Aujourd’hui c’est l’Assedic DARIUS MILHAUD ( 75019) et
l’Assedic LOUIS BLANC ( 75010) qui ont fait les frais de la
sagesse populaire.

Un autre proverbe, fort usité chez les collectifs de précaire,
nous prédit « avec un problème tu arriveras, le directeur avec
une dizaine se retrouvera «

Donc, voici un petit résumé des galères que nous avons tenté
de résoudre ce matin, tout en faisant de l’information
collective sur les horreurs de la nouvelle Convention Unedic.

Exploités dans la confection, sanctionnés par les Assedic

Mr R. a travaillé pendant plus de trois ans dans diverses
entreprises de textile : bien évidemment, outre des conditions
de travail infâmes, son patron pour ses magouilles
personnelles lui a bien donné des fiches de paye mais a exigé
de payer en liquide.

En février de l’année dernière, Mr R a déposé un dossier aux
Assedic : celui-ci a été traité et il lui a été notifié vingt
trois mois de droits. Il perçoit ses droits pendant quatre
mois puis brusquement, l’indemnisation est suspendue : on
l’informe qu’il s’agit d’un contrôle aléatoire ( bizarrement,
à chaque fois que nous tombons sur un contrôle aléatoire,
l’allocataire tiré au sort est immigré et travaille dans la
confection ).On lui demande un monceau de justificatifs, sur
ses revenus et sur l’entreprise, justificatifs qu’il lui
aurait été évidemment plus aisé d’obtenir juste après son
licenciement, une des entreprises ayant fermé depuis.
Il envoie en recommandé les pièces demandées, se fait
relancer, et les ramène à l’accueil, puis plus de nouvelles
pendant presque trois mois.
Interrogé sur ces délais inacceptables, le directeur n’aura
rien à répondre et la direction audit des Assedic fixe en tout
cas un RDV dans les 48 heures. A suivre…

La prime pour l’emploi , c’est pas pour toi !
Mr S est un demandeur d’emploi exemplaire : après dix huit
mois de chômage, à plus de cinquante ans, il a dans un premier
temps accepté un poste en Cdd comme veilleur de nuit dans
l’hôtellerie, puis accepté de signer un contrat nouvelles
embauches dans ce même hôtel.

Si l’on en croit le battage médiatique autour de la prime fait
par le gouvernement, notre chômeur modèle aurait dû la
recevoir sur son compte.

Pas si simple : en réalité la règle est qu’il faut déposer la
demande aux impôts lorsque vous avez atteint six mois
d’emploi, mais qu’elle ne sera pas acceptée si elle est faite
plus de deux mois après ces six mois ;

Or MR S s’est présenté au mois de décembre dans sa nouvelle
Anpe ( il avait déménagé ), qui lui rétorque qu’il doit plutôt
retourner à son ancienne ANPE, qui lui fournira les pièces
nécessaires. Dans son ancienne ANPE, la personne qui suivait
son dossier vient de partir en congé maternité, et on le
renvoie donc sur l’Assedic ou nous le rencontrons. Mais le
délai est dépassé depuis quinze jours .Il nous faudra donc
faire pression sur l’ANPE pour que celle-ci reconnaisse que le
dépassement du délai est liée à une mauvaise information de
leur part.

Quand la mobilité fait perdre les indemnités.

Bougez, changez de région, nous disent nos bons ministres. En
attendant il suffit de changer de quartier pour se voir
suspendre ses indemnités. Mr T. indemnisé depuis plusieurs
mois a ainsi reçu une lettre des ASSEDIC juste après son
déménagement l’informant qu’il avait perçu des droits à tort
qu’il devrait rembourser et qu’il n’avait plus droit à rien.
Après vérification par le directeur de sa nouvelle ASSEDIC, il
s’avère qu’en transférant le dossier, deux contrats de travail
avaient été perdus….

Vive l’Europe sociale !

Mr X est polonais : après de longues années de travail au noir
dans le bâtiment, il a enfin obtenu de la préfecture une
autorisation de travailler légalement. Mais ses ennuis ne sont
pas terminés.
Son patron, non seulement ne l’a pas licencié selon les règles
et ne lui a pas payé son préavis, mais a refusé de lui donner
sa feuille jaune pendant plusieurs mois. Finalement, il en
obtient une qui mentionne son licenciement. Mais à l’accueil,
on lui répond fort sèchement ( salauds de plombiers polonais
), que ça ne suffit pas tant que le patron n’a pas payé le
préavis. En gros, le salarié devrait payer parce que le patron
n’a pas respecté ses droits….Le directeur est bien obligé de
reconnaître qu’il s’agit d’une interprétation pour le moins
douteuse et nous promet que la personne commencera à toucher
ses allocs dans quelques jours. Nous prenons quant à nous
rendez vous pour une visite au patron…

Emplois discontinus, problèmes en continu….

Mme Y a multiplié les CDD, les périodes d’intérim, et a cotisé
sur deux régimes différents. C’est la deuxième fois qu’elle
vient aux ASSEDIC pour tenter d’expliquer sa situation et
éviter des erreurs de calcul. Depuis un mois, on lui répond
qu’on accèdera à sa demande de rendez-vous ultérieurement. En
attendant, elle n’a rien pour vivre.
Aujourd’hui, elle sera finalement reçue après avoir menacé de
nous expliquer son cas et elle pourra ouvrir ses droits…

Quand l’ASSEDIC fait la même erreur une fois par an

Mr C est allocataire de l’Allocation Spécifique de Solidarité.
Comme sa femme a des revenus, le montant de son allocation est
calculé en fonction. Or son épouse est assistante maternelle :
dans cette profession, le salarié avance l’achat de diverses
choses pour les gamins et la somme correspondante lui est
reversée sur son salaire. Dans le calcul de ses revenus, il
faut donc retirer la somme correspondante.
Mais chaque année, l’Assedic se trompe, prend pour base
l’intégralité du salaire, diminue l’allocation de moitié et
exige le remboursement du trop perçu. Elle met en moyenne deux
mois à reconnaître son erreur, pendant lesquelles Mr C doit se
débrouiller pour vivre.
Là notre présence fait que le problème sera réglé immédiatement.

Lors de ces deux visites collectives, nous croiserons aussi un
licencié du CNE parce qu’il avait pris trois jours d’arrêt
maladie, une pigiste qui nous demandera de l’accompagner à un
rendez vous ultérieur , pour cause de réaction inquiétante de
l’accueil ( « on vous prévient ça va pas être simple ), une
dame de soixante ans à qui l’assedic a envoyé une lettre
alarmiste et mensongère sur la fin prochaine de ses droits, un
retraité tunisien analphabète renvoyé d’administration en
administration et qui tente de compléter son dossier, une
employée d’un hôtel de gare de l’est qui s’est fait casser la
gueule par son patron à qui elle demandait les papiers pour
l’ASSEDIC.