Ici la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo et le soutien à sa candidature à l’entrée dans l’UE sont conditionnés par sa participation aux politiques xénophobes et coloniales européennes.
Cela fait longtemps que l’Europe cherche à tout prix à expulser dans des pays désignés d’avance les personnes à qui elle refuse l’accès sur son territoire. Si les accords entre l’Italie et l’Albanie tiennent, alors ce sera une nouvelle étape de franchie et d’autres pays européens risquent de suivre.
Il ne fait aucun doute que la plupart des dirigeants européens scrutent l’évolution de ces accords pour les reproduire un peu partout. La Grèce et l’Espagne et d’autres pays d’arrivée en Europe chercheront peut-être bientôt à faire la même chose. Et au fur et à mesure, cela pourra s’étendre à toute l’Europe. La France pourra-t-elle bientôt construire des CRA dans ses anciennes colonies ?
Appel à la mobilisation transnationale
Il est donc très important de se mobiliser contre ces accords de toutes les manières envisageables. Ces accords concernent tous les pays européens, même s’il s’agit pour l’instant d’accords entre l’Italie et l’Albanie.
C’est pourquoi le Network against Migrant Detention appelle à ce week-end de mobilisation.
A Nantes, nous appelons à un rassemblement le 1er novembre 2025 à 12h30 devant la préfecture.
En effet, il nous paraît important d’entrer en résonance avec la mobilisation en Albanie et de lutter contre ces accords également en France.
Nous portons avec force les mots « ni ici, ni ailleurs ». Ces mots signifient pour nous qu’il faut lutter contre le CRA à Nantes, mais également contre les autres CRA et aussi contre tout le régime meurtrier des frontières, partout dans le monde. Pour empêcher la France d’enfermer et d’expulser luttons contre le racisme et le système colonial de hiérarchisation des peuples !
“Ni ici ni ailleurs” ne signifie pas non plus de CPR en Albanie ! Rejoignons la lutte contre les accords Rama-Meloni !RDV devant la préfecture le samedi 1er novembre à midi et demi (12h30)

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